Actualités / AU FIL DES JOURS

Belkacem Ahcene-Djaballah

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– Dans une conférence de presse, juste après son retour, Djamel Belmadi (un bonhomme réputé pour son caractère trempé et son répondant ) n’y est pas allé par quatre chemins. Il a qualifié les animateurs et surtout certains consultants de certaines émissions consacrées au sport de certaines chaînes de télé privées (les algéro-étrangères ou off-shore) carrément de «criminels de l’audiovisuel ». Il les a qualifiés aussi de «schizophrènes » (en empruntant le terme à un journaliste – bien intentionné, bien sûr ! – présent qui le lui a soufflé) en se demandant «Où sont-ils passés après la consécration de l’équipe nationale à la CAN d’Egypte ?». Il a évoqué, à cet effet, des anciens joueurs sans citer aucun nom, mais on a deviné à qui il faisait allusion. Il a rappelé, entre autres, les propos de B… qui «n’a pas cessé de marteler que Mahrez ne sait pas jouer », sans oublier les «critiques assénées à Mandi, Slimani et à d’autres joueurs », alors que G… défiait l’équipe nationale «d’atteindre le stade des demi-finales ». Ils devraient, selon lui, aujourd’hui , «présenter des excuses aux joueurs pour tout le mal qui leur a été fait ». «Ils nous ont trop fatigués », a-t-il lâché. On le comprend… tout en espérant qu’il ne tombe pas dans le jeu des inévitables (en cas de succès) envieux, rancuniers et autres critiques provocateurs . Et Dieu sait qu’il y en a. Les suivre sur leur terrain, c‘est perdre son calme et son temps.

– Du déjà vu… chez nous ! Mais cette fois-ci, ailleurs. Pas très loin ? Toujours en Afrique. Depuis son AVC survenu en Arabie saoudite le 24 octobre 2018, l’état de santé réel du président Ali Bongo intrigue. C’était il y a près d’un an. Alors qu’il participe au «Davos du Désert» en Arabie saoudite, Ali Bongo est foudroyé par un Accident vasculaire cérébral (AVC). Alors que la presse parle d’un AVC, la présidence du Gabon préfère parler de «fatigue sévère». Puis voulant se montrer rassurante face aux importantes fuites, la présidence du Gabon ajoute qu’Ali Bongo est victime d’une fatigue «sévère suivie de saignements». Il faudra attendre que le vice-président de l’époque affirme contrairement aux préconisations qu’Ali Bongo avait été victime d’un AVC.

La suite est une succession de contradictions. Ali Bongo se trouve «en convalescence» au Maroc mais on présente un décret qu’il aurait signé au même moment à Libreville. Le 22 Mars 2019, le gouvernement du Gabon déclare Ali Bongo totalement rétabli et on organise son retour que l’on veut triomphal. Moins de deux jours après, il est évacué «sanitairement» à Londres. Entre deux voyages, on tente de montrer par diverses manœuvres qu’Ali Bongo est toujours aux commandes mais la communication présidentielle ne parvient pas à lever les doutes.

Le soir même de la fête nationale du Gabon alors qu’il ne s’était pas levé une seule fois pour saluer le passage des troupes, surtout la Garde Républicaine, il est selon une agence de presse, évacué vers Londres, pris en charge médicalement ce qui n’empêche pas sa santé de se détériorer.

Pour répondre à l’information de l’agence de presse américaine, Sylvia Bongo publie une photo d’Ali Bongo ne contenant aucun élément de datation et la présidence du Gabon reconnaît dans un communiqué qu’Ali Bongo se trouve «en séjour privé dans sa résidence londonienne où il a pris quelques jours de congéì en famille », avant de poursuivre :«A cette occasion, il effectue des examens médicaux de routine et poursuit normalement sa rééducation». Or, la même présidence du Gabon n’a jamais déclaré – comme le veulent pourtant les usages – qu’Ali Bongo avait pris des congés et quitté le Gabon.

– Le ministère de la Communication vient de «lancer» la 5ème édition 2019 du «Prix du président de la République du journaliste professionnel», créé en mai 2015 par Abdelaziz Bouteflika. Thème : «Les vertus du dialogue». Entêtement bureaucratique des «restes» du régime déchu ? Indifférence à l’endroit de la situation sociale (des journalistes) et politique (du pays) ? Incapacité à intégrer un événement particulier (la fête) dans son ensemble (le mouvement de février 2019 qui a entraîné la chute de l’autocrate) ? On aurait pu, cette année, en attendant que les choses soient plus claires, faire l’économie d’une manifestation qui, déjà, par le passé n’avait pas connu un grand succès… sauf auprès des «cachiristes». Et, repartir sur la base d’un texte certes maintenu mais revu, corrigé et admis par la profession… Et, SVP ! laissez aux journalistes eux-mêmes le soin d’organiser leur journée du 22 octobre (Journée nationale de la presse).

Citations algériennes :

– Quiconque sème son dictionnaire avec les vents, récolte les tempêtes typographiques que les vents font couver sous les crânes (Himoud Brahimi (Momo). «Qui suis-je ? Amour de lumière» (Présentation de Amar Belkhodja). Essai © Editions Rafar, Alger 2014).

– La haine pourvue d’uniforme et d’insigne ne recule devant rien, elle ne s’embarrasse ni de scrupules, ni de lois, ni de morale. Dotée de pouvoir, elle révèle ce qu’il y a de plus vil en nous et met à jour ce que nous tentons de cacher sous des termes vides et pompeux comme civilisation et humanité, notre bestialité (El Mahdi Amèle, «Une odyssée africaine. Le drame de la migration clandestine». Roman (c) Casbah Editions, Alger 2018).

– Il y a urgence car le temps en 2014 n’est pas le temps de Massinissa, ni celui des héros de notre révolution (Karim Younès, «Aux portes de l’avenir. Vingt siècles de résistance. Cinquante ans d’indépendance», Mohamed Gouali, préface. Essai © Casbah Editions, Alger 2013).

– L’historien doit connaître à fond les causes de chaque événement et les sources de chaque renseignement (Ibn Khaldoun, «Prolégomènes», premier livre, 1375-1378).

Archives brûlantes :

Dimanche 23 janvier 2011 :- Pour Aziz Krichem, sociologue et opposant tunisien, dans un entretien à El Watan, «on ne passe pas par glissements imperceptibles de la dictature à la démocratie, mais par une rupture»… et, ladite rupture ne signifie pas que l’on sacrifie en bloc les hommes de l’ancien régime, elle signifie seulement que l’on ne leur confie pas la responsabilité de construire le nouveau…». Il note, comme bien d’autres analystes, que la dictature de Ben Ali ne reposait pas sur l’Armée (40 000 hommes), mais sur l’appareil policier (150 000 hommes). L’Armée a donc été largement marginalisée sous son règne… L’Armée a refusé de faire comme la police et tirer sur la foule. Le chef d’état-major a été limogé, mais la troupe a continué de refuser de tirer sur les manifestants. A partir de là, le sort de Ben Ali était scellé…».

Mardi 1er février 2011 : – Pour Mouloud Hamrouche, ancien Premier ministre, invité de l‘Académie diplomatique internationale de Paris (lundi 31 janvier), «les systèmes autoritaires au Maghreb ont tout détruit. Ils ont eu un comportement qui a entraîné progressivement une confusion entre ce qui est étatique, politique, religieux, économique, ce qui a souvent été générateur de pratiques de passe-droit, de corruption et d’abus de droit. La première des choses est la reconstruction du fonctionnement institutionnel de l’exercice du pouvoir. Et, avant de parler des élections, il faut d’abord parler d’émergence des forces politiques et sociales».

Dimanche 6 février 2011 : -La presse publie le «Top 10 des autocrates» dans le monde, élaboré par Time Magazine. L’Algérie se trouve classée à la 10ème place derrière le Zimbabwe, le Tadjikistan, l’Arabie Saoudite, l’Egypte, le Yémen, la Corée du Nord, la Biélorussie, le Soudan et l’Iran.

Mardi 15 février 2011 : – La presse (El Watan) publie une enquête (sur toute une page sous la signature de Zine Cherfaoui) dans laquelle elle révèle qu’en 2003, Sonatrach a placé trois (3) milliards de dollars (et non un milliard de dollars comme annoncé officiellement) auprès d’un Fonds d’investissement américain, Russel, (et qui a rapporté 600 millions de dollars)… par l’intermédiaire d’une entreprise (Rayan Asset Management) basée à Dubai, créée juste avant le placement… et appartenant à un certain Ziad Dalloul… et à un neveu de Mohamed Bedjaoui (ancien ministre des Affaires étrangères, ancien président du Conseil constitutionnel, juriste «préféré» des pouvoirs successifs). Ces deux derniers auraient empoché une différence de 7% des taux d’intérêts (l’argent est fourni à 11% à Russel par RAM et RAM ne paye à Sonatrach que 4%). A noter que ces derniers jours la rumeur parle d’une grande liste de «grosses fortunes » et de biens de décideurs algériens «placées » et/ou «acquis» à l’étranger qui a été diffusée sur un site internet.


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