Algérie / Journal du Hirak : un livre à lire et à faire lire

Le dernier- né du journaliste-écrivain, Abdelkader Harichane, traite du Hirak. Il ne pouvait pas en être autrement, lui qui a pris part à toutes les manifestations hebdomadaires. Chaque vendredi, il annotait ses observations et ses commentaires sur un calepin qui ne le quittait jamais. Il en a tiré son Journal du Hirak qui lui a inspiré un sous-titre qui annonce la couleur de son essai: «le Sursaut algérien». Dans ce livre, Abdelkader Harichane revient avec la loupe sur les slogans, les discours, les déclarations des uns et des autres. Un travail complet et aussi inédit de par la précision et la rigueur dont fait montre l’auteur. On retiendra que le Journal du Hirak évoque un à un les 57 vendredis et les 57 mardis, mais sort un peu du tracé des marches pour parler des procès en corruption, et au-tres discours du défunt Ahmed Gaïd Salah qui ont meublé le Hirak.


Compléments :

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>>> L’Algérie Aléatoire (à télécharger sur notre site)


La tragédie algérienne et ses hommes Livre-enquête de Abdelkader Harichane : Une autopsie d’une décennie noire !

Une enquête de 378 pages qui dépoussière les mémoires. Douloureusement.

Un drame pas vraiment élucidé, toujours avec ses zones d’ombre, mais bien documenté, raconté crûment par Abdelkader Harichane qui s’est basé sur des documents, des émissions et des témoignages d’acteurs, (journalistes, politiques, militaires, leaders islamistes…) encore vivants ou décédés.

Un véritable réquisitoire, des plaidoiries, tous les ingrédients d’un procès susceptibles de donner une explication à une période rouge ou noire, ou rouge et noire. Une autopsie de la décennie maudite.

Par souci d’indépendance, l’auteur a tenté de s’effacer dans la narration pour donner toute sa crédibilité à l’enquête journalistique. Un procès où, à aucun moment, il n’avance une accusation et se garde de prononcer un verdict.

C’est à peine s’il se permet une interrogation, un jugement implicite ou subtil peut-être, à la fin d’un ouvrage où, effectivement, le lecteur a quasiment tout le «dossier» pour se faire une idée sur une sale guerre et ses auteurs. Ses victimes aussi.

Après les tueries, les violations de toutes natures, les internements, les destructions… au final, le pays est resté à genoux : «Une économie démantelée, reposant sur la rente, entre les mains de gens sans scrupules, les libertés individuelles et collectives  inexistantes, le travail honnête indisponible pour les honnêtes gens, l’administration au service des intérêts, les gens impliqués dans la crise achètent le silence de l’Occident avec le pétrole du peuple…»

C’est le constat que dresse Abdelkader Harichane et de conclure : «Ne peut-on pas admettre que l’indépendance nous aurait été ravie ?» Une interrogation avec un «Nous» où chacun peut s’identifier…


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