L’Homme biologique est-il en extinction progressive ?

     par Hassini Tsaki *

  L’Homme politique moderne et « abiologique » est quant à lui, en sournoise mais parfaite substitution progressive : L’Homme moderne, en être essentiellement politique accompli subi, à l’aube de ce 21ème siècle, les dernières retouches d’un véritable processus « d’abiologisation » continu de par les divorces éthiques (voire avec son milieu naturel et sa nature profonde), la domestication et le conditionnement où le capitalisme libéral l’a induit progressivement.

Nous nous attendions et espérions, normalement, qu’après que notre humanité ait été particulièrement impactée et tellement éprouvée durant six mois et plus par cette pandémie au coronavirus, on en sortirait plus renforcés avec des enseignements et des résolutions d’adaptation et de rupture pour le traitement des causalités profondes de notre fragilisation collective face à ces entités virales présentes et certainement à venir (Cf. 1 et 2). Rien en est de tout cet espoir, les voyants semblent avoir été remis au vert pour une reprise économique et de modèle de consommation à l’identique que ce soit dans les pays dits avancés du Nord et ceux d’un Sud,empêtrés historiquement et inexorablement, dans un sous-développement institutionnalisé et, aujourd’hui, suiviste par l’art facile,et autant factice,du ‘’Copié-collé »(Cf. 3, 4 et 7).

Même, à l’échelle fédérative internationale, rien de fondamental, de prospectif et de sérieux n’ait été entrepris. Seule et exclusivement l’Agence attitrée des Nations unies pour la santé, l’OMS,apparaitet occupe le vide et l’inaction pour renouveler des recommandations éculées et vieilles de quelques siècles, sur la nécessité de l’observation rigoureuse des mesures barrières (confinement, port du masque et distanciation) en nous vendant l’espoir d’un dénouement proche par l’acquisition d’un nouveau vaccin. Nouveau vaccin, peut être efficace mais, comme tout vaccin,ne sera valable et protecteur que pour ce coronavirus. Et pour les autres entités virales à venir, et leurs potentielles atteintes et menaces, sur nos populations, que fait-on ?

Alors, qu’attendons-nous, aux niveaux nationaux et internationaux, pour commencer à nous concerter sérieusement, à échanger en fédérant, utilement, les énergies et intelligences, pour prospecter puis adopter les résolutions idoines d’adaptation et de rupture, nous permettant d’espérer et d’atteindre une réelle protection de nos populations, pour cette pandémie et celles, certainement, à venir (Cf. 7) ?

Mon père, qui a été, autant que pour d’autres vieux de sa génération, un ‘’diplômé » de l’université de la vie, de sa montagne et de son bon sens paysan ; après m’avoir longuement enseigné que le Secret était un réel pouvoir et l’information, son véritable et intime corolaire , me disait souvent qu’une fois que l’on a abordé un voyage ou un nouveau chemin, on finissait toujours par arriver au but. Mais il me préciser encore : Mais, il est toujours vrai, mon fils, que le démarrage reste toujours quelque chose de difficile ; voire, parfois même, éprouvant. Mais quand il faut y aller … Plus de place au doute, ni aux tergiversations anesthésiantes : Il faut y aller !

Les observations et règles de la Biologie ainsi que les lois et mécanismes de l’évolution des espèces nous enseignent qu’une plante, un arbre, que vous dites dénué d’intelligence, s’adapte à une nouvelle situation ou contrainte en changeant de morphologie ou de direction de croissance quand son épanouissement venait à être compromis. Et vous, pas !

A chaque nouvelle conditionnalité ou contrainte du milieu, les plantes définissent de nouvelles adaptations et stratégies de survie. De nouvelles tiges ou racines apparaissent, inopinément, défiant parfois l’architecture initiale et la morphologie ordinaire du végétal pour permettre une meilleure prospection nutritive et hydrique dans le sol, davantage de lumière et d’ensoleillement pour mieux se développer encore. Et nous, pas !

Six longs mois de pandémie destructrice en tout genre. Et notre monde s’apprête à aller de nouveau dans la même direction, avec les mêmes modèles économiques de production et de consommation, comme si rien ne s’est passé.

Même l’humble escargot, quand il constate que certains facteurs et déterminants de son milieu ont changé, il s’adapte aux nouvelles conditions et se confine durablement en rendant, avec ses sécrétions, sa coquille un gite clos et presque hermétique. Mais nous, nous ne savons plus réagir biologiquement en recherchant et en adoptant les bons réflexes de perpétuation. Sommes-nous plus forts et plus intelligents que l’escargot, les animaux primaires ou l’arbre ? Ce n’est pas totalement certain. Mais une chose est sûre, aujourd’hui, c’est que nous avons perdu progressivement certains de nos caractères biologiques fondateurs.

On ne peut même se vanter d’être mieux loti biologiquement qu’un vulgaire crapaud, puisque certains batraciens ont la faculté de se mettre en auto-léthargie pour dépasser certaines conditions climatiques extrêmes ; et se remettre à vivre normalement après une ou plusieurs années de sécheresses, parfois, chroniques. Pour nos populations d’aujourd’hui, une simple canicule estivale a eu raison de centaines de milliers de personnes fragilisées.

L’espérance de vie prolongée, ainsi que l’espérance de finir malade chronique

Les statistiques et leur exploitation tendancieuse sont mensongères, sinon bien orientées : On leur fait dire ce que l’on veut. On prétend, en effet, que notre civilisation et ses modèles de consommation, d’alimentation et de soins, est arrivé à augmenter l’espérance de vie, n’est-ce pas ! Il est vrai, qu’en moyenne, on vit plus vieux. Mais, dites-moi s’il vous plait, dans quel état physique, de santé et de plénitude réelle finit le tiers de nos vieux ? Comme des malades chroniques à partir de 50 ans seulement, comme des grabataires impotents, ou comme de véritables gagas !Mais ils sont, bien sûr, déclarés bien vivants et jouissent, pour la continuité des profits de l’industrie pharmaceutique et des suractivités médicales et leur acharnement parfois, d’une attention particulière mais feinte pour la solvabilité des systèmes de sécurité et de santé en bons et permanents payeurs. Le Business est sauf, bien occulté par de hautes feintes humanistes et de prétendue vertu de solidarité sociale.

Nous ne sommes plus que des êtres ou individus socio-économiques et, surtout, d’utiles consommateurs, conditionnés, de plus en plus, par déterminisme politique que biologique. L’Homme politique moderne est en voie de ‘’formatage » progressif pour lafinalisation de sa mue d’individu biologique à un être totalement politique et ‘’abiologique »aux caractères saillants et presque exclusifs de consommateur et de producteur socio-économique. Et ce, depuis les divorces éthiques où l’a induit la société capitaliste libérale, depuis, approximativement, la fin de la seconde Guerre mondiale, avec , à son summum aujourd’hui, la banalisation et ingestion des OGM, savamment, précédée par la destruction des paysanneries et les exodes de leurs relèves potentielles, la systématisation de l’agrochimie, le développement et l’arrogance des lobbys de l’agro-industrie, l’accumulation des arsenaux nucléaires, la détérioration organisée de l’environnement, la banalisation et intrusion des pollutions diverses visibles ou insidieuses, perturbant progressivement les organismes biologiques. Tout cela, sous la houlette, et la prédominance d’une dictature financière globalisée, plus puissante généralement que les Etats qu’elle bénie, s’ils ferment les yeux ou disloque s’ils s’amusent à développer des politiques qui gênent ses intérêts ou profits.

Les signes et constats qui justifient et corroborent ces précédents témoignages et affirmations sont manifestes aujourd’hui, pour ceux qui savent ouvrir les yeux et se poser les bonnes questions :

– Un effondrement immunologique quasi-général des populations. Non pas seulement par une fragilisation aux atteintes virales et bactériennes comme pour le cas de cette pandémie au coronavirus. Mais déjà depuis deux à trois décennies face à cette grande et préoccupante fréquence des maladies cancéreuses, du Diabète, de l’Hypertension artérielle, sans omettre encore ces maladies neurodégénératives comme l’Alzheimer, le Parkinson, la Sclérose en plaques, et j’en passe…

– L’effondrement de la fertilité chez une bonne proportion de nos populations, et de plus en plus grosses difficultés de procréation spontanée qu’elles soient de nature féminine ou masculine. Le secteur de la procréation médicalement assistée a explosé depuis ces deux dernières décennies. Si les choses continuent dans ce sens, on ira jusqu’à la banalisation des bébés éprouvettes. Et certains, trouverons les moyens pseudo-moraux d’y légiférer favorablement, comme ils l’ont fait pour le Mariage-pour-tous, qui n’est qu’un des prémices à un effondrement biologique et culturel programmé.

– L’effondrement progressif de nos potentiels immunologiques naturels. Et, quoique les statistiques prétendent, à grands cris, que l’espérance de vie a augmenté, ils ne disent pas, cependant, que nous sommes devenus de plus en plus malades : Il est vrai, que beaucoup de personnes vivent, en moyenne, jusqu’à 80 ans, mais une bonne proportion d’entre eux trainent une maladie chronique, une incapacité physique, sont impotents ou grabataires durant les deux ou trois dernières décennies de leur vie. En un mot, l’espérance de vie a certes été augmentée ; mais aussi, avec elle, une plus grande espérance de finir sa vie en malade chronique !

– Deux maladies cancéreuses, en première position dans la classification et grande fréquence observées dans ce type de maladie et nouvelle pathologie de notre modernité, concernent une forme induite de dégénérescence et de dérèglement physiologique et anatomopathologique précoces des appareils reproducteurs : Le Cancer du sein, le Cancer de l’utérus chez les femmes et le Cancer de la prostate chez les hommes.

Nous sommes, présentement et désormais, atteints dans ce que notre espèce biologique détenait de plus intime et de plus sacré, son pouvoir de reproduction et de perpétuation. Bizarre et bien interrogative destinée, n’est-ce pas ?

Le processus de destruction socio-économique et politique de l’Homme biologique, semble se poursuivre avec cette pseudo-innovation et nouvelle trouvaille annoncée de ce qui est pompeusement appelé le développement de l’Intelligence artificielle et ses multiples et très larges applications. Cela sous-entend, qu’en développant davantage de supports ou appendices numériques par l’action intelligente de nouveaux processeurs électroniques pourrait procéder à décharger l’homme, ses activités et ses entreprises de leurs occupations organisationnelles réfléchies qui étaient du ressort propre de ces hommes jusque-là. Ne va-t-on pas, ainsi, participer à atrophier progressivement les capacités naturelles cognitives et d’intelligence de ce qui fait l’originalité même de l’Homme biologique. Après seulement une à deux décennies de SMS, nos enfants ne maîtrisent plus la rédaction, l’écriture et l’orthographe. De même, qu’avec la facilité factice du ‘’copié-collé’, en autre et élémentaire forme de l’Intelligence artificielle, beaucoup de nos jeunes universitairesbâclent leur formation et ratent leur future et belle compétence en s’adonnant à l’exercice facile de plagiats aussi éhontés que dégradants pour eux-mêmes !

le siècle de l’Homme « abiologique » et standardisé, pour l’expansion infinie des marchés

L’Homme politique moderne subi un processus sournois de ‘’débiologisation ». Nous sommes, progressivement, devenus des créations sociales ‘’formatées » pour n’être que d’avides consommateurs, des dociles citoyens dominés par les règles financières d’un marché de plus en plus uniformisé et mondialisé. Nous ne sommes plus que des multitudes d’êtres, qui n’ont plus prise et ne décident absolument rien sur leurs comportements, ni sur leurs vies, ni sur leurs pensées propres. Seulement des animaux de laboratoire, entretenus et gérés par une exo-conscience faite d’intérêts, de profits et de spoliations déguisées.

Un penseur ou philosophe de prospective avait dit que l’Homme du 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas. A notre sens, il ne le sera pas du tout. Car, ce siècle sera celui de l’Homme politique moderne réussi, c’est-à-dire, le siècle de l’Homme « abiologique » et standardisé, pour l’expansion infinie des marchés.

Déjà, et dans diverses sociétés et cultures, il y a peu de temps, si diverses, nous accusons plus de couples divorcés que de couples restés mariés. Plus de familles recomposées que de familles réconciliées dans le mariage. Plus de célibataires esseulés que de jeunes ayant les possibilités de s’unir dans une famille. Plus de pacsés, plus d’homosexuels que de couples hétérosexuels restés unis et épanouis dans le mariage. Pour satisfaire les marchés toujours voraces, et garder un niveau de la demande de consommation toujours ascendant, il faut séparer les êtres et démultiplier les foyers… Les célibataires, les esseulés sociaux et affectifs sont fort prisés par le capitalisme libéral : ce sont de parfaits et rassurants êtres « abiologiques » standards !

Beaucoup de gens aujourd’hui, et parmi les plus modestes de notre modernité, consacrent la moitié sinon les deux tiers de leurs salaires à la location de quelques mètres carrés perchés entre ciel et terre. La spéculation immobilière est,certainement et de loin, la plus criminelle invention de notre siècle. D’autant plus que la spéculation foncière et immobilière qui, en juste quelques décennies, a réussi à défigurer nos pays, nos terroirs, leurs spécificités locales, régionales et leurs équilibres, a pratiqué l’entassement des populations où des cités de 10 et 20 millions d’habitants ne se comptent plus. N’oublions pas que ces méga villes sont et seront toujours les plus potentiels et les plus explosifs futurs foyers pandémiques qui nous menacent tous (Cf. 4, 5 et 6).

Les tenants et aboutissants du système qui nous domine tous aujourd’hui n’a aucunement besoin de créer et d’éduquer des êtres intelligents qui réfléchissent, qui analysent, qui recherchent l’épanouissement individuel et collectif et qui peuvent s’émouvoir par leurs capacités propres ; mais, uniquement, des consommateurs fonctionnels. Même pour nourrir ces êtres, les multinationales de l’Industrie agro-alimentaire, de l’agrochimie, et de l’élevage industriel ont été suffisamment développées : plus besoin de paysans, plus besoin d’éleveurs, et plus besoin de famille, ni d’enfants pour assurer leurs relèves et transmettre leur savoir-faire millénaire ! Et souvenons-nous, surtout, que c’est dansles élevages industriels qu’ont été identifiés les premiers foyers des épidémies à coronavirus H5N1 de la grippe aviaire et porcine transmises aux humains au début des années 2.000.

Presque à notre insu, depuis deux ou trois décennies de brevetabilité du vivant par des dérives éthiques et artifices juridiques, nos organismes sont progressivement envahis de produits ou substances de manipulation génétique ou de synthèse chimique industrielle (OGM, semences transgéniques et hybrides, antibiotiques, colorants et additifs agroalimentaires divers, etc…). Nous les consommons, le plus souvent, de manière indirecte par le truchement des produits laitiers, les yaourts, les fromages, les viandes rouges et blanches des animaux d’élevages industriels nourris avec ces OGM et gavés d’antibiotiques. Et comme nous ne sommes que ce que nous mangeons, selon Hippocrate, quelques siècles avant Jésus-Christ, ou Averroès de son beau 11ème siècle andalou , ta Médecine est ta bonne alimentation ; il devient aisé de comprendre que depuis, ces quelques dernières décennies d’aventures alimentaires développées par ces apprentis sorciers des OGM, de l’agro-industrie et de l’élevage industriel, nos organismes se trouvent aussi insidieusement manipulés et corrompus génétiquement et chimiquement par des substances exogènes dont nous mesurons aujourd’hui notre fragilisation collective. Après seulement deux à trois décennies d’incubation et de bioaccumulation de ces produits corrompus biologiquement,nous remarquons aujourd’hui les effets immunologiques, physiologiques et pathogènes sur nos personnes.

L’Europe officielle, appuyée ou plutôt contrainte par une forte société civile, a fini par adopter un moratoire d’interdiction de l’exploitation agricole des OGM. Mais elle continue, plusieurs dizaines d’années après, à acheter et à importer des graines OGM pour ses élevages dont les produits directs ou dérivés tels le lait, les matières grasses ou autres sont consommés par ses populations et bien d’autres, encore, dans les pays importateurs du Sud. N’est-ce pas une attitude d’autruche et hypocrisie grandiose et manifeste feinte par certaines démocraties, et pas des moindres, dominées par le marché presqu’exclusif des multinationales des OGM. Cette Europe qui compte et observe une meilleure conscience éthique, fait défaut délibérément en la matière ; et ce, en toute opposition à ses valeurs. Notons, à ce propos, que quand l’Amérique , en voulu davantage protéger son économie et marché intérieurs, a menacé de surtaxer l’aluminium et de bien autres produits chinois fort compétitifs sur son territoire, la menace de rétorsion et de réciprocité de la Chine, cette véritable Usine de sous-traitance du monde, a porté essentiellement que sur une chose : surtaxer l’importation du Soja ! Ce qui est une belle réplique en soi. Mais ne nous engageant par trop vite à sourire, ni à rire, puisque ce grand pays si entreprenant et qui accusait un grand retard en matière de culture des OGM, s’y consacre fortement aujourd’hui et pénètre la compétition. Déjà, il développe depuis quelques années des laiteries industrielles gigantesques à 2.000 vaches bloquées sur des rotatives trayeuses. D’où, bonjour les dégâts sur la préservation des écosystèmes et biodiversité naturels de notre petite et si fragile planète.

La Barrière immunologique, issue de notre de notre potentiel biologique, a été érodée

Le boom économique occidental successif au Plan Marshal faisant suite à la seconde Guerre mondiale, a fait de l’occident le premier détenteur et exportateur de céréales du monde, et qui revient, après l’utilisation de la mécanisation agricole, aux remembrements des terres, à l’utilisation de plus en plus importante des engrais, fertilisants et phytosanitaires chimiques dans l’agriculture. Ce qui a donné lieu à la naissance de l’agrochimie, initiée principalement par les industries chimiques, occupées durant le conflit mondial à produire des armes entres autres chimiques.

Depuis donc quelques sept décennies, notre humanité et ses élevages sont nourris essentiellement par des graines issues de la fertilisation de synthèse chimique à caractère industrielle. A ce jour, et depuis, aucune grande école ou institution scientifique spécialisée n’a entrepris des investigations, expérimentations comparées, ni une réelle évaluation entre autres nutritionnelle sur l’innocuité de ces produits agricoles sur la santé. On a d’emblée cautionné et pris pour argent comptant les déclarations de l’industrie de l’agrochimie prétendant que ces composés étaient équivalents sinon identiques aux fertilisants que produisait le sol naturel ! Aucune mesure de précaution n’a été édictée ou évoquée, ni bien sûr aucune investigation,programme de recherche,ni aucun questionnement sérieux n’ont été entrepris à ce jour !

Pourtant, la fertilisation naturelle existe depuis la nuit des temps. La civilisation agricole mésopotamienne et égyptienne la connaissaient et la pratiquaient normalement par l’adoption et intégration des légumineuses dans les assolements et rotations cycliques des cultures (ce groupe ou plus spécifiquement famille botanique vit en association symbiotique avec des bactéries du sol qui assimilent et fixent l’Azote atmosphérique). Les raisons profondes du développement outrancier des engrais, fertilisants chimiques et phytosanitaires n’ont pas servi à vaincre la faim dans le monde comme elles l’ont prétendu, ni à assurer une bonne santé aux hommes mais bien à engranger des profits rapides et substantiels au détriment de la préservation des écosystèmes et de la santé des personnes, puisque qu’à leur innovation et introduction, aucune mesure de précaution, ni aucune étude d’innocuité n’aient été réalisées en amont et au préalable. C’était, il est vrai, le début des apprentis sorciers et autres faussaires alimentaires, peut-être, à l’origine du processus de notre délabrement immunologique actuel !

La barrière immunologique, issue de notre propre potentiel biologique, qui protégeait jusque-là notre espèce des atteintes à coronavirus animaliers (aujourd’hui l’homme est atteint facilement et indifféremment par les coronavirus de la Grippe aviaire, porcine, de certains rongeurs, etc…) a été suffisamment érodée et ébranlée par les pratiques essentiellement pécuniaires de ces dérives éthiques. Notre seule erreur, regret et responsabilité en la matière, est d’avoir, par inadvertance et une certaine candeur malheureuse, confier, sans aucune mesure de précautionpréalable, notre alimentation et ses intrants agricoles à des entreprises de la chimie industrielle, dont la première vocation demeurait la fabrication de poisons et de gaz de combats comme le sarin, le gaz moutarde, l’agent orange ou la dioxine. Notons, au final, que ce sont ces mêmes institutions économico-financières, travesties par d’autres appellations et logos, qui ont fortement investi au début des années 90, le domaine des biotechnologies des OGM et qui détiennent aujourd’hui les brevets exclusifs de leurs exploitations et commercialisations sur l’ensemble de la planète.

Quant à nous, et au regard de cette particulière grande alerte pandémique, il nous incombe d’espérer contribuer à remettre un peu d’ordre et de logique éthiques dans ces dérives et intrusions qui nous ont secoué et continuerons à nous secouer en menaçant davantage encore les lois et règles naturelles qui fondent notre fonctionnement biologique depuis des millions d’années d’évolution résiliente.

Les promesses chimériques des Start-Up

Ce n’est pas parce que, il y a eu, essentiellement aux USA, quelques réussites financières fulgurantes de certaines Start-Up dans le domaine particulier des technologies de la communication, qu’on verse volontiers dans la facilité trompeuse de flouer, avec des rêves chimériques,les pléthoriques générations de diplômés universitaires mis au chômage structurel. Il pourrait y avoir énormément de travail pour ces jeunes universitaires sans gloire, ni sécurité d’emploi, d’aujourd’hui. Et ce essentiellement dans le domaine agricole et de l’innovation si on leur ouvre l’accès aux terres, longtemps laissées en friche, avec des prêts sans intérêts à moyen et long termes, pour qu’ils puissent se consacrer à la mise en valeur et à la réhabilitation éthique en matière de productions agricoles, d’élevage et de production d’intrants biologiques de fertilisation.

Ne soyons pas amnésiques, ni dupes avec nous-mêmes, car le colonialisme, qui n’était pas particulièrement porté sur des aspects socialisants ou de solidarité sociale, l’a bien fait chez-nous et au détriment des spoliations infligées à notre ancienne paysannerie. C’était à une époque où de grandes parcelles des meilleures terres furent redistribuées gracieusement avec des affectations tirées au hasard du fond de chapeau d’un administrateur, à des miséreux prétendants d’origine vaguement européenne (Espagnols, Italiens, Maltais, Alsace-lorrains, etc… venus tenter l’aventure et s’installer en nouveaux colons, pour la perpétuation de l’Empire et sa grandeur mythique!

Ce serait, en effet, plus juste de confier ces nombreuses superficies de terres laissées en déchéance que de les miser, comme au jeu de Poker, à des pseudo-partenariats étrangers qui ne réussiront qu’à installer , avec de lourdes subventions tirées de nos fonds publics, des spéculations agro-industrielles et monocultures à grande rente financière en détruisant le capital écologique, voire la qualité intrinsèque de nos terres, de nos eaux de surface et nappes phréatiques ainsi que nos ressources phylogénétiques rustiques et adaptées depuis des milliers d’années dans notre milieu, par l’introduction de semences hybrides , des OGM , des intrants chimiques en y ajoutant des quantités astronomiques de pesticides :

– Recréer des nouvelles, jeunes, prometteuses et même savantes paysanneries ;

– Recréer de nouveaux modèles et concepts, dans le domaine de la transformation agricole, plus respectueux des règles nutritionnelles et sanitaires ;

– Consacrer, courageusement, de réelles et justes Réformes agraires de fixation et d’épanouissement social, de nos jeunes au sein du milieu rural aujourd’hui en désertification humaine avancée. Car notre paysannerie authentique, réduite en lambeaux, se trouve aujourd’hui cotonnée, suite à un déni extrême et indignation totale, autour des villes et dans les bidonvilles… en attendant misérablement, et en assistés d’Etat, les mains toujours tendues, un F2 ou F3 des nombreuses cités dortoirs (Cf. 5 et 6) ;

– Revoir avec acuité et de manière nouvellement fondatrice cet urbanisme spéculatif qui nous mène droit dans le mur et hypothèque dangereusement nos avenirs nationaux et celui de la planète ;

– Enfin, réhabiliter l’Homme et ses capacités biologiques comme un but de réussite globale et de bonheur juste et socialement partagé.

Appel à une réflexion, un débat sans exclusive pour une charte de résolutions internationales d’adaptation et de rupture

Cette pandémie au Coronavirus, outre ses destructions en vies humaines et en biens économiques, ses diverses contrariétés et menaces multiples, nous a révélé que désormais nous sommes tous embarqués, dans le même bateau qui dérive. Il n’y a plus de frontières réelles, ni d’Etats protecteurs de ses populations. Notre humanité, désormais Une, devant le même danger, se trouve confrontée aux mêmes risques et conséquences. Notre analyse critique, notre enseignement et réponse en résolutions collectives, tirés de cette tragédie, ne peut qu’être unie.

A l’instar, de ce qui a été préconisé , par les Nations unies, pour le traitement de la question du Réchauffement Climatique Global et qui s’est matérialisé par la constitution et le fonctionnement du GIEC (Groupe Intergouvernemental pour l’Etude du Climat), il faudrait que soit initié et encourager une réflexion critique, un débat sans exclusive aux niveaux nationaux puis internationaux afin que soient identifiées et adoptées des règles, adaptations, et résolutions permettant la plus utile et précise mise à profit de l’expérience et alarme sanitaire en cours.

Mais, de grâce, ne répétons pas les mêmes problèmes et insuffisances qui ont marqué le GIEC, devenu un rassemblement d’intégristes scientifiques alignés d’où ont été exclus de parole et de contradiction féconde tous les scientifiques critiques qui furent d’emblée taxés de climatoseptiques parce que seulement et fondamentalement, comme bons scientifiques, restés de bons et utiles contradicteurs.

Enfin, par le modeste biais de cette contribution et analyse, nous invitons et appelons l’institution des Nations unies, de prendre une initiative en la matière, qui reste à notre humble sens, une des vocations légales de son secrétariat général , pour la création d’un groupe d’étude et de réflexion à l’échelle, il reste entendu conformément à la Charte de ses membres, des représentants et délégués gouvernementaux , mais qui puisse rester ouvert et sans exclusive, à des personnalités indépendantes (éloignées des institutions et de leurs éventuels lobbys) jouissant d’une unanime reconnaissance de l’opinion scientifique internationale et de la conscience collective des populations de la planète.


(*) Professeur


Sources et notes explicatives :

(1) Le coronavirus et nous ou l’intrusion sociale et politique d’une entité biologique et ses enseignements pour le présent et l’avenir. http://www.lequotidien-oran.com/?archive_date=2020-03-15

(2) Le coronavirus et nous, acte 2, ou l’expression d’une nature, suffisamment agressée, qui reprend ses droits (1ère partie). http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5288218

(3) Le coronavirus et nous, acte 2, ou l’expression d’une nature, suffisamment agressée, qui reprend ses droits (Suite et fin). http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5288250

(4) Le Coronavirus et nous, acte 3: Sur-urbanisation effrénée, exodes ruraux hémorragiques, mode alimentaire globalisé et crises sanitaires mondialisées et récurrentes (1ère partie). http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5288448

(5) Le Coronavirus et nous, acte 3: Sur-urbanisation effrénée, exodes ruraux hémorragiques, mode alimentaire globalisé et crises sanitaires mondialisées et récurrentes (Suite et fin). https://algeria.shafaqna.com/634940

(6) Comment anticiper et mieux préparer les prochaines pandémies. https://pro.medias-dz.com/article.php?id=1080164966

(7)Créer, impérativement, des départements ou facultés de bio-épidémiologie, dès la rentrée universitaire prochainhttp://www.lequotidien-oran.com/?archive_date=2020-08-08&news=5292400


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