Sommet de l’association des nations de l’Asie du Sud-Est : Les tensions en mer de Chine méridionale au menu

   

 

Le sommet des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) s’est ouvert hier à Hanoï, au Vietnam.

La rencontre se tient en visioconférence. L’escalade des tensions entre Washington et Pékin en mer de Chine méridionale dominera cette rencontre qui s’étend jusqu’à samedi. Le secrétaire américain, Mike Pompeo, et le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, doivent y prendre part.

La question de la péninsule coréenne figure également parmi les priorités de la réunion de l’Asean. Les pourparlers entre Pyongyang et Washington sur l’arsenal nucléaire de la Corée du Nord sont au point mort depuis l’échec, l’an dernier, du sommet entre le leader Kim Jong-un et le président américain, Donald Trump. Les participants à la réunion de l’Asean vont aussi travailler sur la crise économique engendrée par la pandémie du coronavirus.

Washington et Pékin multiplient les manœuvres militaires en mer de Chine méridionale. La zone est revendiquée dans sa totalité par l’Empire du Milieu. Ce que contestent plusieurs pays voisins comme les Philippines, la Malaisie, Brunei, l’Indonésie, Singapour et le Vietnam qui veulent en contrôler certaines parties. Fin août, les Etats-Unis ont annoncé des sanctions à l’encontre d’entreprises et de responsables chinois accusés de contribuer à la «militarisation» de cette mer, en y installant des avant-postes sur ses îles.

Le chef de la diplomatie américaine a affirmé, le 13 juillet, que considérant les revendications territoriales de la Chine en mer de Chine méridionale comme «complètement illégales, de même que sa campagne d’intimidation pour les contrôler». Il a rappelé le jugement, en 2016, d’un tribunal de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye, selon lequel la Chine n’a pas de base légale pour revendiquer des «droits historiques» sur cette zone. «La décision du tribunal arbitral est définitive et elle a force exécutoire pour les deux parties. Le monde ne permettra pas à la Chine de traiter la mer de Chine méridionale comme son empire maritime», a-t-il soutenu.

L’ambassade de Chine à Washington a répliqué en dénonçant, dans un communiqué, des «accusations totalement injustifiées». Du 1er au 5 juillet, des exercices militaires chinois autour des îles Paracels ont fait monter la tension. Washington a répondu en envoyant deux porte-avions sur place.

En mars, Pékin a installé deux «centres de recherche» sur deux récifs, transformés en îles artificielles, situés dans les îles Spratleys, dans une zone revendiquée par les Philippines et le Vietnam. Il y a construit, il y a quelques années, des pistes d’atterrissage pour des avions de chasse et des bombardiers.

Zones convoitées

La Chine fonde sa légitimité sur ces territoires sur des cartes remontant aux années 1940. Washington prône un règlement multilatéral de ces conflits. La vision de Pékin est plutôt favorable à des négociations bilatérales. Ces zones disputées sont désignées sous des appellations selon leur vision de la région : Pékin les appelle mer de Chine ; Hanoï mer de l’Est ; mer des Philippines occidentales pour Manille. En 1977, les Philippins ont tenté d’occuper l’île d’Utu Aba. L’épreuve a échoué face aux forces taïwanaises. Taipei se sent impliqué dans le conflit, même s’il n’est pas reconnu par la Chine, mais constitue, comme Manille, un des alliés des Etats-Unis dans la région. En 1983, c’est au tour de la Malaisie de soulever la question de sa souveraineté sur trois îles des Spartleys, puis récidive en 1986 pour prendre d’autres îles.

Le Vietnam proteste. En 1984, Brunei établit une zone exclusive de pêche sans pour autant la revendiquer. En avril 2001, un avion de reconnaissance de la marine américaine entre en collision avec un chasseur de la marine chinoise près de l’île de Hainan, une province de la Chine. D’où un grave incident diplomatique entre Washington et Pékin.

En mars 2009, le Pentagone accuse la Chine d’avoir harcelé l’Impeccable, un bâtiment scientifique non armé, opérant à environ 120 km au sud de l’île de Hainan, alors qu’il menait une opération de «routine». Pour Pékin, l’Impeccable a violé le droit chinois et la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, ratifiée par la Chine mais pas par les Etats-Unis. En avril 2012, des gardes-côtes philippins appréhendent huit bateaux de pêche chinois près du récif Scarborough. Pékin y déploie alors une partie de sa flotte et réaffirme sa souveraineté sur le récif. A l’occasion de sa visite à Manille, en novembre 2011, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a rappelé le traité de défense mutuelle de 1951 liant les deux pays.

Les relations entre Pékin et Washington sont en friction, notamment depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19, dont le président américain, Donald Trump, attribue la responsabilité à l’absence de transparence des autorités chinoises. Les tensions, limitées jusque-là aux questions commerciales, se sont multipliées sur plusieurs questions, entre autres, Hong Kong, Taïwan, accusations d’espionnage industriel, droits des musulmans ouïghours. En juillet, le chef de la diplomatie américaine a appelé «le monde libre à triompher face à la nouvelle tyrannie» incarnée, selon lui, par la Chine communiste.

Il a décrit le consulat chinois à Houston comme «une plaque tournante de l’espionnage». «La Chine d’aujourd’hui est de plus en plus autoritaire à l’intérieur du pays, et plus agressive dans son hostilité face à la liberté partout ailleurs», a-t-il déclaré en Californie. 


    Négociations Vietnam – Chine sur la zone maritime à l’extérieur du golfe du Bac Bo

Le 9 septembre, le Vietnam et la Chine ont organisé en ligne le 13e cycle des négociations du groupe de travail sur la zone maritime à l’extérieur du golfe du Bac Bô.
Negociations Vietnam - Chine sur la zone maritime a l’exterieur du golfe du Bac Bo hinh anh 1
Le 26 avril 2019, dans le golfe du Bac Bo, les garde-côtes du Vietnam et de Chine ont achevé un contrôle mixte de pêche. Photo d’archives : VNA

Hanoï (VNA) – Le 9 septembre, le Vietnam et la Chine ont organisé en ligne le 13e cycle des négociations du groupe de travail sur la zone maritime à l’extérieur du golfe du Bac Bô et le 10e cycle des négociations du groupe de travail sur la coopération maritime pour un développement commun entre le Vietnam et la Chine.

La délégation vietnamienne était conduite par Nguyen Dang Thang, chef du Comité national des frontières relevant du ministère des Affaires étrangères. La délégation chinoise par Yang Renhuo, représentant pour les questions frontalières et maritimes au Département des affaires frontalières et océaniques du ministère chinois des Affaires étrangères.

Dans une atmosphère amicale et constructive, les deux parties ont convenu, sur la base de la feuille de route convenue, de s’efforcer de promouvoir les négociations sur la délimitation de la zone maritime à l’extérieur du golfe du Bac Bo et de discuter de la coopération pour un développement commun en Mer Orientale pour réaliser des progrès conformément au droit international, notamment la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 dont les deux pays sont membres.

Les deux parties ont en outre discuté franchement de la situation en Mer Orientale ces derniers temps. Elles se sont accordées sur le respect des conceptions communes des hauts dirigeants des deux pays, y compris l’Accord sur les principes directeurs du règlement des questions maritimes entre le Vietnam et la Chine, des directives des chefs des délégations de négociation de niveau gouvernemental concernant les frontières, le territoire, le règlement des différends, l’absence de tout acte susceptible de compliquer la situation, le maintien de la paix et de la stabilité dans la région.

Les deux parties ont décidé d’organiser le 14e cycle des négociations du groupe de travail sur la zone maritime à l’extérieur du golfe du Bac Bô et le 11e cycle des négociations du groupe de travail sur la coopération maritime pour un développement commun entre le Vietnam et la Chine, à un moment approprié qui sera négocié par la voie diplomatique. -VNA


Le communiqué commun de l’AMM 53 reconnaît les initiatives et les propositions du Vietnam en 2020

 
Hanoï (VNA) – Les ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN ont adopté un communiqué commun de la 53e conférence des ministres des Affaires étrangères de l’ASEAN (AMM 53), a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Nguyen Quoc Dung à la presse en marge de l’AMM 53 et des réunions connexes, le 10 septembre.
Le communique commun de l'AMM 53 reconnait les initiatives et les propositions du Vietnam en 2020 hinh anh 1
Le vice-ministre des Affaires étrangères Nguyen Quoc Dung. Photo : VNA

L’AMM 53 et les réunions connexes se déroulent sous forme de visioconférence du 9 au 12 septembre.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Nguyen Quoc Dung a souligné que la publication d’un communiqué commun de l’AMM 53 reflétait la solidarité et le consensus élevé ainsi que la détermination de l’ASEAN à annoncer ses vues sur les questions internes, la construction de la Communauté de l’ASEAN et les questions régionales et mondiales, ajoutant que c’est aussi un succès du pays hôte – Vietnam.

Selon Nguyen Quoc Dung, les négociations pour rédiger le document ont duré plus d’une semaine et un consensus a été atteint dans la matinée du 10 septembre. Il a déclaré que le communiqué commun couvre de nombreux aspects, mais l’important est qu’il a reconnu tout le travail de l’ASEAN dans un passé récent, ainsi que toutes les initiatives et propositions faites par le Vietnam en 2020.

En ce qui concerne la question de la Mer Orientale et les négociations sur un code de conduite des parties en Mer Orientale (COC), le vice-ministre des Affaires étrangères Nguyen Quoc Dung a déclaré que la question avait reçu une attention appropriée dans le communiqué commun de l’AMM 53, démontrant l’inquiétude de l’ASEAN sur la question et les principes, points de vue fondamentaux et souhaits du bloc, y compris la réalisation rapide d’un COC de qualité conforme au droit international et à la Convention des Nations Unies de 1982 sur le droit de la mer.

«Nous espérons poursuivre les négociations sur le COC le plus tôt possible», a déclaré Nguyen Quoc Dung, ajoutant que cela dépendait grandement du pays coordinateur des relations ASEAN-Chine, qui est actuellement les Philippines.

Il a poursuivi en disant que le Communiqué commun a pris note des initiatives et des efforts des pays de l’ASEAN pour répondre à la pandémie de COVID-19, tels que le Fonds de l’ASEAN pour la réponse au COVID-19, la Réserve régionale de fournitures médicales et l’élaboration d’un plan de relance économique post COVID-19.

Le vice-ministre des Affaires Nguyen Quoc Dung a révélé que le Fonds de l’ASEAN pour la réponse au COVID-19, mis en place lors du 36e sommet de l’ASEAN, dispose désormais de plusieurs millions de dollars américains et que les pays continuent d’y contribuer.

Le responsable a déclaré lors des réunions que le Vietnam et d’autres membres de l’ASEAN avaient fait preuve de solidarité et d’un consensus élevé sur des questions essentielles et fondamentales, y compris le rôle central de l’ASEAN et l’indépendance et la neutralité du bloc.

« Les membres de l’ASEAN font preuve d’une attitude sincère et constructive lors des réunions, constituant ainsi le rôle central de l’ASEAN dans la direction et la création d’une atmosphère propice aux discussions », a déclaré Nguyen Quoc Dung.-VNA


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