Jour du dépassement : La Catastrophe est-elle en cours ?

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« Je ne veux pas que vous soyez pleins d’espoir, je veux que vous paniquiez. Je veux que, chaque jour, vous ayez peur comme moi. Et puis je veux que vous agissiez. » Greta Thunberg, écologiste suédoise.

L’humanité va provoquer l’effondrement de la biosphère

Cette jeune écologiste nous met en garde contre une catastrophe annoncée. Elle nous dit que la biodiversité est en danger du fait de l’incurie des hommes, notamment dans les pays développés qui polluent, consomment et gaspillent plus que de mesure. On dit que si les citoyens de la Terre consommaient comme les Américains, il faudrait cinq planètes ! Or, il n’y en a qu’une ! Cela veut dire que forcément d’autres Terriens consomment moins. Les calculs montrent qu’il faut 0,7 planète si on est indien et peut être 0,1 planète si on est sahélien ! Cela veut dire que l’Américain consomme en une semaine ce que consomme le Sahélien en une année ! Ceci explique la fameuse phrase guerrière de G.W. Bush : 
« Le niveau de vie des Américains ne se discute pas. » Slogan repris par Donald Trump avec son fameux « Make america great again »,traduit par une sortie de l’accord de la COP 21 avec en prime le pathétique « Make a earth great again » de Emmanuel Macron. Agit-on mieux le dos au mur, quand il n’y a plus d’échappatoire, quand tout bascule ? C’est la thèse défendue par certains courants écologistes : l’humanité. aurait détruit son environnement au point de provoquer l’effondrement imminent de la biosphère. Il s’agirait dès lors de se préparer matériellement et spirituellement à vivre dans le monde d’après. Catastrophisme éclairé ou grande peur obscurantiste ? Il y a un an, le 1er août 2018, Nicolas Hulot, déclarait vouloir faire reculer ce jour du dépassement. « Nous devons apprendre à produire et à consommer différemment, car la poursuite des comportements actuels conduira inexorablement à des effondrements d’écosystèmes qui auront des conséquences tragiques sur notre économie, notre santé, notre alimentation. »

Le jour du dépassement
Cette année, le viatique mis à notre disposition par Dame Nature est consommé en sept mois, à la date du 29 juillet 2019. Cela veut dire que nous forçons la nature à être en déséquilibre ; elle n’arrive pas à absorber par exemple tout le CO2 du fait qu’il y a de plantes – notamment par la déforestation- pour absorber tout le CO2 produit, Jean-Baptiste Malet résume cela en écrivant : « Dérèglement climatique, extractivisme effréné, déforestation, érosion de la biodiversité, multiplication des catastrophes environnementales… L’accumulation de ces faits chaque jour mieux documentés par les scientifiques a fait émerger dans le débat public une préoccupation brûlante : sous l’effet de certaines activités humaines, des bouleversements imminents ou en cours conduisent à l’effondrement de la civilisation. (…)Certains partisans de cette thèse conçoivent la peur de l’apocalypse comme un catalyseur pour l’action ; d’autres prennent acte de l’indolence du personnel politique et pensent l’après-catastrophe. (1)
Doit-on vraiment s’inquiéter du «Jour du dépassement»?
Bien que le mode de calcul soit sujet à critique, il a le mérite de tirer la sonnette d’alarme. En 2017, écrit Leila Marchand, le jour du dépassement tombe le mercredi 2 août : « Chaque année, l’ONG Global Footprint Network utilise les données de l’ONU pour calculer le «Jour du dépassement», date à laquelle la consommation de l’humanité en ressources naturelles excède ce que la nature est capable de générer en un an. En 2015, la situation s’est aggravée: l’humanité a commencé à vivre au-dessus de ses moyens dès le 13 août, 132 jours plus tôt qu’il y a quarante-cinq ans ». (2)

Signification de la «catastrophe annoncée» 
« Un seul chiffre, inquiétant, résume ainsi à lui seul les enjeux environnementaux auxquels l’humanité doit faire face. Nous surexploitons la planète, qui ne peut plus suffisamment se régénérer ou absorber nos déchets. Laissons tomber l’empreinte écologique et commençons à mesurer directement notre empreinte carbone (….) Pourquoi l’humanité vit-elle «à crédit», endettée? À cause du carbone. Les forêts et les océans ne peuvent pas absorber tout le dioxyde de carbone émis par l’homme. Le problème se situe donc moins dans la régénération des ressources pour nous nourrir que, très largement, dans le nombre de forêts disponibles pour absorber les déchets. La question est donc mal posée, pour Michael Shellenberger, qui conclut: «Laissons tomber l’empreinte écologique et commençons à mesurer directement notre empreinte carbone. Et utilisons des mesures plus significatives pour vérifier si notre exploitation des terres, des forêts, des mers, est faite de façon durable.» En effet, les impacts environnementaux (par exemple la pollution ou l’épuisement de l’eau liés à l’agriculture) ne sont pas pris en compte dans le calcul de l’empreinte écologique. » (2)
« On sait que la biodiversité est en danger. De plus on se sent fataliste en admettant que les 2° C ont été dépassés et qu’il n’y a rien à faire ! La preuve avec les chaleurs actuelles, il a fait plus de 40°C à New York la semaine dernière ! Lundi 29 juillet, l’humanité a consommé toutes les ressources que la planète peut renouveler en un an. Elle vivra donc «à crédit» jusqu’au 31 décembre. Le «jour du dépassement» («Earth overshoot day» en anglais) est la date à partir de laquelle l’humanité, ayant «consommé la totalité des ressources que la planète peut renouveler en une année», commence à vivre «à crédit», expliquent Global Footprint Network et WWF. Le «jour du dépassement» survient de plus en plus tôt chaque année, depuis que le «déficit écologique» a commencé à se creuser au début des années 1970. cette date fatidique «continue inexorablement d’avancer». En 1977, la planète avait épuisé ses ressources le 12 novembre. Dix ans plus tard, en 1987, le «jour du dépassement» correspondait au 24 octobre. En 1997, c’était le 30 septembre. Et en 2007, il y a dix ans, le «jour de dépassement» survenait le 15 août. » (3).
« Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,7 planète», analysent WWF et Global Footprint Network, qui précisent que «60% de notre empreinte écologique mondiale» provient de l’émission de gaz à effet de serre. Elles rappellent aussi que «la nature n’est pas un gisement dans lequel nous pouvons puiser indéfiniment». Les conséquences de la surconsommation des ressources disponibles sur la planète sont d’ailleurs déjà bien visibles : «Pénuries en eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole et des stocks de poissons, déforestation, disparition des espèces.» Et cette année, cette date symbolique est fixée le 210e jour de l’année… Soit 100 jours plus tôt qu’il y a 40 ans. Une date symbolique fixée cinq mois plus tôt qu’en 1970. En 2018, le «jour de dépassement» mondial était atteint le 1er août. En 1970, c’était le 29 décembre, soit à la toute fin de l’année.. (3). 
« Depuis le 10 mai dernier, les 512 millions d’habitants de l’Union européenne vivent à credit ? Qu’en 5 mois, en Europe, nous avions déjà consommé la totalité de ce que la planète est en capacité de régénérer en nourriture, fibres et matériaux sur une année ? Cette année, ce jour est le 29 juillet. Surpêche, destruction des forêts, émissions de gaz à effet de serre, surexploitations minières, appauvrissement des sols… Une logique productiviste boulimique qui ne laisse à la planète, ni le temps de régénérer ses ressources, ni celui d’absorber les déchets… Et cela ne peut plus durer ! Il appartient à chacun, de se mobiliser pour inverser cette tendance dont nous observons chaque jour les conséquences dramatiques : pénuries de ressources, pollution, extinction de masse des espèces. » (4)
«L’humanité utilise actuellement les ressources écologiques 1,75 fois plus vite» que les capacités de régénération des écosystèmes, souligne l’ONG dans un communiqué. Les modes de consommation selon les pays présentent d’énormes écarts: «le Qatar atteint son jour du dépassement après seulement 42 jours, tandis que l’Indonésie a consommé toutes les ressources pour l’année entière après 342 jours» 
En clair, il faudrait plus de six planètes pour le Qatar, ceci nous donne une idée du gaspillage de cet Emirat. La consommation d’électricité du Qatari est deux fois plus importante que celle de l’Américain moyen avec 18.000 kWh/an 20 tonnes équivalent pétrole ou encore plus de 50 tonnes de CO2/an. En comparaison, le Sahélien n’a pas accès à l’électricité il consomme 0,2tep/an et moins d’une tonne de CO2 Alors qu’il ne faudrait que 0,7% de la Terre si tout le monde vivait comme les Indiens ».

Jour du dépassement : comment fait-on le calcul 
Il existe différentes méthodes de calcul qui prennent en compte toutes les dépenses d’énergie. Coralie Lemke écrit : « Un test mis au point par ce groupe de réflexion permet de calculer sa propre empreinte écologique, en indiquant combien de planètes Terre il faudrait si chaque habitant vivait comme vous… Type de logement, alimentation, transports : notre mode de vie est passé au crible. Pour faire le test, il suffit de se rendre sur le site «Foot Print Calculator». » (5)

Comment consommer moins en consommant mieux ?
Plusieurs leviers d’action sont possibles. Le plus important est de diminuer la consommation d’énergie fossile due aux transports. Un transport par avion consomme une quantité très importante de carburant contrairement au train… « Le principal levier d’action concerne nos émissions de gaz à effet de serre qui représentent à elles seules 60% de notre empreinte écologique mondiale”, fait valoir WWF. “En diminuant les émissions de CO2 de 50%, nous pourrions gagner 93 jours dans l’année, soit faire reculer le jour du dépassement à octobre”, estime l’ONG. “En divisant par deux la consommation de protéines animales, nous pourrions repousser la date du jour du dépassement de 15 jours par an” et en divisant le gaspillage alimentaire par deux, on pourrait gagner dix jours, poursuit WWF. contre un peu plus de deux avec le niveau de consommation des Chinois. » (6)
« Pour améliorer son score, Global Footprint Network propose deux pistes. ‘’Le principal levier d’action concerne nos émissions de gaz à effet de serre qui représentent à elles seules 60% de notre empreinte écologique mondiale. En diminuant les émissions de CO2 de 50%, nous pourrions gagner 93 jours dans l’année, soit faire reculer le jour du dépassement à octobre’’, souligne l’association WWF. Un conseil qui touche directement nos modes de transport, à savoir, moins prendre l’avion ou la voiture et privilégier les transports en commun. L’autre solution se trouve dans notre assiette. Les aliments ne nécessitent pas tous les mêmes ressources pour être produits. continue le WWF, qui propose aussi de diminuer le gaspillage alimentaire. Dix jours pourraient encore être grignotés en divisant par deux le gaspillage alimentaire, avance encore le WWF, rappelant que 30 % de la production agricole mondiale était perdue ou gaspillée. « Si l’on continue comme cela, le réchauffement atteindra les + 4 °C à + 5 °C en 2100. C’est un monde que personne ne souhaite et pourtant on va droit vers un bouleversement total de la planète », dénonce encore Arnaud Gauffier. (6 )
« Cette date toujours plus précoce traduit la rapacité et le caractère prédateur de l’homme sur les ressources naturelles. Nous détruisons toujours plus vite les capacités de renouvellement des ressources de la planète »,dénonce Arnaud Gauffier, codirecteur des programmes au WWF-France. En moyenne mondiale, on estime qu’il faudrait 1,75 planète pour satisfaire les besoins annuels de la population mondiale. Pour la France, la date de ce jour symbolique du dépassement est tombée le 5 mai pour le pays. Depuis la COP21 en décembre 2015, rien n’a été fait. Les émissions de CO2 ont recommencé d’augmenter dans le monde entier dans des proportions inquiétantes, avance Arnaud Gauffier. (6)

Les chances de rester dans les limites décidées alors d’un réchauffement à + 1,5 °C sont de plus en plus minces et les efforts vont devoir être beaucoup plus importants. »(6)

Conclusion
La catastrophe est annoncée. Toutes les niches écologiques sont concernées. Déjà Einstein il y a plus de soixante-dix ans s’inquiétait de la disparition des abeilles et il eut ce jugement sans appel. Si les abeilles disparaissent et elles disparaissent notamment à cause des pesticides, l’humanité disparaîtra. On signale de plus en plus de déclins voire de disparitions d’animaux d’oiseaux, de plantes. C’est l’écosystème qui est concerné dans son ensemble. En Algérie, le gaspillage est un sport national, nous pouvons économiser au moins de l’énergie gaspillée soit au moins 10 millions de tep ou encore 30 millions de tonnes de CO2 en moins et dans le même temps cette énergie non consommée peut être laissée aux générations futures, mais qui s’en inquiète ? L’énergie, l’environnement, les économies d’énergie, consommer moins en consommant mieux, devrait être le cap de l’Etat qui commencerait d’abord à réduire le train de vie, aller vers le sirghaz, développer la locomotion électrique. 
En Algérie d’une façon irresponsable on a permis la floraison de monteurs de voitures énergivores qui n’ont plus cours ailleurs en oubliant que chaque calorie gaspillée est un rapprochement du chaos. C’est dire que l’un des chantiers du futur gouvernement c’est de mettre de l’ordre et réaliser cette sobriété énergétique ( a kanna3) pour sortir de l’ébriété énergétique actuelle fruit d’une démagogie de subventions non ciblées et aller vers le Développement durable. En tant que citoyens du monde nous devons à l’instar du colibri, du conte indien faire notre part aussi modeste soit-elle. C’est cela aussi le partage du fardeau des changements climatiques.

1.Jean-Baptiste Malet https://www.monde-diplomatique.fr/2019/08/MALET/60145
2.Leïla Marchand http://www.slate.fr/story/105535/jour-depassement-methode-calcul’
3.https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/jour-du-depassement-cinq-questions-sur-cette-date-qui-symbolise-notre-consommation-des-ressources-de-la-terre_2310311.html
4.https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/l-humanite-a-deja-epuise-les-ressources-de-la-planete-pour-l-annee_2092080.html?
5. Coralie Lemke https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/combien-de-terres-faudrait-il-si-tout-le-monde-vivait-comme-vous_135948# xtor=EPR-1-[SEAActu17h]-20190729
6.Rémi Barroux https:// www.lemonde.fr/planete/article/2019/07/29/a-partir-du-29-juillet-l-humanite-vivra-a-credit_5494498_3244.html?

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