RASD : Ould Salek condamne les déclarations du MAE marocain

NEW YORK (Nations-Unies)- Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, a condamné le discours du ministre marocain des Affaires Etrangères (MAE), Nasser Bourita, prononcé devant l’Assemblée générale des Nations-Unies (ONU), affirmant que ce discours était une réitération de la politique d’intransigeance adoptée par l’occupation marocaine.

« Le MAE marocain avait prononcé, hier, un discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, dans lequel il a réitéré la position intransigeante habituelle de l’occupation marocaine, en répétant, avec arrogance, les mêmes arguments désuets », a indiqué M. Ould Salek dans une déclaration à la presse à New York.

Pour le responsable sahraoui, « le discours du ministre marocain se heurte aujourd’hui à la réalité de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), qui s’assoie à côté du Maroc lors des foras internationaux », ajoutant que « ses arguments sont rejetés et réfutés par la communauté internationale ».

« La guerre hostile menée contre le peuple sahraoui et la politique expansionniste et intransigeante visant à gagner davantage de temps entraine, de plus en plus, le Maroc vers une situation inconnue et un avenir incertain et fait plonger son peuple dans la pauvreté, l’ignorance, la privation et la misère », a-t-il soutenu.

Le peuple sahraoui, qui s’apprête à organiser le 15ème Congrès du Front Polisario « est déterminé, plus que jamais, à exercer sa souveraineté et recouvrer ses pleins droits, en dépit des manœuvres incessantes de l’occupation marocaine et de ses discours réfutés par la légalité internationale ».

Le dossier de la RASD évoqué dans le rapport de Guterres soumis à l’AG de l’ONU

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait soumis à l’Assemblée générale un rapport sur les droits des peuples à l’autodétermination dans lequel il a informé l’organe délibérant de l’organisation onusienne de l’état d’avancement du dossier du Sahara occidental.

Le rapport, figurant à l’ordre du jour de la 74ème session de l’Assemblée générale de l’ONU qui a entamé ses travaux la semaine dernière à New York, a été soumis, en application de la résolution 73/160 de l’AG, par laquelle celle-ci a prié le secrétaire général de lui faire rapport sur la question de la réalisation universelle du droit des peuples à l’autodétermination.

Guterres a ajouté que, dans son dernier rapport d’avril 2019 sur la question sahraouie, il a fait observer que « pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, il faudrait une volonté politique forte non seulement de la part des parties et des Etats voisins, mais aussi de la communauté internationale ».


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Guterres relève que l’Assemblée générale de l’ONU a appuyé dans sa résolution 73/07 sur la question du Sahara occidental « le processus de négociation, initié par le Conseil de sécurité, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental et a loué les efforts déployés à cet égard par le secrétaire général et son envoyé personnel pour le Sahara occidental.

La résolution 73/07, adoptée en décembre 2018, a souligné la nécessité pour les parties au conflit d’entrer de bonne foi et sans conditions préalables dans une phase de négociation plus intensive.

Le Conseil de sécurité, qui a examiné le rapport d’avril 2019, a adopté la résolution 2468 (2019), réitérant sa volonté « d’aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.


Sahara occidental : « L’Espagne s’est transformée en un défenseur de l’occupant marocain »

Rafik Tadjer

Le ministre sahraoui des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Salek a déploré ce mardi que l’Espagne « a changé la position traditionnelle, vis-à-vis du Sahara occidental » en réaction aux propos de son homologue espagnole Arancha Gonzàlez Laya.

« Il est honteux, plutôt surprenant que le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez et sa ministre des Affaires étrangères évitent de terminer la phrase du paragraphe classique du Conseil du sécurité des Nations unies, qui se répète depuis 2007 dans toutes ses résolutions », a-t-il dit.

Ce paragraphe réaffirme la nécessité « d’une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui garantit le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui », a déploré le chef de la diplomatie sahraouie, cité par l’agence de presse SPS.

La ministre espagnole en exercice, Gonzàlez Laya et son prédécesseur Josep Borrell, « approuvent, sans la moindre retenue, la propagande marocaine, la diffamation et la calomnie, comme ce fut le cas avec l’annonce d’une supposée attaque terroriste « imminente » dans les camps de réfugiés sahraouis, et l’appel urgent aux Espagnols de quitter immédiatement les camps », a rappelé Ould Salek.

Concernant la rencontre du 21 février, entre la ministre sahraouie, Suelma Beiruk, et le secrétaire d’État espagnol, Nacho Alvarez, M. Ould Salek a rappelé que « ce n’est pas la première rencontre entre les autorités des deux pays et à la demande des ministres espagnols ».

« Il est regrettable de voir la ministre Gonzàlez Laya abdiquer aux désirs et aux chantages du Maroc », et « comment l’Espagne s’est transformée en un défenseur permanent de l’occupant marocain, tant à Bruxelles que dans d’autres enceintes internationales ».

« Contrairement aux affirmations de l’actuel ministre espagnol, la politique étrangère espagnole concernant le Sahara occidental a changé par rapport à celle maintenue depuis 1976 », a conclu le chef de la diplomatie sahraouie.

Un ministre espagnol reçoit une délégation du gouvernement sahraoui : colère au Maroc

Riyad Hamadi

C’est une première dans l’histoire des relations entre l’Espagne et le Front Polisario. Vendredi, un membre du gouvernement espagnol a reçu une délégation du gouvernement sahraoui.

Le secrétaire d’État chargé des Droits sociaux, Nacho Alvarez, s’est réuni vendredi 21 février au siège de son département, avec Souilma Birouk, ministre des Affaires sociales et de la Promotion de la femme du gouvernement sahraoui. L’entrevue a été rendue publique sur le compte Twitter officiel du ministre espagnol.

« Nous lui avons exprimé l’engagement à continuer à coopérer dans les aides destinées aux personnes handicapées et notre solidarité avec le peuple sahraoui », a écrit Nacho Alvarez sur son compte Twitter.

📸 @nachoalvarez_ se ha reunido hoy con Suilma Hay Enhamed Salem, la ministra saharaui de Asuntos Sociales y Promoción de la Mujer.

Le hemos expresado el compromiso para seguir cooperando en la ayuda a las personas con discapacidad y nuestra solidaridad con el pueblo saharaui. pic.twitter.com/H2DEj7BWfs

— Secretaría de Estado de Derechos Sociales (@DSocialesGob) February 21, 2020

« La rencontre risque de susciter l’ire du Maroc », prévient le site marocain Yabiladi. Podemos, le parti d’où est issu le ministre Nacho Alvarez « a toujours appelé l’État espagnol à reconnaître la « RASD » », rappelle le site marocain. « Pedro Sanchez (PSOE) est depuis le 9 janvier à la tête d’un gouvernement de coalition de gauche inédite dans l’histoire de l’Espagne démocratique. Podemos y occupe cinq postes ministériels dont la deuxième vice-présidence confiée à son secrétaire général Pablo Iglesias, et quatre secrétariats d’État dont celui de Nacho Alvarez », ajoute le média marocain.

Le site 360.ma, proche du Palais, est plus virulent, dénonçant une « provocation ». « Jamais un responsable gouvernemental espagnol, de quelque formation politique qu’il soit, n’a osé cette provocation inqualifiable, de surcroît irresponsable, envers le Royaume du Maroc, comme l’a fait, vendredi 21 février 2020, le dénommé Nacho Alvarez », écrit le média marocain.

Le ministre « a poussé l’outrecuidance et le cynisme jusqu’à se fendre d’un post sur son compte Twitter, où il a ouvertement exprimé, au nom du gouvernement espagnol !, « sa solidarité avec le peuple sahraoui » ! », ajoute-t-il

« Avec ce précédent dangereux, il est clair que le Maroc doit réagir avec la plus grande fermeté et remettre à sa très petite place ledit ministre, d’autant plus que son acte extrêmement grave est en contradiction avec la position de l’État espagnol », affirme-t-il.

« Une chose reste sûre : l’acte délibérément provocateur du ministre Podemos nécessite impérativement une riposte vigoureuse de la part du département de Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, et des explications officielles de la part du gouvernement espagnol », conclut le média marocain.


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