Algérie / Projet de la dorsale transsaharienne à fibre optique : Interconnecter les économies locales et régionales

 

 

    Ce projet, qui intervient en parallèle avec celui de l’autoroute transsaharienne, vise à connecter à l’Internet toutes les agglomérations par où passe son tracé, notamment les zones isolées, et contribuera ainsi à réduire les déséquilibres de développement dans la région.

La première session du Comité de liaison de la dorsale transsaharienne à fibre optique (CLDT), s’est tenue hier à Alger en présence de ministres africains en charge des technologies de l’information et de la communication des pays signataires du statut de ce comité.
Le ministre de la Poste et des Télécommunications, M. Karim Bibi Triki, présidait cette session à laquelle ont pris part notamment les ministres chargés des TIC, en l’occurrence celui du Tchad, M. Idriss Saleh Bachar, de la Mauritanie, M. Cheikh El Kebir Ould Moulay Taher, du Niger, M. Hassen Baraze Moussa, du Nigeria, M. Isa Ali Ibrahim Pantami, et d’un représentant du ministre malien des TIC.
Ont également pris part à cette session des représentants de grandes institutions continentales, ainsi que d’institutions financières internationales.
Cette session a pour objectif de coordonner et de se concerter entre les pays membres afin d’accélérer la réalisation de ce «méga-projet» lancé dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) de l’Union africaine (UA) et qui vise l’intégration africaine et le développement de l’économie numérique de la région dont la liaison part d’Alger jusqu’à Abuja en passant par Zinder, bifurquant à l’Ouest vers Bamako et Nouakchott et à l’Est vers N’jamena.
Le projet de la dorsale transsaharienne en fibre optique, dont le comité de liaison a été installé en 2017 à Alger et qui s’inscrit dans le cadre du NEPAD, vise à connecter les concentrations de populations sur son trajet par voies routières aux autres régions du pays et au-delà. La première session de ce comité se tient en marge de la 6e session de la conférence des plénipotentiaires de l’Union africaine des Télécommunications (UAT).

Hâter la réalisation du projet

Les pays membres du Comité de liaison de la dorsale transsaharienne à fibre optique se sont engagés à accélérer la réalisation de ce projet stratégique Alger-Abuja, visant le développement de l’économie numérique régionale. Intervenant à cette session à laquelle ont pris part les pays membres du comité (Algérie, Tchad, Mauritanie, Niger, Nigeria, Mali), le ministre de la Poste et des Télécommunications, Karim Bibi Triki a rappelé que l’Algérie a achevé les travaux de la réalisation de son tronçon en fibre optique sur une distance de 2.548 km. Il s’agit du câble reliant Alger et Ain Guezzam (frontière avec le Niger) et d’un autre tronçon allant jusqu’à Tindouf (frontière avec la Mauritanie), témoignant, ainsi, de l’engagement de l’Algérie à concrétiser ce projet stratégique pour la région, a-t-il mentionné. Le ministre a indiqué que la première session du Comité de liaison permettra d’«approfondir la coordination et la concertation sur les moyens d’accélérer le projet, ce qui constituera un modèle tangible de partenariat réussi et fructueux». Ce projet qui intervient en parallèle avec celui de l’autoroute transsaharienne, vise à connecter à l’Internet toutes les agglomérations par où passe son tracé, notamment les zones isolées, et contribuera ainsi à réduire les déséquilibres de développement dans la région, a-t-il expliqué.

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Ils ont dit :

Idriss Saleh Bachar, ministre tchadien de la Poste et de l’économie numérique :
«Interconnecter l’Afrique centrale à l’Afrique de l’Ouest via l’Algérie»

De son côté, le ministre tchadien de la Poste et de l’Economie numérique, Idriss Saleh Bachar, a affirmé que la dorsale transsaharienne en fibre optique permettra d’interconnecter l’Afrique centrale à l’Afrique de l’Ouest via la Méditerranée à travers l’Algérie, précisant que son pays s’engage à mettre les «moyens nécessaires» pour la réalisation de ce projet.

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Cheikh El Kebir Ould Moulay Taher, ministre mauritanien des Télécoms :
«l’Algérie joue un rôle stratégique»

Le ministre mauritanien du secteur, Cheikh El Kebir Ould Moulay Taher, a, lui aussi, mis l’accent sur le rôle stratégique que joue l’Algérie dans le développement numérique et technologique de la région, ajoutant que son pays «ne ménage aucun effort pour que le projet de la dorsale transsaharienne se concrétise».

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Hassan Baraz Moussa, ministre nigérien  de la Poste et des TIC :
«Accélérer  la cadence»

Le ministre nigérien de la Poste et des Nouvelles technologies de l’information, Hassan Baraz Moussa, a mis en avant l’engagement de son pays à accélérer la réalisation de ce projet, affirmant que les travaux «ont été déjà lancés».

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Isa Ali Ibrahim, ministre des Télécommunications  du Nigeria :
«Contribuer au développement des économies locales»

Abondant dans le même sens, le ministre des Télécommunications du Nigeria, Isa Ali Ibrahim Pantami a indiqué que le projet de réalisation de la dorsale transsaharienne en fibre optique contribuera au développement des économies locales, précisant que le gouvernement de son pays «apporte tout son soutien» à la réalisation de ce projet stratégique.

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Banque africaine de développement
Un des bailleurs de fonds

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé en 2017 le financement du projet de la dorsale transsaharienne à fibre optique qui doit interconnecter l’Algérie, le Niger, le Nigeria, le Mali et le Tchad. C’est ce qu’a déclaré Boubacar Sidiki Traoré, le représentant de la BAD en Algérie lors de la conférence africaine sur la Gouvernance de l’Internet qui s’est tenue à Alger. Il a ajouté qu’au-delà de cette interconnexion, la BAD compte également «accompagner et appuyer les pays respectifs à renforcer et améliorer la résilience et la diversification de leur économie, notamment à travers la mise en place des infrastructures et applications TIC tout en les appuyant dans le renforcement des cadres juridiques et réglementaires y afférents pour lutter contre les défis posés par les innovations technologiques en particulier Internet», selon le site agenceeconfin.com. A noter que le projet de la dorsale transsaharienne à fibre optique, dans sa première phase, devrait interconnecter l’Algérie, le Niger, le Nigeria et le Tchad. La seconde phase s’appesantira sur l’interconnexion de l’Algérie, du Mali et du Niger. Le Niger a d’ailleurs déjà reçu, de la BAD, un financement de 43,9 millions d’euros pour réaliser sa partie de la dorsale. Cette somme est composée d’un prêt de 31,4 millions d’euros et d’un don de 12,5 millions d’euros. L’intervention proposée consiste à compléter les maillons manquants au Niger et au Tchad de la dorsale transsaharienne.


 

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