Actualités / AU FIL DES JOURS

Par Belkacem Ahcène-Djaballah

1. Sortie de crise : mille et une propositions et réflexions venant aussi bien de nouveaux que d’anciens «experts» ou parti (e)s, tous devenus «constitutionnalistes», certaines très (ou trop) sérieuses, d’autres farfelues, certaines illisibles, d’autres incompréhensibles. Elle rendent, les plateaux de télés s’étant multipliés, souvent animés par des journalistes tendancieux, parfois voulant se refaire une virginité – de plus en plus illisible la scène politique du pays. Une véritable impasse résumée ainsi par Kamel Daoud : «l’union sacrée du Régime est un danger pour le pays. Mais notre désunion joyeuse et radicale l’est aussi. D’un côté, on demande au Régime de partir et de l’autre nous voulons que ce soit lui qui trouve une solution. C’est une impossibilité» («Chronique Banc public, Le Quotidien d’Oran ; mardi 16 avril 2019). Comment se sortir de cet embrouillamini qui fait (toujours) l’affaire de ceux qui ont (peu ou prou) dirigé le pays… depuis 55 ans ? Revenir très vite aux fondamentaux de la vie démocratique : une élection présidentielle dans les plus brefs délais, une Constitution nouvelle ou revue et corrigée, des partis politiques et des organisations professionnelles refondus et le Fln-historique au musée, les élections législatives puis locales… tout cela surveillé de bout en bout… en permanence – dès maintenant – par une instance indépendante,… mais aussi et surtout par le peuple, sur le terrain. Car, là est la lutte la plus importante : maintenir la pression des citoyens par une liberté d’opinion et d’expression… publique… si possible en des moments (hors heures de travail : toujours le vendredi) et des endroits qui doivent devenir emblématiques… et à travers les médias, tous les médias. 

2. «Nous vivons aujourd’hui une détérioration linguistique qui s’accentue de façon inégalée et qui se développe constamment parmi ces jeunes auteurs de différentes tranches d’âge, et ce, à travers les réseaux sociaux. Ces jeunes qui utilisent et exercent une fusion de types d’expression tirés des différentes langues quotidiennes, à savoir l’arabe classique, le dialecte et les langues étrangères», a déploré récemment le président du Haut-Conseil de la langue arabe (HCLA) et également membre actif au sein de l’Académie de langue arabe du Caire (Egypte). 

Ceci lors d’un «colloque scientifique» sur le thème «La langue moderne des jeunes» qui s’est déroulé dernièrement à Alger et qui a vu la présentation de plusieurs interventions s’articulant autour du rôle de la langue arabe dans la construction de l’identité des jeunes et du langage moderne utilisé par les jeunes sur les réseaux sociaux. 

Encore un colloque, organisé par des «vieux»… sur les pratiques des jeunes… et en leur absence. Au fait, où en est-on avec notre «Académie de la langue arabe» pompeusement créée par l’ancien président et ayant surtout servi à rémunérer quelques «Académiciens» copains et amis ? 

3. Citation de la semaine : «Hitler aurait adoré les réseaux sociaux. C’est le plus puissant outil marketing dont un extrémiste puisse rêver», a lancé Bob Iger, PDG du groupe Walt Disney, numéro un mondial de l’industrie du divertissement, qui a également appelé les dirigeants politiques à rompre avec la culture de la division et du mépris. 

«La haine et la colère nous attirent de nouveau vers les abysses. L’apathie gagne du terrain (…) Le monde politique, en particulier, est à présent dominé par le mépris». «Les réseaux sociaux sont conçus pour refléter une vision du monde étriquée, filtrant tout ce qui remet en cause nos croyances tout en confortant constamment nos convictions et en amplifiant nos peurs les plus profondes», a-t-il analysé. 

«Et dans le pire des cas, les réseaux sociaux permettent au mal de s’attaquer aux esprits troublés et aux âmes perdues. Nous savons tous que les nouvelles véhiculées par les réseaux sociaux contiennent autant de fiction que de faits, propageant des idéologies répugnantes qui n’ont pas leur place dans une société civilisée», a insisté M. Iger… qui veut entendre un discours (politique) qui n’est pas fondé sur le mépris d’autrui et une vision de l’avenir qui ne laisse pas «des millions de gens sur le bord de la route», a-t-il insisté. «Nous avons la responsabilité de réparer ce qui est cassé (…). Nous pouvons faire mieux», a conclu B. Iger. Pro-sioniste, il a oublié le drame des Palestiniens. Et, président d’une gigantesque boîte de com’ (qui a racheté, fin 2017, des actifs de 21st Century Fox, pour 66,1 mds usd dont 13,7 de dettes), on comprend ses inquiétudes. 

4. Extraits d’un récent rapport réalisé par le Pr Belkacem Mostefaoui, sociologue des médias et professeur à l’Ecole nationale supérieure de journalisme et des sciences de l’information d’Alger, dans le sillage d’une enquête financée par l’Union européenne sous le titre générique : «Generation What ? Arabic» (https://dz.generation-what.org/fr/).Un volet de cette étude a trait au degré de confiance dans les institutions publiques ou «l’indicateur de défiance institutionnelle». «La jeunesse algérienne a très peu confiance en ses institutions : seuls 17% des jeunes femmes et 13% des jeunes hommes leur accordent cette confiance», assure-t-il. C’est l’ANP qui capitalise le plus de confiance avec un taux d’opinions favorables de 62%. «Seule l’armée, avec tout juste 38% de défiance, reste perçue très majoritairement comme inspirant de la confiance». 

5. Encore un classement international calamiteux. Dernier rapport RSF 2019 sur l’état de la liberté de la presse (avant le 22 février). Algérie : 141e sur 180 pays étudiés. On a même reculé (136e en 2018). 

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