Lire : L’Algérie Aléatoire de Farid DAOUDI

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Août 2018

L’ALGERIE ALEATOIRESes maux-clés endogènes – Une matrice transversale de sous-développement

S O M M A I R E
. PREFACE
. AVERTISSEMENT
. AVANT- PROPOS
. INTRODUCTION
.L’ADMINISTRATION PUBLIQUE
. L’AGRICULTURE
. LE CADRE DE VIE
.LES COMMUNICATIONS
. LA CULTURE
. LA DÉFENSE NATIONALE
. L’ÉCONOMIE GENERALE
. L’ENSEIGNEMENT
. L’ENTREPRISE
. LES FINANCES
. L’ INDUSTRIE
. L’ INFORMATION
. LES INSTITUTIONS
. LES QUESTIONS INTERNATIONALES
. LES QUESTIONS JURIDIQUES
. LES QUESTIONS SOCIALES
. LES RESSOURCES
. LES SCIENCES
. LES SERVICES
. LE TRAVAIL
. LA VIE POLITIQUE
. CONCLUSION
. ANNEXES – ILLUSTRATIONS
. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 887- 893

PLAN GENERAL DÉTAILLÉ DE L’OUVRAGE 894 – 899

Préface

Voilà donc un document, assez rare dans le genre. Très gros, mais pas trop.  Très long, mais juste ce qu’il faut. Très fouillé, hyper documenté et foisonnant de toutes sortes d’informations. Une sorte de grande bibliothèque consacrée à l’Algérie.  Un travail encyclopédique des temps modernes ? Une recension bibliographique ? Un état des lieux dans la lignée des grands classiques du genre? Un méga Digest de l’Algérie contemporaine ? Ou bien, tout simplement,  est-ce un (gros) essai critique et analytique de la société dans toutes ses composantes : géographie, histoire, culture, économie, sociologie, histoire, politique … ?  En fait, un peu de tout, et de tout un peu, mais assez suffisant pour être un ouvrage relevant des  sciences politiques, un tantinet partisan, malgré ses dimensions d’exposés didactiques  jalonnant l’ouvrage tout au long de sa lecture. La  lecture de cet ouvrage peut prendre beaucoup de temps, mais ses multiples  entrées   le rendent assez accessible selon les  centres d’intérêt de chacun  pour le parcourir. 

Les lecteurs lambda algériens et autres, toujours curieux quand il s’agit de notre pays (cet encore grand inconnu par beaucoup …. car, peut-être, évoluant très vite, trop vite) n’ont pas toujours  les compétences suffisantes pour porter un jugement sur le bien-fondé de telle ou telle information rapportée par la presse et ses journalistes et, aujourd’hui, par les réseaux sociaux et leurs animateurs.  A cet égard, l’ouvrage présenté doit beaucoup à la notoriété et aux titres des auteurs   convoqués à plusieurs, chacun étant le spécialiste, presque toujours,  incontesté de son domaine. Notre auteur, bien téméraire et sûr de lui,  s’y est aventuré, aidé en cela par une longue expérience de « journaliste de terrain » et d’« observateur social » averti.  Bravo l’artiste ! L’importance et la qualité  du travail accompli  laisse pantois et  invite à lui tresser quelques lauriers bien mérités. Et, il est certain que les lecteurs potentiels  en demanderont toujours davantage, car c’est le propre de l’encyclopédisme : le savoir n’est jamais fini.  C’est un ogre en faim continuelle. « Celui qui aime à apprendre est bien près du savoir  » (Confucius). Du coup, l’éditeur qui aura la « chance » et l’ « audace » de publier un tel document est, par avance, à saluer, car il fera fi des  jugements parfois sévères sur la gouvernance  du pays ; une gouvernance objectivement bien peu aisée, et ce depuis l’indépendance, tant les défis de toutes sortes étaient (et sont encore) nombreux et complexes. On les comprendra d’ailleurs bien mieux en parcourant l’ouvrage. Bref ! Un beau livre qui gagnerait à être diffusé à travers le réseau institutionnel et d’entreprises, en Algérie et à l’étranger.   Un  livre – source documentaire de qualité pour tous les journalistes, diplomates, fonctionnaires, universitaires … tous ceux qui souffrent d’un manque d’information sur l’Algérie contemporaine. Plus tard, peut-être, prolonger ce travail par l’apport de contributions externes (journalistes et universitaires, entre autres), un collectif qui approfondirait les connaissances  sur les  facettes multiples d’une réalité  en mal de développement.   Déjà, peut-être, initier un site pour consultation libre sur le Net ; ça y est, c’est fait puisqu’il est boudé par nos éditeurs les plus nantis en mal de caution politique.

 AHCENE – DJABALLAH Belkacem, Professeur associé à l’Ecole Nationale Supérieure de Journalisme et des Sciences de l’information (Alger), Journaliste indépendant.

Avant-propos

L’Algérie est un pays méditerranéen riche  par ses multiples potentialités économiques et culturelles, pour beaucoup insuffisamment et mal exploitées, du  fait qu’elle avait  opté pour un système économique collectiviste qu’elle ambitionnait de mettre à pied d’oeuvre dans une relative autarcie. Des investissements en milliards de dollars ont été engloutis  dans   des   plans de développement dont  la maitrise de gestion s’est trouvée confrontée  à des catégories de difficultés sociologiques et historiques.

Les changements  et  redressements  dans une voie de libéralisation et de démocratisation exigeront  un  même  ordre  de  grandeur d’appels en investissements  pour  rentrer dans l’ère de l’économique. Dans une économie désarticulée par l’incohérence de ces objectifs, les ressources demeurent injustement réparties pour gérer la complexité des transmutations structurelles. L’algérien a   été insuffisamment  préparé  à prendre en charge la mission qui  lui est confiée pour intégrer les éléments structurants d’un ordre économique et moral répondant à ses besoins matériels  existentiels.

A l’orée du XXIème siècle, la tentative d’une démocratisation de la société  se frayant une trajectoire entre traditionalité et  modernité  n’est pas  garante  pour  atténuer les tares héritées de l’ancien système  politique et remédier aux maux sociaux  qui  minent  l’environnement   du  citoyen en  quête de reconnaissance et d’identité  culturelle.

Avertissement

     L’information journalistique constitue, d’un certain point de vue, en tous cas sous ses formes médiatiques développées, le symbole le plus éclatant de l’explosion informationnelle à laquelle assiste notre siècle. Elle constitue, pour le citoyen, une gigantesque « mémoire sociale » permanente, reflet déformé des évolutions de la société, qui aliène en elle, pour des raisons de massification, de distance, d’éclatement, de lutte idéologique pour le pouvoir, etc., ses  capacités  d’auto-connaissance.

     Son caractère encyclopédique survole tous les phénomènes de la vie sociale, qu’il s’agisse de la science, de la vie politique ou de la vie pratique. Tout citoyen est confronté  quotidiennement à une fragmentation sans cesse répétée de l’information, ce qui constitue une barrière difficilement franchissable pour son accessibilité  par toute une partie du « grand public » qui éprouve de grandes difficultés à opérer l’acte de synthèse indispensable à une compréhension d’ensemble. En réaction à la redondance journalistique, cette matrice de maux-clés de la situation de l’Algérie offre un « cadre d »ensemble » de lecture indispensable au citoyen moyen.

    Ce cadre d’ensemble, plus ou moins développé, incorpore évidemment lui-même au fur et à mesure, les évolutions intervenues dans le tableau d’une situation générale. Il ne s’agit là tant de l’évolution souvent confuse et multidirectionnelle des évènements que de la pluralité  des facettes d’une situation. Le problème fondamental de l’information journalistique ne réside pas cependant, tant dans son caractère d’enchevêtrement inextricable au niveau synchronique, que dans sa luxuriance au niveau diachronique. On peut ainsi parler d’une double complexité diachronique : celle des ramifications et celle des facettes. Les ramifications sont constituées par les développements concrets d’un évènement et par l’ensemble des inter-relations factuelles dans lesquelles il s’insère.

     L’analyse journalistique  peut  creuser  plus ou moins loin au sein de ces ramifications qui sont parfois des plus occultes au premier abord et qui sont loin de toutes d’apparaître simultanément. Les facettes se situent quant à elles à un niveau d’appréhension intellectuelle plus abstrait. Le concept générique  peut  être abordé à partir d’un ensemble de réalités humaines et sociales très diverses, qui le font littéralement éclater. Mais c’est d’abord et avant tout un mécanisme social qui n’est contrôlé par personne, qui peut partir d’une vague escarmouche (manifestation d’enfants dans la rue qui dégénère et révèle la crise) sur une toile de fond de situation sociale tendue et exacerbée, combinée à des intrigues et à des manoeuvres politiciennes de haut niveau. Ce n’est pas quelque chose qui s’appellera « crise » dès le début (on parlera initialement d’un chahut de gamins, de manifestations, de révoltes, puis d’émeutes,…); mais même lorsque l’étiquette « crise » aura été affectée à ce processus en fonction d’un consensus général, il continuera à éclater en une multitude de facettes résultant de l’irréductibilité de la vie sociale à un seul dénominateur commun, même dans le cadre d’une crise exacerbée et d’une approche journalistique relativement distante, corrélant des maux-clés d’une Algérie stochastique perçus par une lecture transversale.

    Tant en ce qui concerne les ramifications que les facettes, nous sommes confrontés à des actes intellectuels de synthèse qui ont tous deux besoin de temps pour s’épanouir et se réaliser, mais qui sont de nature quelque peu différente. Les ramifications impliquent la capacité à établir un lien entre plusieurs évènements, lien pouvant être de nature causale, analogique, etc., alors que les facettes sont à la base d’une opération intellectuelle qui établit une tension entre l’unité d’un évènement et la diversité de ses manifestations qui se révèlent les unes après les autres à travers un incessant jeu de va-et-vient. Aucun évènement n’existe donc en soi. Ils sont tous en évolution les uns par rapport aux autres, sans qu’on puisse s’appuyer sur aucune base permanente, même au niveau  de catégories les plus générales.

     L’information journalistique possède cette capacité d’évolution, cette « richesse lacunaire » en perpétuelle transformation, grâce à son caractère institutionnel : par   définition,  elle  est  le produit du  fonctionnement   de   collectivités  institutionnelles. Cette remarque  est  essentielle,  car  elle  permet   d’expliquer  la  forme  à   la   fois unifiée et éclatée que prend l’information documentaire. Pour prendre la chose par l’absurde, il n’existe aucun journal qui soit capable de donner d’une seule synthèse l’ensemble de l’actualité nationale, même de façon trés générale. A l’inverse, il n’existe aucun journal où l’on ne soit capable, malgré la diversité des articles, de repérer une vision, un plan, un point de vue d’ensemble, s’exprimant à travers plusieurs voix. Cette unité informationnelle contradictoire de l’organe de presse est  à  la  source de sa richesse, de son caractère unique, mais aussi de la difficulté  qu’il  y  a à  établir   ce  qui  constitue   » l’unité  informationnelle  de  base » en  la matière ; les points de vue   peuvent être en effet  être  divers.  La valeur  de l’information  documentaire repose aussi   bien  sur  sa  globalité  constamment  mise  à  jour  et  renouvelée  en  surface  que  ses  éléments les  plus  restreints.

Introduction

      L’Algérie, ancienne colonie  française (1830-1962), est un pays nord-africain en possession d’immenses ressources naturelles constituant l’atout majeur de sa politique de développement. Les différents héritages civilisationnels de son histoire cristallisent les différents courants idéologiques de son époque actuelle. Son élite constituée de diverses tendances a survécu à un total obscurantisme dû à l’occupation de son territoire et à la tentation d’aliénation de l’identité de ses habitants, lesquelles ont  causé certains dommages dans son patrimoine spirituel. La libération de son peuple s’est  effectuée au moyen  d’une mobilisation de ces tendances au sein de la formation politique du FLN et de la constitution de l’ALN  sur le plan militaire. Ce consensus « idéologique » a permis de conduire la lutte jusqu’à l’indépendance. La cohésion du pouvoir s’est trouvée ébranlée par un coup de force imposé aux mêmes tendances par une coalition politico-militaire animée d’une volonté de conduire la politique du pays. Les clans majoritaires alliés à l’armée étaient issus de la petite bourgeoisie nationaliste et progressiste. Les choix de politique économique ont été les résultats d’influences hégémoniques externes et ont ainsi composé la classe politique d’un régime populiste de petite bourgeoisie, traversée par divers courants idéologiques. D’essence foncière et rurale, la composante dirigeante a dû subir des mutations  internes pour composer avec le monde extérieur et affirmer son autorité par une main-mise contrôlée de l’évolution  politique interne en limitant l’échange et le  droit de critique. Cette oppression a permis aux détenteurs du pouvoir de secréter un système oligarchique où civils et militaires se partagent le pouvoir économique grâce à la règle de l’allégeance. L’effondrement  de l’hégémonisme soviétique qui a montré les faillites  du  système collectiviste, a précipité un renouvellement  forcé  de la composante politique avec l’aval du pouvoir militaire, centre de gravité des orientations de la  politique stratégique du pays. Ce  changement de cap contraint par la montée du mécontentement ne génère pas les ingrédients permettant au système politique de se réadapter à une nouvelle situation stratégique qui a compromis sa position monopolistique. L’ensemble de ces caractéristiques révèle de multiples maux sociaux qui exigent de profondes réformes afin de réadapter l’appareil  économique par de nouveaux instruments juridiques, législatifs, et financiers. Mais l’urgence à traiter une multiplicité de problèmes majeurs impose une répertoriation de priorités de séries de mesures au travers de douloureuses  mutations sociales et économiques dans un cadre conflictuel  permanent  entre le traditionalisme et la  modernité, sur fond de régionalisme. La forte croissance démographique, l’exode rural, une gestion mal répartie des ressources hydriques, un aménagement du territoire inadapté, une législation trop pesante et contraignante pour permettre l’initiative économique d’émerger, …., ont eu raison d’étouffer le développement économique. L’inadaptation du système éducatif a accentué le phénomène de l’analphabétisme et de l’illettrisme car il n’a pas été pris en compte d’intégrer le savoir au développement. D’où les maux sociaux d’aujourd’hui … innombrables à résoudre pour ramener la paix sociale et conforter sa posture au sein de la communauté internationale./


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