mercredi, 17 avril 2024

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Tunisie : la nouvelle Constitution adoptée à une très large majorité

      Une année après la décision du président Kaïs Saïed de suspendre les travaux du Parlement et de lancer ses réformes politiques, les Tunisiens étaient appelés lundi 25 juillet à se prononcer par référendum sur une nouvelle Constitution.

Les Tunisiens qui ont célébré le 65e anniversaire de l’avènement de la République et l’abolition de la monarchie en 1957, ne se sont pas rendus massivement aux urnes, en dépit des appels au vote lancés par le président Saïed, mais ceux qui ont fait le déplacement ont dit oui à une très large majorité à la nouvelle loi fondamentale du pays.

Le texte a été approuvé à 92,3 %, mais avec un taux de participation de 28,3 % sur 9,3 millions d’inscrits, selon la presse locale qui cite l’institut Sigma Conseil, sur la base de sondages sortis des urnes.

« La Tunisie est entrée dans une nouvelle phase », a affirmé le président Kaïs qui s’est rendu à la rue Bourguiba à Tunis pour fêter la victoire avec ses partisans. « Il y avait une grande foule dans les bureaux de vote », a-t-il estimé en ajoutant que le taux aurait été « plus élevé si le vote s’était déroulé sur deux jours ».

Craintes d’une dérive autoritaire

La nouvelle Constitution, qui renforce les pouvoirs du président Saïed, est censée mettre fin à la crise politique qui secoue la Tunisie depuis des années.

Une crise dont s’est servie le président tunisien pour dissoudre le Parlement, dominé par les islamistes du mouvement Ennahda, limoger le gouvernement et s’accaparer tous les pouvoirs, et de proposer une nouvelle Constitution pour remplacer celle de 2014.

Des partis politiques et des ONG redoutent une dérive autoritaire du président Saïed, après l’adoption de la nouvelle Constitution. Pour Hama Hamami, du Parti des travailleurs tunisien, dans la nouvelle Constitution, le président de la République dispose de tous les pouvoirs : exécutifs, législatifs, judiciaires et religieux.

Le parti islamiste Ennahda, le principal perdant dans les réformes engagées par le président Saïed, a appelé au boycott du référendum, et critiqué la nouvelle Constitution qui place, selon lui, « la plupart des pouvoirs dans les mains d’un seul homme« .


                Les Tunisiens votent sur une nouvelle Constitution

par R.N.

Les Tunisiens votaient lundi par référendum sur une nouvelle Constitution. La participation est le principal enjeu du référendum, où le oui a de fortes chances de l’emporter puisque les grands partis d’opposition ont appelé leurs électeurs à s’abstenir de voter. Près de 12% — exactement 1,053 million — des 9,3 millions d’inscrits avaient voté à 12H00 GMT, a indiqué Farouk Bouasker, président de l’autorité électorale, se disant convaincu que « ce chiffre va encore augmenter. Les premiers résultats sont attendus au plus tôt mardi.

Dans les bureaux de vote du centre de Tunis, l’affluence était en effet supérieure aux prévisions, selon les journalistes de l’AFP. Après avoir voté, le président a appelé les électeurs à approuver sa Constitution pour « établir une nouvelle République fondée sur la vraie liberté, la vraie justice et la dignité nationale ». La nouvelle loi fondamentale instaure un régime hyper-présidentiel accordant de vastes pouvoirs au chef de l’Etat, en rupture avec le système parlementaire en place depuis 2014. L’opposition et de nombreuses ONG ont dénoncé une Constitution « taillée sur mesure » pour M. Saied, et le risque de dérive autoritaire d’un président n’ayant de comptes à rendre à personne.


Référendum — Selon les premières estimations de sigma conseil, 92,3% des électeurs ont voté pour la nouvelle constitution: Les Tunisiens ont dit leur mot ! 

Sur 8.929.665 inscrits, le nombre de votants au référendum a atteint, hier, 2.458.985 Tunisiens qui ont afflué vers les bureaux de vote dès les premières heures de la matinée. Un taux de participation de 27,54% jugé important par l’instance électorale qui a fait part d’une opération référendaire sans incidents. Alors que les résultats préliminaires devraient être dévoilés aujourd’hui, mardi, par l’Isie, Sigma Conseil a estimé que 92,3% ont voté pour la nouvelle Constitution. A l’issue

de cette annonce, des scènes de liesse ont été observées notamment à l’avenue Habib-Bourguiba à Tunis, où des

citoyens ont célébré ce qu’ils appellent « une victoire ».

• Le vote référendaire s’est déroulé d’une manière « normale », « souple » et « sans incidents », selon l’instance électorale

• Selon les premières estimations de Sigma Conseil, 92,3% des électeurs ont voté pour la nouvelle Constitution

• Les organisations observatrices relèvent certaines irrégularités insignifiantes et sans conséquence sur le référendum

• La déclaration médiatique du Président de la République sous la loupe de l’Isie et de la Haica

• Les premiers résultats sont attendus aujourd’hui, dans l’après-midi, estime l’Isie

C’était le jour J pour le processus du 25 juillet. Après une année, jour pour jour, le référendum tant attendu a bien a eu lieu hier en Tunisie où les électeurs ont pris la direction des urnes dès six heures du matin. Alors que certains bureaux ont ouvert leurs portes tardivement pour des raisons sécuritaires, notamment dans les zones frontalières, l’opération référendaire s’est déroulée d’une manière « normale et fluide », selon les affirmations de l’instance électorale. En effet, le président de l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), Farouk Bouasker, a souligné dès les premières heures du vote que l’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions dans les 11.600 bureaux et 4.800 centres de vote répartis dans les différentes régions de la Tunisie. Mohamed Naoufel Frikha, membre de l’instance électorale, a indiqué, pour sa part, que ces onze mille bureaux de vote ont ouvert leurs portes à temps, soulignant qu’aucun manque de matériel électoral n’a été enregistré.

Plusieurs problèmes techniques ont été rapidement résolus, notamment en ce qui concerne les services numériques mis à la disposition des agents de l’Isie pour enregistrer le taux de participation au vote. Cependant, l’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections (Atide) a constaté un retard entre 10 et 26 minutes dans le démarrage des opérations de vote pour le référendum sur une nouvelle constitution tunisienne et ce, dans un certain nombre de centres de vote, outre un manque d’équipements dans environ 26% des centres de vote observés.

Lors d’un point de presse, le président de l’association, Bassam Maâtar, a indiqué que les observateurs de l’Atide, dont le nombre s’élève à 430 en TunIsie et 6 à l’étranger, ont été empêchés de circuler librement dans les centres de vote, appelant à leur garantir le droit d’accès à tous les endroits dans les centres de vote.

Kaïs Saïed brise le silence Le Président de la République, Kaïs Saïed, et son épouse Ichraf Saïed se sont rendus, dès lundi matin, au bureau de vote de l’école primaire Ennasr 1 à la Cité Ennasr à Tunis pour voter au référendum sur la nouvelle constitution. Profitant de cette occasion, Kaïs Saïed a donné une déclaration aux médias présents pour revenir sur tout le processus qu’il a engagé depuis le 25 juillet 2021. Lui qui a appelé les Tunisiens à aller voter « pour ou contre » cette nouvelle Constitution a promis un passage à une nouvelle Constitution. «Nous bâtirons une nouvelle République différente de celle qui existait», a affirmé Saïed, soulignant que l’objectif est de construire un Etat et une société de droit tel que stipulé dans le préambule de la constitution.

«A travers le référendum, le citoyen se sentira impliqué dans l’élaboration de la loi et veillera à son application», a-t-il dit. Saïed a expliqué que la nouvelle constitution stipule la possibilité de révoquer un député, indiquant que cela sera précisé par la loi électorale qui sera mise en place, ou élire le conseil parlementaire, le conseil régional et territorial, lequel réunira les groupes marginalisés et exclus de la prise de décision. Cette déclaration n’est pas passée inaperçue.

Certains ont considéré qu’il s’agit d’une infraction contre le silence électoral. A cet effet, l’Isie a souligné que la loi sera appliquée à tous pour préserver le bon déroulement du référendum. Pour sa part, la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica) a relevé plusieurs violations, par des médias audiovisuels, de l’interdiction de toute forme de propagande pendant le silence électoral.

Dans un communiqué, la Haica a précisé que cette violation consiste à donner la parole à des personnalités officielles, aux partisans et aux opposants du projet de Constitution soumis au vote, pour qu’ils expriment leurs positions.

21,85% à 19h

Tout au long de la journée, le rythme de participation au référendum allait crescendo. Un pic d’affluence vers les bureaux de vote a été enregistré dans la soirée avec la baisse relative des températures. D’ailleurs, l’instance électorale a fait état d’un taux de participation de 21,85% à 19h. Le nombre des électeurs a atteint à cette heure 1.951.563 sur 8.929.665 personnes inscrites. En outre, les différentes organisations impliquées dans l’observation de l’opération référendaire ont fait état de plusieurs infractions et irrégularités, mais en majorité, on n’évoque pas de délits électoraux pouvant influencer le choix des Tunisiens. Le réseau « Mourakiboun « a enregistré pour sa part un retard d’environ une heure dans l’ouverture de certains centres de vote dans plusieurs zones rurales. L’observatoire «Chahed» pour le contrôle des élections et l’appui aux transitions démocratiques a constaté certaines irrégularités dans plusieurs bureaux de vote dont, notamment, un manque considérable des membres de ces bureaux. L’observatoire a dénoncé dans un communiqué le retard enregistré dans la remise des cartes d’accréditation aux observateurs de la société civile.

Photos : Abdelfettah BELAID


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