Règlement du conflit libyen : Ghassan Salamé à la peine

L’envoyé onusien en Libye, Ghassan Salamé, soutient que la recherche de solutions au conflit libyen dépend de la poursuite des négociations «militaires, économiques et politiques» sur trois voies différentes mais parallèles.

GHASSEN

Ghassan Salamé, chef de la mission d’appui de l’Onu en Libye (Manul), a toujours du mal à réunir les principaux belligérants de la crise libyenne autour d’une même table.

Conséquence : le premier cycle des pourparlers politiques libyens, auxquels viennent de prendre part une vingtaine de personnalités indépendantes et d’acteurs de la société civile, s’est achevé, vendredi à Genève, sans résultat concret. Le scénario était prévisible.

Organisés sous l’égide de l’ONU, ces pourparlers entamés mercredi ont été boudés par les principaux protagonistes de la crise, le gouvernement d’union nationale (GNA) et les représentants de Khalifa Haftar, l’homme fort de l’Est libyen.

Le chef de la Manul, Ghassan Salamé, a néanmoins confié, lors d’une conférence de presse, qu’ils avaient eu trois jours de «discussions fructueuses» qui ont réussi à planifier un ordre du jour et des termes de référence pour la prochaine série de pourparlers.

Ces prochaines discussions pourraient avoir lieu ce mois, a indiqué Ghassan Salamé, sans toutefois donner de date précise.

Le chef de la mission d’appui de l’Onu en Libye ne s’est par contre pas empêché d’accuser les deux camps de ne pas tenir leurs engagements, dénonçant des «mensonges» par le camp Haftar, qui accuse l’ONU d’avoir imposé certains délégués représentant le Parlement de l’Est.

«Les 13 représentants du Parlement de Tobrouk ont été élus démocratiquement et sans l’intervention de l’ONU (…) nous avons adopté une seule méthode de travail qui a été appliquée aux deux Conseils», a expliqué le représentant de l’ONU.

«L’ONU a exécuté à la lettre ce qu’elle avait promis et je n’accepterai aucune critique à ce niveau-là», a-t-il insisté.

Selon plusieurs sources, «Khalifa Haftar n’a pas envoyé de représentant à Genève, car il est persuadé qu’il peut encore remporter la partie militairement», ce qui n’est pas fait pour faciliter la tâche de Ghassan Salamé qui est déjà à la peine.

Les pourparlers politiques ont, rappelle-t-on, suivi l’achèvement d’un deuxième tour des pourparlers de la Commission militaire conjointe (JMC) qui a permis d’élaborer un projet de cessez-le-feu durable. Le document est, aujourd’hui, en attente d’être avalisé par les belligérants.

L’envoyé onusien a souligné que la recherche de solutions à la crise libyenne dépend de la poursuite des négociations «militaires, économiques et politiques» sur trois voies différentes mais parallèles.

«Par conséquent, j’invite toutes les parties à respecter la trêve conclue le 12 janvier», a déclaré M. Salamé. En effet, un cessez-le-feu a été conclu en janvier dernier, mais la trêve a été régulièrement violée. L’Onu évoque au moins 150 violations.

L’Union africaine (UA) s’active aussi de son côté à trouver une issue politique et pacifique à la crise libyenne.

A ce propos, le président Abdelmadjid Tebboune a reçu, dimanche à Alger, le ministre congolais des Affaires étrangères, Jean-Claude Gakosso, qui lui a remis une invitation, de la part du président Denis Sassou-Nguesso, à participer à la réunion du Comité de haut niveau sur la Libye le 12 mars prochain à Oyo, au Congo.

Cette réunion, lit-on dans un communiqué de la présidence algérienne, a pour but de redynamiser le processus de paix en Libye, à la lumière des décisions de la conférence de Berlin sur la Libye et des résolutions de l’UA.

Le président Tebboune s’est, selon la même source, «félicité de cette démarche, partant de sa profonde conviction que l’unique issue à la crise libyenne est la solution politique qui permettra le retour aux négociations, loin des interventions militaires étrangères».

Démission de l’émissaire de l’ONU en Libye

L’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé, a annoncé lundi sur son compte personnel Twitter sa démission pour des  «raisons de santé» après près de trois ans à son poste.

«Je dois reconnaître que ma santé ne me permet plus de subir autant de   stress, j’ai donc demandé au secrétaire général (de l’ONU) de me libérer de mes   fonctions», a écrit le diplomate libanais. AFP


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