Le « bore-out », lié à l’ennui au travail, reconnu en France

Il ajoute aussi dans ses demandes en appel la reconnaissance du « bore-out » (syndrome opposé à celui du « burn-out ») auquel il a été confronté faute de tâches à accomplir.

Pour appuyer sa demande, le salarié apporte à la cour les éléments suivants :

  • sa mise à l’écart lors de la mise en place de la plateforme logistique de la société à Criqueboeuf en 2010 ;
  • le retrait de ses fonctions de coordinateur (d’événements et voyages) ; il n’a alors plus eu la possibilité d’organiser les séminaires des différents départements ;
  • le témoignage d’un salarié l’ayant vu « sombrer petit à petit dans un état dépressif, au fur et à mesure qu’il se trouvait placardisé » ;
  • l’attestation d’une ex-collègue : « Il [le salarié, NDLR] me demandait très régulièrement si je n’avais pas du travail à lui confier pour qu’il se sente utile et utilise ses compétences comme on aurait dû les utiliser. Il a été mis à l’écart, utilisé et mis dans un placard pour qu’on l’empêche de mettre son nez dans la gestion des dépenses liées aux événements et aux voyages. » ;
  • les agissements répétés et ce vide subit ont dégradé ses conditions de travail et sa santé, ce qui a été à l’origine d’une crise d’épilepsie à bord de son véhicule, le 16 mars 2014, et d’un état de profonde dépression ;
  • les propos d’un de ses amis : « Il [le salarié] en avait marre de ne rien faire à part des formations sans évolution. Il ne servait que de bouche-trou et cette situation le rendait très dépressif, à tel point qu’il parlait de plus en plus de se suicider. »

 

    La cour d’appel a retenu de ces données circonstanciées que le salarié établissait la matérialité de faits précis et concordants à l’appui d’un harcèlement répété et que, pris dans leur ensemble, ces faits permettaient de présumer un harcèlement moral que l’employeur ne parvenait pas à contester.
Cet arrêt de la cour d’appel de Paris ouvre ainsi la porte d’une reconnaissance du « bore-out » par la justice française, par le biais de la qualification de harcèlement moral.


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