Algérie / Création d’une école nationale spécialisée dans les nanotechnologies en septembre 2023

     

Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Abdelbaki Benziane a annoncé, dimanche à Boumerdes, des préparatifs en cours, pour la création d’une école nationale spécialisée dans les nanotechnologies, en septembre 2023, au pôle technologique de Sidi-Abdallah (Alger).

 Benziane a signalé dans une déclaration en marge de l’ouverture d’un symposium national sur les nanotechnologies, organisé par l’Académie algérienne des sciences et des technologies (SNNT) à l’université Ahmed-Bouguerra, l’installation d’un groupe de travail, qui s’attelle actuellement à la préparation du projet de réalisation d’une école supérieure, inscrite dans le cadre du plan de renforcement du réseau national de l’enseignement supérieur (2021-2024).

« Ce nouvel édifice scientifique futur s’ajoutera à l’Ecole supérieure d’intelligence artificielle et à l’Ecole nationale supérieure de mathématiques, créées au même pôle technologique de Sidi-Abdallah », a souligné le ministre qui était accompagné du ministre délégué chargé de l’Economie de la connaissance et des Startups, Yacine Oualid et du conseiller du président de la République, chargé du secteur de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur, Noureddine Ghouali.

Il a assuré, en outre, « l’attachement » de son département ministériel à consacrer la stratégie nationale, axée sur le renforcement du partenariat entre les différents secteurs publics, le secteur de la recherche, les opérateurs économiques et les professionnels », pour développer des sujets de recherche communs et mettre en place des mécanismes innovants pour exploiter les nouvelles technologies dans le domaine des nanotechnologies, aux fins de couvrir les besoins nationaux en la matière », a-t-il indiqué.

Le secteur œuvre actuellement à « renforcer la formation et la recherche en vue de garantir des ressources humaines qualifiées dans le domaine des nanotechnologies, et d’assurer, aux secteurs concernés, les compétences et les outils technologiques susceptibles de leur permettre de maîtriser la technologie, d’améliorer la gouvernance et de développer les méthodes de travail », a-t-il encore ajouté.

Il a également fait part de démarches en cours, au sein des services du secteur de l’enseignement supérieur, pour « modifier et moderniser la nomenclature de formation », de manière à intégrer des sujets relatifs au développement de l’expertise expérimentale et à l’établissement de traditions de recherche expérimentale dans les programmes de formation et d’enseignement, parallèlement à l’ouverture de laboratoires et d’unités de recherche dans le domaine des nanotechnologies.

Le premier symposium national, qui se poursuivra durant deux jours à la bibliothèque centrale de l’université, abordera de nombreux thèmes liés, entre autres, à la nano-technique, les dispositifs, les nanotechnologies et leurs applications en physique, en chimie et biologie et la nano-technique et la société.

De nombreux professeurs et chercheurs de divers centres et instituts de recherche et universités nationales, assureront l’animation de cette rencontre, aux cotés de chercheurs étrangers qui interviendront par visioconférence.


      Maths mal aimées ?

                            par Abdelkrim Zerzouri

Pourquoi les élèves se détournent-ils des maths dans leurs choix d’orientation scolaire ? Le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, qui participait samedi à un séminaire national sur l’enseignement des mathématiques, organisé pendant deux jours par l’Institut national de recherche en éducation (INRE), a relevé un « faible engouement » des élèves pour les filières mathématiques et math-techniques, dont le nombre des élèves se situe respectivement entre 2,68% et 10%.

La crise des maths n’est pas propre à l’Algérie, puisque des pays développés connaissent la même problématique, et ils vont souvent à la chasse des génies en mathématiques dans les pays du tiers monde, en Asie, pour combler le déficit en cerveaux mathématiciens. Mais ce problème est relativement récent en Algérie, car dans les années 70 et 80, les élèves doués en mathématiques étaient assez nombreux, et ils étaient même ciblés par les chasseurs occidentaux de matière grise, auxquels l’Algérie facilitait la tâche en les envoyant suivre leurs études, avec bourses étatiques, dans des universités en Angleterre, aux Etats-Unis, en Russie et en France, pour ne plus revenir pour la plupart d’entre eux. Les causes qui poussent les jeunes apprenants à bouder les maths sont nombreuses, et cela commence par l’encadrement spécialisé dans cette matière, « qui ne répond pas aux besoins du secteur », selon un constat établi par le ministre de l’Education nationale. Cela laisse-t-il entrevoir une révision de la formation et d’un choix plus rigoureux des enseignants de maths ? Selon les spécialistes, en sus de la qualité des enseignants, les maths se perdent, parfois d’une manière irrécupérable, quand l’élève n’a pas une base solide, qu’on doit commencer à bâtir dans les cycles du primaire et du moyen, avant d’arriver au secondaire où s’opèrent les orientations des élèves. Viennent ensuite d’autres facteurs d’encouragement, essentiellement liés à la politique de l’Etat. M. Belabed a appelé à démontrer les caractéristiques esthétiques et créatives des mathématiques à travers l’organisation de concours, l’activation des matières d’enseignement et la création de clubs des mathématiques, qui peuvent constituer un attrait pour les élèves vers cette filière, mais on peut faire mieux. Si les matheux sont une rareté sur le marché, il faut bien leur donner la valeur qui convient.

Ce qui n’est pas le cas. Il n’y a qu’à voir ce qu’est un salaire d’un ingénieur pour comprendre un peu pourquoi les jeunes ne sont pas aiguillonnés vers ces spécialités qui exigent de profondes connaissances en mathématiques, et pas récompensées à leur juste valeur. Sous d’autres cieux, quand on arrive à attraper dans les filets un matheux arrivant d’Afrique ou d’Asie, on lui offre une vie princière, logement, voiture, vacances payées, important statut en entreprise et salaires mirobolants. Des sociétés étrangères, qui ont exécuté des projets ici même en Algérie, payaient certains de leurs meilleurs ingénieurs jusqu’à 30, 40 millions de centimes/mois, alors que dans le secteur public, il fallait diviser ce salaire par 6 ou 7. Il y a, donc, la motivation salariale, et la garantie de débouchés motivants dans la recherche scientifique et la concrétisation de leurs résultats sur le terrain. Pour éviter que d’autres pays les cueillent comme des fruits mûrs.


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