«Personne ne veut d’un gouvernement mondial», déclare Antonio Guterres à l’ONU

 

          Le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres à New-York en septembre 2020. © MIKE SEGAR Source: Reuters .

 

Le sommet virtuel célébrant les 75 ans de l’ONU s’est ouvert par l’allocution de son secrétaire général, Antonio Guterres, qui a déclaré : «Personne ne veut d’un gouvernement mondial», mais rappelé la nécessité d’«améliorer la gouvernance mondiale». Le monde fait face «à trop de défis multilatéraux et [à] un déficit de solutions multilatérales», a affirmé le 21 septembre le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’ouverture d’un sommet virtuel célébrant les 75 ans de l’Organisation.

Nous avons également besoin d’un multilatéralisme inclusif

«Personne ne veut d’un gouvernement mondial mais nous devons travailler ensemble pour améliorer la gouvernance mondiale», a-t-il ajouté dans le contexte de la pandémie de Covid-19 qui a cruellement mis à mal l’approche multilatérale.

«Dans un monde interconnecté, nous avons besoin d’un multilatéralisme en réseau, dans lequel la famille des Nations unies, les institutions financières internationales, les organisations régionales, les blocs commerciaux et autres collaborent plus étroitement et plus efficacement», a plaidé le chef de l’ONU. «Nous avons également besoin d’un multilatéralisme inclusif, faisant appel à la société civile, aux villes, aux entreprises, aux autorités locales et aux jeunes», a-t-il aussi affirmé.

Des discours présidentiels enregistrés à l’avance 

Au cours de ce sommet du 75e anniversaire, quelque 180 dirigeants de pays doivent intervenir au moyen de discours enregistrés par vidéo à l’avance et ne devant pas excéder trois minutes. Parmi eux, 132 chefs d’Etat ou de gouvernement, dont le chef de l’Etat français Emmanuel Macron, l’américain Donald Trump, le président chinois Xi Jinping, le Turc Recep Tayyip Erdogan, ou le Vénézuélien Nicolas Maduro.  Le président russe Vladimir Poutine devrait également s’exprimer pour la première fois depuis 2015. Les années précédentes, la Russie y était représentée par son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.  Les prises de parole américaine, iranienne, russe, turque, brésilienne, française et chinoise doivent avoir lieu le 22 septembre.

Décision unilatérale américaine

Cette Assemblée jubilaire se déroule sur fond de contexte international tendu, notamment entre les Etats-Unis et l’Iran.  Les Etats-Unis ont unilatéralement proclamé dans la nuit du 19 au 20 septembre le retour aux sanctions des Nations unies contre l’Iran et ont adressé des menaces à ceux qui les violeraient. Cette annonce a suscité les protestations de Moscou, des Européens et de Téhéran. Dans une lettre citée le 20 septembre par Associated Press, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) Antonio Guterres a fait savoir que les Nations unies ne soutiendraient pas le rétablissement des sanctions contre l’Iran.


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    AG de l’ONU : Guterres réitère son appel à «cessez-le-feu mondial»

Face à la pandémie de Covid-19, le monde a besoin d’un «cessez-le-feu mondial pour éteindre les conflits ‘‘chauds’’», en faisant «tout pour éviter une nouvelle guerre froide», a déclaré jeudi le chef de l’ONU, Antonio Guterres, en ouvrant l’Assemblée générale annuelle de l’Organisation.

«C’est une direction très dangereuse», a-t-il mis en garde, en dénonçant la rivalité sino-américaine croissante dans le monde. Pendant une semaine, 193 pays, à partir d’hier, vont s’exprimer lors de l’Assemblée générale qui se tient virtuellement cette année pour cause de pandémie. «Notre monde ne supportera pas un avenir dans lequel les deux plus grandes économies diviseraient la planète de part et d’autre d’une grande fracture, chacune bardée de ses propres règles commerciales et financières, de son propre Internet et de ses propres capacités en matière d’intelligence artificielle», a-t-il souligné. Antonio Guterres a aussi rappelé avoir demandé dès mars une cessation des hostilités pour faciliter la lutte contre la pandémie. «L’heure est venue de donner ensemble une nouvelle impulsion à la paix et à la réconciliation. J’appelle la communauté internationale à redoubler d’efforts — sous la conduite du Conseil de sécurité — pour parvenir à un cessez-le-feu mondial d’ici à la fin de l’année», a déclaré le chef de l’ONU, en se félicitant des soutiens reçus à ce sujet depuis mars. Sur le terrain cependant, peu de concrétisation a été constatée.
«Certains mouvements armés ont aussi répondu présents — au Cameroun, en Colombie, aux Philippines et ailleurs — même si plusieurs des cessez-le-feu qu’ils avaient annoncés n’ont pas été maintenus», a-t-il reconnu.
Parmi les évolutions positives, le secrétaire général a fait valoir le Soudan et son nouveau pouvoir, l’Afghanistan avec le début de négociations de paix interafghanes et la Syrie où un cessez-le-feu est observé depuis plusieurs mois dans la région d’Idleb (nord-ouest).


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