Le W.Times avait prédit une riposte de médias dérangés par la démarche du président Tebboune

30.05.2020

Alger – Le documentaire sur le Hirak diffusé mardi dernier par des chaînes de télévision publiques françaises était « prévisible », selon le Washington Times qui a prédit une « riposte » de puissants groupes médiatiques « dérangés » par la démarche du Président Tebboune.

Dans une récente parution louant les actions entreprises par le Président de la République Abdelmadjid Tebboune pour faire face aux crises multiformes induites par la situation sanitaire en cours, le Washington Times avait mis l’accent sur une probable « riposte » de puissants groupes médiatiques et de centres d’intérêts « dérangés » par la démarche du président.

Le journal américain n’a pas hésité à qualifier de courageuses les réformes économiques et constitutionnelles entreprises par l’Algérie, un modèle écrivait-il alors, qui permettra au pays de sortir ainsi plus fort de la crise, mais ces réformes finiraient fatalement par déranger et faire réagir. Ces prévisions n’ont pas tardé à se concrétiser.

Au nom de la liberté d’expression, deux documentaires sur le hirak en Algérie diffusés simultanément mardi soir sur deux chaînes de grande audience, France 5 et LCP, ont offert « des images réductrices et mal venues de la réalité algérienne dans l’objectif évident de discréditer les dirigeants du pays ».


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Ces documentaires ont suscité un vaste mouvement de réprobation et d’indignation des Algériens sur les réseaux sociaux, au point où des professionnels des médias ont assimilé la campagne médiatique annonçant sa diffusion à « une montagne qui a finalement accouché d’une souris ».

La production revêt un caractère « provocateur » et des relents de la « France nostalgique », ont estimé des universitaires et des experts qui mettent en garde contre « les dessous » non avoués de cette production.


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La réaction de Paris n’a pas surpris après qu’Alger ait rappelé son ambassadeur en signe de protestation contre la diffusion de deux documentaires sur des télévisions publiques françaises relatant des avis de «hirakistes».

«L’ensemble des médias jouissent d’une complète indépendance qui est protégée par la loi en France », a déclaré jeudi dernier la porte-parole du Quai d’Orsay. Au nom du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll a noté en outre que «dans le cadre des relations profondes et anciennes qui existent entre nos deux pays, et auxquelles nous attachons la plus grande importance, la France respecte pleinement la souveraineté de l’Algérie.

Nous entendons continuer à travailler à l’approfondissement de la relation bilatérale ». Ce ton diplomatique a été employé pour répondre à une question sur la réaction de Paris après le rappel par Alger de son ambassadeur.

Chronologie des faits. Mardi 26 mai, deux télévisions publiques françaises ont diffusé à quelques minutes d’intervalle deux documentaires sur le «hirak». Sous le titre «Les promesses de l’aube», le premier où s’exprimaient des voix bien médiatisées n’a pas fait de remous. Par contre, le second qui a repris un titre d’une chanson des années 90 bien connue «Algérie mon amour» a provoqué les foudres des Algériens. Ils ont contesté le choix du réalisateur d’images et de propos de jeunes Algériens revendiquant des libertés individuelles jugées dévergondées. Ces jeunes vivent à Alger et l’ont fait à visage découvert. Déclamant haut et fort leur conservatisme, de nombreux Algériens se sont vus plus offusqués par ce cadrage médiatique d’un «hirak d’essence politique et non sociale» que par ce ton osé de jeunes qui affirment avoir toujours participé au mouvement populaire et ce, depuis son déclenchement le 22 février dernier.

Un documentaire banal

L’on se demande alors de quel droit en vouloir au journaliste franco-algérien d’avoir réalisé un documentaire banal ou aux Algériens de nos quartiers qui déclarent leurs frustrations devant une caméra française sans aucune gêne.

L’Algérie officielle a choisi de réagir promptement en rappelant son ambassadeur en France. Le ministère des Affaires étrangères a expliqué sa décision par un communiqué qu’il a rendu public le mercredi 28 mai. «Le caractère récurrent de programmes diffusés par des chaînes de télévision publiques françaises, dont les derniers en date sur France 5 et la Chaîne Parlementaire, le 26 mai 2020, en apparence spontanés et sous le prétexte de la liberté d’expression, sont en fait des attaques contre le peuple algérien et ses institutions, dont l’ANP et sa composante, la digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN)», écrit-il. Et ajoute que «cet activisme où l’inimitié le dispute à la rancœur, dévoile les intentions malveillantes et durables de certains milieux qui ne souhaitent pas l’avènement de relations apaisées entre l’Algérie et la France, après 58 ans d’indépendance, et ce, dans le respect mutuel et l’équilibre des intérêts qui ne sauraient faire l’objet de concession ou de marchandage. Pour ces raisons, l’Algérie a décidé de rappeler immédiatement en consultations son ambassadeur en France.»

Il est vrai que le rappel d’un ambassadeur par ses responsables «pour consultations» figure parmi les règles diplomatiques d’usage en cas de fâcheries politiques. Mais l’on s’étonne de voir le MAE prendre une telle décision alors qu’il ne s’est agi que d’un documentaire dont le réalisateur a certainement voulu faire dans le sensationnel. Au-delà des supputations autour des «arrière-pensées» qu’il avait et desquelles il faut savoir s’en prémunir, il est évident que l’Occident brandira toujours son «respect de la liberté de la presse et la liberté d’opinion». Il ne peut en être autrement pour des pays dont les médias s’en prennent souvent à des pays «tiers-mondistes» particulièrement arabes et musulmans. L’on rappelle qu’au nom de «la liberté de la presse», un journal parisien a profané la personne du prophète Mohamed (Que le salut soit sur lui) tout en sachant pertinemment qu’il a touché à ce qu’il y a de plus sacré chez les musulmans. Les foules hystériques qui sont sorties pour crier leur désapprobation de tels actes n’ont rien changé à des mentalités politiques et médiatiques qui aiment embrouiller des esprits qui ne leur ressemblent pas et de surcroît veulent dominer.

Alger et Paris rattachés par une chaîne humaine

La réaction du MAE algérien n’est pas nouvelle. Sabri Boukadoum a déjà eu à convoquer en avril dernier l’ambassadeur de France à Alger pour marquer le mécontentement de l’Algérie suite aux déclarations d’un intervenant sur une chaîne française au sujet d’aides médicales chinoises que l’armée aurait gardées pour elle seule. Xavier Driancourt avait répondu alors que «l’ensemble des organes de presse jouissent d’une totale indépendance rédactionnelle en France, protégée par la loi».

De la provocation, il y en a dans l’air. Le 13 décembre 2019, c’est-à-dire le lendemain de l’élection présidentielle algérienne, le président français avait déclaré : «J’ai pris note de l’annonce officielle que M. Tebboune a remporté l’élection présidentielle algérienne dès le premier tour». En février de la même année, quand le «hirak» a commencé à occuper la rue, Emmanuel Macron a suggéré à Alger «une transition d’une durée raisonnable». S’il n’a fait que «prendre note» de l’élection de Tebboune, Macron a quand même appelé les autorités algériennes à «engager un dialogue avec le peuple algérien». Il sait pourtant que son appel est adressé à un pays qui a sa souveraineté à fleur de peau et qui déteste qu’on s’ingère dans les affaires internes de son Etat. Complexée ? L’Algérie ne peut que l’être après 132 de colonisation et à peine un peu plus de 50 ans d’indépendance du joug colonial français.

Le rappel d’un ambassadeur ne changera rien à l’Histoire qui lie les deux pays ou qui les sépare, c’est selon les circonstances et les tentatives de rapprochement entre eux qui très souvent échouent tant que leurs concepteurs y mettent une passion très particulière.

Preuve en est, la simple diffusion d’un documentaire a provoqué une crise diplomatique entre eux. Pourtant la réalité oblige à tempérer son narcissisme d’un côté comme d’un autre. Ce sont près de trois millions d’Algériens qui vivent en France. C’est la chaîne humaine la plus importante qui travaille pour la France et revendique ses attaches avec l’Algérie. Le lien entre ici et là bas est indéniable. Ceci, même si Paris aime à jouer sur cette fibre en la subordonnant à des conditions d’octroi de visas qui frôlent les limites de l’humiliation. L’on ne serait pas si naïf de croire que ce sont les rancœurs du passé qui rythment sa politique des visas. La France sait que ses intérêts dans la région sont gros et que l’Algérie en renferme de bien importants.


                                                            Lire :   Réactions 

Le film-documentaire « Algérie, mon amour » mal digéré par les Algériens


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29.05.2020

Confidentiel : Qui est derrière la production du doc diffusé sur France 5 ?

DIA-28 mai 2020 : Si toute l’Algérie connait le nom du réalisateur du documentaire controversé « Algérie mon amour » diffusé sur France 5 (Mustapha Kessous (en revanche personne ne connait les commanditaires de cette production, qui est en train de  refroidir les relations entre l’Algérie et la France. Mustapha Kessous n’est en réalité qu’un simple journaliste de service, qui a été seulement chargé de réaliser des interviews en Algérie et surtout pour crédibiliser le produit aux yeux des médias algériens (Un reportage sur l’Algérie réalisé par un algérien).

Mustapha Kessous qui est définitivement grillé en Algérie, n’était en fait qu’un pion dans l’échiquier. Il n’a pas été associé ni au montage, ni à la vente du documentaire pour France 5, ni bénéficié de l’aide du CNC et encore moins du choix de la date de sa programmation. Tout a été planifié à Paris, par une boite privée chargée par un lobby bien connu pour défendre les intérêts de la France et surtout pour réaliser des reportages et des documentaires sur des pays en conflit ou en désaccord  avec le Quai d’Orsay. Le tout financé par l’argent public du contribuable français et à travers des télévisions publiques françaises.  Et dans ce cas, France 5 n’est que le diffuseur et n’est pas responsable du contenu.

Le documentaire en question est produit par une société très connue sur la place de Paris, spécialisée dans le documentaire d’investigation à travers le monde. La société s’appelle « Premières lignes », dirigée par deux professionnels du doc politique.

Les dirigeants de Premières Lignes sont deux pionniers de l’investigation télévisée en France:  Paul Moreira, journaliste réalisateur maintes fois primé, ex rédacteur en chef du Vrai Journal (CAPA) sur CANAL+ jusqu’en 1999, puis fondateur de 90 Minutes, le magazine d’investigation de référence de CANAL+.  Et Luc Hermann, journaliste réalisateur et rédacteur en chef, avec une longue expérience à CNN et CANAL+.

Paul Moreira, connait bien l’Algérie pour lui avoir consacré plusieurs reportages très controversés à l’époque de la campagne du « qui tue qui ».

Le 3 Mars 2003, il supervise et présente pour le compte du magazine « 90 minutes » de Canal +, une série de reportages sur l’Algérie dans le cadre du voyage du président Chirac en Algérie. Ses reportages sont réalisés par un personnage clé dans la campagne du « qui tue qui » et des campagnes haineuses contre le régime d’Alger à l’époque: Jean Batiste Rivoire. C’est notamment lui qui avait semé le doute dans l’affaire des moines de Tibhirine.

Parmi les reportages, un sujet est consacré aux conditions de l’implantation du groupe sud coréen Daewoo en Algérie en 1986.  Un autre a été consacré à « la corruption au quotidien » en Algérie. Selon ce reportage, les fonds destinés à financer la construction de logements sociaux ont servi à acheter des chalets de luxe en provenance des Etats-Unis pour les dignitaires du régime en 1993.

Autre documentaire très controversé « Khalifa, l’étrange milliardaire », le magazine d’investigation s’interroge sur la fortune de Rafik Khalifa et ses liens supposés avec le pouvoir militaire algérien, notamment avec Larbi Belkheir, l’homme le plus puissant et influant de l’époque.  Le journaliste français s’attaque surtout à Khalifa Tv créée en septembre 2002, à Cannes.  La télévision algérienne privée avait contre-attaqué en diffusant , en même temps un documentaire sur le malaise à Canal+ après la venue de Vivendi à l’époque de Jean-Marie Messier. Mais ce doc n’avait pas le même impact que les reportages réalisés sur l’Algérie et qui avaient à l’époque et comme aujourd’hui, refroidi les relations diplomatiques entre Paris et Alger.

Paul Moreira tout comme Jean Batiste Rivoire avaient une dent contre l’Algérie ou plutôt contre son régime et ne ratent pas une seule occasion pour tirer sur Alger. Dans ce tweet publié en janvier dernier, Paul Moreira dénonçait déjà la répression contre les manifestants à Alger.  C’est à partir de cette opération qu’a commencé à germer une idée sur un doc intra-muros sur le hirak. Le reste de l’histoire on la connait.


 

 

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