Acteurs et écrivains appellent : Le Caire à libérer des prisonniers, dont une militante connue

 Dans une lettre ouverte rendue publique hier, des stars de Hollywood et des écrivains connus ont appelé les autorités égyptiennes à libérer la militante Sanaa Seif et d’autres prisonniers politiques, rapportent des médias. Agée de 26 ans, Mme Seif a été arrêtée et emmenée dans un fourgonnette banalisée fin juin.

   Elle est accusée, selon ses avocats, de «diffusion de fausses informations», d’«incitation à des crimes terroristes» et d’«utilisation abusive des médias sociaux». Actuellement en détention provisoire, la militante, une monteuse de film, a notamment travaillé sur le film documentaire The Square, nommé aux Oscars en 2013, et le film Les derniers jours d’une ville. «Ensemble, nous appelons les autorités égyptiennes à libérer immédiatement Sanaa (…) et toutes les personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits», ont écrit plus de 200 signataires de la lettre.

Parmi eux figurent les acteurs Danny Glover, Juliette Binoche et Thandie Newton, l’écrivaine Arundhati Roy, l’intellectuel Noam Chomsky, le Nobel de littérature J.M. Coetzee ou encore le plasticien Anish Kapoor. La détention de «Sanaa est la dernière d’une série d’arrestations sans fin qui caractérisent désormais, le régime du président Abdel Fattah Al Sissi», ont-ils ajouté. Au moment de son arrestation, la militante se trouvait avec sa mère et sa sœur devant la prison de Tora au Caire, où est détenu son frère, l’ingénieur et militant Alaa Abdel Fattah, figure centrale du soulèvement populaire de 2011 qui a chassé l’ex-président Hosni Moubarak du pouvoir. Alaa Abdel Fattah a été emprisonné dans un grand coup de filet après de rares manifestations contre le pouvoir Al Sissi en septembre 2019.

Plusieurs milliers de personnes ont alors été arrêtées, dont un nombre indéterminé libérées depuis. «Des dizaines de milliers de détentions politiques ont été documentées par des organisations de défense des droits humains (…) Entre temps, tribunaux et procureurs ont prolongé la détention provisoire de détenus sans qu’ils ne soient présents au tribunal», est-il relevé dans la lettre. «Nous appelons le gouvernement égyptien à mettre fin aux abus de la détention provisoire.»

En Egypte, la détention provisoire peut, selon la loi, être prolongée jusqu’à deux ans. Amnesty International et d’autres ONG de défense des droits humains ont signé la lettre. Depuis son arrivée au pouvoir en 2013, Abdel Fattah Al Sissi mène une répression sans merci contre toute opposition. Les intellectuels et artistes sont particulièrement visés.


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