Cartographie des plus grandes compagnies pétrolières étatiques du monde

    Le pétrole est l’une des ressources naturelles les plus importantes du monde, jouant un rôle essentiel dans tous les domaines, des carburants pour les transports aux cosmétiques.

C’est pourquoi, comme l’explique Marcus Lu de Visual Capitalist ci-dessous, de nombreux gouvernements choisissent de nationaliser leur approvisionnement en pétrole. Cela leur donne un plus grand contrôle sur leurs réserves de pétrole ainsi qu’un accès à des flux de revenus supplémentaires. En pratique, la nationalisation implique souvent la création d’une compagnie pétrolière nationale pour superviser les opérations énergétiques du pays.

Quelles sont les plus grandes et les plus influentes compagnies pétrolières publiques du monde ?

Sociétés pétrolières détenues par les États, par revenus

Les compagnies pétrolières nationales sont une force majeure dans le secteur énergétique mondial, contrôlant environ les trois quarts des réserves de pétrole de la planète.

De ce fait, beaucoup ont trouvé leur place dans la liste de Fortune Global 500, un classement des 500 plus importantes entreprises mondiales en fonction de leur chiffre d’affaires.

La Chine abrite les deux plus grandes entreprises de cette liste, le groupe Sinopec et la China National Petroleum Corporation (CNPC). Toutes deux sont impliquées dans des opérations pétrolières en amont et en aval, où l’amont désigne l’exploration et l’extraction, et l’aval le raffinage et la distribution.

Il convient de noter que nombre de ces sociétés sont cotées en bourse – Sinopec, par exemple, est cotée sur des bourses situées à Shanghai, Hong Kong, New York et Londres. L’introduction en bourse peut être une stratégie efficace pour ces entreprises car elle leur permet de lever des capitaux pour de nouveaux projets, tout en garantissant que leurs gouvernements en gardent le contrôle. Dans le cas de Sinopec, 68 % des actions sont détenues par le gouvernement chinois.

Saudi Aramco a été la dernière compagnie pétrolière nationale à suivre cette stratégie, en mettant 1,5 % de ses activités dans le cadre d’une introduction en bourse en 2019. Avec environ 8,53 dollars par action, l’introduction en bourse d’Aramco a permis de lever 25,6 milliards de dollars, ce qui en fait l’une des plus grandes introductions en bourse de l’histoire.

Tensions géopolitiques

Les compagnies pétrolières d’État étant directement liées à leurs gouvernements, elles peuvent parfois être prises dans le collimateur des conflits géopolitiques.

La présidence contestée de Nicolás Maduro, par exemple, a conduit les États-Unis à imposer des sanctions contre le gouvernement, la banque centrale et la compagnie pétrolière nationale du Venezuela, Petróleos de Venezuela (PDVSA). La pression exercée par ces sanctions s’avère particulièrement néfaste, la production quotidienne de PDVSA étant en baisse depuis 2016.

Dans un pays pour lequel le pétrole représente 95% des exportations, les perspectives économiques du Venezuela sont de plus en plus sombres. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase a été tirée en août 2020, lorsque la dernière plate-forme pétrolière du pays a suspendu ses activités.

Parmi les autres compagnies pétrolières nationales qui ont été sanctionnées par les États-Unis, on trouve la compagnie russe Rosneft et la National Iranian Oil Company (NIOC). Rosneft a été sanctionnée par les États-Unis en 2020 pour avoir facilité les exportations de pétrole vénézuélien, tandis que la NIOC a été visée pour avoir fourni un soutien financier au Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, une entité désignée comme une organisation terroriste étrangère.

Pressions climatiques

Comme le reste de l’industrie des combustibles fossiles, les compagnies pétrolières publiques sont très exposées aux effets du changement climatique. Cela laisse à penser qu’avec le temps, de nombreux gouvernements devront trouver un équilibre entre la croissance économique et la protection de l’environnement.

Le Brésil s’est déjà trouvé face à ce dilemme, le président du pays, Jair Bolsonaro, s’étant attiré des critiques pour son attitude dédaigneuse à l’égard du changement climatique. En juin 2020, un groupe de sociétés d’investissement européennes représentant 2 000 milliards de dollars d’actifs a menacé de se séparer du Brésil s’il ne faisait pas plus pour protéger la forêt amazonienne.

Ce type d’ultimatum peut être une solution efficace pour faire avancer l’action en faveur du climat. En décembre 2020, la compagnie pétrolière nationale du Brésil, Petrobras, s’est engagée à réduire de 25 % ses émissions de carbone d’ici 2030. Toutefois, lorsqu’on l’interroge sur les engagements à venir, le PDG de la compagnie semble moins enthousiaste.

C’est comme une mode, de faire des promesses pour 2050. C’est comme une année magique. De ce côté-ci de l’Atlantique, nous avons une vision différente du changement climatique. – Roberto Castello Branco, PDG, Petrobras

Avec son engagement pour 2030, Petrobras rejoint un nombre croissant de compagnies pétrolières d’État qui ont pris des engagements publics en matière de climat. Un autre exemple est celui de Petronas, en Malaisie, qui a annoncé en novembre 2020 son intention d’atteindre des émissions nettes de carbone nulles d’ici 2050. Petronas est détenue à 100 % par le gouvernement malaisien et constitue la seule entrée du pays dans le classement du Fortune Global 500.

Les défis à venir

Entre les conflits géopolitiques, les préoccupations environnementales et les fluctuations des prix, les compagnies pétrolières d’État risquent d’être confrontées à un environnement beaucoup plus difficile dans les décennies à venir.

Pour Petronas, la réalisation de ses engagements climatiques pour 2050 nécessitera des investissements importants dans des formes d’énergie plus propres. La société a participé à de nombreux projets d’énergie solaire en Asie et a fait part de ses intérêts dans les carburants à base d’hydrogène.

Ailleurs, les compagnies pétrolières nationales chinoises sont confrontées à une menace à plus court terme. Conformément à un décret publié par l’administration Trump en novembre 2020, la Bourse de New York (NYSE) a annoncé qu’elle allait retirer de la cote trois des sociétés de télécommunications publiques chinoises. Les analystes pensent que des sociétés pétrolières comme Sinopec pourraient être retirées de la cote prochainement, en raison de leurs liens avec l’armée chinoise.


 

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