Actualités / AU FIL DES JOURS

par Belkacem Ahcene-Djaballah

1. La Harga, un phénomène cyclique transnational. Des harraga, des passeurs, des réussites, des échecs et des drames… Ainsi, en Algérie en 2018, 344 passeurs ont été traduits devant la justice… et une cinquantaine de pages ont été identifiées sur le réseau social Facebook faisant, selon le ministre de l’Intérieur (ce que conteste Abdou Semmar et il n’a pas tort) «dans l’apologie ou l’incitation à la traversée clandestine de la mer». Tout cela, pour combien de harraga ? Des dizaines de milliers ? On ne le sait pas exactement, mais peu importe… car 1 mort et 1 harrag, c’est toujours un de trop. Il s’agit surtout non de chercher les moyens de combattre le phénomène (avec, toujours, cette manie de sanctionner), l’école, la famille, la mosquée… et les appareils d’Etat (où est le Conseil supérieur de la Jeunesse prévu par un texte réglementaire ?) ayant échoué, mais surtout, d’abord, de trouver les moyens de redonner de l’espoir (sans se lancer dans des promesses démagogiques) et de la joie de vivre, en libérant les espaces et les initiatives… ici et maintenant, au profit de tous les jeunes Algériens. Le tout dans la transparence… Surtout, sortir de la religiosité mortifère et voir exister une justice rapide, juste et transparente qui sanctionne tous les coupables… et pas seulement les petits délinquants. 

2. Voilà un exemple d’espace que l’on veut fermer… pour certains seulement, sous couvert de défense de l’identité nationale que l’on veut uniformiser : celui de l’expression médiatique. Au départ, un débat au niveau d’une chaîne de télé privée algérienne «off-shore» suivi par les hyènes des réseaux sociaux. La polémique ? Une caricature de Ali Dilem sur l’expulsion de migrants syro-arabes… Le bûcher est vite dressé. L’accusation : Ali Dilem est un «raciste anti-arabe». Oublieux du racisme anti-amazighe de Naïma Salhi. 

3. Enfin, l’Agriculture qui bouge à l’international ! L’Algérie est présente au Salon international des vins à Paris, Wine Paris 2019 (11-13 février 2019). L’Algérie sera le seul pays africain à participer à cette édition. 

4. En discours politique, il n’y a pas mieux que la spontanéité pour retrouver les «vérités» qui collent à la réalité. Il en est ainsi de ce qui a été dit par Mouloud Hamrouche dans son entretien du 22 janvier à El Khabar. C’est clair. C’est net. C’est précis. Il a parlé du pouvoir et de l’Etat. Bref ! Le résultat final, selon lui, est que «la situation politique en Algérie ressemble à celle du marché informel… qui envahit l’action de l’Etat et domine le gouvernement, l’économie, la culture….». Il estime également que les élections ne permettent pas de changer les choses en Algérie. «Les consultations électorales et politiques ont perdu la plupart de leur contenu et de leur influence et ont perdu (de vue) leur finalité aussi. Elles ne donnent pas la légitimité, n’adoptent pas des programmes et ne donnent pas de pouvoir aux élus… Cela concerne le président de la République aussi», a-t-il dit. Mais que faire ! Wait and see ? Comme en 90 ? 

5. En quatre jours, à la date du 23, 79 lettres d’intention de candidature à la présidentielle ont déjà été transmises au ministère de l’Intérieur depuis l’ouverture de l’opération. 68 ont été formulées par des prétendants indépendants dont la plupart sont des illustres inconnus… On y trouve de tout : avocat, agent de sécurité, agriculteur, fonctionnaire, ancien militaire… il y a même des prétendants qui n’ont jamais géré ne serait-ce qu’une épicerie ou qui n’ont aucun niveau d’instruction. Beaucoup de «sans dents». Pouvoir, course ouverte ! Mais pourquoi donc cette course échevelée… : en bonne partie en raison de la paupérisation de la «banalisation» (popularisation ou peopolisation) et de la paupérisation de la vie et de la pensée politiques du pays… où, désormais, et depuis pas mal de temps, tout est possible et tout est (sera) permis en matière d’ascenseur social, même l’impunité en cas de «dépassement». L’occasion, non pas de montrer ce que l’on peut faire pour les autres (et au pays), mais plutôt ce que les autres (et le pays) vont faire pour nous. Vite, vite. Avant que le trésor des réserves de change encore restantes ne s’amenuise… et avant que ceux qui ont favorisé la «clochardisation» politique ne s’éteignent ou ne partent ailleurs. 

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