ETAIT-IL UNE FOIS ?

    par Belkacem Ahcene-Djaballah

                                                                                             Livres

Les contes de Yemma. Recueil de Djamila Lounis Belhadj, Casbah Editions, Alger 2019, 156 pages, 600 dinars

Trente contes. Des longs, des courts, des moyens, des très intéressants, des intéressants, des pas intéressants, de la symbolique, du fantastique, de l’êtres humain (avec ses qualités et ses défauts), des animaux, de la nature, des bons, des malicieux, des traîtres, des lâches, des méchants, des très méchants, des mensonges, des louis d’or qui pleuvent… et même de la graine de violence. Ça tourne aussi autour d’histoires d’ogres qui mangent les petits enfants, d’animaux qui s’entre-bouffent, de coups tordus, d’esprits malins, de tours de sorcellerie… On y rencontre, bien sûr, l’inévitable «juif» (fourbe, bien sûr !?). Un tout qui peut ne pas manquer de traumatiser. Les contes d’antan, ceux de notre si lointaine enfance, n’étaient donc pas «soft».

D’où, peut-être, nos multiples «perturbations» psychologiques. Il est vrai que c’était là une autre époque. Assez vite dépassée et oubliée, il est vrai, de nos jours, par les séries télévisées fantastiques, de science-fiction et les mangas… et dont les conséquences psychologiques encore plus graves sur l’enfance et la jeunesse restent encore à découvrir.

Heureusement, il y a quelques belles histoires dont on peut tirer une morale acceptable… comme celle du «lion et de l’aigle». La pratique dictatoriale du pouvoir qui rend arrogant… et qui se paye cher. Morale : «Il ne faut jamais mépriser un plus petit que soi».

L’Auteure : Professeure d’enseignement moyen aujourd’hui retraitée, auteure de contes pour enfants et d’ouvrages parascolaires. Elle a traduit en français des fables de «Kalila oua Dimna». Auteure, aussi, d’un recueil de nouvelles, «Femmes en clair-obscur» (Casbah Editions)

Sommaire : 30 contes

Extraits : «Jadis, les contes se narraient en hiver, les nuits étant longues. On les racontait après le dîner, assis autour du brasero. C’était avant l’ère de la télévision» (p13, préface), «Laisse-moi t’expliquer mes calculs. Tous les hommes que leurs épouses gouvernent, je les ai considérées comme étant des femmes, c’est ainsi que j’ai trouvé plus de femmes que d’hommes»(p 97).

Avis : Une plongée dans l’enfance et dans le passé très lointain. «Le parfum des histoires transmises de bouche à oreille depuis la nuit des temps», …mais attention, car il y a quand même une certaine «violence» qui pourrait ne pas être comprise par les petits ou mal interprétée par de plus âgés… Des contes où le bon n’est pas toujours récompensé.

Citations : «On ne connaît jamais assez les gens, même ceux qui nous sont les plus proches» (p 52), «Un bienfait reçu ne s’oublie jamais, à défaut de le rendre, on s’en rappelle toujours» (p 77)

Les belles histoires de Bahia. Recueil de Bahia Rachedi et Othmane Aoudjit, Casbah Editions, Alger 2019, 102 pages, 500 dinars

Des histoires, pour la plupart très courtes et écrites tout simplement… et assez originales en ce sens qu’elles laissent au lecteur le soin de tirer la morale.

Des histoires qui racontent une histoire destinée d’abord et avant tout aux enfants ; une histoire à leur portée et liée à la réalité : le travail, l’effort, l’honnêteté, l’amour des parents, l’amour filial, le respect de la nature et des bêtes, du rêve… Pas de violence, pas d’ogres, pas de sorcières, pas de meurtres… Si, une seule fois avec une tentative d’empoisonnement commise (qui a heureusement échoué) par une marâtre jalouse de sa petite belle-fille (p 73)… Des histoires ultra-soft.

Ah ! tout de même une belle histoire, celle de «L’école de Malak» (p 53). Emouvante ! L’histoire d’une fillette et, brillante élève, qui, par amour et admiration pour sa maman (une maman courageuse et sur tous les fronts, en l’absence fréquente du papa, pris par son travail), réussit à se faire photographier (lors de la séance annuelle de photographie de toute la classe) avec un grand portrait de… sa maman. Son rêve venait de se réaliser : sa maman posait avec elle sur la photo… Tout un message d’amour filial… et par la suite, les élèves et les professeurs décidèrent de baptiser cette école « L’école des Anges». Pas beau, tout ça ?

Les Auteurs : Bahia Rachedi, née dans la Mitidja, brillante carrière de comédienne (cinéma, théâtre, télévision, animation…). Une grande moisson d’hommages et de récompenses Othmane Aoudjit, autodidacte… passage par les Beaux-arts d’Alger… artiste

Sommaire : 28 histoires

Avis : Des histoires ultra-soft. A lire et… surtout, à faire lire… aux petits. Notes négatives : le livre comporte des coquilles» (beaucoup !) avec des mots qui sont collés les uns aux autres, coquilles qui peuvent induire en erreur les nouveaux apprenants… Par ailleurs, on retrouve une histoire répétée sous deux titres différents (p 35 et p 39).Toujours le problème de «contrôle de qualité» !


 

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