Canada / D’anciens ministres et ambassadeurs dénoncent le plan d’annexion israélien

02.06.2020

  Par Stéphane Parent 

 

L’administration Trump a donné son feu vert à l’annexion dans le cadre d’un « plan de paix » du Moyen-Orient élaboré par le beau-fils du président Donald Trump, Jared Kushner.                                                                                                                      (Pablo Martinez Monsivais/AP Photo)

 

Quatre ministres canadiens de l’ère du premier ministre libéral Jean Chrétien (1993-2003) se joignent à 54 autres ex-diplomates et politiciens canadiens de toutes affiliations politiques.
Ils appellent dans une lettre le premier ministre Justin Trudeau et son gouvernement à résister au projet d’annexion par Israël d’une partie de la Cisjordanie occupée. Ils affirment que cette « conquête territoriale » israélienne au Moyen-Orient est promise à un désastre résultant potentiellement à la « guerre, instabilité politique, ruine économique, discrimination systématique et souffrance humaine ».

« Nous vous écrivons en tant que diplomates canadiens à la retraite, fiers de l’engagement historique du Canada envers les institutions multilatérales et de sa réputation de soutien à l’État de droit », peut-on lire au début de leur lettre à Justin Trudeau.

Les anciens diplomates rappellent à Trudeau que l’acquisition de territoire par conquête militaire est illégale, et que le Conseil de sécurité de l’ONU a voté à huit reprises entre 1967 et 2016 pour l’interdire dans le cas des territoires occupés de Cisjordanie.

Les anciens ministres libéraux des Affaires étrangères Lloyd Axworthy et André Ouellet ont signé leur nom au bas de la lettre. Le ministre de la Justice de l’époque de Jean Chrétien, Alan Rock, l’ancien ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration Sergio Marchi et l’ancien ambassadeur en Israël James Bartleman, ainsi que plus d’une vingtaine d’anciens ambassadeurs, ont également signé la déclaration.

Un projet de Benyamin Nétanyahou dans l’intérêt national

Rappelons que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a annoncé récemment publiquement son intention d’annexer dans les prochaines semaines une quantité importante de terres que le Canada et la communauté internationale reconnaissent comme territoire palestinien occupé. Il entend procéder à l’annexion d’environ 30 % des terres de la Cisjordanie.

Il a déclaré à un journal israélien, la semaine dernière, qu’il avait la ferme intention de poursuivre son plan malgré l’opposition dans son propre pays, affirmant que c’est dans l’intérêt d’Israël.

Revendiquant des liens historiques et religieux avec la Cisjordanie, Nétanyahou décrit les territoires à annexer comme « contestés » plutôt qu’occupés, et son pays y a déjà implanté un grand nombre de colonies. Il fait valoir qu’Israël a besoin de la vallée du Jourdain pour avoir des frontières plus défendables en cas de guerre.

Benyamin Nétanyahou a promis d’annexer une portion de la Cisjordanie occupée, une promesse destinée à son électorat de droite, mais qui pourrait anéantir « toute chance de paix » selon les Palestiniens. PHOTO : REUTERS / AMIR COHEN

Réaction du gouvernement de Justin Trudeau

Le porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères, Adam Austen, déclare à CBC News que « le Canada est très préoccupé par le fait qu’une annexion unilatérale par Israël serait préjudiciable aux négociations de paix et contraire au droit international. Cela pourrait conduire à une plus grande insécurité pour les Israéliens et les Palestiniens à un moment critique pour la paix et la stabilité dans la région ».

C’est la première fois depuis qu’Israël a annoncé son plan d’annexion que le gouvernement du Canada prend publiquement une position ferme contre ce projet de Benyamin Nétanyahou.

L’administration Trump a donné son feu vert à l’annexion dans le cadre d’un « plan de paix » du Moyen-Orient élaboré par le beau-fils du président Donald Trump, Jared Kushner. (Pablo Martinez Monsivais/AP Photo)

RCI avec CBC News

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