Hommage à Gisèle Halimi, engagée pour les droits du peuple palestinien

  L’Association France Palestine Solidarité salue la mémoire de Gisèle Halimi, disparue ce mardi 28 juillet.

© AFP 2020 DOMINIQUE FAGET

Née en Tunisie dans une famille juive, Gisèle Halimi a très tôt fait valoir ses convictions anti-colonialistes. Avocate de militants du FLN dont elle a dénoncé la torture par l’armée française, elle a également participé, sous la présidence de Jean-Paul Sartre, au premier Tribunal Russell sur le Vietnam. Connue et saluée pour son combat indéfectible auprès des femmes et particulièrement le droit à l’avortement et pour que les viols soient enfin pris en compte comme des crimes par la loi française, elle restera longtemps dans notre mémoire collective.

Militante engagée pour les droits de l’Homme et pour les droits des peuples, Gisèle Halimi s’est toujours déterminée avec force pour les droits du peuple palestinien.

Membre du collectif d’avocats qui a défendu Marwan Barghouthi, grand dirigeant palestinien arrêté en 2001, jugé en 2004 par un tribunal de l’occupation israélienne et toujours emprisonné, elle a salué en lui « un homme de paix, un homme de négociation, un universitaire, un docteur en sciences politiques ». Un interlocuteur essentiel par sa capacité à unir le peuple palestinien, une chance que les gouvernements israéliens successifs n’ont toujours pas voulu saisir.

Elle a également été membre du comité de parrainage du tribunal Russell pour la Palestine en 2009. Ce tribunal d’opinion s’est notamment prononcé sur le crime d’apartheid et sur le sociocide commis par l’État d’Israël contre le peuple palestinien, avant de tenir une session spéciale en septembre 2014 au lendemain de l’offensive israélienne contre la population palestinienne de Gaza, au cours de laquelle il a conclu que cette opération était constitutive d’incitation au génocide et de crimes contre l’humanité.

Lors de cette offensive, Gisèle Halimi a déclaré au journal l’Humanité : « Un peuple aux mains nues – le peuple palestinien – est en train de se faire massacrer. Une armée le tient en otage. Pourquoi ? Quelle cause défend ce peuple et que lui oppose-t-on ? J’affirme que cette cause est juste et sera reconnue comme telle dans l’histoire. Aujourd’hui règne un silence complice, en France, pays des droits de l’homme et dans tout un Occident américanisé. Je ne veux pas me taire. Je ne veux pas me résigner. Malgré le désert estival, je veux crier fort pour ces voix qui se sont tues et celles que l’on ne veut pas entendre. L’histoire jugera mais n’effacera pas le saccage. Saccage des vies, saccage d’un peuple, saccage des innocents. Le monde n’a-t-il pas espéré que la Shoah marquerait la fin définitive de la barbarie ? »

La personnalité et l’engagement de Gisèle Halimi, par ses actes comme par ses paroles, resteront vivants dans notre mémoire.
Le Bureau national de l’AFPS
30 juillet 2020

Source : AFPS
http://www.france-palestine.org/…

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