Lavrov: «L’idée d’instaurer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye est associée à l’intervention de l’Otan»

L’arrêt inconditionnel des hostilités est une condition sine qua non du règlement politique en Libye, alors que l’idée d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de ce pays serait plutôt associée au début de l’intervention de l’Otan, a déclaré Sergueï Lavrov à l’issue d’un entretien à Moscou avec son homologue iranien.

© Sputnik . Andreï Stenine

L’idée de mettre en place une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye suscite une mauvaise association avec le début de l’intervention de l’Otan dans ce pays, Moscou ne pouvant être certain du respect d’une telle entente par l’Alliance atlantique, a indiqué le ministre russe des Affaires étrangères, commentant la déclaration du Premier ministre italien Giuseppe Conte, selon lequel une zone d’exclusion aérienne pourrait mener à l’arrêt des hostilités en Libye qui souffre d’une escalade de la violence et d’instabilité politique depuis 2011.

«Quant à l’idée d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye, elle suscite une très mauvaise association… L’idée d’instaurer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye est associée à l’intervention de l’Otan qui s’est mise à bombarder la Libye juste après que le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté une telle résolution – proclamer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Et les pays intéressés ont été chargés d’en garantir le régime», a rappelé M.Lavrov lors d’une conférence de presse à l’issue de ses négociations avec le chef de la diplomatie iranienne Mohamamad Javad Zarif, en visite à Moscou.

Qu’en est-il de la crédibilité de l’Otan?

Et d’ajouter que l’Otan s’était servie de cette résolution pour se mettre à bombarder le territoire libyen et ce, en violation grossière de ce même texte de l’Onu.

«Et vous n’en connaissez que trop le résultat. C’est pourquoi toute initiative prévoyant la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne a pour nous une association qui n’est pas très agréable, et je ne pense pas que nous puissions une nouvelle fois nous fier à tous nos partenaires de l’Otan. […] Il vaut sans doute mieux faire en sorte que tous les acteurs internationaux influent sur les parties libyennes dans un seul sens, celui de l’arrêt immédiat des hostilités, du cessez-le-feu illimité et des négociations inter-libyennes», a résumé le ministre russe.

Que devient la Libye?

En 2011, plusieurs pays de l’Otan, la France de Sarkozy en tête, ont attaqué la Libye. Une guerre civile en a suivi, le gouvernement de Mouammar Kadhafi a été renversé et il a été assassiné. Le pays s’est divisé. Le GNA de Fayez el-Sarraj, soutenu par les Nations unies et l’Union européenne, s’est installé à Tripoli, alors que dans l’est de la Libye siège un parlement élu par le peuple et appuyé par l’Armée nationale libyenne du maréchal Haftar. Le pays est toujours déchiré en plusieurs entités rivales.

Le 26 décembre, le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj a officiellement demandé l’aide militaire de la Turquie pour faire face à l’avancée de l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar qui avait déclaré le 12 décembre le début d’une bataille cruciale pour Tripoli.


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