En cas de non-respect du confinement, les Algériens encourent des sanctions plus sévères

Par Kamal Louadj

Le Premier ministre algérien a annoncé des amendes et de la prison ferme contre tout citoyen, commerçants inclus, n’observant pas un respect total des dispositions d’urgence prises pour lutter contre le Covid-19, notamment le confinement et le ravitaillement en produits alimentaires de première nécessité.

© Sputnik . Kamal Louadj

Dans le cadre des mesures d’urgence prises par le gouvernement algérien pour faire face à la crise sanitaire causée par l’épidémie du Covid-19, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a instruit les walis (préfets de région) d’instaurer des sanctions pénales à l’encontre des personnes qui ne respectent pas le confinement et des commerçant qui n’honorent pas l’obligation de ravitailler la population, indique un communiqué du cabinet du Premier ministère publié sur son site officiel.

La note informe que dans le but de faire respecter les mesures destinées à assurer la protection de la population et son approvisionnement régulier, «les pouvoirs publics appellent à faire appliquer la loi, dans toute sa rigueur, par la mise en œuvre des sanctions pénales prévues à cet effet».

Les sanctions

Concernant le non-respect de la mesure de confinement total ou partiel, la loi prévoit des sanctions pénales, à savoir «des amendes allant de 3.000 à 6.000 dinars [22 à 44 euros, ndlr] à l’encontre des réfractaires qui encourent en outre une peine d’emprisonnement de trois jours au plus», en plus de la mise en fourrière des véhicules utilisés par les personnes ayant contrevenu aux règles.

Par ailleurs, en cas de refus d’ouvrir les commerces, décision pouvant entraîner une rupture d’approvisionnement en produits alimentaires, «les walis sont tenus de procéder à la réquisition de ces commerçants après évaluation des situations», indique le communiqué. «Le refus d’obtempérer aux réquisitions […] entraîne [d]es sanctions pénales […] , soit une amende de mille 1.000 à 10.000 dinars (8 à 80 euros, ndlr] et une peine d’emprisonnement de deux à six mois», précise le document.

Depuis l’instauration d’un confinement du 23 mars au 6 avril, cette mesure a été suivie à 95% sur tout le territoire, a annoncé mardi 7 avril le responsable de la communication à la Direction de la sécurité publique (DSP), le commissaire principal Rabah Zouaoui. Il a cependant souligné la distribution de 953 contraventions et de 280 mises en fourrière suite au contrôle de 4.853 véhicules.

Le bilan actualisé

Lors du point presse tenu mardi 7 avril, le Pr Djamel Fourar, directeur de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles au ministère de la Santé, a déploré 193 morts, soit 20 décès de plus. Par ailleurs, il a annoncé que 626 patients sont actuellement traités à la chloroquine dans les différents hôpitaux du pays, que près de 500 personnes sont sous contrôle médical et que 46 sont en réanimation.

Enfin, il a fait état d’une hausse du nombre de personnes touchées par l’épidémie ces dernières 24 heures. Il a informé que 1.162 personnes contaminées par le coronavirus sont en ce moment hospitalisées dans différents établissements sanitaires à travers le pays. De plus, il a signalé 90 guérisons. 45 wilayas sont désormais touchées par le virus.


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