«Bernis»… Une base militaire égyptienne équipée par les Émirats arabes unis pour faire face à la Turquie

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Une source militaire égyptienne a annoncé que les troupes égyptiennes, déployées près des côtes yéménites, avaient été rappelées vers la nouvelle base égyptienne «Bernis», signalant que la base avait été équipée par les Émirats arabes unis (EAU) pour faire face à l’intervention militaire turque en Libye.

La source signala que la haute direction des forces armées égyptiennes avait ordonné le regroupement des forces égyptiennes vers «Bernis», la plus importante base militaire sur les côtes de la Mer Rouge, qui se trouve dans l’extrême sud égyptien.

Une base pour ancrer la présence

Elle indiqua que la construction de la base militaire «Bernis», dans la région de la Mer Rouge, assurait une position permanente aux troupes de la coalition arabe, qui pourront désormais garder un œil tranquille, sur le Yémen.

La cérémonie d’ouverture fut célébrée, mercredi dernier, avec la présence du président égyptien «Abdel Fatah al-Sissi», du prince héritier des EAU, «Mohamed ben Zayed» et du vice-ministre saoudien de la Défense, «Khaled ben Salmane», ainsi que plusieurs autres personnalités.

Démonstration de force

La cérémonie fut animée par des de manœuvres conjointes, organisées par les Égyptiens et les Émiratis, «un tableau qui visait à afficher l’alliance militaire des deux pays», avaient ajouté les sources, qui signalent que la base avait été équipée grâce à la collaboration émirato-saoudienne.

La base avait été remplie d’armes, de missiles et de chasseurs, pour lancer un message aux Turques, qui préparent leur engagement sur les terres libyennes, s’opposant à l’influence émirati et saoudienne dans la région» avaient-elles noté.

Pour la vision de l’Égypte ou d’Israël ?  

Par ailleurs, un communiqué de la présidence égyptienne avait signalé: «La base de «Bernis» avait été construite pour assurer la sécurité des côtes égyptiennes du sud, ainsi que des investissements économiques et des richesses naturelles. Elle sécurisera également la navigation maritime internationale, au niveau de l’axe de la Mer Rouge et des zones économiques liées au canal Suez, tous cela dans le cadre de la vision du future Égypte de 2030».

De son côté, la chaîne israélienne «Chaîne 12» estima que l’immense base militaire avait été construite par l’Égypte pour «aider Israël».

Elle nota, lors de l’une de ses émissions, qu’«en plus de l’évènement historique, marqué par la distribution du gaz israélien vers l’Égypte, la construction de la base militaire qui élargira la présence égyptienne, se présente pour assurer la sécurité d’Israël, dont la présence est très limitée, au niveau de cet espace».

La chaîne israélienne indiqua que «la base fut construite pour contrôler les navigations maritimes égyptiennes, et pour empêcher l’Iran de parvenir à ses fins au Yémen, en appuyant le groupe des Houthis et en menaçant les routes», soulignant que de tels engagements étaient très importants pour Tel-Aviv.

Barrer la route à la propagation turque 

Toutefois, il convient de signaler que la base de «Bernis», avec sa superficie de 150 mille Feddan (630 Hectares), selon les autorités égyptiennes, englobe une base maritime et une base aérienne. Et en plus d’un hôpital militaire et d’un nombre d’unités de combats, elle est équipée de terrains d’entraînements, d’un quai commercial, d’une station pour recevoir les passagers et de plusieurs quais réservés aux usages divers.

Son projet de construction fut lancé en 2017, après qu’Ankara avait signé un accord avec l’ancien président soudanais, «Omar el-Béchir», pour obtenir les droits de développer l’île de «Swaken», située près des côtes saoudiennes.

Et alors que des informations affirment qu’ils y avaient construit une base militaire, la Turquie insiste à nier les déclarations des rapports, et prétend, à ce jour, qu’elle ne fait qu’aider la population et développer l’économie de l’île.


>> La présence de la Turquie en Libye a permis d’équilibrer l’équation, dit Erdogan

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a expliqué que l’intervention de la Turquie auprès du Gouvernement d’Entente Nationale en Libye a permis d’équilibrer l’équation dans ce pays et ainsi de renforcer les espoirs de paix.

Le Chef de l’Etat turc a répondu aux questions des journalistes, dans la nuit de dimanche à lundi, dans l’avion qui le ramenait de Berlin où il a participé à la conférence sur la Libye.

Il a commenté les conclusions de cette conférence qui avait pour but de consolider le cessez-le-feu pur permettre une reprise du processus politique pour une solution à la crise libyenne.

Il a rappelé qu’une déclaration finale contenant 55 points a été adoptée par les pays participants.

Pour Erdogan, l’essentiel de ces conclusions est le fait qu’une feuille de route sous l’égide des Nations Unies a été établie.

« Si le cessez-le-feu pour lequel nous avons lancé un appel avec Poutine est respecté, le chemin pour une solution politique sera ouvert », a-t-il estimé.

Dans cet objectif, un comité militaire 5+5, avec 5 représentants du gouvernement légitime de Fayez al-Sarraj, et 5 de la partie adverse dirigée par le général Khalifa Haftar, devrait se réunir dans les prochains jours à Genève en Suisse.

« L’essentiel désormais est que Haftar abandonne son approche agressive, n’oublions pas que depuis avril 2019 il viole tous les accords et attaque le gouvernement reconnu. Je l’ai clairement rappelé lors de la conférence à Berlin, biensûr personne ne s’y est opposé », a-t-il expliqué.

« Nos initiatives en Libye ont permis un équilibre, a-t-il avancé. Autour de la table, comme sur le terrain, nous allons continuer à soutenir la solution politique. La présence de la Turquie en Libye a renforcé les espoirs de paix. Nous voyons également quels plans sont réalisés en Libye sous prétexte de lutte contre le terrorisme », a-t-il poursuivi.

« Si nous sommes un grand pays, alors les attentes nous concernant sont aussi grandes. La Turquie est la clé de la paix », a-t-il répété.

Le Président turc s’est félicité de la mise au point d’une feuille de route qui sera appliquée sous le contrôle de l’ONU. Une délégation turque participera aux futures réunions qui traiteront des questions politiques, militaires et économiques pour la Libye, a-t-il indiqué.

Il a encore expliqué que la Turquie s’est opposée à un rôle de « coordinateur de l’UE » en Libye alors que l’ONU est engagée dans ce processus.

Recep Tayyip Erdogan a longuement expliqué que tous les entretiens qu’il a effectué à Berlin, en marge de la conférence, avaient pour objectif de renforcer le cessez-le-feu et d’ouvrir la voie à un processus politique en Libye. Il est revenu sur ses réunions avec le président russe Vladimir Poutine, le dirigeant légitime libyen al-Sarraj, ou encore avec le président algérien Tebboune.

Notamment auprès du président russe, Erdogan a souligné la nécessité que Haftar signent le texte de la conférence.

« Le fait que Haftar refuse de signer les textes n’est pas anodin. Il ne reste que les déclarations orales des participants (conférence de Berlin). Espérons que les conclusions seront positives », a-t-il relevé, rappelant que ce dernier a également refusé de signer l’accord de cessez-le-feu lors du sommet réalisé la semaine passée à Moscou.

Concernant la soutien militaire d’Ankara au Gouvernement d’Entente Nationale, le Président turc a indiqué que pendant la réunion à Berlin, il a expliqué qu’il ne s’agit, pour l’instant, que d’un soutien sous forme de formation.

« Je leur ai dit que nous n’avons pas envoyé de soldats, seulement des formateurs. Je leur ai aussi demandé pourquoi personne n’interroge la présence de 2 500 combattants de la société russe Wagner, de 5 000 mercenaires soudanais, sans parler des combattants du Tchad, du Niger et d’autres pays, tous recrutés par le gouvernement d’Abou Dhabi. Il y aussi une présence militaire de l’Egypte. J’ai aussi parlé du soutien aérien de la Russie et des Emirats Arabes Unis. Face à cela, ils n’ont pas su répondre, mais Mme Merkel a reconnu la situation. J’ai demandé plus de sensibilité à ce sujet », a-t-il partagé.

Erdogan a également dénoncé l’attitude de la Grèce vis-à-vis de la Libye.

« La seule raison pour laquelle le PM grec Mitsotakis a invité Haftar en Grèce est de nous provoquer », a-t-il assuré.

Lors de sa réunion avec le leader russe, le Chef de l’Etat turc, a également abordé en détails la situation à Idleb en Syrie.

« Nous avons convenu que nos différents services et ministères travaillent sur ce sujet. La crise humanitaire est très préoccupante dans la région », a-t-il déclaré.

A ce sujet justement le président turc a dénoncé les propos de Kemal Kilicdaroglu, président du parti d’opposition turque, CHP (Parti Républicain du Peuple), concernant les réfugiés venant d’Idleb.

« Ces personnes fuient la mort. J’ai vu les images de cette femme qui a perdu il y a 2 jours son mari. Elle est seule dans le froid avec ses 6 enfants. Les images m’ont profondément touchées. Comment peut-il qualifier ces personnes de terroristes ? « , a-t-il condamné.


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