Actualités / AU FIL DES JOURS

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par Belkacem Ahcene-Djaballah

Actualités

Samedi 7 septembre 2019 :

– 76ème Mostra de Venise (cinéma) : le prix de la Meilleure interprète féminine a couronné Ariane Ascaride dans « Gloria Mundi », ce qui récompense aussi le travail de longue haleine et d’une grande cohérence de son mari, le réalisateur Robert Guédiguian (cette fois, il s’en prend aux dégâts de la mondialisation au sein d’une famille de la classe moyenne marseillaise, son terrain de prédilection). Issue d’une famille d’immigrés italiens, venue en France pour « fuir la misère », Ariane Ascaride, au nom de son histoire personnelle, a fait l’éloge de l’immigration, dédiant son prix, dans le pays de Roberto Salvini, à « ceux qui vivent pour l’éternité au fond de la Méditerranée » …Ariane, félicitations et respect !

Lundi 9 septembre 2019 :

– Depuis quelques années, notamment après le printemps arabe en 2011, qui a éclaté en Tunisie, le paysage audiovisuel tunisien s’est illustré par la qualité de ses chaînes et surtout par la diversité de ses programmes, et tout cela grâce à la formation acquise à travers les différents instituts et écoles de cinéma et audiovisuel privés et publics qui ont été créés depuis quelques années en Tunisie. On a même vu plus de 150 techniciens venir pour travailler dans le champ audiovisuel algérien en tant que technicien. Aujourd’hui, plusieurs producteurs et directeurs de chaînes algériennes, publiques et privées, vont en Tunisie pour produire leurs programmes. La fameuse émission Akher Kalima, était enregistrée dans un studio dans la banlieue de Tunis, par l’équipe de Nabil Karoui pour le compte de l’opérateur algérien Nedjma, dont il était le publicitaire. L’audiovisuel en Tunisie était devenu une entreprise rentable, ce qui faisait travailler des centaines de personnes et la télévision publique tunisienne n’a plus de monopole des programmes de télévision. Ainsi depuis quelques années, la Tunisie possède des télévisions aux programmes de qualité qui concurrencent les chaînes libanaises, syriennes ou encore égyptiennes. A côté de cela, la puissance de la télévision publique ex-RTT (Radio télévision tunisienne) est restée intacte.

Le coup d’éclat est venu avec le déroulement, unique dans le monde arabe, dans les studios de la télévision publique du premier débat télévisé, animé par différents candidats dans une présidentielle tunisienne pluraliste.

Il est vrai que la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) et de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), ainsi que des représentants du comité d’éthique du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) ont joué et jouent un rôle important.

L’émission a été diffusée en simultané par d’autres chaînes, grâce à la télévision tunisienne qui a mis à leur disposition le signal de diffusion « clean feed ».

Une première expérience réussie et devenue un exemple à suivre.

Mercredi 11 septembre 2019 :

Le pli est pris et il paraît difficile de se sortir du guêpier populiste encouragé par le régime Bouteflika pour s’attirer les bonnes grâces et les bulletins de vote. Voilà donc que la Diaspora des Algériens résidant à l’étranger (DARE) pond un communiqué dans lequel elle évoque la situation des Algériens « coincés » à Alger, après la faillite d’Aigle Azur et demandant à l’Etat algérien de faire un « geste » à leur égard. « Quel paradoxe ! Des prix exorbitants (Air Algérie ?). Des places limitées (Air Algérie ?) et souvent les appareils partent à moitié vides (Air Algérie ?) Depuis bien longtemps, les Algériens vivent des galères chaque été, lors des congrès (sic !) « , commence par rappeler la DARE.

Puis de revenir à la situation actuelle des passagers laissés en rade pour dire :  » Des milliers de citoyens, clients d’Aigle Azur, se retrouvent bloqués dans les aéroports aussi bien algériens que français faute d’avions. Voici une compagnie aérienne de droit français créée par un Algérien qui est cédée lors de la mort du fondateur à des Chinois et se retrouve aujourd’hui en faillite. 2ème compagnie française après Air France KLM. 50% du marché intérieur algérien ».

Et de préciser encore que « 11.000 familles sont livrées à elles-mêmes. Air Algérie prévoit d’absorber 20%, ce qui est insuffisant. La plupart ont des enfants scolarisés, n’ayant pu faire leur rentrée ». Puis, la comparaison qui veut « tuer » : « Pour la seconde fois dans un passé récent, les autorités algériennes ont affrété des avions spéciaux pour les matchs des Fennecs, après le Soudan, il y a eu l’Egypte. Pourquoi ne pas renouveler l’opération pour les clients… ». C’est la raison pour laquelle « la diaspora attend avec impatience un geste de l’Etat algérien. Air Algérie a un devoir moral vis-à-vis de sa communauté établie à l’étranger. C’est de sa responsabilité d’entrer dans le capital de la compagnie (re-sic !). Elle ne doit pas renoncer et laisser la place à d’autres repreneurs, le futur d’Aigle Azur, avec ses destinations, ses créneaux ainsi que ses infrastructures aéroportuaires seraient un atout majeur pour la compagnie nationale ». Purement et simplement du chantage en faisant appel à la « fibre » de la solidarité. Monsieur Arezki Idjerouidène (Paix à son âme) avait fait le geste immense d’investir son argent… Pourquoi, donc, les membres de la diaspora parmi les plus fortunés ne se regrouperaient-ils pas et deviennent actionnaires ? D’une pierre plusieurs coups ! Avec les sous des autres si possible !

CITATIONS ALGERIENNES :

– Après l’indépendance, la vision des oulémas a servi à « nationaliser » les Algériens. Loin de favoriser l’assimilation des populations, elle l’a entravée. Le refus de prendre en considération toutes les étapes culturelles qui ont concouru à la formation de l’Algérie est à l’origine du caractère schizophrénique de « l’identité » algérienne (Mohammed Harbi, « L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens ». Essai © Médias Associés, 1994)

– On ne construit pas un pays avec des mots, des slogans, des bobards ou des critiques stériles. On ne bâtit pas le socialisme par le verbe. On ne bâtit pas non plus sa maison en commençant par la toiture, mais par les fondations. Or, la construction d’un pays et de l’avenir d’un peuple ne reposent que sur son économie. L’indépendance économique est la seule garantie véritable de l’indépendance politique (Farès Abderrahmane, « La cruelle vérité. Mémoires politiques 1945-1965 » © Casbah Editions, Alger 2006)

– La cassure de 1962 constitue le point de départ des chocs, des angoisses et des difficultés d’un peuple qui ne comprenait plus son présent et qui, pis encore, doutait de son avenir (Kiouane Abderrahmane,  » Moments du Mouvement national. Textes et positions ». Récit © Editions Dahlab, Alger 2009)

ARCHIVES BRÛLANTES :

Jeudi 8 septembre 2011 :

– La presse continue de publier des extraits des « révélations » de Wikileaks. « Quand Bouteflika défend El Gueddafi, Bachar Al Assad et les Al Saoud » (câble de l’ambassade US à Alger, 21 août 2005).

« Le pouvoir en Algérie est une affaire de famille « (note de novembre 2008). Il rapporte les propos du directeur général de Citibank Algérie : « Avec toujours les mêmes familles au pouvoir, comment voulez-vous qu’il y ait un changement ? »… et de citer le cas de Karim Djoudi, ministre des Finances, fils d’un ancien puissant diplomate (Hocine Djoudi).

« Le système électoral fait pour favoriser Bouteflika lors des présidentielles 2009 » (câble de David Pearce).

– Article publié par le site électronique DNA, par Farid Alilat (extraits) : « Un président de la République originaire de Tlemcen, près de la moitié de ses ministres issus de la même région, une flopée de conseillers, de hauts responsables civils et militaires nommés en raison de leurs origines tlemcéniennes et enfin la ville de Tlemcen qui bénéficie de 10 milliards de dollars en projets, le cœur du pouvoir algérien se situe désormais à l’Ouest.

Au moins deux câbles de l’ambassade américaine à Alger, mis en ligne par le site Wikileaks, évoquent cette tribalisation du pouvoir au profit d’une caste de responsables issus d’une seule région d’Algérie : Tlemcen.

Depuis qu’Abdelaziz Bouteflika, aujourd’hui âgé de 74 ans, est devenu président en 1999, le centre de gravité au sein du pouvoir s’est progressivement déplacé vers l’Ouest, écrit un mémo US en date du 12 septembre 2008.

« Bouteflika est lui-même originaire de l’Ouest, 12 des 34 ministres viennent de Tlemcen ou de wilayas limitrophes, et une majorité de conseillers de Bouteflika proviennent de Tlemcen ou de sa ville natale -officielle- Nedroma », rapporte ce câble.

Pour les diplomates américains, le point culminant de l’emprise des hommes de l’Ouest est la désignation en 2011 de Tlemcen « capitale de la culture islamique « , initiative pilotée par la ministre de la Culture Khalida Toumi, originaire de Kabylie mais totalement inféodée au clan présidentiel.

Pourquoi Tlemcen ?

Le sociologue Daho Djerbal affirme aux Américains que les mérites relatifs de l’héritage islamique de Tlemcen ne justifient pas son choix comme capitale islamique. « Constantine, considère-t-il, est le centre de l’islam en Algérie. Elle est le berceau des oulémas et fut un temps capitale du Maghreb et rivale de Rome ».

« L’héritage islamique de Tlemcen est modeste, ajoute-t-il. Son statut de capitale d’un petit royaume entre le 12e et le 15e siècles lui confère davantage un crédit historique qu’islamique ».

La désignation de Tlemcen comme capitale de la culture islamique aurait pu être anecdotique si cette région n’avait pas bénéficié d’un traitement particulier de la part du pouvoir central.

Plus que toute autre wilaya d’Algérie qui en compte 48, Tlemcen aura bénéficié d’une enveloppe de 10 milliards de dollars en projets d’infrastructures au cours des douze dernières années.

En comparaison, cette enveloppe équivaut presque le montant du projet de la grande autoroute qui devrait relier l’ouest à l’est d’Algérie.

Tlemcen, une ville plus que choyée

Au cours d’une visite effectuée par des diplomates américains à Tlemcen en 2008, visite dont le compte-rendu est largement rapporté dans un câble daté du 9 décembre 2008, un official algérien leur révèle que le wali supervise des projets dont les dépenses culminent à 10 milliards de dollars.

Aéroport, téléphérique, routes, hôtels, bâtiments administratifs, campus, logements, c’est une nouvelle ville, moderne, qui émerge à Tlemcen et autour de sa périphérie.

Si les pouvoirs publics ont généreusement arrosé Tlemcen, il semble que cette manne providentielle n’a pas contribué à faire de cette ville un pôle économique. « A l’ombre de ces grands projets publics, le climat socioéconomique à Tlemcen semble stagner et souffre du même manque de dynamisme constaté ailleurs dans le pays », note le document de l’ambassade américaine.

Peu importe. L’essentiel est de faire de Tlemcen et des ses hommes le cœur du pouvoir en Algérie.


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