Palestine / Gaza confiné: Des avions israéliens répandent des pesticides toxiques sur les terres agricoles !

#OpenGaza Dimanche, des avions de l’occupation israélienne ont pulvérisé sur les terres agricoles à l’est de Gaza, des pesticides toxiques ce qui peut causer la destruction des récoltes et des pertes matérielles importantes, rapportent les agriculteurs palestiniens. 

Gaza : cultures empoisonnées


Ce n’est pas qu’en temps « normal » les puissances occidentales ou certains régimes arabes soient très regardants sur ces pratiques. Mais avec le coronavirus, les projecteurs étant ailleurs, Israel peut s’en donner à cœur joie. Déjà affamés par le blocus, les habitants de Gaza, contraints de compter sur l’aide alimentaire de l’UNWRA, voient ainsi l’avenir de leur production agricole, et donc leur vie, encore plus compromise, souligne l’Agence Wafa. Est-ce que la Cour Pénale daignera considérer cet acte ignoble comme un crime de guerre supplémentaire commis par le régime israélien ? BOYCOTT ISRAEL ! 

Les forces de défense civile palestiniennes pulvérisent un désinfectant dans la zone portuaire de la ville de Gaza, le 24 mars 2020, dans le cadre d’une campagne du Hamas au pouvoir visant à contenir la nouvelle épidémie de coronavirus (AFP)

Gaza : le confinement dans le confinement…

Des mesures plus strictes de confinement viennent d’être prises à Gaza avec la fermeture des marchés publics, mosquées, églises, cafés, restaurants, et tous les lieux publics, rapporte Ziad Medoukh.

« Après la découverte la semaine dernière, de douze cas infectés par le Coronavirus dans la bande de Gaza, cinq Palestiniens qui rentraient de l’extérieur, et sept policiers qui protégeaient le centre d’isolement où se trouvaient les premiers infectés, et même si leur état est stable, qu’ils n’ont pas quitté le centre de quarantaine situé au passage de Rafah, et qu’ils n’avaient aucun contact avec personne de l’extérieur, les mesures de précaution et de prévention ont été renforcées afin d’empêcher la propagation du virus, et éviter surtout un désastre possible d’une épidémie de Covid-19 dans cette région sous blocus, très peuplée et très pauvre.
Les autorités de Gaza sont passées à la phase 2, avec de nouvelles instructions préventives. Les marchés publics, les mosquées, les églises, les cafés, les restaurants, et tous les lieux publics sont fermés. Aucun rassemblement n’est autorisé, et les déplacements sont limités. Il est strictement interdit de sortir de chez soi après 22h sauf pour les cas humanitaires et urgents.
Les fêtes de mariage dans les rues et dans les salles sont annulées, et les maisons de deuil ne sont plus autorisées.
De nouvelles habitudes pour les familles nombreuses et solidaires dans cette région isolée, comme l’absence de visites familiales, et l’interdiction des rassemblements populaires et de voisinage qui étaient un élément essentiel pour les habitants en temps normal.
Même les enfants de Gaza, qui sont privés de tout en général- centres de loisirs , stades et clubs détruits par l’aviation militaire israélienne- n’ont pas actuellement le droit de jouer devant leurs maisons et immeubles, le seul endroit possible pour pratiquer leurs loisirs – même avec des masques.
Un double confinement pour une population enfermée et souffrante depuis plus d’une décennie.
Le télétravail est désormais encouragé, et les fonctionnaires se rendent sur leurs lieux de leur travail deux jours par semaine.
L’enseignement en ligne et à distance pour les élèves et les étudiants a été favorisé, même si cette option n’est pas toujours évidente avec les longues coupures d’électricité et la mauvaise connexion à internet dans cette région en souffrance permanente. Toute la famille utilise internet, que ce soit pour le travail, les études ou les informations, saturation totale.
Heureusement, dans la bande de Gaza, personne ne dort dans la rue. Il existe un seul et unique centre pour les personnes âgées, accueillant 25 patients. Malgré une situation économique catastrophique, et grâce à la solidarité entre les gens, le pire a été évité.
Cette situation d’enfermement pour les deux millions de Palestiniens de Gaza n’est pas nouvelle, ni étrange. Ils vivent déjà sous blocus israélien depuis plus de quatorze ans, ils ont l’interdiction de sortir de leur territoire par ordre militaire israélien.
La population de Gaza vit au jour au jour, elle est habituée à cette situation d’isolement et de confinement.
En 1991, lors de la première guerre du Golfe, un couvre-feu de trois mois avait été imposé à tous les Palestiniens de Gaza par l’armée israélienne, qui contrôlait la bande de Gaza à cette époque.
A l’été 2014, pendant les 51 jours de l’offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza – la troisième en cinq ans -, les Palestiniens de Gaza avaient été obligés de rester enfermés chez eux, même sous les bombes de l’occupant.
Pourtant, les Gazaouis craignent le pire. Ils savent que leur situation est problématique et extrêmement préoccupante en raison de la très forte densité de population- plus de 5452 habitants par km2-, et des habitations qui se côtoient, en particulier dans les camps de réfugiés.
Il est vrai que l’Autorité Palestinienne à Ramallah, a envoyé des médicaments, notamment des antibiotiques à Gaza, que l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a fait don de 1000 kits de dépistage, et que le Qatar a versé 150 millions de dollars au gouvernement de Gaza pour aider à faire face à cette pandémie, ainsi qu’à la situation économique dévastatrice dans l’enclave palestinienne.
Mais tout cela est insuffisant dans cette région densément peuplée et qui souffre depuis plus d’une décennie, avec un système de santé défaillant, le manque d’infrastructures médicales, et une vraie crise sanitaire à cause du blocus israélien et de ses conséquences dramatiques dans tous les domaines.
La bande de Gaza possède uniquement 55 lits en soins intensifs, et 50 appareils de réanimation dans tous les hôpitaux de cette région encerclée, car les forces d’occupation israéliennes refusent l’entrée du matériel médical, et les pièces de recharge pour ces appareils, sans oublier le manque de personnels soignants ; s’ajoutent à cela, les coupures permanentes d’électricité et l’eau potable contaminée et impropre à la consommation humaine.
2000 personnes récemment revenues à Gaza depuis l’Égypte sont toujours dans les 23 espaces de quarantaine et d’isolement dans les écoles et les hôtels, faute de centres médicaux équipés et adaptés .
La situation humanitaire est catastrophique, le niveau de vie se détériore , et la situation économique se dégrade, le taux de chômage dépasse 67% de la population civile, plus de deux tiers des ménages souffrent d’insécurité alimentaire, 72% de la population de Gaza vit en dessous du seuil de pauvreté, et 75% des Palestiniens de Gaza dépendent d’aides alimentaires pour survivre.
Jusqu’à présent, et malgré l’ouverture partielle du seul passage commercial qui relie la bande de Gaza à l’extérieur pour l’acheminement des produits alimentaires et sanitaires, des carburants et de fioul, et ce en quantité limitée, les autorités israéliennes maintiennent le blocus imposé depuis plus de treize ans ans. Il n’ y a aucune réaction positive de leur part, ni volonté de coopérer, elles laissent entrer ces produits sous la pression des organisations internationales humanitaires et sanitaires, sans prendre en considération le danger de progression de ce virus qui n’a pas de frontières.
Au contraire, l’armée israélienne a bombardé le nord de la bande de Gaza vendredi dernier en pleine crise sanitaire qui touche le monde entier et non seulement la région. Un bombardement pendant le confinement qui montre une fois de plus que rien ne les arrête ces agresseurs, et que même pendant la pandémie, les crimes israéliens continuent, et que le monde officiel continue à se taire sur la poursuite de ces attaques israéliennes et sur le blocus de Gaza.
Mais pas de panique pour le moment, pas de pénuri, et de manque de produits de première nécessité sur les marchés de Gaza, pas d’afflux de citoyens dans les supermarchés. Habitués à ce type de crise, les habitants ne stockent pas les produits chez eux.
La solidarité se renforce et s’active face à ce double blocage ; beaucoup de commerçants, de magasins et de boulangeries baissent les prix de leurs produits en solidarité avec les plus démunis. Des supermarchés proposent l’acheminement des achats gratuitement chez les habitants confinés chez eux.


La population civile s’organise également, avec des campagnes officielles et citoyennes de sensibilisation à l’épidémie, et des initiatives, de la part des jeunes notamment, pour informer sur les conséquences graves de ce virus.
En général, les Palestiniens de Gaza appliquent à la lettre les consignes données par les autorités sanitaires. Ils suivent les précautions préventives et les instructions demandées. Ils tiennent bon, ils s’adaptent à ce nouveau blocage, mais surtout ils attendent. Ils réclament la levée de ce blocus israélien inhumain, la réconciliation palestinienne, et espèrent un vrai changement à la fin de cette nouvelle épreuve.
Un aspect un peu particulier chez les habitants de Gaza : ils sont en train de suivre avec beaucoup d’attention l’évolution de cette épidémie mortelle dans le monde entier. Alors qu’ils sont solidaires des peuples endeuillés, ils se disent que pour la première fois, la planète entière, quasiment, est en train de vivre le confinement et l’isolement dont ils souffrent depuis longtemps, et que le monde vit sur un pied d’égalité, même si les conditions sont différentes. Oui, le sentiment d’enfermement est terrible ! Les habitants de Gaza le savent bien ! »
Par Ziad Medoukh


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