Algérie / Transition énergétique : L’état des lieux

      Nous publions une série de trois articles du professeur Chitour, ancien ministre de la Transition énergétique, dans lesquels, il nous explique la plus-value de cette transition et les défis qui attendent l’Algérie.
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Cette contribution est avant tout une approche scientifique d’un citoyen qui depuis plus d’un quart de siècle en appelle à changer de fusil d’épaule, s’agissant de notre rapport à l’énergie en étant convaincu que cette rente pétrolière et gazière bénédiction du ciel qui a accompagné l’Algérie pendant soixante ans, devrait être mise à profit pour assurer un avenir aux générations futures. La gestion de l’énergie est la défense immunitaire qui est la première des sécurités qui devrait mobiliser notre attention en permanence. Il est donc de la plus haute importance de changer de paradigme et mettre en place à marche forcée nos défenses immunitaires qui ne seront plus celles d’une manne que l’on exploite d’une façon passive mais en faisant en sorte que chaque m3 de gaz, chaque baril de pétrole devrait garantir la mise en place d’un 1kWh renouvelable provenant d’un Plan Marshall du renouvelable avec la production d’hydrogène qui est le plus sûr viatique pour nos enfants en 2030.
La transition énergétique est une formidable opportunité pour revoir notre façon de consommer. Il y a des milliers de start- up et de petites entreprises rien que dans la rénovation du vieux bâti, la démocratisation du chauffe- eau solaire qui est disponible, le renouvelable domestique avec des systèmes photovoltaïque complet à un prix soutenu par l’État qui se fera graduellement remboursé par le gaz naturel non consommé… Parallèlement, le Haut Conseil de l’énergie aura le devoir de mettre en place un modèle énergétique à l’horizon 2030 -2050 flexible, constamment adaptable et devant déboucher sur la loi relative à la transition énergétique qui servira de boussole au pays pour le protéger des convulsions.
De ce fait, j’en appelle à ne pas baisser la garde. Le but étant de ne pas perdre de temps, rentabiliser ce qui a été fait et dans le même temps provoquer une prise de conscience de la nécessité de la sobriété énergétique. Nous ne pouvons pas continuer à consommer près d’un milliard de m3/semaine. Les pays voisins consomment en une année huit fois moins que l’Algérie. En décembre 2021 Le gaz naturel pour les ménages est cédé à un prix de 0,003 $ le kWh, alors que sur le marché mondial il était de 0,076 USD le kWh. Soit vingt cinq fois plus. Il est actuellement en septembre 2022 de 0,3 $ le kWh soit 100 fois plus cher que le gaz algérien! Il y a matière à rationaliser la consommation d’énergie pour ne pas arriver à un rationnement subi pour gérer la pénurie dans un contexte où la rente est tarie. C’est dire si la transition énergétique adossée à une formation de qualité est incontournable pour sortir par le haut à l’ébriété énergétique et aller vers la sobriété énergétique, vertu cardinale de nos aïeux.

Historique de l’énergie
La volonté de développement des énergies renouvelables est ancienne et date de l’après-Boumediene… Cependant on remarque que cette ambition est chaque fois abandonnée quand le baril de pétrole augmente. La grande erreur est de croire que les énergies fossiles vont durer ad vitam aeternam et que la transition énergétique est enterrée ailleurs et par un effet de mimétisme on suit d’où vient le vent. Peut-être qu’un peu d’histoire permettrait de remettre les choses au point. Nous nous souvenons qu’après les chocs pétroliers, dans la terminologie occidentale, suite à la guerre de Ramadhan 1973, les pays occidentaux ont mis en place des scénarii visant à ne plus dépendre du pétrole arabe Ce sera le docteur Kissinger, secrétaire d’État, qui inventa l’Agence internationale de l’énergie en 1975 avec la promesse de faire disparaître l’Opep dix ans après. Ce qui fut indirectement fait, le marker crude l’Arabian Light qui servait de référence fut remplacé par le Brent de la mer du Nord. Parallèlement, l’AIE exige des pays occidentaux de prévoir des stocks de sécurité de trois mois de fonctionnement. Cela veut dire qu’en cas de conflit, l’AIE ordonne aux pays concernés de déstocker provoquant de ce fait une abondance artificielle pour contrecarrer les flambées de prix. Ceci est, on l’aura compris en totale contradiction avec la «main invisible d’Adam Smith» chargée de réguler l’offre et la demande! Parallèlement, les pays occidentaux ont mis en place des plans pour sortir du pétrole et du gaz. Ainsi l’essentiel du parc nucléaire français a été réalisé en dix ans.
L’arrivée de la révolution iranienne boosta provisoirement les prix qui atteignirent 35 $ le baril, l’équivalent des 150$ de 2021 ce fut un deuxième choc pour les Occidentaux. Une compétition asymétrique opposa l’Angleterre de Margareth Thatcher à l’Arabie saoudite qui voulait augmenter sa part de marché, l’offre très excédentaire fit plonger le baril à moins de 10$/baril (1986) ruina les petits pays dépendants à 98% du pétrole. Ce fut le cas de l’Algérie. Pendant cette période, l’Algérie aurait perdu d’après L’expert Nicolas Sarkis près de 18 milliards de dollars. Arrivent les années 2000, on ne parle plus du renouvelable, car le prix du pétrole a grimpé à 140 $ en juillet. 2011 arrive. Un programme de développement des énergies renouvelables est annoncé. 22 000 MW à 2030 en dix ans à peine 360 MW.

Ce qui se passe dans le monde
Changements climatiques catastrophiques et récurrents, le monde était dans une configuration pour sortir rapidement des énergies fossiles à la dernière COP 26 de Glasgow, les grands pays se sont engagés pour tenter de maintenir la température à moins de 1,5°C d’ici 2030, de mettre en place des plans renouvelables ambitieux avec au moins 50% renouvelables en 2030 et la neutralité carbone en 2050 avec une sortie progressive des carburants fossiles avec la locomotion électrique d’ici 2035. La guerre imposée à la Russie en février 2022 a amené une turbulence et avec une spirale de prix à la hausse: gaz, pétrole mais aussi le blé et les matières premières. L’électricité passe la barre des 1 000 euros le MWh en Europe pour l’électricité qui sera livrée en 2023 d’après le journal Les Echos du 26 août 2022 Jusqu’où les prix vont-ils grimper? Cela revient au prix de 10 centimes d’euros le kWh soit 17 DA (dix fois le prix payé par le consommateur algérien qu’il soit aisé ou pauvre. Il est plus que jamais nécessaire de rationaliser la consommation par une politique de subventions ciblées.
Avec la guerre en Ukraine, l’Europe a montré sa vulnérabilité et sa dépendance au profit des Etats-Unis devenus incontournables en remplaçant les Russes en vendant du GNL plus cher que le gaz de Nord Stream. Malgré les sanctions en six mois, la Russie a augmenté ses ventes pour arriver à 150 milliards de dollars avec une flambée des prix de l’énergie. L’Europe cherche d’autres partenaires, notamment l’Algérie qu’elle ne considère que comme un pourvoyeur de matière première sans plus. Bref l’hiver attend l’Europe. Des stratégies d’économie d’énergie sont mises en place et nous devrions nous en inspirer. Ainsi on rappelle qu’un degré Celsius c’est 7% dans la facture d’électricité. En France, des chèques énergies de 100 à 200 euros seront versés pour 12 millions de foyers.

Les défis qui attendent l’Algérie
Où en sommes-nous 60 ans après l’indépendance et 51 ans après la nationalisation des hydrocarbures? Avons-nous procédé à une rupture rendue nécessaire par le mouvement du monde? Avons-nous tiré les conclusions des situations critiques où le prix du pétrole baissait dangereusement où par une amnésie nous n’avons pas joué la prudence et nous donnons l’impression que le prix du baril nous protégera et nous ralentissons le rythme de la transition. Le pétrole et le gaz nous ont accompagné pendant soixante ans. Il est hors de doute que l’environnement international ne nous permettrait pas de continuer ainsi malgré l’embellie passagère et trompeuse de l’envolée des prix de l’énergie.
La réalité est sans concession que l’Algérie est face à un nouveau défi énergétique: la nécessité de la transition vers le renouvelable car notre modèle énergétique actuel ne crée pas de richesses. Il est à 80% dédié à la satisfaction du train de vie, tertiaire avec 40%, le transport avec 40%. L’industrie et l’agriculture ne consomment que moins de 20% d’énergie. Nous sommes 45 millions d’habitants et 98% de notre énergie consommée provient du pétrole. À peine 2% de renouvelables. À ce rythme de consommation débridé, nous en avons pour moins de 20 ans. Nous aurions 2500 milliards de m3 en gaz et 12 milliards de barils de pétrole. À ce rythme de consommation, nous aurions pour vingt ans, même les découvertes de Sonatrach sont loin de compenser une consommation débridée. Notre rythme de consommation de 7%/an est intenable,! Nous aurons un sérieux problème de consommation ou d’exportation. Avant la fin de la décennie, il nous sera impossible de faire les deux. Plus grave du point de vue climatique. L’Algérie étant un hot spot et sera de plus en plus impactée, selon les études de l’organisme des Nations unies pour les changements climatiques. Elle connaîtra des incendies de plus en plus récurrents, des inondations imprévisibles et catastrophiques et surtout un stress hydrique dont nous commençons à voir les effets désastreux, de plus en plus. Nous serons de plus en plus impactés, notamment par le stress hydrique qui sera avec la chaleur l’un des combats à mener. Il faut mettre au crédit du Mteer, la coordination d’une étude sur l’impact des changements climatiques, avec 20 ministères, ce qui a listé les efforts faits pour en atténuer les effets et dans le même mouvement l’aide que l’Algérie est en droit de demander dans le cadre du fond vert pour aller plus loin, notamment dans le reboisement, voire la plantation d’arbres à croissance rapide avec l’ambition de planter 1 milliard d’arbres en dix ans.


Transition énergétique

Des challenges à réussir

La transition énergétique est créatrice de richesses

Souvenons- nous, la révolution du 24 Février 1971 a donné à l’Algérie l’ambition de ne plus vendre de pétrole mais des produits raffinés et des produits pétrochimiques. L’essentiel de l’outil de raffinage actuel et de pétrochimie date de cette époque 70-79. De même l’essentiel des complexes pétrochimiques, engrais, méthanol, formol date de cette époque. C’est aussi un défi du futur de ne plus vendre du pétrole mais des produits dérivés. Depuis, malgré quelques efforts, nous sommes redevenus un réservoir de matières premières sans création de richesses issues de notre savoir- faire. 50ml de parfum Chanel n° 5 coûte plus qu’un baril de pétrole, soit 159 litres, même à ce prix le pétrole est bradé! Savons- nous qu’un baril de pétrole de 100$ donne lieu à un baril de produits pétroliers de 250 $ (essences, kérosène, gaz oil, fuel et résidu pouvant servir par combustion dans les centrales thermiques au lieu du gaz naturel). Savons- nous qu’avec 100 litres d’essence, on peut fabriquer les fibres polyester, le nylon, les matières plastiques, les engrais avec des valeurs ajoutées encore plus importantes. Tout ceci nous incite à ne vendre que des produits finis.

Que devons- nous faire?
Nous gaspillons d’une façon irrationnelle l’énergie. Un milliard de m3 de gaz consommé par semaine, c’est 1 milliard de dollars au prix actuel! Si seulement nous faisons 10% d’économie c’est 100 millions de m3/ semaine de gaz épargné et près de 5 milliards de dollars! rien que par des gestes écocitoyens Il est important qu’une ressource aussi rare, aussi vitale soit utilisée avec des garde- fous. Il faut savoir par exemple que l’Algérie consomme en gaz naturel huit fois la consommation du Maroc et de la Tunisie réunis et ces pays arrivent à vivre sans gaz mais en faisant appel aux économies d’énergie et aux autres sources d’énergie comme le bois. Le modèle énergétique piloté par le Haut Conseil de l’énergie a été un évènement de la prise de conscience de la nécessité de savoir où doit aller le pays.
Dans ce cadre, la mise en place d’un Haut Conseil de l’énergie, boussole d’aide à la décision, permettra la mise en place d’un modèle énergétique flexible qui fait l’inventaire de toutes les énergies disponibles fossiles (uranium) et renouvelables (solaire, éolien, géothermie, bois…). Tenant compte constamment de ce qu’il se passe dans le monde, il nous indiquera l’effort à faire en termes de rationalisation de la consommation d’énergie.
À titre d’exemple en ce qui concerne la géothermie, 280 sources ont été recensées et un grand nombre d’entre elles possède un fort potentiel énergétique qu’il s’agit de mobiliser. De plus, l’apport du bois devrait être mise en oeuvre car dans tous les pays le bois fait partie du modèle énergétique. La filière bois – prise en charge sans tarder, notamment par la plantation d’arbres à croissance rapide – aura toute sa place dans le bouquet énergétique à 2030. Une étude pour la plantation d’un milliard d’arbres en dix ans soit 100 millions d’arbres a été réalisée. Ce bouquet, outre les énergies fossiles (pétrole, gaz) comprendra aussi les énergies fissiles (uranium) et renouvelables (biomasse, bois, biocarburant), mais aussi solaire, éolien, géothermie. Ce modèle à 2030 sera élaboré dans l’optique du développement durable, c’est-à-dire de laisser un viatique aux générations futures

Un geste écocitoyen
Les Algériens sont convaincus que la rente ne va pas durer pour deux raisons, les réserves sont sur le déclin et la tendance mondiale est à aller vers la neutralité en 2050. Le citoyen devrait avoir en tête que l’énergie sera de plus ne plus chère et rare, d’où l’absolue règle d’économiser chaque goutte de pétrole et chaque bulle de gaz.
En décembre, le m3 de gaz avait atteint 1$! Chaque m3 de gaz naturel épargné est une richesse pour les générations futures l’étape la plus importante en termes d’immédiateté est de gagner en sobriété énergétique et de lutter contre le gaspillage. Tout le monde le sait: l’urgence est de commencer à consommer l’électricité que nous produisons de manière efficace et rationnelle, en particulier dans le résidentiel, le tertiaire, en mettant en oeuvre des mesures pour les économies d’énergie Pour le résidentiel, il s’agit de privilégier les matériaux et les équipements non énergivores pour la construction de nouveaux logements et de recourir aux isolants tels le double vitrage et la laine de verre pour la réhabilitation du vieux bâti. Un cahier des charges devait être mis en oeuvre à terme et que les nouvelles habitations ne soient plus réceptionnées avant un diagnostic énergétique. Dans le tertiaire, les administrations sont rappelées au fort potentiel dont elles disposent en matière d’économies d’énergie.
Il en est de même pour les lieux de culte où la priorité, dans les mosquées et les salles de prière, est à la réduction de la consommation pour soulager les APC qui en payent la facture. Outre le projet de construction d’une «mosquée verte» à Sidi Abdellah, proposée pour donner l’exemple d’une mosquée sobre en énergie.Parmi les préoccupations du pays la nécessité de la mise en place d’une politique des transports pérennes. Le remplacement progressif de l’ essence par le sirghaz fut une réussite du fait que l’État prenait en charge la moitié de l’installation de sirghaz. Mais ceci n’est pas suffisant. Au titre de la nécessité de la rationalisation de la consommation de carburants, une véritable hémorragie est à signaler. Il faut savoir que le prix de l’essence au litre au Maroc est de 1,365$ (14,76DM) en Tunisie (0,76 $) et en Algérie 0,31$ soit quatre fois et deux fois moins cher. Même la moyenne mondiale se situe à 1,33$. S’agissant du diesel l’écart est encore plus grand. Il en est de même au Mali ou le prix est de 1,378 $. Même dans les pays pétroliers en Arabie saoudite, il est pratiquement deux fois plus cher 0,62$ et 0,898 $ aux Emirats.
Pouvons- nous continuer à subir cette hémorragie qui fait que les wilayas des frontières, malgré des efforts ne peuvent pas tout contrôler. Aussi à l’instar de ce qu’il se fait dans les pays développés, la mise en place d’une carte carburant qui limite le parcours moyen à une distance moyenne de 20000 km/an dont le carburant est déterminé à un prix administré suffisamment dissuasif contre les excès. En cas de consommation excédentaire, il sera fait appel au prix réel. C’est la seule façon de moraliser la consommation. Cette maîtrise de la consommation permettra alors la mise en place de moyens de transport beaucoup plus démocratiques.

Une politique des transports
Il sera même possible dans le cadre d’une stratégie tournée vers la production d’essence de vendre de plus en plus d’essence et de gasoil au lieu de vendre du pétrole, sachant qu’un baril de produit pétrolier est beaucoup plus cher qu’un baril de pétrole brut. Ceci dans la perspective de la mise en place d’une stratégie globale pour les transports sachant bien que les carburants fossiles seront de moins en moins utilisés à partir de 2030 au profit de la locomotion électrique. Justement la locomotion électrique est une nécessité. Les carburants devraient être abandonnés à partir de 2035 au plus tard. Il serait inutile de tenter d’assurer une industrie des véhicules thermiques, alors que nous avons toutes les chances de démarrer avec des partenaires qui ont fait leur preuve dans ce domaine comme la Chine. La sortie des carburants permettra de réserver graduellement ces carburants à l’exportation. C’est un chantier créateur de richesses, notamment dans l’installation des bornes électriques…

Le Plan hydrogène vert
Quand monsieur le président de la République avait décidé de la mise en place d’un ministère dédié à la Transition énergétique, il a compris que le moment était venu de sortir par le haut de l’ébriété énergétique; en misant sur la sobriété énergétique qui est la seule voie de salut. Il est hautement souhaitable de ne pas baisser la garde. L’hydrogène pourrait remplacer le gaz naturel sur le déclin après 2030, il serait largement rentable autour de 2$ le kg. Il peut aussi donner lieu à une pétrochimie verte avec la production d’ammoniac vert qui permet la production d’urée verte et même être utilisé comme vecteur énergétique plus maniable que l’hydrogène.
On sait que le Plan hydrogène vert fait partie de la plupart des stratégies des pays développés et en développement. Toutes les conférences sur le climat ont invité les pays à investir dans l’hydrogène vert. Il faut savoir qu’un 1 kg équivaut 2 à 3 fois plus d’énergie que le gaz naturel, l’essence ou le pétrole. L’hydrogène peut être converti en énergie propre, respectueuse de l’environnement, C’est le vecteur de l’énergie de demain. L’Algérie est bien placée pour développer le Plan hydrogène vert avec un ensoleillement exceptionnel, nous pouvons développer avec des coûts faibles qui nous permettra de mettre en oeuvre une vraie sécurité énergétique qui est la première des sécurités. La production de l’hydrogène vert nécessite de disposer de l’électricité verte produite par les panneaux solaires. Les rendements du solaire saharien sont parmi les plus importants au monde. Une centrale solaire de 1000 MW permet d’épargner l’équivalent de 200 millions de m3 de gaz. Le gaz naturel qu’on ne consommera pas pourra aussi contribuer au financement du Plan solaire.
Encore une fois nous avons en priorité la mise en place d’une industrie du renouvelable: Plan solaire, éolien géothermie et hydrogène vert. Nous devons profiter de cette conjecture de pénurie de gaz en Europe pour demander à nos partenaires avides de gaz, un accompagnement pérenne dans la mise en place du Plan solaire éolien géothermique sans oublier le Plan hydrogène vert pour lequel l’Allemagne, mais aussi la Chine et l’Italie seraient des locomotives à la fois pour la mise en place d’une industrie pérenne. Si on met le Plan Marshall en marche, ce sont des milliers d’ingénieurs et de techniciens qu’il faut recruter. (Pour 1MW, il faut au moins 4 employés). C’est aussi l’assurance de garantir l’après- 2030 quand nous aurons en face de nous une situation où il nous faudra choisir ente exporter ou consommer. Le bon sens commande de développer à la marche forcée le renouvelable, notamment dans sa version production d’hydrogène. Il serait utile que tout ce qui a été investi lors de la création du Mteer soit optimisé. Il y a donc urgence de donner suite aux premières actions du Mteer en -2020/ 2021, à savoir des cahiers des charges avec l’habitat et le transport pour rationaliser la consommation. Dès 2020, le Mteer avait lancé une campagne de réduction de 10% de la consommation. S’agissant des 1000 MW, nous devons rapidement répondre et faire l’ouverture de l’appel d’offres. Il serait indiqué de définir toutes les missions du renouvelable en termes d’efficacité et d’économie d’énergie et de protection de l’environnement par l’utilisation de carburants alternatifs.

Conclusion

Quand il s’agit de l’avenir du pays, nous avons le devoir de tout faire pour le protéger. Chacun à son niveau. Pour le bien de ce pays, disons ce que nous croyons être raisonnable. Une réalité : de par le monde les énergies fossiles sont sur le déclin, les quantités découvertes seront de plus difficiles à produire. Les changements climatiques sont là, ils sont dangereux, ce qui va imposer qu’on le veuille ou non une transition vers le renouvelable qui sera d’autant plus brutale que l’on s’y prenne tard. Nous devons tourner le dos à la fatalité. Il y a 50 ans que feu le président Boumediene avait annoncé à la face du monde : «Qararna taemime el mahrouqate» (Nous avons décidé – souverainement — de la nationalisation de nos ressources en hydrocarbures). 50 ans après le 24 Février 1971, c’est une autre révolution qu’il nous faut mener avec des idées nouvelles et en déprogrammant mentalement cet atavisme rentier qui a installé l’Algérie dans les temps morts. L’Algérie du million de martyrs n’a pas dit son dernier mot. Le moment est venu d’inventer le futur et c’est une transition énergétique réussie et déterminée qui sera la locomotive des autres secteurs, notamment de l’industrie mais aussi des possibilités énormes de création de microentreprises, notamment dans la rénovation du vieux bâti, la généralisation du Sirghaz, applications de domotiques d’économie d’énergie et de diagnostic énergétiques et d’application de kits solaires…
La transition énergétique est nécessaire si nous voulons sortir en bon ordre de l’addiction à la rente qui nous fait différer les échéances chaque fois que le baril grimpe et nous tenir le ventre chaque fois qu’il dégringole. Elle devra entraîner une modification de nos modes de production et donc aussi de nos habitudes de consommation de l’énergie. Nous ne pouvons pas continuer à naviguer à vue.

En ordre de marche
Investir des dizaines de milliards dans le développement des champs pétroliers est de la plus haute importance. Le Haut Conseil de l’énergie pourrait animer les arbitrages et mérite un débat dans une conjoncture marquée par l’urgence climatique qui fait que les pays développés mettent en œuvre des stratégies de neutralité carbone au plus tard en 2050. De plus, pour avoir une idée du Plan renouvelable, les calculs montrent que l’installation de 22000 MW prévus nécessite globalement un financement de près de 20 milliards de dollars sur dix ans, sachant bien que progressivement le solaire installé permettra de ne pas utiliser le gaz naturel. Pour chaque 1000 MW installé, c’est 1,5 milliard de m3 de gaz épargné qui peuvent contribuer au financement de la centrale solaire et payer totalement la centrale au bout de quelques années. Au- delà l’électricité solaire est gratuite. Par la suite nous pouvons produire l’hydrogène qui sera une rente durable, car il pourra remplacer graduellement le gaz naturel dont les quantités sur le déclin.
Il reste que pour mettre en ordre de marche cette œuvre déterminante pour la pérennité du pays, la formation des jeunes est déterminante pour prendre en charge ce Plan Marshall qui nécessite des milliers de diplômés. C’est à l’école que nous devons former l’écocitoyen de demain en lui inculquant la notion de bien commun, d’environnement à protéger, d’économie d’énergie à faire, de nouvelles énergies à inventer. Ceci se poursuivra dans les lycées où nous devons sans tarder mettre en place un baccalauréat du développement durable. La continuité se fera d’abord dans les instituts de la formation professionnelle qui doivent habiliter les jeunes diplômés aux métiers du développement durable. Ensuite dans toutes les universités qui devraient mettre en place une filière renouvelable en plus des recherches appliquées. Dans ce cadre, le plan proposé, il y a deux ans par l’Institut de la transition énergétique (Iter) prévu à Sidi Abdallah devrait être opérationnel. Une promotion de la post graduation que j’avais lancée termine en juin 2022. Dans cet institut, la mise en place de la formation et la recherche sur l’hydrogène et des autres spécialités devraient être pour nous un objectif que l’on peut atteindre en nous arrimant à des locomotives sans perdre de temps. Tout le secret de la réussite de la transition énergétique est justement de mobiliser le plus grand nombre autour d’une utopie seule capable de donner une visibilité scientifique technologique économique de l’Algérie quand la rente ne sera plus là. Notre pays doit pouvoir prendre, à temps, les virages rendus nécessaires par l’évolution du monde. Je pense profondément que nous devons mettre en oeuvre une nouvelle révolution basée sur le renouvelable.
J’ose espérer que ce plaidoyer pour une Algérie de nos rêves rencontrera l’approbation de nos autorités. Je suis d’une génération du Service national qui a écouté religieusement « Qararna taemime el Mahroukate » sur la place d’armes à l’EMIA de Cherchell. Un mois plus tard nous étions sur le front du développement. L’Algérie était un immense chantier, Barrage vert, transsaharienne, mille villages agricoles, bases pétrolières. Écoles des Cadets de la Révolution. Bref, nous avions le feu sacré avec l’ambition de servir le pays. Il nous faut retrouver ce feu sacré pour développer le pays. Nous pouvons réussir en mobilisant le plus grand nombre. Parce que le monde n’a que faire de nos états d’âmes. Il faut nous battre avec les armes du savoir et ne compter que sur nous- mêmes. Modestement, cela fait plus d’un quart de siècle que je forme la «crème» de ce pays en organisant chaque année à la date de youm el Ilm une Journée sur l’énergie où les élèves ingénieurs viennent exposer leur vision généreuse du futur. Il reste à trouver le moyen de les garder en leur proposant une utopie mobilisatrice. La transsaharienne électrique, la plantation d’un milliard d’arbres, l’exploitation de 280 sources d’énergie, le Plan hydrogène la pétrochimie verte, la locomotion électrique. Je suis sûr qu’ils seront emballés de montrer leur talent.
À l’instar de la révolution de 1971, la réussite de la transition énergétique restera dans l’Histoire. Malgré toutes les contraintes, il nous faut concrétiser les engagements de monsieur le Président et rendre irréversible la transition énergétique qui déboucherait sur une loi sur la transition énergétique. C’est notre devoir et l’effort à mettre en œuvre pour assurer la sécurité du pays et partant celles des générations futures.


      La transition énergétique au Danemark : un modèle de référence

 

Par le docteur Mohamed Ghazli (*) – Par le professeur Ali Cheknane (**)


La complexité, l’ampleur et la rapidité de la transition énergétique actuelle vers une production d’énergie plus neutre en carbone ont été un sujet de discussion majeur pour les décideurs ces dernières années. La motivation des États membres de l’Union européenne (UE) à poursuivre la transition énergétique et la rapidité de prise de mesures varient considérablement d’un pays à l’autre. Certains pays de l’UE défendent fortement les énergies renouvelables (par exemple l’Allemagne et le Danemark), tandis que d’autres résistent activement (par exemple la Pologne). En outre, certains pays sont bien positionnés géographiquement (par exemple l’Autriche, le Danemark et la Suède), tandis que d’autres manquent de conditions favorables, de financement ou d’expertise (par exemple la Hongrie et la Roumanie).
Le secteur électrique joue un rôle important dans la transformation du système énergétique européen. L’un des principaux objectifs de cette transition est le remplacement des combustibles polluants dans l’industrie, les transports, la production d’électricité et le chauffage par de l’électricité sans carbone. La consommation d’électricité par habitant au Danemark est légèrement inférieure à la moyenne de l’UE, à 2,9 teq/hab et environ 5 500 kWh/hab de consommation totale d’électricité en 2019. De 2016 à 2018, la consommation totale d’énergie a augmenté de 1,5 % par an, tandis qu’en 2019, elle a diminué de 0,4%. La consommation totale d’énergie a diminué de 8,5 % en 2020, selon l’Agence danoise de l’énergie.
La transition des systèmes d’énergie fossile traditionnels vers des systèmes d’énergie 100% renouvelable présente des défis importants, mais la faisabilité technique de tels systèmes est à portée de main.
Le Danemark est entouré par la mer et est riche en ressources éoliennes (voir figure 1). Le pays scandinave est connu pour son secteur énergétique innovant, en particulier l’énergie éolienne. Tout au long de l’histoire, les Danois ont exploité l’énergie éolienne de différentes manières. Les Danois se sont concentrés sur l’éolien terrestre et offshore plutôt que sur les autres énergies renouvelables.
Aujourd’hui, ce choix cimente le leadership mondial du Danemark dans la lutte contre le changement climatique. Les prochains grands projets écologiques sont déjà dans les tuyaux.

Un petit pays qui veut grandir

Pour devenir climatiquement neutre d’ici 2050, le Danemark veut dépenser environ 28 milliards d’euros pour construire une île artificielle géante à 80 kilomètres au large de ses côtes qui servira de plaque tournante de l’énergie verte en mer du Nord (Figure 2). Le centre énergétique regroupera l’électricité de plusieurs parcs éoliens offshore et la transmettra au Danemark et à d’autres pays. D’autres centrales «power-to-X» doivent convertir l’énergie excédentaire en gaz verts, tels que l’hydrogène ou l’ammoniac, afin qu’elle puisse être stockée.
Dans le même contexte, les Danois veulent développer Bornholm comme une autre plaque tournante pour l’approvisionnement énergétique de la région baltique. Leur objectif est d’approvisionner jusqu’à trois millions de foyers dans un premier temps, puis jusqu’à dix millions de familles plus tard. Ce sont d’énormes projets d’investissement.
De nombreuses questions restent à éclaircir avant que l’île artificielle ne s’étende sur 65 terrains de football au large du Jutland, notamment comment l’électricité sera transmise à l’Europe. Même si les obstacles de planification, financiers et de conservation sont levés, la date d’achèvement prévue de 2033 pourrait encore être repoussée par les conditions météorologiques, les pénuries de matériaux de construction ou d’autres éventualités dans le projet d’envergure.
Cependant, en Allemagne, Traffic Light Coalition vient de relancer sa transition énergétique après des années de stagnation, tandis que le Danemark, bien plus petit, se démène pour entreprendre des projets concrets à grande échelle et consolider sa position parmi les nations leaders. Changer. Comment nos voisins le gèrent-ils ? demanda l’Allemagne.
«Out of the Fossils» : L’idée est apparue au Danemark dès les années soixante-dix. Pour le comprendre, il est utile de se pencher sur la petite ville de Wulffberg. Vous y trouverez le plus ancien éolien mégawatt du monde encore en activité, construit par des enseignants, des étudiants et de nombreux bénévoles. Voici comment cela s’est passé : le Danemark, comme de nombreux pays européens, a subi une crise pétrolière en 1973 et cherchait un moyen de sortir de sa dépendance aux combustibles fossiles. Les politiciens ont discuté du passage à l’énergie nucléaire, mais de nombreux Danois l’ont rejeté, y compris les participants à un atelier pour les enseignants de l’école Tvind à Wulfburg. Pour lutter contre l’énergie nucléaire, les Danois prévoyaient de construire la plus grande éolienne du monde sur le campus. Grâce à des annonces dans les journaux, l’école a été en mesure d’atteindre des personnes partageant les mêmes idées dans le monde entier. À partir de 1975, environ 400 enseignants, étudiants et bénévoles ont travaillé sur le projet avec beaucoup d’idéalisme et de patience, élaborant des plans, rejetant des plans, expérimentant des matériaux et convertissant des composants usagés. Cette éolienne est devenue un symbole de la transition énergétique du Danemark et est toujours en activité aujourd’hui.
À cette époque, il y avait beaucoup de petits projets dans le sens de l’éolien, et il y avait aussi des entreprises. Cependant, par rapport à d’autres pays, la transformation précoce de la politique énergétique du Danemark a conduit à un grand succès», a déclaré Mohamed Ghazli, chercheur et expert en intégration de réseau au sein de la société danoise Vestas, qui se concentrait auparavant sur les machines agricoles et est entrée dans la fabrication d’éoliennes en 1979, et c’est aujourd’hui l’un des plus grands acteurs de l’industrie éolienne au monde.
Il y a deux raisons pour lesquelles les décideurs politiques danois rejettent l’énergie nucléaire en faveur de l’industrie éolienne naissante et encouragent la construction d’éoliennes dans le pays. D’une part, avec ses nombreuses zones côtières et son arrière-pays plat, le Danemark est stratégiquement bien situé et génère une énergie éolienne supérieure à la moyenne.
D’autre part, au début des années 1980, en Californie, les planificateurs ont opté pour des éoliennes de style danois lors de la construction de San GorgonioPass, une éolienne légendaire. Cela a apporté beaucoup de commandes et de nombreux emplois à la jeune industrie danoise.
Facteurs et mesures politiques favorisant la croissance des énergies renouvelables au Danemark
Le Danemark a dû réfléchir aux solutions possibles et réaffirmer sa stratégie de promotion d’un avenir vert. La plupart de ces stratégies peuvent être mises en œuvre par :
i) La sélection de technologies d’énergie renouvelable appropriées
ii) Un système de soutien économique pour déterminer le montant des investissements pouvant être alloués aux projets et technologies d’énergies renouvelables.
iii) La mise en œuvre sélective de solutions alternatives pour un approvisionnement énergétique plus propre qui soit compatible avec la politique nationale….
«Les Danois ne sont pas toujours des protecteurs du climat. La transition énergétique précoce a beaucoup à voir avec le fait que l’énergie éolienne est bonne pour le pays et l’économie populaire», a déclaré l’expert Mohamed Ghazli.
Au cours de la première phase de la transition énergétique, le Danemark a réussi à exporter sa technologie, créant des milliers d’emplois et de nouveaux secteurs industriels. Le passage de la terre à l’eau s’est également posé en 1991 lorsque le premier parc éolien offshore au monde a été mis en service à Winderby, près de l’île de Lorain. Aujourd’hui, les exportations danoises de technologies environnementales et renouvelables sont parmi les plus élevées au monde ; tout comme le secteur informatique, les technologies vertes sont un moteur de croissance pour l’économie danoise. La modernisation par la transition énergétique a eu un impact durable sur les pays et les sociétés.
La société danoise en quête de consensus : un atout pour la transition énergétique
«Les Danois sont très ouverts à l’innovation. Ils savent qu’en tant que pionnier, on peut exporter la technologie et en tirer profit», explique Mohamed Ghazli.
Il voit la mentalité comme un facteur de succès : «Par rapport à d’autres pays, les gens ici ont une grande confiance dans les décisions politiques et sont donc plus favorables à celles-ci. Les Scandinaves sont donc généralement intéressés par le consensus social», explique Mohamed Ghazli.
Des manifestations de résidents contre les éoliennes terrestres ont également eu lieu au Danemark récemment. Mais ils étaient loin de développer la puissance de freinage qu’ils avaient en Allemagne. Cela explique pourquoi la décision de construire des îles énergétiques planifiées dans la mer du Nord et la mer Baltique a été prise par toutes les parties en février, ce qui a été considéré comme une étape révolutionnaire pour le Danemark.
Certes, la transition énergétique de l’Allemagne n’est pas facilement comparable à celle du Danemark. Les positions de départ sont trop différentes. Par exemple, le Danemark possède de nombreuses centrales de cogénération dispersées avec une forte proportion d’énergie renouvelable. De plus, la demande énergétique de l’Allemagne est beaucoup plus élevée en raison d’une structure industrielle différente. Pourtant, les Danois peuvent transmettre une leçon.
«Les Danois ont déjà des normes élevées et se fixent des objectifs ambitieux en matière de changement climatique pour exporter dans le secteur de l’énergie, et c’est ce qui les motive», a déclaré Mohamed Ghazli.
D’ici 2030, le gouvernement de Copenhague veut éliminer progressivement le charbon et réduire les émissions de dioxyde de carbone de 70% par rapport à 1991, ce qui est particulièrement ambitieux selon les normes européennes.
Parallèlement, d’ici là, 55% de la consommation d’énergie devra provenir de sources renouvelables. En Allemagne, elle n’en représente actuellement que 50% et devrait également atteindre 70% en 2030.

Quelle est la plus-value du Danemark par rapport à l’Allemagne dans la transition énergétique ?
Il y a trois éléments différenciants entre les deux modèles. Le plus important est ce qu’on appelle l’interconnectivité : les Danois étendent constamment leur réseau électrique transfrontalier.
• Le réseau transfrontalier minimise le risque de panne
• L’opérateur de réseau danois Energinet.dk confirme cette évaluation : «Le Danemark est bien connecté avec ses voisins par le biais de ces lignes de transmission transfrontalières depuis des décennies et continue d’investir ici.»
• À la fin de l’année dernière, le Danemark a annoncé la construction de la plus longue ligne électrique sous-marine au monde. «Viking Link» fournira de l’énergie éolienne au Royaume-Uni. Elle pourrait être opérationnelle fin 2022.
L’avantage de telles interconnexions est la flexibilité qu’elles offrent : «Si nos centrales produisent plus d’électricité que nous n’en avons besoin, nous n’avons pas besoin de retirer les éoliennes du vent, mais nous pouvons exporter l’excédent de production à moindre coût vers la Norvège, la Suède ou l’Allemagne», a déclaré un expert danois de l’opérateur de réseau électrique Energinet.dk
Mais selon les gens d’Energinet.dk, l’interconnexion facilite également l’acheminement de l’électricité, en particulier pendant les périodes sombres. C’est pourquoi personne au Danemark n’a peur d’une telle stratégie.
Dans le même temps, les avantages de ces itinéraires transfrontaliers ont également été reconnus par l’Allemagne. Ici, le câble Nordlink entre le Schleswig-Holstein (Allemagne) et le sud de la Norvège est en construction.
Au Danemark, une grande quantité de sources d’énergie renouvelables et variables (principalement l’énergie éolienne) ont été intégrées dans le système énergétique en peu de temps. Le pays a acquis une expérience sans précédent en matière de transition énergétique, et son modèle à haut rendement a fait ses preuves et peut servir de référence aux pays qui décident de mettre en œuvre une transition énergétique

Conclusions et recommandations
Pour stimuler, accélérer et faciliter le développement d’un système énergétique intégré, nous proposons une série d’initiatives au cours des prochaines années. À cet égard, une transition efficace vers des systèmes énergétiques intelligents avec de multiples infrastructures intégrées nécessite des efforts de développement ciblés. Par conséquent, les initiatives clés suivantes devraient être priorisées :
1- La recherche et le développement de systèmes énergétiques intégrés, y compris les grands sites de démonstration, doivent être soutenus et valorisés.
2- Le cadre législatif et réglementaire régissant le système énergétique doit être mis à jour en prévoyant des incitations fiscales efficaces pour promouvoir l’investissement et faciliter le déploiement de solutions énergétiques intégrées dans tous les secteurs.
3- Des services de prévision meilleurs et plus intégrés doivent être développés pour l’énergie durable intermittente.
4- Les perspectives de développement des technologies liées à la fourniture, la conversion et le stockage de l’énergie durable doivent être évaluées, non seulement en termes de performances économiques et environnementales, mais aussi en tenant compte de leur intégration dans le réseau.
5- Les techniques de modélisation et d’analyse des systèmes pour les infrastructures résilientes devraient être en cours de développement, mais des recherches plus ciblées et plus précises sont nécessaires.
6- L’interaction entre les trois principaux réseaux (c’est-à-dire l’électricité, le gaz et le chauffage urbain) devrait être de plus en plus exploitée pour créer des solutions flexibles, comme c’est le cas au Danemark ou en Allemagne.


M. G./A. C.


(*) Responsable technique des ventes senior et expert en intégration de réseau, Vestas R&D Vestas Europe du Nord et centrale. Solutions des centrales électriques.

(**) Université Amar Telidji de Laghouat.


 

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