Le Soudan veut un accord tripartite final sur le barrage de la Renaissance : Militaires et civils signent un accord pour mettre fin à la crise

 

Après des mois et des mois de manifestations souvent meurtrières et des tensions à la fois internes et régionales, le Soudan semble se diriger vers une sortie de crise fort attendue. En effet, les dirigeants militaires et civils soudanais ont signé, hier, un premier accord destiné à mettre fin à un long et inextricable blocage depuis que le président Al-Burhane a mis fin au gouvernement civil lors d’un putsch mené le 25 octobre 2021.

Les Soudanais n’ont pas cessé de crier leur colère et d’exiger un retour au statu quo ante mais leur mobilisation s’est heurtée sans cesse à des forces de l’ordre intransigeantes. Le nouvel accord entre l’armée omniprésente dans ce pays d’Afrique du Nord, voisin de l’Égypte et de l’Éthiopie ouvre la voie à un chapitre politique en deux étapes, d’aucuns évoquant le risque de revivre le processus qui a vu dérailler la précédente tentative de transition vers un régime civil. Voilà au moins deux ou trois semaines que ce rapprochement était dans l’air et que l’imminence d’une «réconciliation», appelée de ses voeux par le président Abdel Fattah Al-Burhane, était évoquée avec insistance, de sorte que le nouvel accord porte effectivement le paraphe du chef de l’État et des principaux dirigeants militaires ainsi que ceux des représentants de la société civile et des partis, notamment les Forces pour la liberté et le changement qui avaient été évincées par le coup d’État.

Comme un bienfait n’arrive jamais seul, le Soudan vient de parvenir à un accord avec l’Éthiopie sur la question du barrage de la Renaissance, accord immédiatement salué par l’Égypte qui est partie prenante du dossier. On ne connaît pas encore les termes exacts de ce deal, sinon que Addis-Abeba démontre sa volonté de privilégier le dialogue afin de parvenir à une solution consensuelle après des années de conflit et de surenchère avec Khartoum et surtout Le Caire.

C’est ainsi qu’hier, le vice-président du Conseil de souveraineté de transition au Soudan, Mohammad Hamdan Daglo, a souligné la nécessité d’aboutir à un «accord final» tripartite sur le barrage de la Renaissance que l’Éthiopie a édifié sur le Nil Bleu et dont elle a procédé au emplissage en trois étapes, suscitant à chaque fois la colère et l’inquiétude de ses voisins. Dans un communiqué du Conseil de souveraineté, il est dit que Daglo a reçu les négociateurs soudanais en charge de ce dossier, sous la direction du ministre de l’Irrigation et des Ressources en eau, Daw Al-Bait Abdulrahman. Et c’est à cette occasion qu’il a affirmé «l’importance de parvenir à un accord final entre le Soudan, l’Égypte et l’Éthiopie concernant le barrage de la Renaissance, afin de garantir les droits de tous», grâce au «dialogue et au consensus comme base fondamentale pour aborder le dossier du barrage de la Renaissance, d’une manière qui permette aux trois pays d’en bénéficier et de ne pas en être lésés».

Chaabane BENSACI

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