La 3ème défiance

    26.05.2020

  par Amar Tou

Les lendemains de la pandémie «Covid-19» sur le plan des relations internationales, paraissent plutôt sombres. Les Etats- majors et les Etats profonds seraient, déjà, au stade de la finalisation des ébauches de leurs plans défensifs, défensifs et dissuasifs respectifs. On rapporte que les ordres pour se préparer aux vilains «jeux de mains» auraient déjà été donnés. Certains commentateurs, auteurs ou observateurs, situent les dangers au niveau de deux grandes puissances mondiales de notre temps. Ils s’accordent et se distancent dans leurs approches, mais rarement, ils écartent le scénario catastrophe du «choc». Nous avons fait, pour vous, la lecture des «scénarios» en circulation et sommes venus humblement, les exposer, assortis de notre propre contribution, dans l’espoir de rencontrer vos attentes ; ne serait-ce que partiellement.

  1- Les Etats-Unis sont la première puissance économique mondiale depuis le début du XXe siècle. Des auteurs situent ce rang au cours du troisième tiers du XIXe siècle. En 1890, la part de l’économie américaine dans l’économie mondiale l’emporte sur celle de la Chine. La prépondérance économique des États-Unis culmine à près de 30 % du PIB mondial en 1950 avant de reculer à moins de 25 % dès le début des années 1960. Le PIB américain représentait même, à lui seul, 40 % du PIB mondial. Entre-temps, l’économie américaine s’était clairement établie comme la frontière technologique mondiale, avec un revenu par tête d’habitant supérieur de 25 à 50 %, dans les années 1960, à celui des principales économies européennes et du Japon. Cette performance est l’effet d’une progression de son niveau de vie par tête d’habitant. (1)

L’économie américaine était la source des principales innovations technologiques qui se sont diffusées dans le monde occidental, notamment au travers d’investissements internationaux et de l’établissement de firmes multinationales dans de nombreux pays. Les États-Unis s’étaient, également, placés au centre de la gouvernance économique et financière mondiale :

1.1 – Au plan commercial, ils jouent un rôle déterminant dans la création de l’OMC et ce, depuis l’accord du «GATT» en 1947 jusqu’à la signature des accords sur l’OMC, le 22 novembre 1995 (2). Les USA y ont réussi à faire exclure le pétrole de l’accord sur les règles du Commerce dans le domaine des marchandises, des services et de la propriété intellectuelle. Ils font classer le pétrole «produit stratégique» dont le traitement obéit à des considérants autres que purement d’ordre commercial. Ils le font obéir à des variables politiques, géostratégiques et conjoncturels non écrites. Les règles de l’offre et de la demande n’y sont que des faire-valoir des décisions qui sont le fait d’opérateurs économiques majeurs et de puissances économico-militaires et géopolitiques spécifiques. Les crises du cours de pétrole de 2014 et de 2020 (en relation avec les effets de la pandémie Covid-19′) en sont les manifestations les plus spectaculaires

1.2- Au plan monétaire, au travers du dollar reconnu internationalement comme équivalent de l’or et au travers du Fonds Monétaire International (FMI) dont les USA sont l’actionnaire principal et qui est le garant de la stabilité des changes, les accords de «Bretton Woods» de juillet 1944 dont le système de paiement international, le «sweeft» que gèrent les USA, sont les instruments techniques de mise en œuvre des décisions du FMI, entre autres.

A cet égard, tout allait bien, tant que les échanges notamment avec le reste du monde dont l’Europe, tout particulièrement, où ces échanges se faisaient en faveur de la balance commerciale américaine, nécessitant la vente de dollars américains comme moyen de paiement international. Mais dès que ces échanges sont devenus favorables, à partir de 1963, au reste du monde dont l’Europe, tout particulièrement, les USA refusent de racheter les masses excessives de dollars détenus par le reste du monde contre l’or qui les garantissaient en vertu des accords de «Bretton Woords. Cette décision unilatérale prise sous la pression des actionnaires argentiers privés américains, sans remettre entièrement en cause le système, consacra un «fait de prince» et créa le malaise du système «Bretton Woords» en déconnectant le dollar de sa couverture obligatoire par l’or, décidée le 15 août 1971 par le président américain Nixon. (3)

C’est un fait historique majeur du système financier et monétaire international. Le président américain en exercice en 1963, J. Kennedy, se serait opposé déjà en 1963 à la pratique du refus de la convertibilité en or du dollar en possession du reste du monde. (Russia-Today,, RT, lors de son émission télévisée «Qui commandera le monde» du 3 mai 2020). J. Kennedy fut alors assassiné le 22 novembre 1963 en rapport avec cette position. (4)

Le World Economic Forum classe l’économie américaine comme la plus compétitive, loin devant la Chine qui se situe au 28ème rang sur ce plan, selon la même source, et le revenu moyen par tête d’habitant aux États-Unis est le plus élevé des pays à économie diversifiée. À près de 60.000 dollars (en PPA, Parité de Pouvoir d’Achat, aux prix courants).

Depuis les années 1990, le PIB par tête d’habitant aux États-Unis a accru à nouveau son avance, mais ce mouvement s’est interrompu ou même inversé. L’économie américaine est considérablement plus productive que l’économie chinoise, sa principale concurrente, la seule qui ait vocation à l’égaler puis à la dépasser dans l’avenir.

Les projections de spécialistes sont fermement d’accord en affirmant que le début des années 2020, seraient décisives dans cette coure (compétition) effrénée, sans merci, en faveur de la Chine. Ce qui paraît expliquer un semblant de confusion qui caractérise «la conduite» internationale des USA.

L’écart de revenu par tête d’habitant en fournit un premier indicateur. Il a, certes, connu une chute libre au cours des quarante dernières années, passant de 1 contre 20 en 1980 à 1 contre 5 en 2018, mais il demeure encore incomparable : 53.000 dollars aux États-Unis et seulement 13.000 dollars (en PPA) en Chine, soit le niveau de vie américain moyen des années 1970. (1)

Cependant, ce revenu moyen dissimule bien une inéquitable répartition dans la société américaine où les inégalités sociales se creusent et où les marginalisés sociaux et les exclus de la protection sanitaire augmentent. Exactement à l’inverse de ce qui distingue la société chinoise. C’est, également, ce que la pandémie Covid-19′ vint aggraver sur le plan de l’activité économique et sur le plan du chômage galopant. L’irritation atteignit, alors, les réactions américaines à tous les niveaux.

2- Aujourd’hui, les États-Unis ne dominent plus l’économie mondiale de manière aussi massive. Sa phase de consolidation (du début des années 1980 jusqu’à la moitié des années 1990) qui a suivi celle d’un recul qui dura des années 1960 jusqu’au début des années 1980, laissa place à un déclin rapide, sous l’effet de l’émergence fulgurante de l’économie chinoise.

Selon les données du Maddison Project'(5) en 2016, les pays de l’Union européenne, les États-Unis et la Chine représentaient, chacun, une part voisine du PIB mondial : près de 17% pour la première, plus de 15% pour les seconds et 15% pour la dernière. D’autres sources affectent l’UE de 22%, la Chine de 17,1% et les USA de 15,1%, pour 2017, mesurés en (PPA). Ainsi mesurés, le poids relatif du PIB américain a fondu de plus de 8 points de pourcentage au cours des cinquante dernières années, celui de l’Union européenne de 8 points, alors que celui de la Chine a bondi de près de 14 points (source).

2.1- Mais cette prédominance est contestée par la Chine, en dépit d’une avance technologique incontestable. En effet, pour beaucoup dans le monde, la prééminence des États-Unis dans l’économie mondiale, naguère encore avérée, est toutefois menacée, voire déjà abolie, au profit de la Chine. La Chine s’est également imposée comme la principale puissance commerciale mondiale, à l’import et à l’export. Elle est devenue la principale importatrice de matières premières, notamment le pétrole. Elle offre également le deuxième marché mondial pour les biens d’investissement en capital fixe, devant les États-Unis. Elle est devenue, par ailleurs, le principal marché pour les véhicules particuliers. (1)

Le rapide essor du PIB chinois (plus 900% entre 1980 et 2016) a résulté des progrès de la productivité qui a été de plus 620%. Ceux-ci ont été soutenus par le transfert de millions d’emplois agricoles vers des emplois industriels, d’intenses efforts d’investissement et d’importants gains d’efficacité globale. La mise à niveau technologique des entreprises, leur réorganisation, un meilleur management et une forte émulation procurée par la coexistence de grandes firmes occidentales de technologies très avancées installées par délocalisation en Chine. (1) Pour y produire à moindres coûts, y vendre pour un pouvoir d’achat galopant et exporter vers les marchés d’appartenance originale de ces firmes assurées par conséquent d’une plus grande compétitivité.

La Chine ne peut compter que sur des gains de productivité robustes pour continuer à croître rapidement dans l’avenir, même si sa population continue à croître. Les combinaisons-adaptations entre la main-d’œuvre et la mécanisation-robotisation anticipent les grandes empoignades de compétitivités avec le monde occidental, notamment. Les réserves importantes de croissance du PIB par habitant constitue une autre potentialité pour rattraper et dépasser les USA, dans un domaine (PIB /habitant) où ceux-ci gardent encore un avantage distinctif sur la Chine. Mais les fortes réserves en croissance du PIB par habitant en constituent, à la faveur de la Chine, un autre avantage comparatif de réserves de dynamisme sur les Etats-Unis.

2.2- Ainsi la Chine réagit en attaquant sur le propre terrain des USA et de l’Occident tout entier : surenchérir sur l’ouverture de l’économie en appelant à plus d’ouverture , à plus de compétitivité, à plus de libéralisation des échanges commerciaux internationaux et moins de barrières d’entrée sur les marchés, usant, en virtuose, de son instrument monétaire : la parité de sa monnaie le Yuan. Irritant USA et Union Européenne indistinctement.

Ceci, au moment où, incompréhensivement, les USA jouent à imposer, de plus en plus, notent des commentateurs, des barrières à ces échanges en affirmant la primauté des intérêts nationaux, en rupture avec les canaux traditionnels de la diplomatie économique américaine, avec une propension à user des menaces et sanctions économiques, tant pour forcer la main de ses partenaires que pour bannir ses adversaires de l’accès aux marchés et aux aides des Institutions Financières Internationales usant de leurs pouvoirs majoritaires de décision. (1)

Ainsi, les rôles sont-ils inversés. Le champion «collectiviste communiste», fermement opposé, au début des luttes idéologiques, au libéralisme et à l’ouverture économique, au nom d’une idéologie bien échafaudée, s’accommode convaincu du rôle de champion de l’ouverture économique et il y réussit merveilleusement. De son côté, le champion du libéralisme et de l’ouverture économique, prône la fermeture et restreint les échanges commerciaux internationaux, par des pratiques législatives et réglementaires ou, tout simplement, par des mesures administratives.

Les idéologies dont se réclamaient les uns pas comme les autres, pour organiser l’économie et répartir les revenus, ne sont plus de rigueur, ni référentiellement opérationnelles.

L’homme semble n’avoir été alors, que le «dindon de la farce» et qu’il n’y avait de place, à vrai dire, que pour les seuls intérêts des uns et des autres ; le reste n’étant que préambule pour les sots et décor pour les absurdes politiques, en tous temps et en tous lieux. L’étonnement est que l’homme s’est convaincu du libéralisme et de l’économie de marché en l’auréolant, pour sauver la face, d’une appellation humanisée «d’économie de marché sociale», avec des résultats probants sur le terrain. Comme dans le cas de la Chine communiste avec un Parti Politique Unique. Ce qui irrite encore davantage l’Occident, tiraillé, d’apparence, entre ses idéaux idéologiques et les déceptions de ses populations auxquelles on a «vendu» le libéralisme comme une panacée à tout régler.

2.3- Seule la Chine traite d’égal à égal avec les USA, ne sollicitant rien qui nécessite la bienveillance de ces derniers (les USA). La Chine se permet même le luxe de prêter des fonds aux USA, sous forme d’acquisition d’obligations du Trésor public américain de plus d’un trillion de dollars. Touchés dans leur amour propre, les USA réagissent en imposant à la Chine une succession de taxes sur ses marchandises à l’entrée du marché américain. Ils le font également, mais symboliquement, à l’égard de marchandises en provenance de l’Europe, d’origine française, particulièrement, par réaction aux mêmes pratiques françaises à l’égard de marchandises américaines. La Chine réagit vigoureusement et traite d’égal à égal, en imposant beaucoup de marchandises américaines. Ces hostilités fiscales s’atténuèrent, en conséquence à ces traitements réciproques musclés, sans, toutefois, disparaître en perspectives.

La Chine agit en profondeur en se dotant d’instruments et systèmes dans les domaines : de technologies avancées dans l’usage de téléphonie intelligente, en menaçant d’activer son réseau Internet planétaire dans beaucoup de langues au moindre chantage américain, tout en faisant usage de systèmes propres de communication que permettent ses satellites géostationnaires, de plus en plus nombreux. La réaction récente de la Chine aux difficultés créées par les USA au téléphone intelligent chinois «Huawei», en activant rapidement un système en substitution au Système américain, en dit long sur la complexité des relations économiques sino-américaines.

De plus, et de concert avec des partenaires émergents, un ensemble économique le «BRICS» (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud ; fragilisé du fait brésilien depuis l’élection d’un nouveau président plutôt en sympathie avec les USA et l’UE), fut créé doté d’une banque de développement dédiée. Ce qui pourrait fragiliser l’ensemble dans ses mouvements, essentiellement dans ceux qui pourraient rentrer en conflits avec d’autres volontés stratégiques différentes.

Les Européens, submergés de toutes parts, et pour lutter sur tous les fronts, avaient créé progressivement depuis les années 1980 essentiellement, leur ensemble économique «l’Union Européenne» (déstabilisée par le «Brexit» britannique du mois de janvier 2020) avec leur propre monnaie l’Euo, leur banque centrale, leur banque de développement et leur parlement, sans s’éloigner de leur partenaire stratégique les USA, en dépit des «griefs» qui leur sont faits «amicalement» et des frictions intermittentes, sans cependant d’impacts outre mesure, au niveau des relations stratégiques.

Le décor pour toutes les explications possibles autres qu’amicales, est ainsi bien planté. Le choc «USA-Chine», prévisible mais craint, finira-t-il par conséquent, par se produire ?

2.4- La réponse à cette question, nécessairement, pré requière l’évacuation de la question démographique qui caractérise la Chine ; du fait que les commentateurs occidentaux présentaient comme le facteur explicatif du sous développement de la Chine. Ce que l’Occident collait à un régime surpeuplé (un milliard quatre cent quarante et un millions habitants actuellement = 1441000000 habitants), porte drapeau du communisme, pire ennemi du libéralisme de l’idéologie socialiste et dirigeant du défunt l’ex- Pacte (militaire) occidental, au côté du sacrifié l’ex-URSS» socialiste porte-drapeau de Varsovie face à l’OTAN de l’Occident.

La question à se poser est de savoir si la démographie ou volume de populations, est facteur de développement ou facteur de sous-développement, eu égard à l’envergure atteinte actuellement par la Chine dans tous les domaines ? Aucune convergence ou unanimité n’a pu être obtenue, à cet égard. Des artifices sont inventés pour mettre d’accord, en apparence, tous les antagonistes. La Chine régula, au départ du communisme, le volume de sa population en limitant à un seul enfant, la taille de la famille. Devant la menace du vieillissement et de sérieux problèmes à assurer la nuptialité à qui la veut, un deuxième enfant par famille fut autorisé. Ainsi la population de la Chine passe du tiers de la population mondiale, en 1820, à seulement moins du cinquième (18,87%) de la population mondiale en 2019. M’interpellent, ici, alors, en premier lieu, les débats passionnants qui opposaient les avis durant la décennie 1970 en Algérie, au sujet de la limitation obligatoire ou non des naissances, avec des soubassements «religieux» et «progressistes» contradictoires. Ces débats qui ont fini par l’adoption, peu convaincante pour tous, de la formulation de «planification familiale» dont s’accommodent, de plus en plus, les jeunes couples pour des considérations d’égoïsme «positif» de bien-être, plutôt que par une quelconque idéologie ou obligation de foi. Sachant que la moyenne d’enfants par famille n’est pas uniformément répartie entre toutes les familles algériennes. Les familles traditionnelles, très nombreuses encore, dans la société algérienne, dans la campagne et en ville, comptent, en effet, plus de cinq enfants en moyenne par famille. Le nombre de naissances par an, quant à lui, est de l’ordre d’un million, avec un taux de mortalité infantile en nette régression chez les enfants en général et chez les nouveau-nés en particulier.

Ainsi la fécondité ou fertilité de la femme algérienne qui était au début des années 1970, de 7,12 naissances (pour une femme durant son âge de procréation), s’est-elle réduite à seulement 2,40 en 200 et 2,71 en 2017, contre 7,67 en 1967. Beaucoup plus que de quoi éviter le vieillissement de la population algérienne ; si toutefois ce taux de fécondité (fertilité de la femme algérienne), est maintenu à l’abri d’une tendance baissière comme celle observée entre 1967 et 2007. M’interpelle aussi, en deuxième lieu, le Malthusianisme (6) qui, au vu des données de son temps, conclut, (étant acharné sur la limitation des populations), trop hâtivement à un phénomène de nivellement naturel du volume des populations sur le niveau des disponibilités des subsistances (nourritures) : par les famines, les catastrophes naturelles, les sécheresses, les endémies et pandémies et autres maladies, par les guerres et par les occupations coloniales avec leurs lots d’exécutions sommaires, massacres, déportations et déracinements massifs des populations autochtones (indigènes), etc… Il (le Malthusianisme) ne pensait pas, en son temps, à la limitation volontaire ou autoritaire des naissances, organisée et réglementée, de manière contraignante, par les pouvoirs publics des Etats. Une prophétie qui a fait des émules dans la postérité de Malthus.

Les potentialités inépuisables de l’homme à pouvoir créer les conditions environnementales, matérielles, scientifiques, technologiques, organisationnelles et managerielles, propres à créer les richesses et à produire les nourritures nécessaires à la rencontre de l’accroissement de la population mondiale, sont, grâce à Dieu, inépuisables. Si ce ne sont, malheureusement, les caprices de l’homme qui sont venus tout gâcher par : ses égoïsmes, ses injustices dans la répartition des revenus, ses hégémonismes, ses occupations par l’arme et le sang des territoires d’autrui (par les nations les mieux loties du moment) etc… L’Algérie perd la moitié de sa population entre 1830 et 1962, sous des expéditions militaires, envahissements et occupation de ses territoires, essentiellement par le colonialisme français.

Pourquoi alors s’abriter, chez Malthus, derrière le manque de subsistances pour justifier le nivellement de la population mondiale par le bas ? Alors que Dieu tout puissant dota la terre à sa création en nourritures suffisantes, par génie humain entrepreneur interposé, tout naturellement (Sourate Foussilat ; verset 10). Comme il a prohibé la mise à mort des enfants par leurs parents de crainte de la faim, en garantissant aux parents, à leurs enfants et à tout être vivant sur terre, leurs subsistances «Rizk» (Sourate Al Anâam, Verset 151 ; Sourate Al Israa, verset 31 et Sourate Houd, verset 6).

L’histoire d’évolution du PIB mondial reflète une partie du contenu de ces versets coraniques. Elle nous renseigne, en effet, l’accélération de la croissance de ce PIB depuis l’an 1000, est porteur d’un message d’éloquence particulière, eu égard à la teneur de ces versets. Ce PIB a connu un doublement en 500 ans (1000-1500), puis en 200 ans (1500-1700), puis en 120 ans (1700-1820) puis en 50 ans (1820-1870) puis en 40 ans (1870-1913) puis également en 40 ans (1913-1950) puis en 15 ans (1950-1973) puis en 25 ans (1973-1998) et enfin en 12 ans (1998-2010). Preuve de réserves humaines inépuisables en entreprenariat, en productivité, rentabilité et en dégagement de bénéfices, au moment où la population mondiale passe de 1 à 7 milliards d’habitants pendant la même période.

Cette vérité statistique est amplement confortée par la contre-attaque de «Ester Boserup» économiste danoise du 20ème siècle qui, en s’appuyant sur des faits réels démontre que les innovations technologiques surviennent quand l’écart entre la démographie et les ressources est trop grand, permettant ainsi de remettre l’approvisionnement en ressources à flots par rapport à la population. C’est une autre preuve sur l’épuisement des richesses de peuples pauvres par leurs colonisateurs spoliateurs qui les abandonnèrent à leur triste sort, une fois leurs richesses épuisées, sans infrastructures ni installations de production garantissant leurs subsistances et celles de descendants. (7)

La Chine en a donné la preuve de matérialisation, à bien des égards. Ce qui paraît constituer, incontestablement, une autre source d’irritation dans la grande grille d’irritations déjà encombrée pour l’Occident; le Corona Verus étant la goutte de débordement et les élections présidentielles majeures aux Etats-Unis, en novembre 2020 étant le soubassement.

Les réactions des uns et des autres (antagonistes) deviennent incontrôlables pour éviter qu’on en arrive à de vilains «jeux de mains». Les ingrédients d’un choc USA-Chine semblent ainsi s’agglutiner autour du lien, déjà suffisamment fragile, des relations sino-américaines qui sont, par contre, particulièrement fournies de panier et de valeur et impactant toute l’économie mondiale. Cela paraît inextricable. Il se complique davantage par les retombées, à instrumentation politique déconcertante, de la pandémie Covid-19′.

Les scénarios des aboutissements de la crise sur les relations USA-Chine n’écartent, au niveau des projections, aucune hypothèse. La revue américaine spécialisée Foreign Policy’ dans une de ses toutes dernières livraisons, favorise l’émergence graduelle de deux «Pôle-Blocs», l’un s’organisant autour de la Chine, l’autre, autour des Etats-Unis d’Amérique. En prenant la liberté d’apporter mes compléments propres, je supposerais que les autres grands pays et autres de moindre envergure ou sans envergure spécifique, s’intégreraient, selon leur choix, à l’un ou l’autre des deux «Pôle-Blocs», mais chaque pays choisirait son orbite à l’intérieur du Pôle-Bloc de son choix en gardant sa liberté de mouvement sur son orbite ; le tout gravitant dans le même système orbital, sans toutefois, posséder, pour la majorité des acteurs, les forces centrifuges nécessaires pour pouvoir s’éjecter à l’extérieur de l’orbite du Pôle-Bloc de première appartenance.

Pourquoi dans ce genre d’hypothèse écarte-t-on la Russie en la négligeant dans les hypothèses ? Alors qu’elle occupe l’un des premiers rangs mondiaux en matière d’industrie aéronautique militaire en défensif et en offensif associée aux systèmes d’autodéfense aérienne les plus compétitifs. Elle force le respect par sa présence bruyante, musclée et décisive au Moyen-Orient et par sa présence silencieuse, discrète de et portée dissuasive dans régions sensibles du monde.

Le genre d’édifice prospectif que propose la revue américaine, tout en occultant, probablement à dessein, le poids de la Russie, peut camoufler la manœuvre de créer la zizanie entre partenaires de même bord : la Russie a guidé le Pacte de Varsovie. Elle est garante d’un équilibre déterminant en armement nucléaire, en balistique et en fusées de toutes portées. Elle possède les plus grandes richesses à l’extrême Est de son territoire. Elle est le plus grand exportateur de blé dans le monde et est en construction d’une économie moderne, diversifiée et solide au côté de réserves de change très importantes (en moyens de paiement internationaux, le dollar en particulier),etc.

Mais rien ne garantit des accalmies définitives entre les deux «Pôle-Blocs», même si une hypothèse de grand optimisme écarte tout affrontement musclé entre les deux Pôles et ce, au profit de la paix et du co-développement humain qu’une conscience, dont je suis incapable d’en circonscrire l’essence et les contours, (manière d’avouer mon impuissance et partant celle de l’homme pour me remettre à Dieu), viendrait imposer sa bonne foi, aux dépens des calculs agressifs des Etats-Majors et des Etats Profonds, des uns et des autres.

La coopération dans la recherche du remède et du vaccin contre Covid-19 », en serait certainement, l’indice révélateur des bonnes ou des mauvaises fois.

Les désagréments créés par les manœuvres politiques, économiques, militaires et autres, des uns et des autres, le temps d’une campagne électorale, si capitale et si étendue dans le temps soit-elle, doivent, par pragmatisme, laisser place à des relations débarrassées des animosités passionnelles. Puisse la déclaration du Président américain Trump’, faite le 14 mai 2020, en faveur d’une coopération avec la Chine si un vaccin contre Covid-19 venait à être découvert, constituer le début d’une concrétisation de l’espoir en «la conscience» bienfaisante attendue.

Mais quelle que soit la probabilité de la vérification des lendemains de Ccovid-19′, la question exige mûre réflexion et projection à géométrie variable.

(1) : Patrick Allard International Economie. Publié le 16 mars 2020.

( Indicateurs également calculés par Patrick Allard à partir des données de la base «World Development Indicators») Banque mondiale).

(2) Wikipédia.

(3) Le Monde du 19 mai 2011.

(4) (Russia-Today,RT, lors de son émission télévisée ‘Qui commandera le monde» du 3 mai 2020).

(5) ‘Maddison Project » (un centre de recherche hébergé par l’université de Groningue aux Pays-Bas)

(6) Maltus, economiste anglais de la fin du 18 siècle et le début du 19 siècle acharné sur la limitation des populations,

(7) Ester Boserup. Economiste danoise du 20 èmé siècle


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