Algérie / Saïd SADI, ancien président du RCD : Plaidoyer pour la structuration de l’insurrection citoyenne

Pour lui, il y a un large consensus sur les organes et mécanismes (présidence collégiale, directoire de la conférence de transition, commission indépendante d’organisation des élections…) qui encadreront la période de transition.

Une décantation s’est définitivement faite et l’“incompatibilité” entre la vision de l’état-major de l’armée sur la suite des événements et celle de la rue est plus que jamais établie. C’est en tout cas là le constat fait par l’ancien président du RCD, Saïd Sadi, dans une contribution parue hier sur son compte Facebook. “Les deux parties empruntent des trajectoires contradictoires. Involutif, l’état-major travaille, à travers l’activation de l’article 102, à la transmission clanique d’un pouvoir autocratique. Dynamique, le mouvement citoyen demande le départ du système pour instaurer un régime démocratique. Ces dernières semaines, la rupture se voit dans les contenus, les méthodes et les objectifs des deux vis-à-vis”, a-t-il analysé. Et d’enfoncer le clou : “Regardant vers le passé et usant d’une regrettable brutalité, l’état-major veut son élection présidentielle avec les mêmes procédés et pour les mêmes buts que ceux qui ont provoqué l’insurrection du peuple. Ouverte sur le monde, la révolution veut sa transition pour construire la République démocratique niée et combattue depuis 1962.” Et avec une telle décantation, la révolution du sourire née le 22 février dernier “se doit de reprendre l’initiative pour être en situation favorable face au statu quo et se mettre en capacité d’adapter les formes de lutte les plus performantes pour parvenir à ses objectifs”. 
Ce qui, aux yeux de Saïd Sadi, passe par justement la structuration du mouvement. Mais avant, il est “impérieux” aux yeux du leader démocrate de “ bien s’entendre sur ce que transition veut dire dans l’Algérie d’aujourd’hui” car, a-t-il expliqué, “cette phase est déterminante pour la naissance d’un ordre républicain démocratique”. Pour Saïd Sadi, il y a un large consensus sur les organes et mécanismes (présidence collégiale, directoire de la conférence de transition, commission indépendante d’organisation des élections, assemblée chargée d’élaborer la Constitution précédée de la prescription des préalables démocratiques, etc.) qui encadreront la période de transition et les membres devant la diriger sont tenus de “s’y consacrer exclusivement et renoncer à toute autre investiture ou responsabilité ultérieures”, mais aussi d’“adhérer eux-mêmes aux valeurs démocratiques universelles et le proclamer”. “Il faudra qu’il soit bien entendu et admis par tous que la phase de transition n’est pas une période probatoire pour l’accès au pouvoir, mais une parenthèse ayant pour unique objectif de préparer et de garantir l’accès, l’exercice et le contrôle de l’exercice du pouvoir républicain. Si une charte prenant en charge ces fondamentaux est adoptée, le reste devient factuellement plus simple à réaliser”, a-t-il insisté. 
Pour ce qui est des modalités de désignation des membres des différentes instances de la transition, le leader démocrate a proposé l’organisation d’élections régionales autour des six wilayas historiques et des assemblées régionales, désignant plusieurs responsables participant aux diverses structures transitionnelles. 
 

Arab Chih

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