Bernard-Henri Lévy le pyromane de retour sur la scène maghrébine

 

       par Abdelkader Khelil *

Tripoli, 15 septembre 2011. Bernard-Henri Lévy au milieu de Nicolas Sarkozy et de David Cameron, en compagnie du président et du premier ministre du Conseil National de Transition (CNT) Moustafa A bdel Jal il et M ahmou d Jibril.

En septembre 2002, Michael Ledeen, ce proche de Georges W. Bush, disait dans « Guerre contre les maîtres de la terreur » : « … D’abord nous devons en finir avec les régimes terroristes, à commencer par les trois grands que sont l’Iran, l’Irak et la Syrie. Puis nous nous occuperons de l’Arabie saoudite … Nous ne voulons de stabilité ni en Irak, ni en Syrie, ni au Liban, ni en Iran ou en Arabie saoudite. Nous voulons que les choses changent. La question n’est pas de savoir s’il faut déstabiliser mais comment le faire »,

En fait, ce qui est programmé, c’est la création du « Grand Israël » (Cf. mon article : « Trilogie pénalisante pour l’éveil d’une société d’un pays menacé » paru le 6 octobre 2016 sur le Quotidien d’Oran) comprenant toute la Palestine, l’espace jordano-libanais, la moitié de la Syrie, les deux tiers de l’Irak, un tiers de l’Arabie saoudite jusqu’à Médine, la Ville sainte, et la moitié du Sinaï. Rien que ça, messieurs les stratèges israélo-américains! Qu’elle infamie pour ce Monde arabe qui malgré ses 429 millions d’habitants et son potentiel détourné par des oligarques civils, militaires et/ou religieux a perdu toute dignité et pouvoir, au point où un petit État créé artificiellement et d’à peine 9 millions d’habitants au mois de mars 2020 (selon le Bureau central des statistiques israélien) cherche à le démanteler, à le « saucissonner » et à le balkaniser.

Il est vrai que l’État sioniste colonialiste et raciste est largement soutenu par l’Occident et à sa tête les États Unis d’Amérique. Complexé, culpabilisé et surtout tolérant à son égard car n’oublions pas qu’il fut un acteur direct et/ou indirect du génocide des juifs d’Europe. Les pays occidentaux traînent sans fin leur culpabilité à l’égard du drame de la shoah, devenue ce « registre de commerce » agité à tout vent, par l’entité sioniste et ses sponsors, y compris les auxiliaires arabes de l’Occident dans les pays du Golfe et du Moyen-Orient. Tout ce qu’elle en tire comme dividendes, l’est bien sûr, au détriment des intérêts actuels et futurs des peuples avilis et formatés par la politique distillée depuis la grande révolte arabe (1916-1918) contre le pouvoir ottoman, par Lawrence d’Arabie.

Dans son habit de bédouin, cet officier de liaison britannique a réussi par inculquer aux tribus nomades, le plaisir de la léthargie, de l’immobilisme et du suivisme, pour ne pas dire de «l’aplaventrisme», en les plongeant dans un sommeil profond à la limite de l’état comateux, alors que bercés en « rois fainéants » par la poésie galante de « Kaïs wa Leïla », celle de « Antar Ibn Chedad » de la bravoure juste fantasmée par sabre tiré de son étui pour exciter la foule, ou celle de « Omar El Khayyam » l’enivrante …

Pendant tout ce temps gaspillé en jouissances et luxure par les dirigeants arabes, les stratèges israéliens eux, en parfaits « illusionnistes », sont arrivés à faire d’un acte d’agression et de spoliation des terres de la Palestine, bafouant et au mépris de toutes les règles du droit international, un rêve partagé par le plus grand nombre de juifs en Israël et dans le Monde (malgré l’existence de certains intellectuels y compris israéliens peu nombreux et malheureusement inaudibles parce que leur point de vue reste boycotté par les « média- mensonges » de l’Occident qui sont partisans farouches de la cause palestinienne). Ces stratèges sont relayés et soutenus à travers le monde, par l’Amérique et l’Occident sous la houlette de la diaspora juive avec à sa tête, la « Fondation Rothschild », du nom de ce maître de la finance mondiale et « roi des juifs ». Nous aurons alors compris que le changement attendu par les néo-conservateurs du pentagone et de la Maison Blanche, se doit d’être fait au seul profit de l’État Hébreu en entité virtuelle et en appendice satanique de l’occident des « va-en-guerre » source de pagaille à travers le Monde, au moment où les peuples arabes tenus par le ventre, roupillent d’un sommeil profond entretenu à dessein par leurs « dirigeants et gouvernants » cupides, lâches et au service des intérêts stratégiques de l’Occident. Non! Ce n’est pas cette poignée de sionistes qui est forte! Ce sont les dirigeants arabes corrompus et lâches, qui pratiquent le musèlement de leurs peuples, qui sont les « constructeurs » d’États faibles et dociles devant leurs maîtres occidentaux !

Excipant divers prétextes pour convaincre la communauté internationale à les suivre ou au moins, à les laisser-faire, « l’axe du mal » établi entre Washington et Tel Aviv, utilise la puissance militaire et les moyens subversifs pour réaliser cette recomposition au service exclusif de leurs propres intérêts économiques et géostratégiques. N’est-ce pas qu’à peine dix jours après les attentats du 11 septembre 2001, Donald Rumsfeld en chef du Pentagone, avait présenté au général Wesley Clark un mémorandum dans lequel il est précisé que sept pays arabo-musulmans devaient dans un premier temps « passer à la casserole »? Il s’agissait de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Syrie, du Soudan, de la Libye, du Liban et de l’Iran. Nous sommes là, dans une véritable stratégie de destruction massive des pays pivots du Moyen et du Proche Orient (l’Algérie étant loin d’être exclu bien sûr, des tablettes des stratèges américains et israéliens, pour avoir été aux côtés de l’Irak, de la Syrie, du Soudan, du Yémen du Sud, de la Libye et de l’OLP, dans le « front du refus » ou « front de la fermeté », constitué au sommet tenu à Tripoli, du premier au 5 décembre 1977. .

Il s’agit in fine, de créer l’anarchie totale et le chaos nécessaires pour que sur les ruines de ces pays devenus fragiles et dociles face aux stratégies occidentales, puisse s’édifier le « Grand Israël » tellement rêvé que consigné pour la postérité, sur une pièce de monnaie de 10 agorot sur laquelle est imprimé le chandelier juif à sept branches sur fond de la carte du projet fantasmé, pour en transmettre le rêve de génération à génération israélienne. Nous l’aurons tous compris, il n’a jamais été question par ces actions et cette politique agressive, d’instaurer la « démocratie », de défendre les droits humains des peuples, ni de sauver les peuples arabes d’Irak, du Soudan, de la Syrie ou de Libye de la main mise de leurs dirigeants autoproclamés comme ils le faisaient croire à qui voulait les entendre, mais plutôt, de faciliter l’emprise hégémonique des États-Unis et de son allié stratégique Israël, dans toute la région.

Triste sort que celui de tous ces pays arabes qui l’un après l’autre, risquent d’être réduits en une mosaïque d’«États-tribus» pas plus grands que nos daïras, sous domination de «l’empire sioniste» après leur découpage selon leurs appartenances ethnico-religieuses, sans souveraineté réelle, sans puissance, sans voix ni consistance dans le concert des Nations et avec à leurs têtes des dirigeants auto-désignés, de véritables fantoches et /ou mercenaires sans étoffe, installés par la volonté de l’occident, c’est-à-dire, des «chefs de tribus » apathiques, sans dignité ni honneur, parce que sans réactivité autre, que celle de l’avilissement et de la répression de leurs communautés. « El mahgoura ya oukhti », dit un proverbe bien de chez-nous !

BHL LE FANTASSIN ZELÉ DU SIONISME

Qui des maghrébins et des syriens ne connait pas cette vipère venimeuse de Bernard Henri Lévy le fantassin sioniste ? Que l’on sache que ce « va-t-en-guerre », est un esprit fourbe et démoniaque qui dispose de puissants relais dans les rouages de l’État français, notamment par le truchement de l’annexe française du gouvernement de droite israélien le CRIF et de son ami le bouillant et impétueux « Sarko ». Élection primaire de droite, « zaïmisme » à la française et crainte de rivalité obligent, alors que rattrapé par le scandale du financement de sa campagne électorale par El Kadhafi, le président Sarkozy a fini par avoir la tête du dirigeant libyen, en le réduisant au silence éternel. Mais cela ne l’a pas empêché d’être lui aussi, poursuivi par la justice. Plus de dix ans après les faits, l’Office anticorruption (OCLCIFF) de la police judiciaire a signé le 5 septembre 2017, un premier rapport accablant dans « l’affaire des financements libyens » de Nicolas Sarkozy et de son entourage.

Quant à la guerre en terre libyenne, l’aveu fait par son acolyte Bernard Henri Lévy à la Convention nationale du CRIF, est significatif tant son alignement sur Israël est clair : « J’ai porté en étendard ma fidélité à mon nom et ma fidélité au sionisme et à Israël […] C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et pour un autre pays, une stratégie et des tactiques. » Voilà pour le moins que l’on puisse dire, une position et un engagement des plus clairs de la part de ce fantassin sioniste qui prétend être « philosophe ».

Il est cependant loin d’être, pour cette personne à la recherche de la vérité et cultivant la sagesse, comme l’ont été : les Platon, Pythagore, Hippocrate, Socrate, Confucius, Al Kindi, Al Farabi, Ibn Sina, Al Ghazali, Ibn Rochd, Ibn Arabî, Ibn Khaldoun, Descartes, Pascal, Montesquieu, Rousseau, Kant, Goethe, Hegel, Russel, Bachelard, Bergson, Nietsche, Sartre, Frantz Fanon, Arkoun et tant d’autres érudits aux mains non tâchées de sang d’innocents et non adeptes de la fitna générée par l’ingérence étrangère …

Mieux encore, BHL ce subversif invétéré persiste et signe. Il reconnaît l’implication d’Israël dans l’aventure libyenne et il a supplié le locataire de l’Elysée de refaire la même expédition cette fois-ci en Syrie, en s’associant à l’ex ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, cet autre sioniste qui en, enragé d’anti Assad, à montré toute sa hargne et sa détermination à détruire l’État syrien, lui qui a fini par être promu comme président du Conseil Constitutionnel, cette auguste institution française. BHL martelait dans son appel au président Hollande qui a succédé à Sarkozy, qu’il est aussi important de sauver le peuple syrien que de sauver l’euro.

À la tête de ses émules, cette faune de charognards source de manipulations et de malheurs, BHL le belliqueux champion de la politique d’ingérence, en porte étendard et « vampire » aux canines bien aiguisées, est celui qui hante le plus, le profond sommeil des dirigeants arabes « assis en tailleur » sur des gisements colossaux de gaz et de pétrole, dont la courte vue des intérêts de leurs peuples et de leurs pays vassaux n’a jamais été plus loin que leurs nombrils, alors qu’obnubilés par l’amour du « koursi » et du « 3arch » à tout prix et par les jouissances qu’il procure chez ces potentats qui exercent leur pouvoir en toute impunité, sans souci d’alternance.

Fort de ses soutiens apparents mais aussi cachés, ce sioniste haineux à l’égard de tout ce qui est arabe et musulman n’en est pas à son premier coup bas. Il est à chaque fois disponible et prompt à récidiver. Si nous lui prêtons une certaine « dangerosité » d’une réputation tout de même surfaite, c’est que dans cette France de plus en plus obsédée par le risque islamique grossi à l’extrême, ses élucubrations prennent valeur de parole d’Évangile, chez ceux qui le courtisent et le caressent dans le sens du poil, comme s’il détenait la pensée infuse, lui, le « philosophe » imposteur. Il porte déjà sur sa conscience, en marionnette agitée par ses commanditaires et en agent avéré du Mossad, une grosse part de responsabilité de ces millions de réfugiés syriens et libyens déracinés, réduits à l’errance sans but ni fin, dans l’indifférence d’une communauté européenne de plus en plus recroquevillée sur elle-même dans un silence assourdissant, après avoir laissé faire les pyromanes de tous bords qui ont agi en son nom en terre arabe, et comble de traîtrise, soutenus en cela par les milliards de pétrodollars des monarchies du Golfe et de la Presqu’île arabique devenus les bailleurs de fonds des sales opérations de l’Occident dans les pays du Machreq et du Maghreb..

Comme il est aussi, responsable d’autant de morts enfouis sous les décombres des quartiers des villes arabes détruites par suggestion humaniste, arrimée au peu convainquant principe des «droits de l’homme» (comprendre par là, les intérêts stratégiques du complexe militaro-industriel des grandes puissances dans leurs courses effrénées de croissance et de maintien de l’emploi et d’accès faciles aux ressources naturelles et aux marchés des pays arabes), sans se soucier de l’effacement de civilisations millénaires dans le «Bilad Acham», la Mésopotamie, la Palestine et partout ailleurs en terre d’Islam. Tout cela s’est soldé en pertes colossales pour les pays arabes, et en profits faramineux pour l’Occident et son allié Israël.

Que l’on en juge ! À peine rentré de Libye, Bernard-Henri Lévy foulait le tapis rouge du Festival de Cannes pour y présenter son nouveau film fiasco : «Le serment de Tobrouk», qui relate son action aux côtés des traîtres insurgés libyens du CNT, en guerre contre Mouammar El Kadhafi, qui faut-il à chaque fois le rappeler, ont été reçu par Sarkozy à l’Elysée, à la demande insistante de son ami BHL. Il va sans dire que les commentaires des directeurs de rédaction et éditorialistes qui lui sont proches, furent des plus élogieux … Si c’est ainsi, c’est que ce richissime personnage se montre très généreux à leur égard. Mais qui oserait dire le contraire sans s’attirer les foudres des médias et de se voir privé des principaux plateaux de télévisions, dans une France régentée par les lobbies de l’information et de la communi-cation, au service de l’idéologie sioniste et de la politique colonialiste, raciste, annexionniste et arrogante de la droite laïco-religieuse d’Israël? Et pourtant ! Dans son « Édito » du 15 juin 2012, le vaillant Pascal Boniface s’adressant dans une lettre ouverte aux journalistes français leur dit ceci : « … Mes bons seigneurs, avouez quand-même que vous avez l’air malin ! Le film « Le serment de Tobrouk » n’était pas encore sorti sur les écrans, que vous célébriez les louanges de son auteur et faisiez des comparaisons avec Malraux et Chateaubriand. Vous dressiez le portrait flatteur de l’homme qui par son engagement a changé le cours de l’histoire. Je ne reviendrai pas sur l’absence de regard critique entre le récit du documentaire et la réalité. Je l’ai fait dans un précédent papier où je pronostiquais qu’il y aurait un écart entre l’accueil des éditorialistes et celui du public. Mais je veux souligner l’empressement avec lequel vous avez rendu compte du « Serment de Tobrouk » comme s’il s’agissait d’un blockbuster hollywoodien. Ce film a en effet bénéficié d’une promotion rarement vue pour un documentaire de guerre. Il est vrai qu’il s’agit en fait d’une fiction, ce que vous avez omis de préciser… Ne commencez-vous pas à réaliser le ridicule de la situation à mettre massivement sur le devant de la scène un personnage que le public rejette tout aussi massivement et avec constance ? Le même phénomène s’était déjà produit lors de la sortie de son livre « la guerre sans l’aimer ». Ne comprenez-vous pas que cela commence à affecter votre propre crédibilité et celle des médias en général, ce qui est plus grave ? Il y a tellement de révélations et d’informations qui ont été publiées que croire encore aujourd’hui à BHL relève soit de l’incompétence, soit d’une connivence coupable. » Voilà ce qu’a dit ce chercheur, Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et enseignant à l’Institut d’Études européen-nes de l’Université de Paris VIII, ce « F’hal » qui fait honneur à son pays. C’est dire, qu’au-delà du rôle d’étendard que lui fait jouer sa secte sioniste satanique, il ne peut tromper que ceux qui n’ont jamais porté dans leur ADN, une once de bravoure et qui payent, comme ces faux frères qui sont à l’origine de nos malheurs, leur lâcheté en bases militaires et en armement financés au profit du rêve israélien, pensant de la sorte se prémunir en gagnant les bonnes grâces d’Israël et de ses soutiens, bien évidemment, au détriment des intérêts de leurs peuples !

RETOUR RATÉ DE BERNARD HENRI LÉVY EN LIBYE

Comme dans les films d’horreur, celui qui se targue d’avoir œuvré pour la liberté et la démocratie en Libye après avoir convaincu Nicolas Sarkozy d’intervenir militairement pour protéger le peuple libyen est revenu dans ce pays le samedi 25 Juillet 2020, tel un criminel de retour sur la scène de son crime. Sa dernière apparition mémorable dans le pays, remonte au 15 septembre 2011, aux côtés de Nicolas Sarkozy et du premier ministre britannique David Cameron. Ils sont venus tous les trois pour célébrer en apothéose, la victoire de l’Occident et de leurs auxiliaires arabes contre le régime de Mouammar Kadhafi.

Mais ce qu’ils tentent de cacher à leurs opinions publiques, c’est que leurs bombardements qui ont duré deux mois pour appuyer, de facto, l’avance de la rébellion au sol, ont livré la Libye à la guerre des milices, aux djihadistes et au drame humanitaire des réfugiés et des migrants sub-sahariens après l’effondrement du régime et en l’absence totale d’opposition organisée. Voilà le vrai visage côté cour, de ce qu’est la démocratie d’ingérence prônée par BHL et ses acolytes en terre d’Islam !

Agissant en conquérant, BHL décrit dans son livre : « La guerre sans l’aimer-journal d’un écrivain au cœur du printemps libyen » ses aventures de 2011 en pays con quis, à travers deux voyages en Libye, par route en février 2011 et par bateau quelques semaines plus tard. Mais cette fois-ci, ce « Lawrence d’Arabie » des temps modernes, a opté pour un mode plus rapide et s’est posé à bord d’un jet privé sur l’aéroport de Misrata. Mais qu’est venu faire en Libye, l’« éminent défenseur des droits des peuples » ? N’est-ce pas qu’il a été missionné en éclaireur de bons offices, pour redorer le blason de la France dans l’Ouest libyen après son soutien au maréchal Khalifa Haftar ?

C’est pourquoi, il a cherché à rencontrer des responsables locaux et députés à Misrata avant de rendre visite à la ville de Tarhouna, pour dit-il, enquêter en « journaliste » et non en « philosophe » cette fois-ci, sur les charniers découverts après le départ des troupes de Khalifa Haftar. Il raconte bizarrement, être venu pour faire pour le compte du Quotidien américain « Wall Street Journal », un reportage.

Mais depuis quand est-il journaliste d’investigation, ce sacré menteur, cette graine satanique ? Disons que si sa visite a été un lamentable fiasco, il a pu quand même prendre une photo sous haute surveillance devant des tas de terre supposés être des tombes collectives, avant d’être refoulé de Tarhouna, visé par des tirs de sommation et des insultes de citoyens libyens.

Et tel ce coyote privé de chair sanguinolente, finit par déguerpir la queue entre les pattes, BHL « l’humanitaire » a décollé quelques heures après son arrivée. Nul doute qu’en habile faussaire, il saura tourner à son avantage cette mascarade, avec le concours de ces « médias mensonges » français dénoncés par le courageux Pascal Boniface.

ET NOUS ! QUE FAISONS-NOUS DANS TOUT CELA ?

La représentante spéciale des affaires politiques en Libye, auprès de la mission d’appui des Nations Unies, l’américaine Stephanie Williams a alerté à partir de Londres, sur la situation explosive en Lybie, en raison de la présence d’un grand nombre d’acteurs étrangers dans ce pays selon leurs agendas respectifs, risquant non seulement de provoquer l’éclatement de la Libye mais de mener à une guerre régionale. Cela explique en grosse partie toute l’agitation de BHL, qui à force de pérégrinations sur les champs de bataille, a appris à sentir venir l’odeur de la poudre. Oui ! Il faut croire que nous ne sommes pas à l’abri d’une ingérence étrangère comme le demandent et le souhaitent avec insistance certains forces dites algériennes aux ordres de puissances étrangères de l’Occident et de son allié au sein de l’OTAN, la Turquie, à partir de leurs lieux d’exil doré de Londres notamment. Telle est la leçon qu’il faudra bien retenir si nous voulons nous prémunir du scénario catastrophe qu’on nous prépare.

Simple question de chroniqueur quelque peu curieux, mais surtout inquiet pour son pays: qui parmi nous aurait marqué la même détermination pour les intérêts de l’Algérie par les temps qui courent, comme le fait BHL pour Israël et la France ? Chez-nous, l’amour de la patrie est devenu de nos jours, incompatible avec les intérêts des clans et des individus et le serment fait aux martyrs prend valeur d’un attachement ringard qui ne permet pas à nos dirigeants et gouvernants, l’accès à la double nationalité. Oui, c’est cela le plus triste et à la fois le plus inquiétant ! Alors, les dirigeants arabes cherchent à plaire à ceux qui les ont mis dans leur ligne de mire, à ménager leurs susceptibilités, à se présenter bien souvent comme les défenseurs et les sous-traitants de leurs intérêts, au lieu de faire le cheminement inverse qui est celui du rapprochement avec leurs peuples en pratiquant une politique d’éveil qui tend à les unir et à les souder face au danger qui les guette.

BHL a aussi de nombreux adeptes et courtisans, même parmi certains « intellectuels » algériens de service (heureusement très peu nombreux) qui se reconnaîtront dans mes propos, sans avoir à les citer pour ne pas avoir à trop les considérer comme des « grosses têtes », sans qu’ils ne soient reconnus par leurs pairs, certes moins visibles, mais juste pour des raisons de non-alignement sur les thèses officielles des médias aux ordres, de loyauté à l’égard de leur pays et de dignité propre, alors que vivant en Europe et en France eux aussi.

Ces faux-frères qui ternissent l’image déjà peu reluisante de notre communauté, sont connus de toutes et de tous par leur fréquentation assidue de certaines officines et maisons d’éditions chargées du formatage mensonger des esprits non initiés aux thèses préfabriquées et des plateaux de télés à la ligne éditoriale et à l’esprit uniques du « politiquement correct », dans leur quête de soumission et de gage de droiture par excès de zèle, à l’égard du pays d’accueil qui a fait d’eux ; des « voix autorisées », des « spécialistes », des « experts » et des « écrivains émérites » bien des fois primés, par retour d’ascenseur à ces « supplétifs » de « néo-gaulois » à la peau basanée, juste par le verbe caustique et la plume guidée dans le corridor du silence, de la voix étouffée et censurée.

Et dire que certains compatriotes d’ici et d’ailleurs en esprits crédules, assimilent cette pseudo-reconnaissance à du talent, comme si c’était là, une denrée rarissime dans le pays de Molière et /ou de Shakespeare ! Quelle honte qu’ils soient considérés comme tels, lorsque à contrario, nous pensons à ces jeunes et braves lycéennes et lycéens de chez-nous qui ont préféré faire le choix de rejoindre le maquis dès le début de notre guerre de libération en mettant entre parenthèses leurs études et tous les espoirs de leurs familles pour se mettre au diapason avec leur peuple dans sa lutte pour une cause nationale noble et juste, pour laquelle bon nombre parmi eux et parmi elles ont payé un lourd tribut et souvent au péril de leur vie !

Gloire à vous martyrs, hommes et femmes de mon pays ! Oui, il n’y a pas si longtemps, l’Algérie de la fraternité, de la solidarité, de l’authenticité, de l’honneur et de la dignité était la référence pour tous les mouvements de libération et des luttes de décolonisation. Elle était le meilleur exemple à suivre pour de nombreux peuples ! Mais que s’est-il donc passé depuis la fin de la décennie 70 ? Que chacun fasse sa propre lecture en interrogeant en toute conscien-ce son libre arbitre, pas dans le brouhaha du café du « commerce », mais plutôt dans des cercles de réflexion et dans nos universités, en faisant participer nos jeunes qui doivent être éveillés, comme ils l’ont si brillamment montré lors du grand mouvement populaire, pacifique et uni du Hirak, pour voir là où nous avons failli à notre devoir et avons oublié notre Histoire, nos rêves et nos actions pour plus de dignité, de liberté, de progrès et de démocratie. Sans quoi, je dirai que nous sommes bel et bien dans l’impasse et la difficulté mes amis (es) et que nous serons malgré nous, les moutons de Panurge des stratèges qui programment et planifient ailleurs et ici, notre échec, notre inaction, notre fatalisme et notre régression jamais féconde, mais au contraire mortelle !

*Professeur


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