Parodie de référendum en Nouvelle-Calédonie : le droit du peuple kanak à l’autodétermination est outrageusement bafoué par l’impérialisme français

     La Kanakie un îlot perdu dans l’Océan Pacifique, occupé par un peuple depuis la nuit des temps, le peuple kanak et qui ne demandait rien à personne. C’est à partir de 1774 que des aventuriers de tout bord se sont installés sur l’Île et en particulier des baleiniers américains, anglais et français. Mais très vite les plus intéressés au rocher, c’étaient les Français.
Dès 1841, ils ont commencé par envoyer des missionnaires pour étudier les moeurs des populations, évaluer le nombre d’habitants et obtenir le plus de renseignements.

Dans le phénomène de l’occupation des terres inconnues, l’Eglise a joué un rôle déterminant. Elle évangélisait la population en exerçant la flagellation, un acte d’une violence inouïe sur les individus.

D’ailleurs, c’est un mot inventé par l’Eglise pour forcer les gens à se soumettre qui consistait à supplicier l’individu à l’aide d’un fouet ou d’un bâton jusqu’à la pénitence. Avant d’envoyer l’armée, l’Eglise, c’est avant tout, l’avant-garde de l’occupation d’un pays. A chaque fois l’Eglise accompagne l’occupant dans sa volonté de soumission des peuples. Les populations l’Amérique Latine en savent quelque chose. L’Eglise n’a jamais condamné l’esclavage et au contraire elle s’en est servie pour la construction des cathédrales.

Ainsi l’occupation de la Kanakie n’a pas traîné. C’est le 24 septembre 1853 que la France s’empare de la Kanakie qui prend le nom de Nouvelle-Calédonie. Peu de temps après, la Kanakie est devenue un bagne, un enfer où on déportait les prisonniers politiques et en particulier en 1871 ceux de la Commune de Paris et les Algériens faits prisonniers lors du soulèvement de 1871 qui avait éclaté dans le Constantinois avant de se propager en Kabylie après le ralliement du bachagha El Mokrani. Louise Michel a fait partie des militants politiques gênants condamnés arbitrairement par les Versaillais qui avaient massacré plus de 30 000 ouvriers parisiens révoltés contre la bourgeoisie française qui avait fait collusion avec les envahisseurs allemands arrivés jusqu’aux porte de Paris » après la défaite de Sedan en 1870. Louise Michel, surnommée la « louve rouge », prendra fait et cause pour le peuple kanak. Le sinistre bagne de cet endroit va durer de 1864 à 1931. Près de cent mille détenus sont passés par cet enfer. Très peu ont survécu.

La colonisation continue de plus belle. En 1887 comme dans notre pays, application du code de l’indigénat. L’Etat français se proclame propriétaire de la majorité des terres et les attribue aux colons. Les Kanaks sont cantonnés dans des réserves et progressivement dépossédés de leurs terres. En 1901 ils ne possèdent plus que 13% de la superficie initiale.
Durant la honteuse exposition coloniale de Paris en 1930, des Kanaks sont montrés en spectacle dans des cages, c’est dire l’état d’esprit de ces gens qui gouvernaient l’archipel à cette époque.

Dans le domaine économique, 90 % des richesses locales sont entre les mains des colons et des milieux d’affaires métropolitains, avec toutes les conséquences sociales que cela entraîne : de très profondes inégalités et une pauvreté de masse des Kanaks (2 fois plus élevée qu’en France). Tandis que les prix des produits de base gonflent, 34 % de plus qu’en métropole. Le chômage est massif et les Kanaks sont dans un état lamentable d’insécurité alimentaire et de pauvreté endémique.

La découverte du nickel va encore accentuer la mainmise de la colonisation et l’exploitation terrible des ouvriers kanaks. Le pillage des richesses va prendre des proportions inégalées.
Le colonialisme français, c’est le plus rapace et le plus barbare des colonisateurs. Il a exerce sans pitié, comme dans notre pays, une violence inouïe contre les populations autochtones. De nombreux massacres (celui de 1878-1879) perpétrés par la colonisation, jonchent le bilan de l’occupation et en particulier celui du 5 mai 1988, le terrible massacre de la grotte d’Ouvéa où des Kanaks ont été exécutés froidement par balles par l’armée d’occupation française. Et surtout l’assassinat systématique de nombreux dirigeants kanaks, Éloi Machoro et Jean Marie Tjibaou en sont les symboles et d’autres, c’était une pratique courante.
A la suite des terribles événements de la grotte d’Ouvéa, les dirigeants kanaks ont accepté de négocier avec les autorités coloniales de la France. Un accord a été trouvé devant conduire au changement de statut de l’Île et en particulier allant vers l’indépendance de la kanakie. Le contenu principal de ces accords, c’est d’organiser 3 référendums sur l’indépendance de la kanakie. Les électeurs devaient répondre par oui ou nom à l’Indépendance. Les Kanaks encore une fois vont se faire rouler encore une fois dans la farine.
Le colonialisme français c’est machiavel et Compagnie et c’est encore une fois la social-démocratie qui va essayer de saborder les accords qu’ils ont signés. Tout le monde se souvient de la lamentable venue dans notre pays de Guy Mollet et des tomates en 1956. Les dirigeants socialistes vont pondre des lois favorisant la venue dans l’Île de migrants de Walis et Foutouna et de Polynésie et les faire Français à part entière et pouvant participer au vote des référendums pour rendre les kanaks minoritaires dans leur propre pays.

C’est un ministre français, Pierre Mesmer qui va enfoncer le clou et en donner le contenu. Alors Premier ministre, il écrit le 19 juillet 1972 à son secrétaire d’État aux DOMTOM, car il veut coloniser la Nouvelle-Calédonie. Pour lui, les Kanaks, qui peuplent cet archipel depuis près de 5 000 ans, c’est moins que rien, ils n’existent pas. Où plutôt ils ne sont là que pour se révolter.

À court et moyen terme, l’immigration massive de citoyens français métropolitains ou originaires des départements d’outre-mer (Réunion) devrait permettre d’éviter ce danger en maintenant et en améliorant le rapport numérique des communautés. À long terme, la revendication nationaliste autochtone ne sera évitée que si les communautés non originaires du Pacifique représentent une masse démographique majoritaire. Il va de soi qu’on n’obtiendra aucun effet démographique à long terme sans immigration systématique de femmes et d’enfants. Afin de « corriger » le déséquilibre des sexes dans la population non autochtone, les emplois dans les entreprises privées sont réservés aux immigrants . Le principe idéal est que tout emploi pouvant être occupé par une femme soit réservé aux femmes, secrétariat, commerce, mécanographie.

Il faut donc saisir cette chance ultime de créer un pays francophone supplémentaire. La présence française en Calédonie ne peut être menacée, sauf guerre mondiale, que par une revendication nationaliste des populations autochtones appuyées par quelques alliés éventuels dans d’autres communautés ethniques venant du Pacifique. Les conditions sont réunies pour que la Nouvelle Calédonie soit dans vingt ans un petit territoire français prospère comparable au Luxembourg et représentant évidemment, dans le vide du Pacifique, bien plus que le Luxembourg en Europe. Le succès de cette entreprise indispensable au maintien de positions françaises à l’est de Suez dépend, entre autres conditions, de l’ aptitude à réussir enfin, après tant d’échecs, une opération de peuplement outre-mer.

C’est une justification cynique de l’apartheid, du racisme, de la spoliation, du pillage, de la répression, des exactions, des assassinats que les Kanaks ont dû subir sur leur terre ancestrale par les gouvernements français.

Malgré cette terrible répression, le gouvernement français n’a pas réussi à dompter le peuple kanak, bien au contraire, les partisans de l’indépendance se renforcent. Des mouvements indépendantistes ont vu le jour et surtout la création du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) qui rassemble en son sein la plupart des mouvements indépendantistes.

Qu’en est-il aujourd’hui de la situation politique de la Kanakie ?

Malgré l’affaiblissement de la position politique du gouvernement français dans l’Île, rien n’a changé pour les Kanaks et même leur situation s’est aggravée par la venue en masse de migrants qui ont pris leur place dans le pays, le colonialisme français a cette fois réussi leur démentiel comportement, les caldoches, c’est le nom donné à cette masse de gens venue d’ailleurs, ( dans notre pays ils ont pris le nom de pieds noirs). Ils sont maintenant majoritaires et ont participé au 1er référendum où le non à l’indépendance l’a emporté. Idem pour le 2e référendum.

Ainsi l’impérialisme français ne se contente pas d’occuper le pays par la force, il va plus loin, il ne reconnaît même plus l’existence du peuple kanak. Ce peuple n’existe plus. Les caldoches sont les seuls représentants « légaux et légitimes » reconnus par le gouvernement français en Kanakie. C’est un véritable scandale, les autorités françaises bafouent sans vergogne les lois internationales, le droit des peuples à l’auto-détermination politique.

Et pourtant, le comité sur la décolonisation de l’ONU reconnaît le droit à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie et donc continue d’exiger de la France coloniale la fin de l’annexion de ce territoire du pacifique ainsi que d’autres.

Le comportement des caldoches c’est un peu comme chez nous avec les pieds noirs, ce sont des gens que les autorités coloniales ont formatés pour perpétuer l’occupation coloniale en leur faisant croire que c’est une race supérieure, imprégnée d’un racisme forcené contre les kanaks. Ils sont prioritaire spour les emplois et ont de nombreux avantages par rapport aux Kanaks. Ils n’ont encore pas crée une OAS mais ça ne saurait tarder. Ils peuvent tuer du Kanak sans être inquiétés par la justice qui ferme les yeux ou qui regarde ailleurs. Dernièrement 6 Kanaks ont été assassinés par des caldoches qui sont sortis libres du tribunal. C’est une pratique courante en Kanakie.

Pour l’organisation du 3e référendum, en filouterie on ne peut trouver pire. C’est une véritable mascarade, le gouvernement français s’est comporté toute honte bue en véritable tyran contre le peuple kanak.
Alors que les dirigeants kanaks ont demandé le report de la consultation aux autorités françaises, du fait de la dégradation sanitaire due à la pandémie et les nombreux morts par le covid19. Ils ont fait valoir l’ancestrale coutume du peuple kanak pour la célébration du deuil dans une famille qui ne peut se déplacer pendant un certain temps et à plus forte raison l’impossibilité d’aller voter. Le gouvernement français a fait la sourde oreille, jetant par dessus bord les accords de Matignon. La France coloniale, dans le pire acte de domination d’un peuple, a maintenu la date du 3e référendum.

Evidemment devant une telle décision les dirigeants kanaks ont demande à leurs concitoyens de ne pas participer au scrutin référendaire et ont pris la décision de ne pas reconnaître les résultats du scrutin du 12 décembre 2021.

Le résultat de ce 3e référendum a été salué par toute la ploutocratie occidentale leurs valets dans les médias comme une grande victoire. Même le président de la république française avec un culot phénoménal inégalé, s’y est mis, se vautrant dans les miasmes putrides du colonialisme, en clament haut et fort devant les millions téléspectateurs la victoire de la France en Kanakie.

C’est une décision lourde de conséquence pour le peuple kanak qui devra trouver une réponse cinglante à cette provocation. On se demande ce que fait ce président dans cette galère sachant que c’est une voie sans issue. Mais en regardant de plus près, il n’a pas pris cette décision au hasard, elle a été dictée très certainement par son maître étasunien en application de la nouvelle stratégie géo-politique dans la zone Asie Pacifique dirigée contre la Chine et la Russie. La kanakie va devenir une base arrière américaine et elle est déjà sur place.

Décidément l’impérialisme français n’a pas appris sa leçon et a déjà oublié ses tristes défaites au Vietnam et en Algérie. Il n’a pas appris que presque tous les pays anciennement colonisés ont acquis leur indépendance.

On peut dire que c’est une victoire à la Pyrrhus, le résultat du 3e référendum du 10 décembre 2021 est probant : 96,43 % de OUI, mais 56,13 %d’abstentions. Cela veut dire que le peuple kanak a respecté les consignes de leurs dirigeants sans l’ombre d’un doute. Comment peut-on crier victoire alors que c’est une véritable défaite politique pour le gouvernement français ? C’est une position intenable des autorités coloniales.

En fait il faut appeler un chat un chat, c’est un véritable coup d’État qui ne dit pas son nom, le gouvernement français veut imposer ses solutions politiques par la force à la Kanakie. Il faut rappeler à tous ces menteurs et ces manipulateurs de tout bord les événements du 13 mai 1958 dans notre pays, le coup d’État des généraux et ces milliers de manifestants pieds noirs pro Algérie française qui sont descendus dans les rues d’Alger en criant victoire. Et puis, et puis, notre peuple a triomphé. A méditer. Le peuple vietnamien a mis en déroute une des plus puissantes armées du monde à Diên Biên Phu et aussi celle infligée aux USA.

L’impérialisme n’a pas changé de nature.
Mais il ne peut pas effacer les peuples de leur histoire, que se soit le peuple palestinien, le peuple sahraoui et à plus forte raison le peuple kanak. Dans leur combat très difficile contre le colonialisme et l’impérialisme, certainement et c’est inéluctable, la victoire de ces peuples est au bout du chemin. La lutte des peuples s’inscrit dans la souffrance, l’humiliation, les larmes et le sang. Le chemin de la victoire est très long et semé d’embuches.

I . D .

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