Algérie / Alternatives

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L’année 2018 aura été difficile, poussive. Aussi bien sur le plan politique qu’économique et social. Le gouvernement de M. Ahmed Ouyahia n’est pas parvenu à rétablir les grands équilibres dans sa politique économique, ni à créer les ressorts nécessaires pour relancer la croissance. Il est en fait otage de l’incapacité chronique de l’économie à créer de la richesse et donc à relancer l’emploi, les investissements, la création d’entreprises, la croissance. Et, sur ce plan-là, il est devant une situation douloureuse, rendue encore plus dramatique par une contraction de plus en plus importante des réserves de change à 82,12 milliards de dollars, ce qui ne lui laisse guère le choix pour recourir à la «planche à billets» dans un contexte de forte érosion des recettes d’hydrocarbures. Car non seulement les perspectives de vente de gaz se réduisent avec une boulimie extraordinaire de la demande locale, mais les prix du pétrole ont perdu depuis le début du mois de novembre jusqu’à 40% de leur valeur sur l’année, chutant à 53,82 dollars en fin de semaine. Suffisant pour nourrir les inquiétudes quant aux mesures que doit prendre le gouvernement pour amortir les effets directs de la chute des prix de pétrole sur l’économie nationale. 

Un exercice difficile quand la création d’emplois stagne, que les choix économiques demeurent encore un dilemme cornélien et, surtout, que le gouvernement semble opter pour la solution de facilité en recourant à l’endettement du Trésor au lieu d’entamer de profondes réformes économiques, même douloureuses. L’emprunt international, un endettement externe momentané et bien géré n’est pas une tare ni une insulte, beaucoup de pays y ont recours, y compris les Etats riches de l’UE ou les Etats-Unis. En quoi aller vers un endettement externe est-il, dès lors, dégradant quand on arrive à redresser rapidement la situation et remettre les clignotants au vert ? Mais, sur tout choix économique, il y a la décision politique de ne pas céder aux tentations plus qu’il n’en faut de «la planche à billets», car cette voie est dangereuse et porteuse de lourds déficits et des crises inflationnistes fatales, comme un manque de confiance dans les capacités de l’économie nationale à redresser la barre, en laissant, avec courage, en jachère les hydrocarbures. 

Cette manne pétrolière n’a été capable que de faire depuis de nombreuses années de notre économie un géant aux pieds d’argile. Il est dès lors grand temps de regarder autrement le potentiel des hydrocarbures, non pas comme un «tiroir-caisse» mais simplement comme un secteur important certes, mais pas vital pour l’économie du pays. C’est pour cela que cette année a été encore une année difficile, ratée par rapport aux opportunités de reprise économique, de confiance sociale et, plus que tout, de grande assurance sur le plan politique. Au lieu de cela, on en est encore à chercher comme Diogène d’où viendra la lumière de cette soudaine opacité qui entoure la prochaine élection présidentielle qui conditionne pour les prochaines années les grandes tendances de la stratégie économique nationale. Et, les nouvelles conditions sociales que devront fatalement accepter les Algériens. Car la confusion politique actuelle ne contribue aucunement à baliser la voie aux grands choix économiques et sociaux urgents à prendre pour les toutes prochaines années. D’abord sur la continuité ou pas de l’endettement interne, ensuite pour le grand virage de cette option longtemps galvaudée par le pouvoir, mais qui reste d’actualité : «le compter sur soi» et l’alternative, enfin, au «tout pétrole». 

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