Soudan / la médiation éthiopienne marque des points

Sur proposition du médiateur éthiopien, Mahmoud Drir, les représentants de la contestation soudanaise ont accepté la mise en place d’une instance composée majoritairement de civils, pour assurer une transition politique. 

“Nous pensons que notre accord est un pas majeur pour réaliser les objectifs de la révolution qui sont liberté, paix et justice”, a affirmé à des journalistes un de ces représentants, Babiker Faiçal.

“Cela mettra notre pays sur le bon chemin vers une période de transition qui aboutira à une démocratie durable”, a-t-il ajouté. Au plan politique, le bras de fer entre le mouvement de contestation et l’armée au pouvoir, se poursuit. C’est dans ce contexte que l’Ethiopie voisine a intensifié ses efforts pour tenter de résoudre la crise politique au Soudan.

La proposition éthiopienne prévoit une instance de transition constituée de 15 personnes, avec huit civils et sept militaires. Sur les huit civils, sept seraient issus de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, selon cette proposition qui “confirme les accords précédents” conclus avec l’armée, a affirmé un autre représentant des protestataires, Amjad Farid.

A l’issue de longues négociations, les représentants de la contestation et les militaires au pouvoir s’étaient mis d’accord, avant la rupture des pourparlers le 20 mai, sur une période de transition d’une durée de trois ans. Ils avaient également convenu d’un Parlement de transition constitué de 300 sièges, dont les deux tiers réservés à l’ALC.

Réaction du numéro deux du Conseil militaire, le général Mohammed Hamdan: “Ce n’est pas possible qu’ils prennent 67% (du Parlement) pour contrôler le peuple”, a-t-il estimé. “Ce n’est pas possible qu’eux seuls imposent leurs opinions”, a continué le général, dit “Hemeidti”, dans un discours depuis un village au nord-ouest de Khartoum où il était en déplacement.

Depuis les incidents du 3 juin, la mobilisation des manifestations faiblit, d’autant plus que les redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) sont déployés à tous les coins de rue. Ces forces paramilitaires sont accusées par les contestataires et des ONG d’avoir dispersé le sit-in dans le sang.

Huffpost Algérie avec APS


Qui s’ingère au Soudan?

Rachel Marsden

Au Soudan, le gouvernement militaire de transition, qui a renversé le Président el-Béchir, est lui-même contesté et a violemment réprimé des manifestations. S’agit-il de mouvements politiques spontanés ou certains États tirent-ils les ficelles? Christian Delmet, chercheur associé au Centre d’études des mondes africains, revient sur le dossier.

Êtes-vous de ceux qui ne croient pas qu’il existe de soulèvements populaires spontanés? Si oui, le cas du Soudan risque de vous intéresser. Le pays a été il y a peu suspendu de l’Union africaine après la répression par le gouvernement militaire de transition de manifestations à Khartoum, capitale du pays.

Ces violences ont tué plus d’une centaine de personnes et blessé des centaines d’autres. Tout cela arrive à peine quelques mois après que le Président soudanais Omar Hassan el-Béchir ait été destitué par l’armée. Qu’est-ce qui a conduit au coup d’État d’el-Béchir? Les manifestations ont commencé en décembre dernier, apparemment en raison du triplement du prix du pain dans une partie du pays.

Et maintenant? Les civils soudanais en ont marre de la gouvernance militaire qui a remplacé el-Béchir et ont donc recommencé à manifester, ce qui a conduit à une autre répression violente. Comment cette lutte de pouvoir entre civils et militaires va-t-elle se terminer? Et QUI est vraiment à l’origine de ces mouvements politiques? Encore une fois, tous les conflits contiennent des germes d’autres conflits pouvant être attribués à des acteurs avec lesquels nous sommes très familiers. Cette situation ne fait pas exception.

Qui sont les grands acteurs étatiques qui tirent les ficelles au Soudan… et que veulent-ils? Christian Delmet, ethnologue, chercheur associé au Centre d’études des mondes africains (CEMAf), apporte des éléments de réponse à ces questions.


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