La pauvreté menace encore des régions entières : L’Afrique face au défi de la sécurité alimentaire

L’Union africaine, par le biais de ses différentes structures, de ses organismes, institutions, instruments et mécanismes, s’active à mettre en application les décisions, programmes et déclarations relatifs à son développement politique, économique et social.

A cet égard, un atelier de formation a eu lieu la semaine dernière à Accra, au Ghana, dans le cadre du processus de la mise en œuvre de la déclaration de Malabo. Cette dernière, faut-il le rappeler, a porté essentiellement sur les voies et moyens de transformer l’agriculture en Afrique en réduisant la pauvreté, assurer sa sécurité et son autosuffisance alimentaires. En fait, il s’agit de la mise en œuvre du programme de développement du secteur de l’agriculture adopté par l’UA.

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Les participants, au nombre de 47, venant des différentes régions d’Afrique, ont eu à s’imprégner, au cours de cet atelier, des techniques d’examen de la revue biennale sur le développement agricole, des outils de saisie des données pour un examen électronique en tant que modèle d’élaboration de rapport de performance des pays.

Ils ont eu à s’enquérir des informations sur le mécanisme de coordination et la feuille de route continentale pour préparer le deuxième rapport qui doit être soumis au prochain sommet des chefs d’Etat africains en janvier 2020.

Au cours de cet atelier, les chefs de groupes techniques de travail ont expliqué dans les détails les indicateurs socioéconomiques (au nombre de 47, déclinés en 23 catégories de performance et pour lesquels 7 domaines thématiques ont été définis) les approches méthodologiques, l’évaluation et la mise en application électronique du programme.

Quant à notre groupe Médias, il est chargé d’informer, communiquer et promouvoir les actions menées par l’Union africaine et ses différentes composantes pour une fluidité, une meilleure circulation de l’information et son partage sans rétention.

L’UMA dans le Coma

En fait, c’est un travail laborieux que doivent s’appliquer à concrétiser les participants aux travaux de l’atelier dans les meilleurs délais, avec en fin de compte une application électronique adaptée et des données accessibles et partagées par tous les pays. Cependant, si pour certaines commissions d’Afrique, telles que la Cedeao (Ecowas), le travail avance de manière satisfaisante, ce n’est pas le cas pour l’Union du Maghreb arabe (UMA), qui se trouve à présent dans le coma.

Aucune activité n’est à enregistrer à son compte sur le plan régional, si ce n’est des initiatives isolées. D’ailleurs, la présence des représentants du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie laisse à penser qu’il s’agit d’une initiative en dehors du cadre maghrébin. L’Algérie a brillé par son absence, il s’avère que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural n’a pas jugé utile d’envoyer son représentant, alors que sur le plan politique, le discours est «flatteur» pour l’engagement de notre pays pour le continent africain.

Une Absence et des questions

En plus de son absence à cet atelier, il est malheureux de constater que sur les 54 pays membres de l’UA, l’Algérie ne figure pas sur la liste des pays ayant remis les données sur l’état de développement de son agriculture. Le premier rapport continental mentionne l’absence de ces données et, au rythme où vont les choses, il n’est pas dit que les données sur l’Algérie ne figureront pas encore une fois dans le deuxième rapport du Biennal de la politique agricole africaine, qui sera soumis au Sommet des chefs d’Etat de 2020.

Alors qu’on s’était pressé de publier le rapport sur les objectifs du millénaire du développement 2000-2015 (initié par les Nations unies), mais, selon certaines indiscrétions, «truffé» de beaucoup de chiffres «approximatifs».

La réalité démontre le «décalage» et les événements d’aujourd’hui sont là pour nous rappeler «l’arnaque». Il n’est pas exclu que le même scénario risque de se rééditer avec l’autre projet onusien sur les objectifs du développement durable (2015-2030).

En fait, la question de la collecte des chiffres et statistiques, leur saisie et leur interprétation demeurent une hantise pour nos décideurs politiques. Revenons à l’Afrique pour dire qu’il serait regrettable pour l’Algérie, qui a toujours défendu les causes africaines à travers le monde, se trouve aujourd’hui dans une situation peu confortable.

L’Algérie, qui est parmi les rares pays d’Afrique ayant une politique africaine constante, se trouve trahie par les promesses, paroles et déclarations alors que sur le terrain, la réalité est tout autre. En somme, cette dernière exige une présence effective, humaine, économique et sociale, le reste n’est que «littérature», gesticulations et discours mielleux.

Laeed Zaghlami , universitaire et journaliste

Accra (Ghana)  Correspondance particulière

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