Un air de zizanie flotte sur le Mékong (+podcast)

   Avec un projet de troisième barrage, le Laos mettrait en danger l’équilibre du quatrième fleuve asiatique.

Une vue sur le fleuve Mékong bordant la Thaïlande et le Laos, photo prise en octobre 2019.
Une vue sur le fleuve Mékong bordant la Thaïlande et le Laos, photo prise en octobre 2019. | SOE ZEYA TUN, REUTERS
 

Il serait le troisième et le plus grand barrage sur le Mékong, au Laos. La construction de ce barrage hydroélectrique devrait débuter cette année et se terminer en 2030, à 25 kilomètres au nord de Luang Prabang, ville touristique du pays. Le développement de l’hydroélectricité est au cœur du plan économique du Laos.

Les ONG environnementales ne cachent pas leur opposition à la réalisation d’une telle structure. Elles l’avaient déjà fait pour les deux premiers barrages du pays, celui de Xayaburi et celui de Don Sahong. Prévu au nord de ces derniers, ce nouveau barrage aurait des conséquences écologiques sur le Mékong dont 60 millions de personnes dépendent pour la pêche et l’agriculture.

Le Laos prévoit un troisième barrage sur le Mékong, au nord de Luang Prabang. | DR

Déjà une pénurie d’eau

Le fleuve, long de plus de 4 300 km, souffre déjà d’une pénurie d’eau due en partie à l’installation de la centaine de barrages sur son cours. Le changement climatique affaiblit aussi le Mékong, entraînant une invasion saline et un changement des cycles des moussons.

La Commission du Mékong (MRC) prévient sur les risques concernant les terres agricoles : en bloquant l’eau, le barrage empêcherait le flux d’alluvions (dépôts de sable et sédiments) vers le delta du fleuve, dans le sud du Vietnam, et freinerait la migration des poissons. L’économie pourrait y être encore plus endommagée par le nouveau barrage.

Même s’ils n’ont pas le droit de veto sur les décisions du Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam, les membres du MRC, ont demandé plus de temps au Laos pour pouvoir évaluer les risques environnementaux qu’un nouveau barrage hydroélectrique pourrait causer.


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                      Pochette d’un 45 tours de Sinn Sisamouth• Crédits : Label : Monorom Disque

Né en Chine sur les sommets himalayens, le Mékong n’est pas le plus long fleuve d’Asie ni même le plus puissant. Mais c’est le plus international : jusqu’à son delta, au Vietnam, ses eaux cheminent sur 4350 kilomètres à travers six pays. Difficilement navigable, il sert néanmoins plus de frontière que de trait d’union entre les peuples qui vivent sur ses rives. Même si le serpent géant Naga, gardien du fleuve, orne partout les temples bouddhistes qui l’entourent… Grenier à riz et à poissons, le Mékong est aujourd’hui mis à mal par l’excessive humanisation de son cours.


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