Sauf miracle, la nation algérienne aura sa guerre. Le Canada et les possibilités de paix en Algérie

    08.03.2020

Par Cherif Aissat

En 2020, la nation algérienne « doit » être avilie pour qu’elle devienne de nouveau une asservie. Ainsi, il sera aisé de la déposséder de ses ressources humaines et naturelles. Cet objectif fait qu’elle a commencé à subir une guerre le début des années 1980. Ce conflit a commencé avec des instruments de la soft-power ; présentement, il est passé au stade d’hybride. Sauf miracle, sa phase armée sera exécutée au plus tard dans une année. 

La nation algérienne a vécu sur la gloire et l’honneur de sa révolution universelle qui l’a libérée de ses exterminateurs. Ces derniers ont voulu faire de sa patrie un bien-club ou pire ou mieux, c’est selon, une propriété éternellement incessible et exclusive. En prenant sur elle les coûts d’une libération qu’ont été les enfumades, exécutions aléatoires, viols, tortures, radiations nucléaires, monopole sur l’exploitation de ses ressources économiques, financières et monétaires, la nation a forcé ses prédateurs à une réallocation de leurs capacités laquelle a engendré la libération d’autres nations et peuples. Cette réaffectation de moyens montre quatre paramètres, au moins, qui ont pesé dans le choix du colonisateur : 1) sa certitude dans l’incapacité des autochtones à se doter d’une conscience de libération, 2) les richesses naturelles de l’Algérie le propulseront dans le groupe des riches, 3) la proximité géographique qui réduisent les coûts économiques et 4) garantir son expansion culturelle et civilisationnelle. L’aboutissement de la révolution algérienne a incité d’autres peuples à reproduire son modèle. De nous jours, elle est une référence académique. 

Certaines variables de la révolution algérienne sont quantifiables, d’autres sont évaluables. Dans les premières peuvent être listées : le nombre de martyrs, combattants par les armes qui ont survécu, cotisations monétaires de quelques Algériens, financements internationaux, logisticiens, écrivains, artistes, sportifs et acteurs algériens dans la diplomatie de la paix et du droit dans l’espace international. Dans les secondes, les évaluables qualitativement, peuvent êtes énumérées les suivantes : le patriotisme, le désir de liberté, la limite maximale du sacrifice par individu, le sentiment de propriété de la patrie, le droit de jouissance de ses biens ou l’usus, fructus, abusus et l’utopisme.                            

La révolution algérienne, comme peu d’autres, a prouvé que c’est la violence qui est fondamentale pour l’émancipation et non les sourires, slogans vides et multiples revendications changeantes sans en avoir obtenu la satisfaction d’au moins une au préalable même après une année de défilés. Durant cette violence, en éprouvant cet amour sanglant et pur pour leur terre et nation, les révolutionnaires l’ont aussi éprouvé pour les femmes et les hommes. Même en temps de guerre, ils se sont offerts du repos, des temps de joie et de décontraction par le rire et la blague. Ces temps ont été courts devant ceux du combat, la faim résultant de la terre brulée, des déracinements par dépossession, des blessures par armes à feu, des maladies sans médecins ni médicaments, des hivers glaciaux, des étés brulants, des faims ulcéreuses et les chagrins déchirants des pertes de compagnons et de parents sans les voir pour les adieux et de rendez-vous manqués.   

Dans un processus révolutionnaire, un jeu simultané, la variable temps est absente. C’est la réalité de l’objectif qu’est la libération ou l’émancipation qui est permanente. Dans une pyramide inversée, la révolution algérienne a démontré qu’elle est la conséquence d’un travail de long terme de groupes réduits et renouvelés de leaders et de braves qui ont pour quelques-uns d’entre eux agi de leur propre chef parce qu’ils refusent d’attendre la maturité de tous. Durant tout cette longueur de temps, les ralliements individuels et les soutiens internationaux constituent les gains tandis que les morts, trahisons, forfaitures, désespoir et découragement en sont les pertes. 

En dotant la nation algérienne d’une identité politique avec un voile sur son anthropologique et après 132 années, ses concepteurs ont produit le miracle ; ce n’est qu’une fois le jeu, la guerre, terminé que le temps est devenu mesurable.  

L’Algérie et son autodestruction par son anthropologie et sous-développement 

Après l’indépendance, la pyramide s’est de nouveau inversée. Des Algériennes et Algériens ont adopté la dictature militaire comme régime politique qui a mis en œuvre des politiques publiques dont l’application par un encadrement sous strict contrôle, non formé et sans expérience ont produit un désastre. Ce dernier a contenu la mise sous silence du sentiment de liberté, le bris de la joie et jalousie humaines dans la possession d’un bien, la fracture du droit de la jouissance d’une patrie créée dans des dimensions jamais imaginées, l’entretien de l’identité politico-révolutionnaire et l’aliénation de l’amazighité, cette identité naturelle et qui continue à être martyrisée. 

L’aspect positif des premières vingt années (1962-1982) postindépendance est dans l’édification d’un État avec ses structures régaliennes et bureaucratiques, l’acquisition d’une place dans les jeux internationaux, la scolarisation massive ainsi que le maintien de la gratuité des droits humains universels que sont la santé et l’éducation. Quant à la nature, l’arrêt dans l’édification du Barrage Vert a été le crime contre ce qui est pratiqué depuis la nuit des temps par les campagnards et qui est la protection de la terre des érosions et autres formes de déplétion. Si maintenu, ses externalités et aménités auraient été de nos jours un levier dans les négociations internationales de premier choix et une référence historique et culturelle éternelle.   

Les échecs des théories de développement économique pour le tiers-monde ont cumulé les pertes et enfoncé l’Algérie dans la soumission. Le sous-développement est un phénomène descendant. Ce sont les dirigeants politiques qui l’installe en abusant du népotisme, clientélisme et pantouflage dans les universités, les directions des fonctions névralgiques comme la santé, l’éducation et l’armée. Il devient une autodestruction quand il est appuyé par la loi, une justice instrumentalisée et l’érection de l’impunité en fait d’arme. 

L’accélération de ce phénomène remonte aux années 1990 avec la création des holdings en économie, la massification des corps de répression et l’écrasement des droits de l’homme. Sa fulgurance s’est produite à partir de 2001. Le début du cycle du sous-développement remonte à 1980 et l’ouverture vers l’Ouest. L’entrée en scène du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale vers 1985 et son premier fascisme, premier et gros choc, a été la dévaluation du dinar en 1989-1990. Sans le dater avec précision, l’autre choc monétaire est venu à travers la coopération internationale avec la France et qui a consisté en l’autorisation des perceptions des pensions de retraites en Algérie en francs français et euros. Avec l’inflation de la terre, ses impacts sur l’industrie automobile en particulier et le changement du mode de calcul dans les comportements sociaux locaux, cette coopération est aisément comparable à une guerre. 

D’autres faits additionnels ont marqué cette période. Ils ont été dans les vagues migratoires de la main d’œuvre vers l’Allemagne de l’Est, l’envoi en formation d’une poignée de nationaux dans les universités anglaises et de militaires algériens dans les écoles militaires française et russe. S’il est hors de tout doute que parmi eux des patriotes ont redonné à la terre-mère, il l’est aussi que les services secrets de ces deux puissances ont retourné quelques-uns d’entre eux avant leur retour en Algérie. Il serait doublement stupide de croire à la gratuité de ces formations au rabais et au renforcement du patriotisme chez les militaires. 

Quand l’ultralibéralisme est pressé, il prend tout son temps : période 1982, – (et le futur) 

Passer des théories du sous-développement à celles de l’ultralibéralisme a fait l’effet d’un séisme force 8 sur l’échelle de Richter en Algérie. Ses conséquences sociales comme la divortialité, la prostitution, les agressions pour l’extorsion ont augmenté la désutilité du travail. Si l’ultralibéralisme remet au-devant le droit à la propriété et son inviolabilité, il impose aussi la transformation de la justice en produit marchand. Pour le côté psychologique, il exacerbe l’égoïsme et l’égotisme, il augmente la recherche de tous les moyens et artifices pour un enrichissement rapide et fait de l’exclusion des rivalités une mécanique connue en économique sous le phénomène d’éviction. Cette exclusion de la rivalité est véhiculée dans la compétition sur les divers marchés : moins de compétiteurs, moins de rivalités et, donc, plus de monopoles et d’oligopoles. La conséquence sur les moyen et long termes est l’augmentation de la pauvreté et le creusement des inégalités.

Si la pensée dans les pays sous-développés dirigés par des antipatriotes et incompétents est une pensée de l’instant pour sauver leurs intérêts ; l’ultralibérale est intertemporelle et intergénérationnelle ; elle remet l’individu à son état de nature c’est-à-dire sauvage qui applique à la lettre la loi du plus fort.   

Sauf miracle, la nation algérienne, celle de 2020, aura sous peu sa guerre armée 

L’indépendance de l’Algérie a été un miracle. Éviter une nouvelle guerre armée au sens courant du terme en est un autre qui peut être réussi, qui doit être réussi. Toute réussite exige des conditions nécessaires. L’ensemble qui est plus large que le suivant contient : le maintien du fonctionnement de l’État, la solidarité intergénérationnelle, le respect de la dignité humaine et de la vie privée et la volonté pour le sacrifice. Quant aux (conditions) suffisantes, elles sont dans la résolution des cancers légués par les exterminateurs et dans l’évitement de ceux qui sont actuellement mis en œuvre. La nation algérienne doit s’offrir une nouvelle appellation pour sa patrie et doit cesser de vivre sur un territoire labelisé par un militaire français, de refaire exactement les mêmes coups que les penseurs de sa révolution en redonnant une identité politico-révolutionnaire assise sur et solidement ancrée à son amazighité, de se doter d’un hymne national fédérateur et ce dernier sera performatif et efficace s’il est conçu et porté avec les Terguis, Mozabites et Aurésiens. 

La disparition des moyens de communication entre Algériens en tant qu’acteurs de leur présent et futur, l’incapacité de ses dirigeants à dire la vérité au peuple et leur refus des offres de discussions pragmatiques est la première attaque et elle est une relation mathématique réflexive. La suivante est dans le business financier et politique de l’amazighité du pays et de toute l’Afrique du Nord. La faiblesse de la compréhension des enjeux internationaux par les élus du peuple dans des élections douteuses, le maintien et la protection de leurs statuts et acquis et la pression des services spéciaux avec le chantage qui l’accompagne fait d’eux les tueurs par la loi de la nation. La dernière est l’absence de cran pour discuter avec lucidité, sagesse et dose de passion nécessaire des questions simples. Comme dans certains pays sous-développés, les Algériens ont la propension à plus commenter qu’analyser pour comprendre les problèmes et crises à l’étranger alors qu’ils les vivent. 

Cet ensemble de conditions nécessaires et suffisantes permettra à la nation algérienne de ressortir victorieuse de cette guerre qu’elle endure. La partie ‘réelle’ de cette guerre c’est-à-dire celle de l’usage de l’armement biologique, nucléaire, terrestre, aérien, maritime, économique, financier et numérique visera d’abord les populations civiles vulnérables, celles qui vivent présentement au Sud et à l’Est de l’Algérie. 

Les symptômes de l’imminence de la guerre contre l’Algérie 

Si la première partie du papier s’assimile à une approche normative, cette seconde sera positive. Distinguons les symptômes internes des externes. Dans les premiers, il y a l’illégitimité des dirigeants de l’État. Une nouvelle élection présidentielle avec dissolution des assemblées législatrices et la démission volontaire pour une rédemption patriotique de certains généraux, à l’opposé de ceux qui ont fui l’Algérie pour s’installer en France, et qui révéleront publiquement le détail des menaces qui pèsent sur l’Algérie. Ces minimales actions sont nécessaires. L’illégitimité cause la fracture de la nation dans l’obligation de protection de la terre que doivent assurer le peuple comme force principale et l’armée come appoint. La dislocation du lien entre le peuple et ses faibles représentants politiques rend toute mobilisation populaire chimérique. L’absence d’une société civile au sens de Jurgen Habermas transforme les réactions populaires en anarchie. La somme de toutes ces tares affaiblit l’État en tant que personne juridique de droit international et donc, il accepte sans négociation toute condition posée par plus puissant que lui. 

Dans les secondes, les attaques externes contre l’Algérie, les symptômes sont variés. Il y a des évènements de l’histoire qui rappellent le réalisme politique des États, les ambitions de leurs dirigeants et les contraintes qu’ils subissent et qu’ils doivent gérer au mieux de leurs intérêts. Parmi ces évènements, il y a les Accord de Berlin, Bâton Rouge et Achnacarry qui doivent être renouvelés au profit de l’Europe avec une lourde interférence : les autres puissances exigeront leurs quotes-parts. En produisant la stationnarité en Europe, la globalisation économique et financière a confirmé son effet négatif prévu par David Ricardo. Pour éviter son effondrement, cette situation a augmenté la vulnérabilité de la France laquelle s’accroche à l’Allemagne qui l’aidera à le lui éviter. Ce risque, cette menace qui hante la France la force à réagir avec violence aux changements de dirigeants en Afrique et bloque toute révolution pour la souveraineté monétaire et l’autonomie dans ses politiques monétaires. L’opposition de la France à la destruction du franc CFA impacte directement l’Algérie dans ses échanges économiques interafricains.  

Stylisation de quelques attaques externes 

Pour fournir une interprétation dépouillée des théories complexes qui les sous-tendent avec une approche positive des attaques dont parlent certains Algériens avec des raccourcis et un regard hyper-simplifié, nous formaliserons certaines d’entre-elles. 

La dernière sommation est venue de l’Espagne et porte sur l’intégrité et l’étendue du territoire. Le royaume ibérique vit des situations de ce genre : ses enclaves au Maroc, la propriété du Mont Gibraltar, le Pays basque partagé avec la France et la sécession de la Catalogne portée par son identité et sa puissance économique. L’Algérie et l’Espagne sont des pays voisins sans partage de frontière commune et sont séparées par une étendue internationale d’eau, un don de Dieu soumis à l’épreuve des changements géologiques. Analyser dans le détail ce prétendu différent révèlera que réduire la taille de l’Algérie est la finalité. L’Organisation des Nations-Unies et la Cour internationale de justice disposent de moyens juridiques qui peuvent être mis en œuvre qui maintiendront et renforceront la paix. Les questions complexes qui s’e suivent sont : est-ce que la réduction de la taille de l’Algérie sera profitable aux autres États et est-ce que l’espace maritime additionnel qui serait dégagé servirait à une occupation militaire par certaines puissances pour contrer d’autres. Dans la réponse à ces deux questions, il y aura un élément qui répondra à la menace : Si l’Algérie refuse de céder subira-t-elle une guerre pour la faire plier ? 

Cette menace de guerre contre l’Algérie est à chercher dans les objectifs du sondage réalisé par des Américains sur les opinions des soldats algériens sur les manifestations qui secouent notre pays. Comme prémisse à la guerre d’Irak, l’armée de ce pays a été vantée et louée. Les informations qui parlent de la puissance supposée de l’armée algérienne l’obligeront à l’attester et vérifier dans un conflit réel et peu importe sa durée, en plus de l’affaiblir, c’est toute l’Algérie et la paix dans la région qui en pâtiront.

L’élément aux complexes ramifications à démêler est dans la réforme de l’organisation des Nations-Unies et son état-major militaire confrontés à l’équation sur l’OTAN posée par la France ainsi que le retrait des troupes américaines de certains territoires de guerre. 

En s’opposant à toute modification de l’OTAN, en exigeant plus de financements et de troupes, les États-Unis d’Amérique ont lancé une offensive sur l’Afrique qui a commencé avec des instruments de la soft-power comme la dollarisation du Zimbabwe et l’anglicisation du Cameroun. Cette offensive américaine répond à celles de la Chine, de la Russie et, à un degré plus faible, de l’Union européenne. Excepté le conflit en République démocratique du Congo, qualifié de troisième guerre mondiale, l’Afrique équatoriale et australe voit le nombre de ses conflits armés en baisse. L’offensive des USA poussera la France vers le Nord et obligera ses forces armées à des guerres y compris celles de diversion. En ordonnant à ses troupes d’être moins vigilantes pour justifier leur maintien ultérieur par une demande formelle des chefs d’États sous pression, le Sahel et l’Algérie seront laminés. 

Une certitude : par la force de leurs penseurs, stratèges et capacités de négociations non publiques, les forces de l’OTAN trouveront un compromis qui aura entre temps semé le désastre dans la région et en Algérie qui sera ainsi affaiblie sur trois ou quatre générations parce que les Américains réfléchissent sur un siècle. 

L’économie, la finance et la monnaie. Stylisation d’un presque cas d’école

Au lieu de traiter du cas de l’acquisition de l’Algérie de la compagnie italienne Augusta qui est relativement simple à comprendre. Il s’inscrit dans la logique de la dépendance de l’Algérie au pétrole. Les Algériens doivent cesser de croire qu’ils bénéficient des prix sur les marchés spots (libres). L’acquisition d’Augusta est une réduction anticipée payée sur les prix dont bénéficient les agents italiens. L’aspect judiciaire qui entoure les relations algéro-italiennes est scabreux ; il montre l’invisibilité des forces cachées. En plus de l’Espagne qui pourrait tirer bénéfice, cette affaire présente un danger réel pour la stabilité de l’Algérie dès que la France sera mêlée.  

Avec des fonds réputés d’Arabie-Saoudite et de la Banque mondiale, un investissement dans la production de pommes de terre en Éthiopie a été réalisé. Sa commercialisation a été vers l’Europe du Nord, le Danemark. Cet investissement est le fruit du paradigme des 3D pour Désintermédiation, Dérégulation et Déréglementation et l’engineering financier des produits dérivés. 

Nous présenterons un fictif cas d’école articulé sur des informations en circulation sur le Web.
En 2014, malgré les réserves et tentatives de dissuasion de professeurs et d’amis, nous avons illustré l’économie de production en Algérie avec la production de jarres au Nord et l’élevage de chamelles, production de lait et ses effets multiplicateurs dans le Sud algérien. 

Actuellement, une crise du lait de consommation courante frappe l’Algérie. Ce mois de février 2020, ses transformés sont devenus un enjeu international qui a fait entrer en scène les pays du golf arabique.   

Grâce au 3D et les fonds financiers contenant des produits dérivés (commodities derivatives) à éléments avec des aspects hautement stochastiques (météorologie, taux de change, rendement des récoltes, maladies des chamelles des vaches) ; en plus d’être nécessaire, investir  en Algérie dans la production du lait est possible et serait rentable pour les Étrangers associés à des Algériens dans une société à capitaux hybrides dont au moins un actionnaire revendiquerait le caractère islamique des fonds spéculatifs (hedge-funds) qu’il a engagés. 

Pour bénéficier des économies d’échelle externes, des terres seront mises à la disposition des investisseurs qui produiront des aliments pour les humain et le bétail. La production du lait et de ses dérivés nécessite des activités de transformation et transport dans les steppes algériennes. Pour le transport, de nouvelles infrastructures dans le transport sont à réaliser. Les lobbyistes et experts proposeront avec insistance des autoroutes pour préserver la chaine de froid et des chemins de fer pour le transport des intrants et extrants. 

Pour assurer des débouchés à la production dans les marchés nationaux et étrangers, des actions par le renforcement des avantages comparatifs (bas salaires), l’offre d’incitatifs financiers (exonérations d’impôts, taux d’intérêt, subventions et taux de change) et les évictions d’autres producteurs par les mécanismes politiques et économiques seront exercés. 

Cet investissement contiendra une orientation vers les chômeurs qui reproduiront les mêmes schémas que les précédents : endettement sur fonds publics, étalement du crédit et faiblesses des garanties de remboursement. 

L’incapacité de l’Algérie à exercer des contrôles sur les comptabilités des agents, des profits seront dégagés et transférés à l’étranger. Il suffit qu’une variable dans le montage des fonds subisse un choc pour que l’Algérie se retrouve avec au moins un cadavre économique, une maquilladora. 

L’action des organisations internationales non gouvernementales (OING) en Algérie 

Au préalable, les pays arabes où des manifestations semblables ont eu lieu ont transformé leurs constitutions ; seule l’Algérie a connu le processus inverse : modifications de la constitution et ensuite des manifestations. 

L’organisation en janvier 1995 à Rome par la communauté catholique de Saint’Egidio d’une rencontre entre Algériens marque la plus célèbre action d’une organisation étrangère à l’étranger en faveur de l’Algérie. 

Le travail des OING britanniques est repérable dans le mot Cluster qui signifie cylindre, concept en vogue en Algérie qui fait remonter à la CATHAM House et qui explique le forcing diplomatique des Anglais. 

Les OING des pays européens sont incapables de rivaliser avec les américaines. Leur présence était plus forte et plus offensive à partir du massacre en Kabyle à partir d’Avril 2001. 

Le rédacteur était présent dans deux rencontres pilotées par une organisation allemande qui a fait appel à des éléments d’une autre qui était italienne. Ces deux rencontres dont une a été marquée par la présence d’anciens ministres et de célèbres avocats en Algérie ont eu lieu à Alger et Béjaia. Avec leurs moyens illimités, les OING américaines ‘convoquent’ leurs relais algériens à Washington ou New York en leur offrant hébergement, billets d’avions et rencontres avec les officiels si le profil est potentiellement intéressant. 

Les manifestations actuelles en Algérie ont été déclenchées par des sources anonymes. D’un côté, avec des revendications légitimes et variées, elles ont été réglées par formateurs américains et autres. Leurs objectifs ont été atteints : ils ont creusé le fossé entre les Algériens et augmenté la défiance. D’un autre, les USA et un peu moindre la France font pression sur le pouvoir pour la négociation de la soumission du pays. Le résultat est une équation non résoluble et une situation indécidable. En termes triviaux, la situation est celle de tout le monde a raison, tout le monde a tort de laquelle seule l’audace et la lucidité permettent de sortir sans dégâts supplémentaires. 

En arrière-plan, des négociations entre l‘État algérien et des puissances étrangères se déroulent. Une fois, toutes les exigences satisfaites, ces manifestations cesseront quand ceux qui frappent et ceux qui reçoivent les coups auront atteint leurs limites. 

Le Canada et la paix en Algérie 

Des liens historiques existent entre l’Algérie et le Canada. Ils remontent à la création de l’OTAN et des forces de la paix ou casques bleus de l’ONU légèrement antérieure à l’introduction de la question algérienne qu’a été son indépendance au sein de cette introduction. Des ressemblances entre la Crise d’octobre 1970 et la guerre de libération de l’Algérie ont été établies. 

Le Canada est engagé dans certains conflits et apporte son savoir-faire dans la mise en œuvre de processus de paix. 

Le Canada autant que l’Algérie sont des pays multiethniques et multiculturels. Le fonctionnement harmonieux, avec des couacs somme toute naturels, du Canada doivent inspirer l’Algérie et le premier pays est en mesure de les exporter vers le second.

Le Canada s’est engagé dans la compétition pour un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. L’Algérie et tous les pays africains doivent l’aider avec leurs votes afin de préparer une voie d’accès à plus de voix en faveur de l’Afrique à l’assemblée générale en cas de crise laquelle sera marquée certainement par des blocages français. De plus si cette crise en Algérie quasiment inévitable est alimentée par un conflit armé, nos compatriotes et soldats canadiens qui y seront engagés éviteront d’être la chair à canon pour d’autres. 

Le Canada est en course aussi pour obtenir son quota d’affaires économiques en Afrique et en Algérie en particulier. Ses actions nationales en faveur de comportements éthiques de ses opérateurs sont somptueux et plus efficaces que l’action du GAFI de la Banque mondiale.  

Malgré les attendus soubresauts liés à une maussade conjoncture mondiale, nous défendrons la promotion de l’intensité entre nos deux patries. 

Et maintenant, la solution pour l’Algérie  

Le système d’équations que l’Algérie devra résoudre est extrêmement complexe.  Illustrons-le dans cette forme simplifiée. 

Arborescence des équilibres potentiels entre l’Algérie et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. 

Lecture. Les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU sont classés dans l’ordre alphabétique et sont représentés par un point (nœud) avec une flèche qui indique son nom.  L’Algérie a deux solutions : céder à toutes les pressions internationales ou résister. Selon le cas, un membre permanent du Conseil peut accepter la position de l’Algérie ou la refuser. Chacun des vecteurs des gains (G1, G2, G3, G4, G5, G6) respectivement pour Algérie, Chine, France, Royaume-Uni, Russie, USA est une équation à résoudre avec de sous-équations qui représentent les contraintes. 

Si l’Algérie décide de résister et de se mettre en autarcie, tous les gains seront pour l’Algérie. Si elle décide de satisfaire tous les cinq autres pays, il faut que la somme de ses stocks de réserves internationales, flux financiers et ressources naturelles soient suffisante pour toutes les exigences de ces pays et que ces pays acceptent la répartition des quotas. 

Si elle veut les réduire, l’Algérie devra surévaluer sa monnaie, réduire sa consommation intérieure et toujours sous la contrainte de sagesse (acceptation) des autres. 

Deux autres possibilités parmi tant d’autres, la première est la dollarisation de l’économie algérienne. L’avantage sera une monnaie solide pour l’Algérie et sa protection par l’armée des USA, l’inconvénient sera un colonialisme souple, dur et éternel sauf un événement cygne noir. La deuxième est l’autorisation d’une installation de cent mille (100.000) Chinois par exemple des Ouigours musulmans qui viendront en Algérie avec cent mille (100. 000) dollars chacun qui créeront de nouvelles villes dans le Sud et supporter tous les risques liés. 

Il est évident que la solution à la crise de notre pays passe par la paix, la coopération internationale et un nouvel esprit révolutionnaire. 

Cherif Aissat

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