Revue de presse du 31/05/2020

           31.05.2020

La revue avec notamment dans la rubrique Économie, un plan radical liant sortie de la crise Covid et transition nécessaire face à la crise climatique. Il est proposé par Philippe Paraire auteur de L’Utopie verte, écologie des riches, écologie des pauvres (1992) et de Le village-monde et son château (1995). A la suite, une interview de Thomas Porcher (économiste) pour son livre Les Délaissés, au contenu très accessible. Bonne lecture.

DÉMOCRATIE

Patrons, finance, En Marche : au-delà de BlackRock, ces Légions d’honneur attribuées à des proches du pouvoir

« Parmi les 487 personnes figurant dans la promotion civile de la Légion d’honneur du 1er janvier 2020, on retrouve quelques noms bien connus d’Emmanuel Macron. Jean-François Cirelli, patron de BlackRock France, mais aussi un banquier de Rothschild, plusieurs ex-collaborateurs et militants d’En Marche, des grands patrons… »

Source : Marianne

Quand l’extrême droite prolifère dans la police

« C’est au travers d’une large panoplie de signes, insignes, symboles, slogans, etc, que des policiers visiblement sans honte ni crainte de leur hiérarchie, affichent publiquement, leur amour de la violence, du thème de la vengeance, et parfois, du racisme, de la mort, voire des idéologies nazie ou fasciste. Je suis policier, puis-je porter mes bien aimés symboles d’extrême-droite sur ma tenue d’uniforme ? Non. L’article 113-18 prohibe le port sur la tenue d’uniforme de tout élément, signe, ou insigne, qui puisse être en rapport avec tout type d’appartenance à une organisation politique, syndicale, confessionnelle ou associative. »

Source : Blog Mediapart de Ricardo Parreira

La Fondation Rockefeller préconise un contrôle militarisé de la population pour lutter contre le covid-19

« La Fondation Rockefeller a présenté le “Plan d’action national pour le contrôle du Covid-19”, en indiquant les “pas pragmatiques pour ré-ouvrir nos lieux de travail et nos communautés”. Mais il ne s’agit pas, comme il apparaît dans le titre, simplement de mesures sanitaires. Le Plan — auquel ont contribué certaines des plus prestigieuses universités (Harvard, Yale, Johns Hopkins et autres) — préfigure un véritable modèle social hiérarchisé et militarisé. Au sommet : le “Conseil de contrôle de la pandémie, analogue au Conseil de production de guerre que les États-Unis créèrent dans la Seconde guerre mondiale.” »

Source : Il Manifesto via Investig’action

EUROPE

Recommandations du Conseil de l’Europe sur le programme national de réforme de la France pour 2020 et rendant un avis sur le programme de stabilité 2020 de la France

Résumé de Jean car le document est en anglais (Brexit où es-tu ??) [Étonnamment il n’y a que 4 recommandations mais la lecture du document ne conseille que de faire une petite pause pour cause de crise sanitaire et induit qu’il faut de toute manière faire comme dans le monde d’avant. J’ai mis toutefois quelques points des attendus qui montre le niveau quasi-autistique de la commission] : En mars 2020, pour cause de crise sanitaire, la Commission Européenne a activé la clause de sauvegarde générale du pacte de stabilité et de croissance permettant une sortie temporaire de la trajectoire d’ajustement budgétaire. La crise COVID-19 a mis en évidence la flexibilité que le marché unique offre pour s’adapter à des situations extraordinaires. Les mesures prises par la France sont conformes aux orientations énoncées par la Commission en réponse à l’épidémie. Le système de santé français est efficace et donne de bons résultats malgré des lacunes résultant d’un manque d’investissement d’infrastructures physiques et en ressources humaines. En conséquence, la Commission recommande à la France de prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre la pandémie, soutenir l’économie et la reprise. Si possible, elle doit poursuivre les politiques budgétaires, assurer la viabilité de la dette. Atténuer l’impact social de la crise. Assurer les mesures favorisant la liquidité des entreprises. Concentrer les investissements sur la transition verte et numérique, le développement durable des transports, les productions propres, l’énergie, les infrastructures numériques, la recherche et l’innovation. Continuer d’améliorer l’environnement réglementaire, réduire les charges administratives et simplifier le système fiscal. »

Source : Commission Européenne

L’allégeance aux groupes dominants : la principale limite des partis « verts » européens

« Les élections européennes de mai 2019 auraient été le théâtre d’une « vague verte », si l’on en croit la couverture médiatique qui en a été effectuée. Au-delà des manchettes de journaux, elle témoigne surtout de la recomposition du bloc néolibéral. Les principaux partis « verts » européens, bien loin d’incarner l’aspiration à une écologie populaire qui se renforce de jour en jour sur le vieux continent, se présentent comme les garants du statu quo. Refusant de remettre en cause les structures économiques et institutionnelles dominantes à l’origine du désastre environnemental, ils récoltent les suffrages traditionnellement destinés aux sociaux-démocrates. »

Source : Le Vent Se Lève

Consommation : fin de l’étiquetage d’origine pour la viande et le lait dans les produits transformés

« Le 31 mars 2020 disparaîtra l’étiquetage mentionnant l’origine des viandes et du lait dans les produits transformés. C’était une dérogation obtenue par les acteurs des filières auprès de Bruxelles. Ces derniers ne souhaitent pas que les choses s’arrêtent. »

Source : France 3 Franche Comté

L’UE, terrain de jeu lucratif pour les «Big pharmas» au détriment de la recherche anti-coronavirus ?

« Respectivement impliquées dans les politiques budgétaires de santé et dans l’observation du lobbying à l’échelle de l’UE, les ONG «Action Santé Mondiale» et «Corporate Europe Observatory» ont publié ce 25 mai les résultats de deux rapports d’enquête, dénonçant d’une seule voix le fait que «l’industrie contrôle l’usage de milliards d’euros de fonds européens pour la recherche, néglige[ant] l’intérêt public». L’enquête menée par Action Santé Mondiale porte précisément sur le rôle du secteur pharmaceutique dans des mécanismes de recherche mis en place par l’UE, tandis que l’autre porte sur l’utilisation du budget de recherche alloué aux questions climatiques. »

Source : Russia Today

FRANCE

Emmanuel Macron ou la mascarade perpétuelle

« Souvent, Twitter a du génie. Ce matin, alors qu’ Emmanuel Macron faisait son discours au milieu de nulle part, célébrant la France unie, les légendes des images pleuvaient : « La grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf », ou « On lui a dit que le costume était trop grand ? » ou, plus drôle encore, la photo du chef de l’Etat, planté au milieu d’un champ et cette phrase drolissime « au loin, les éoliennes, et sur l’estrade, le vent ». C’est dire à quel point ce déplacement, le premier qui n’est pas consacré au covid-19, depuis le début de la pandémie, c’est dire si ce déplacement est tombé comme un cheveu sur la soupe. Non pas que les réseaux sociaux soient la France, mais ils indiquent une tendance réelle de ce que peut percevoir l’opinion. »

Source : Nos Lendemains

Olivier Véran promet de meilleurs salaires à l’hôpital et un assouplissement des 35 heures

« Le ministre de la santé, Olivier Véran, promet, dimanche 17 mai, que le gouvernement va « augmenter les rémunérations » à l’hôpital et créer un « cadre beaucoup plus souple » au temps de travail, en réponse à la demande de reconnaissance des personnels. « Il faut travailler à une augmentation » des salaires des personnels hospitaliers, « au-delà des primes », déclare le ministre dans un entretien au Journal du dimanche, sans donner plus de détails. Il annonce le lancement le 25 mai d’un « Ségur de la santé » – du nom de l’avenue de Paris où le ministère est situé –, avec une « grande réunion multilatérale des partenaires sociaux au ministère », afin de présenter un plan, « cet été, pour traduire tout ce qui peut l’être dans le prochain budget de la Sécurité sociale ». »

Source : Le Monde

Où est passé notre ministre de l’Industrie ?

« Pénurie de masques, manque de gels hydroalcooliques, production insuffisante de respirateurs… la crise sanitaire que nous traversons est aussi une crise industrielle. Elle nous rappelle à quel point notre industrie a été abandonnée et avec elle notre capacité à produire des biens. Elle nous montre aussi l’importance absolue de renouer avec une politique industrielle à court terme pour répondre à la crise sanitaire et à long terme pour mener la transition écologique. L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en mai 2017, marque une nouveauté dans la composition du gouvernement : pour la première fois depuis au moins la Troisième République nous n’avons aucun ministre ou secrétaire d’État chargé de l’Industrie. Cette absence en dit long sur la vision du macronisme pour le monde industriel. Ce mépris de la start-up nation pour l’usine a conduit à tourner le dos à notre industrie, abandonnée au profit du tertiaires des métropoles, de ses jeunes cadres dynamiques et ses classes dites « créatives ». »

Source : Le Vent Se Lève

LIBERTÉS

En pleine pandémie, Pénicaud veut autoriser le licenciement d’Eric Bezou, cheminot syndicaliste

« Répression à la SNCF. L’autorisation de licenciement n’est pas encore tombée, mais le mail qu’Éric Bezou a reçu, alors qu’il attaquait sa nuit dans sa gare de Mantes-La-Jolie, laisse entendre que le Ministère va annuler la décision de l’Inspection du travail. Une décision scandaleuse en pleine crise sanitaire et alors que les cheminots, comme Éric lui-même, ont été en première ligne pour assurer la continuité du service public. Aujourd’hui, le remerciement de Pénicaud à Éric, c’est le chômage. »

Source : Révolution Permanente

Quand Internet sera chinois

« Coupant l’herbe sous le pied aux Américains et aux Européens, des ingénieurs du géant Huawei sont déjà en train d’inventer l’Internet de demain. Le Financial Times a mené l’enquête. Pékin peut-il imposer au reste du monde sa conception d’un réseau sous contrôle étroit de l’État ? Par une fraîche journée de septembre 2019, une demi-douzaine d’ingénieurs chinois ont débarqué dans une salle de conférences du quartier des Nations unies, à Genève, pour présenter une idée révolutionnaire. Ils ont eu une heure pour convaincre les délégués de plus de quarante pays de la validité de leur vision : un nouvel Internet censé remplacer l’architecture technologique qui charpente le Web depuis un demi-siècle. Alors qu’actuellement Internet appartient à tout le monde et à personne, ils ont commencé à construire quelque chose de très différent : une nouvelle infrastructure capable de rendre le pouvoir aux États plutôt que de le laisser aux individus. »

Source : Courrier International

RÉFLEXION

La Crise du covid-19 : société de défiance contre société de confiance

« Défiance ou confiance, hostilité ou amitié, égoïsme ou entraide, La Rose, la bouteille et la poignée de main ou la Chanson pour l’Auvergnat ? Avec la société du covid-19 nous sommes entrés dans une ère de turbulence sociale qui s’annonce également comme une heure décisive : l’heure des choix. Il va falloir choisir, en effet, le type de société que nous voulons rebâtir ensemble. Rebâtir, car il est clair que quelque chose a été sinon détruit, au moins abîmé. Nous n’évoluons pas dans les ruines fumantes d’une situation apocalyptique, nous ne marchons pas, comme d’autres pays, victimes de politiques interventionnistes criminelles, au milieu des gravats des immeubles ni des canalisations éventrées. Non, chez nous ce qui a été abîmé, c’est la conscience collective, la psychologie de masse, l’image que nous ne faisons des uns et des autres, le fameux « vivre ensemble » dont on nous rebat sempiternellement les oreilles. Ce vivre ensemble était déjà profondément entamé, pour ne pas dire plus, mais avec l’épidémie de covid-19, il est encore plus profondément corrodé. »

Source : Un quart d’heure avec le penseur

VUES D’AILLEURS

Contrôle des épidémies ? L’OMS avait la solution il y a 40 ans

« Pour une fois, tout le monde est d’accord. Les systèmes de santé intégrés, équitables et accessibles à tous et toutes représentent le seul moyen pour lutter efficacement contre le Covid 19. C’est précisément la solution que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) préconisait à ses Etats membres lors de la Conférence internationale sur les soins de santé primaires, organisée en 1978 à Alma Ata, dans l’ex-Union Soviétique. »

Source : Le Grand Soir

ÉCONOMIE

Réorientation stratégique : Un plan en cinq points pour sortir de la crise du covid-19

Des propositions à la fois précises et radicales (au sens premier du terme) pour « profiter » de la crise du Covid en en sortant par le haut pour s’attaquer aux tenants de la crise climatique – ce qui sera de toute façon indispensable pour nous en tirer en tant que société. Un des intérêts de ce programme consiste à effectuer une transition qu’on pourrait considérer « top down » (méthode qui devrait ravir Macron) puisqu’elle commence par l’adaptation des grandes entreprises et secteurs économiques, comme de l’État, au profit de la population, et non par le paiement d’une taxe supplémentaire par celle-ci pour financer les premières et leurs actionnaires…

Source : Un quart d’heure avec le penseur

« Le sort des cadres est plus proche de celui des classes populaires que d’une élite mondialisée »

« Dans Les Délaissés, Thomas Porcher analyse comment le « triptyque mondialisation/financiarisation/austérité » a nuit à quatre catégories de Français : les classes populaires de la « France périphériques » (les GIlets jaunes), ceux des banlieues, les agriculteurs et les cadres. Alors que ces classes se déchirent, l’économiste estime qu’elles ont intérêt à s’allier dans une nouvelle forme de lutte des classes. Pour lui, la crise du Covid-19 a confirmé son analyse. Membre des économistes atterrés, Thomas Porcher est professeur associé à la Paris School of Business. »

Source : Marianne

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