jeudi, 23 mai 2024

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« Le Maroc est une dictature », affirme la ministre espagnole du Travail

      L’Espagne s’apprête à vivre une année électoraleTrois élections devront redessiner le paysage politique dans le pays. Il s’agit des élections municipales et régionales le 28 mai et des élections générales en décembre. C’est dans ce contexte que le gouvernement espagnol rencontre des divergences entre les ministres. La coalition au pouvoir est traversée par des courants politiques qui ont des visions différentes, notamment en ce qui concerne le changement de position du gouvernement sur le dossier du Sahara occidental.

 

C’est dans ce contexte de campagne électorale que la ministre du Travail, Yolanda Díaz, du Parti communiste d’Espagne (PCE), a affirmé le 16 avril qu’elle reviendrait sur le changement de position de l’Espagne en faveur du Maroc si elle devenait présidente du gouvernement. La ministre a également déclaré dans une interview accordée à Jordi Évole que le Maroc est une dictature et qu’elle reviendrait sur la décision de reconnaître le plan marocain d’autonomie du Sahara si elle devenait présidente du gouvernement.

Suite à ces déclarations, le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a affirmé depuis Strasbourg que « ces opinions sont personnelles. Il peut y avoir des opinions d’autres groupes politiques, mais ce qui est clair, c’est la manière dont le gouvernement espagnol aborde ses relations avec son voisin ». Ce ministre, qui a participé au changement de position de l’Espagne par rapport à la question du Sahara occidentale, a également réaffirmé que son pays entretient une relation de « collaboration et de coopération » avec le Maroc. Des relations basées sur le « respect mutuel » et la « responsabilité », selon ce ministre, qui a profité de l’occasion pour s’attaquer au Parti Populaire. « Je pense que le Parti Populaire a toujours tort et s’est encore trompé. Il y a des moments où il faut être l’opposition, mais il y a des moments où il faut être l’Espagne », a-t-il déclaré.

Il faut dire que le PCE fait partie de plusieurs partis et personnalités politiques qui continuent de dénoncer le changement de position du gouvernement de Pedro Sanchez sans réel consensus en Espagne. Le président du Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, avait également promis de revenir sur cette décision s’il est élu au poste de chef du gouvernement.


    Espagne : Pedro Sanchez se noie dans ses contradictions

 

Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, est plus affaibli et isolé que jamais. Suite aux déclarations de la deuxième vice-présidente, ministre du Travail et leader de la nouvelle formation politique SUMAR, Yolanda Díaz, dans lesquelles elle a affirmé que le régime politique du Maroc est une dictature, Pedro Sanchez  a été forcé de se présenter au Congrès pour défendre les relations entre le Maroc et l’Espagne.

Lors de son intervention, il s’est contenté de lieux communs, éludant comme de juste les sujets qui fâchent. Il en va ainsi de l’émigration clandestine, carte avec laquelle le Maroc se sert comme moyen de chantage et de pression à l’endroit de Madrid, mais aussi de toute l’Europe. Il a également omis d’aborder les provocatrices revendications marocaines concernant les enclaves espagnoles, alors qu’il avait été convenu secrètement que le Maroc ne le ferait plus en échange de la trahison par Pedro Sanchez de la cause sahraouie.

Pedro Sanchez n’a pas non plus évoqué le gel par l’Algérie de son traité de coopération et d’amitié conclu avec l’Espagne, en guise de protestation et de représailles. Le manque à gagner qui en a résulté dépasse les deux milliards d’euros en un à peine une année. Des milliers d’entreprises ibériques directement ou indirectement impactées, se trouvent en effet au bord du dépôt de bilan. Enfin, Pedro Sanchez a soigneusement zappé les raisons profondes du chantage marocain dont il est l’objet, en lien sans doute avec les juteuses affaires de son épouse au Maroc.

Bref, l’écran de fumée déployé par ce dernier devant les parlementaires espagnols n’a dû berner, ni bercer, personne. Les urnes le prouveront très bientôt…

Ali Oussi


       Espagne : le Maroc qualifié de « dictature », Pedro Sanchez décrié

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez continue de subir les retombées de son alignement sur la position marocaine concernant le conflit au Sahara occidental.

Pedro Sanchez doit justement comparaître ce mercredi 19 avril devant le congrès des députés espagnols où il devrait répondre de ses décisions sur le Maroc et le Sahara occidental.

Pedro Sanchez est attendu de pied ferme par les députés de l’opposition de droite mais aussi une partie de la coalition de gauche qui forme son gouvernement.

Au-delà de la pression des parlementaires, Pedro Sanchez est décrié au sein même de son gouvernement.

En effet, la deuxième vice-présidente de l’exécutif Yolanda Diaz a tenu des propos très durs à propos des décisions prises par Pedro Sanchez sur le Sahara occidental.

Yolanda Diaz a affirmé, dans une interview accordée dimanche à la Sexta, qu’elle n’hésiterait pas à remettre en cause la nouvelle position de Sanchez sur le Sahara occidental.

Le 18 mars 2022, l’annonce du revirement espagnol sur le Sahara occidental a été faite dans un communiqué du cabinet royal marocain.

S’en est suivi une crise sans précédent entre l’Espagne avec l’Algérie. En signe de protestation contre la décision du gouvernement espagnol, Alger a rappelé samedi 19 mars son ambassadeur à Madrid avant de geler le traité d’amitié et le commerce avec l’Espagne en juin de la même année.

Maroc – Espagne : Pedro Sanchez décrié au sein de son propre staff

À ce jour, les pertes des entreprises espagnoles se chiffrent à plus de 800 millions d’euros suite au blocus algérien selon la presse espagnole.

Devant ce constat de crise, Yolanda Diaz a affirmé qu’elle reviendrait à une position équilibrée sur la question du Sahara occidental. « Je reviendrais à la position initiale de l’Espagne sur le Sahara occidental », a-t-elle déclaré.

Yolanda Diaz, qui est également ministre Travail et de l’Économie sociale, n’a pas mâché ses mots en évoquant le Maroc qu’elle a qualifié de « dictature ».

Les déclarations fortes de Diaz interviennent juste avant la comparution de Pedro Sanchez devant les députés.

Les propos de Yolanda Diaz ont été plutôt bien accueillis par le Front Polisario qui s’est exprimé par le biais de son délégué en Espagne Abdulah Arabi. Le diplomate Sahraoui a salué sur Twitter la « clarté » et la « fermeté » avec lesquelles s’est exprimée Yolanda Diaz sur le Sahara occidental.

La charge de Yolanda Diaz contre Pedro Sanchez survient à quelques mois des élections générales en Espagne en fin d’année. Le chef du gouvernement espagnol dirige une coalition fragile formée par des républicains connus pour leurs positions en faveur du Sahara occidental.

Il sera très difficile à Pedro Sanchez de gouverner sans ses alliés de gauche d’autant plus que l’opposition de droite se prépare à le renverser en raison notamment de ses décisions qui ont fortement impacté les relations de l’Espagne avec son entourage immédiat dont l’Algérie.

D’autant que l’alignement de Sanchez sur les thèses marocaines sur le Sahara occidental n’a pas calmé les ambitions du Royaume concernant Sebta et Melilla. Le 7 avril, le président de la Chambre des Conseillers du Maroc, Enaam Mayara a appelé à la rétrocession de ces deux esclaves au Maroc par l’Espagne. Trois jours après, la ministre espagnole de la défense Margarita Robles a rappelé à qui appartiennent Sebta et Melilla.

De son côté, l’Algérie n’entrevoit aucune solution à la crise avec l’Espagne tant que Pedro Sanchez est au pouvoir à Madrid. Alger mise sur une défaite du chef du gouvernement espagnol aux prochaines élections pour espérer un retour de l’Espagne à une position de neutralité sur le Sahara occidental.


     Sahara occidental : Emmanuel Macron répond fermement à Mohammed VI

Entre la France et le Maroc, les relations diplomatiques ne font que se détériorer. Les tentatives du président français d’apaiser le Royaume s’avèrent vaines, le Maroc refusant la main tendue d’Emmanuel Macron. Ces relations sont surtout minées par la position de la France sur la question du Sahara occidental. Le Maroc exige de son allié traditionnel de s’aligner sur sa proposition d’autonomie, mais la France refuse, pour l’instant.

Le président français et le roi du Maroc sont tous les deux au Gabon. Cependant, ils ne vont pas se rencontrer. Les divergences sur le dossier du Sahara occidental sont l’obstacle principal des relations entre les deux pays. Des divergences qui ne feront que s’accentuer en vue des dernières déclarations d’Emmanuel Macron.

En effet, le président français a enfin répondu au discours de Mohammed VI d’il y a 6 mois. Appelé par le roi marocain à se positionner sur la question du Sahara occidental, le président français a refusé catégoriquement. « On semble encore aussi attendre d’elle (la France) des positionnements qu’elle se refuse à prendre, et je l’assume totalement. Au Gabon comme ailleurs, la France est un interlocuteur neutre qui parle à tout le monde et dont le rôle n’est pas d’interférer dans des échanges [sur la] politique intérieure », a déclaré sans ambiguïté Emmanuel Macron.

Ainsi, les lendemains des relations entre le Maroc et la France se compliquent davantage. Macron refuse le chantage de Mohammed VI. Pourtant, le roi a également été clair. Dans son discours du 20 août 20221, Mohammed VI avait adressé un « message clair à tout le monde », notamment à ses alliés. Il avait affirmé que « le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international […] C’est aussi clairement et simplement l’aune qui mesure la sincérité des amitiés et l’efficacité des partenariats qu’il établit.».

Le roi avait également ajouté : « S’agissant de certains pays comptant parmi nos partenaires, traditionnels ou nouveaux, dont les positions sur l’affaire du Sahara sont ambiguës, nous attendons qu’ils clarifient et revoient le fond de leur positionnement, d’une manière qui ne prête à aucune équivoque ».

Le roi Mohammed VI du Maroc a donc reçu la réponse qu’il attendait depuis des mois. La France ne veut pas s’aligner. Une situation qui présage que l’avenir des relations franco-marocaines ne peut être que sombre.


  1. Mohammed VI parle d’Espagne et de France, mais le Roi du Maroc ignore l’Algérie dans son discours 

     

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