France / Caricatures. Le président du Conseil du culte musulman appelle à « encadrer » leur utilisation

     « Je ne pense pas que ce soit la bonne solution pour expliquer aux enfants la liberté d’expression. Je ne le souhaite pas. Il y a d’autres moyens de le faire », a indiqué Mohammed Moussaoui sur France Info ce mardi 27 octobre. Son intervention fait réagir.

Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le 29 juillet 2020. (Photo d’illustration)
Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM), le 29 juillet 2020. (Photo d’illustration) | AFP/JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN 

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui a réaffirmé, ce mardi 27 octobre, son soutien à la liberté d’expression mais appelé à encadrer l’utilisation des caricatures de Mahomet, notamment dans les écoles ou si elles sont projetées sur des bâtiments publics.

Les initiatives visant à diffuser les dites caricatures dans les établissements de l’enseignement pour promouvoir la liberté d’expression doivent être encadrées, a déclaré le CFCM dans un communiqué.

 

Pas « la bonne solution »

Interrogé sur France Info sur l’utilisation de ces caricatures controversées dans le monde musulman comme support pédagogique, Mohammed Moussaoui a répondu : Je ne pense pas que ce soit la bonne solution pour expliquer aux enfants la liberté d’expression. Je ne le souhaite pas. Il y a d’autres moyens de le faire.

 

Se défendant de toute volonté d’interdire, il a ensuite précisé sur RMC qu’il y a, une manière de faire et un encadrement qui existe mais de tenir compte aussi du contexte dans lequel ce droit s’exerce.

 

Emmanuel Macron a promis mercredi dernier, dans le cadre de l’hommage national à l’enseignant décapité Samuel Paty, que la France continuerait de défendre la publication de ces caricatures au nom de la liberté d’expression.

Des hommages et des rassemblements en mémoire au professeur d’histoire-géographie ont eu lieu ailleurs en France, notamment à Toulouse et Montpellier où des caricatures de Charlie Hebdo vilipendant les religions ont été projetées sur les façades de bâtiments officiels.

Mohammed Moussaoui a dit comprendre le sentiment de provocation que ces projections suscitent chez certains musulmans. La volonté délibérée d’offenser les sentiments n’a pas lieu d’être, a-t-il ajouté sur RMC.

 

Réactions de la classe politiques

Ces propos ont été jugés ambigus par une partie de la classe politique. « Personne ne nous fera renoncer à notre liberté d’expression et notre droit à la caricature. La génération offensée, ça suffit ! », a réagi sur Twitter la députée LREM Aurore Bergé.

 

Son collègue d’opposition Guillaume Peltier (LR) s’est également indigné des propos du président du CFCM, le principal interlocuteur des pouvoirs publics sur l’islam, en assurant que la France ne renoncerait pas à la liberté de culte, de conscience et d’expression.

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Le président turc Erdogan a appelé lundi au boycott des produits français, prenant la tête de la colère grandissante dans le monde musulman contre Emmanuel Macron. Au Bangladesh, plus de 40 000 manifestants « anti-Macron » ont défilé mardi matin à Dacca, selon la police.


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