Israël poursuit ses frappes meurtrières à Ghaza : Saëb Arakat dénonce 48 mesures de Trump contre le peuple palestinien

     Saëb Erakat, secrétaire du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a déclaré que depuis 2017, l’administration du président américain Donald Trump a pris 48 décisions contre le peuple palestinien et ses droits.

 

L’armée israélienne a bombardé, hier, matin la bande de Ghaza en «réponse à de nouveaux tirs de roquettes du Hamas», en dépit des efforts du Qatar pour calmer le jeu après trois semaines d’échanges de tirs quasi quotidiens, ont indiqué des sources concordantes. Tôt le matin, des jets de combat et des tanks israéliens ont frappé des positions du Hamas en représailles, selon l’armée sioniste qui argue de lancers de ballons incendiaires qui se multiplient depuis le début du mois de l’enclave palestinienne vers Israël. Puis, les sirènes ont retenti dans des villes du sud d’Israël et l’armée israélienne a fait état de tirs de roquettes depuis Ghaza vers son territoire.

Le mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Ghaza depuis 2007, a revendiqué ces frappes, affirmant dans un communiqué qu’il s’agissait d’une «réponse directe» à «l’escalade de l’occupation israélienne». Et dans la foulée, l’aviation a bombardé à nouveau Ghaza, visant selon elle «d’autres cibles militaires du Hamas», incluant des sites de «fabrication d’armes».Des témoins dans la bande de Ghaza ont fait état de frappes israéliennes près de la ville de Ghaza (nord) et dans le centre de cette enclave de deux millions d’habitants, dont la moitié vivent sous le seuil de la pauvreté. En réponse aux ballons incendiaires, qui ont déclenché plus de 400 incendies en Israël selon une compilation des bilans des services des pompiers, l’Etat hébreu a aussi resserré son blocus de Ghaza en fermant le point de passage de marchandises de Kerem Shalom et en stoppant les livraisons de carburant à ce territoire palestinien, ce qui a obligé la seule centrale électrique de la bande de Ghaza à fermer.

Ces nouveaux échanges de tirs interviennent après le passage cette semaine à Ghaza de l’émissaire du Qatar pour ce territoire palestinien Mohammed El-Emadi, qui y avait rencontré la direction locale du Hamas, et avait aussi rencontré des responsables israéliens à Tel-Aviv, selon des sources proches du dossier. Le Hamas et Israël, qui se sont livré trois guerres (2008, 2012, 2014), étaient parvenus l’an dernier à un accord de trêve, conclu par le biais de l’ONU, de l’Egypte et du Qatar, ce qui n’a pas empêché des échanges de tirs, voire des escalades militaires. L’accord prévoit l’octroi d’une aide financière mensuelle à Ghaza par le Qatar, mais aussi une série de mesures économiques – comme l’extension d’une zone industrielle locale et l’octroi de permis de travail israéliens à des Ghazaouis – afin de réduire la pauvreté et de stabiliser ce territoire.

Par ailleurs, un haut responsable palestinien a accusé jeudi les Etats-Unis et Israël de «faire la guerre» à la cause palestinienne et d’avoir pour objectif de parvenir à sa liquidation. S’exprimant lors d’une conférence de presse, Saëb Erakat, secrétaire du comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), a déclaré que depuis 2017, l’administration du président américain Donald Trump a pris 48 décisions contre le peuple palestinien et ses droits. M. Erakat a souligné qu’aucune des tentatives américaines visant à considérer Al Qods comme la capitale unifiée d’Israël ne sera couronnée de succès, insistant sur le fait que «Al Qods-Est est la capitale de l’Etat palestinien». Il a appelé tous les pays arabes à ne pas normaliser leurs relations avec Israël et à ne pas contourner l’Initiative de paix arabe, qui appelle à la normalisation des liens entre les pays arabes et Israël en échange du retrait total d’Israël des territoires palestiniens occupés et de la création d’un Etat palestinien indépendant avec Al Qods-Est comme capitale. La Palestine a suspendu ses liens avec l’administration Trump depuis que celle-ci a reconnu la ville sainte illégalement occupée d’Al Qods comme «capitale d’Israël» à la fin de 2017 et a transféré l’ambassade américaine en Israël à Al Qods, en mai 2018.


 

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