Le Liban appelle à l’aide l’UE face aux USA

30.06.2020

   Le Premier ministre libanais, Hassan Diab, intervenant le 30 juin 2020, devant la visioconférence consacrée à la reconstruction de la Syrie, en a appelé à l’aide des Nations Unies et de l’Union européenne face à la loi César.

Le Caesar Syria Civilian Protection Act, qui est entré en vigueur le 17 juin, est une loi états-unienne censée punir le président syrien Bachar el-Assad, coupable d’être toujours là après des années de menaces, d’embargo, de fausses accusations, de procès truqué et de guerre.

Elle étend les sanctions US à toute personne ou entité qui viendrait en aide au « régime » syrien.

Cependant, cette loi peut être contournée par la Syrie dès lors qu’elle traite via les mercenaires kurdes du Pentagone, mais pas par le Liban, dont la population commence dès à présent à souffrir de la faim.

« J’appelle les Nations unies, l’Union européenne et les pays amis à protéger le Liban des répercussions négatives de toute sanction qui pourrait être imposée aux Syriens, en particulier dans le cadre de la loi César, et à veiller à ce que ces répercussions ne perturbent pas nos activités commerciales et économiques à l’étranger, compromettant ainsi nos efforts actuels pour sortir de la crise que traverse le pays », a déclaré Hassan Diab.


30.06.2020
CONFÉRENCE DE BRUXELLES

La communauté internationale espère lever 2,6 milliards de dollars pour le Liban

  Par Patricia KHODER –   La crise économique, amplifiée par la pandémie de Covid-19, a accru le pourcentage de réfugiés syriens vivant sous le seuil de l’extrême pauvreté au Liban, qui s’élève désormais à 75 %, selon le HCR.

Mireille Girard, représentante du HCR au Liban. Photo fournie par le HCR

C’est un véritable appel au secours qu’a lancé hier le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), alors que s’ouvre aujourd’hui par visioconférence la quatrième édition de la conférence de Bruxelles sur l’aide à apporter pour l’avenir de la Syrie et des pays de la région. Le Covid-19 et la crise économique sans précédent que traverse le Liban n’ont pas seulement augmenté le taux de pauvreté parmi les réfugiés syriens, mais aussi au sein de la communauté hôte. Cette plongée brutale dans l’indigence rend égaux face à l’adversité les Libanais comme les réfugiés syriens vivant sur le territoire. Au Liban, le pourcentage des réfugiés vivant sous le seuil de l’extrême pauvreté s’est accru, passant à 75 % cette année selon le HCR, contre 55 % en 2019. En parallèle, selon les projections de la Banque mondiale, plus de 70 % de la population libanaise devrait se retrouver en deçà du seuil de pauvreté d’ici à la rentrée prochaine.

« La conférence de Bruxelles a trois objectifs », explique la représentante au Liban du HCR, Mireille Girard, dans un entretien accordé à L’Orient-Le Jour. « Le premier est d’aider les populations vulnérables réfugiées et locales à faire face à la situation économique régionale qui dure depuis des années et qui a été accentuée par la crise actuelle. Le deuxième objectif est le soutien aux pays d’accueil en les aidant à renforcer leurs services, cela est possible grâce au soutien que nous apportons aux institutions des pays hôtes. Et le troisième objectif est celui de trouver des solutions durables pour résoudre la situation d’exil des réfugiés », détaille-t-elle. « Cela inclut la réinstallation des réfugiés les plus vulnérables dans des pays tiers. La conférence sera l’occasion pour les éventuels pays d’accueil d’annoncer leur quota. Notre objectif est d’atteindre 10 % de la population réfugiée, mais nous en sommes encore loin. Cela inclut aussi l’aide humanitaire en Syrie qui soutiendra ceux qui ont décidé de rentrer dans leur pays à rebondir et aller de l’avant », souligne encore Mme Girard


La tribune de Josep Borrell Fontelle

L’Europe doit continuer à soutenir le peuple syrien

Selon la responsable, « la communauté internationale espère lever des fonds d’environ 9,84 milliards de dollars, don’t 6,04 milliards de dollars pour les pays hôtes et 3,8 milliards pour les déplacés en Syrie. L’appel pour le Liban cette année s’élève à 2,6 milliards de dollars ». Lors de la conférence de l’année dernière à Bruxelles, la communauté internationale avait confirmé un financement total d’un montant de 7 milliards de dollars pour soutenir les activités humanitaires, de résilience et de développement en 2019. Toutes les annonces de contributions ont été entièrement réglées et les bailleurs de fonds ont également versé des financements supplémentaires en 2019. Pour rappel, depuis le début de la guerre en Syrie, en mars 2011, 6 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays et 5 millions et demi se sont réfugiées dans les pays de la région. Plus de 80 % des réfugiés syriens projettent de rentrer dans leur pays à l’avenir.

L’humanitaire exempté de la loi César

Mireille Girard a également indiqué que « la conférence de Bruxelles discutera tant de nos programmes humanitaires pour les besoins des réfugiés que de résilience et de stabilisation pour les pays hôtes », à savoir la Turquie, l’Égypte, l’Irak, la Jordanie et le Liban qui compte, à lui seul, selon les derniers chiffres du HCR, 892 310 réfugiés. En juin 2019, le pays comptait 929 624 réfugiés syriens sur son sol. Un peu plus de 37 000 d’entre eux ont donc quitté le Liban pour rentrer en Syrie ou pour s’établir dans un pays tiers. « À travers leur aide à la communauté hôte et aux réfugiés, les Nations unies soutiendront le gouvernement libanais pour mettre en place des filets de sécurité (éducation, santé, logement, etc.). L’objectif est de couvrir 140 000 familles libanaises vivant en dessous du seuil de pauvreté », relève Mme Girard. Cette population a été identifiée grâce à une coopération entre le ministère des Affaires sociales et les institutions internationales dans le cadre du soutien accordé aux communautés hôtes entamé il y a plusieurs années. Ces familles, dont le nombre ira croissant, bénéficient déjà d’aides diverses, comme par exemple de la distribution par le gouvernement libanais de colis alimentaires. L’entrée en vigueur de la loi César, qui impose des sanctions au régime syrien et à toute personne ou entité coopérant avec lui, impactera-t-elle le travail des institutions internationales qui allouent des aides aux réfugiés et aux communautés hôtes ? La représentante du HCR au Liban souligne qu’il « existe une clause d’exception pour les activités humanitaires et, en principe, cela n’affectera pas nos activités. Il est important que ce genre de clause existe, car l’aide humanitaire est complètement indépendante des discussions politiques ou des négociations internationales ».


 

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