Bolivie / Le Mexique accorde l’asile à Evo Morales

Considérant que la vie d’Evo Morales est en danger, le ministre mexicain des Affaires étrangères a annoncé que son pays accordait l’asile politique au Président déchu.

Le Mexique a accordé lundi l’asile politique au président bolivien démissionnaire Evo Morales, écrit l’AFP, se référant à la déclaration du chef de la diplomatie mexicaine Marcelo Ebrard.

Mexico estime qu’Evo Morales, qui a annoncé dimanche sa démission, a été victime d’un coup d’État.

Marcelo Ebrard a déclaré que la vie de Morales était menacée et que la décision de lui accorder l’asile s’inscrivait dans une longue tradition mexicaine d’accueil des exilés politiques.

«Sa vie et son intégrité sont en danger», a déclaré Marcelo Ebrard à des journalistes. «Nous allons immédiatement informer le ministère bolivien des Affaires étrangères qu’en vertu du droit international, il doit bénéficier d’un sauf-conduit».

Evo Morales

Départ de Morales

Les protestations en Bolivie ont débuté le 20 octobre et ce, après la publication des résultats de la présidentielle. Selon les données du Tribunal électoral suprême, c’est M.Morales qui a remporté le scrutin dès le premier tour. Toutefois, son principal rival Carlos Mesa a refusé d’en reconnaître les résultats.

Depuis le début du mouvement, près de 380 personnes ont été blessées.

Après que l’OEA a publié un rapport constatant que des fraudes avaient été commises lors de la dernière présidentielle en Bolivie, le Président de ce pays latino-américain a annoncé la convocation des électeurs pour un nouveau scrutin.

Mais après que l’armée et la police ont sommé Morales à quitter le pouvoir, lui et son vice-Président, Alvaro Garcia Linera, ont annoncé le 10 novembre leur démission.

https://fr.sputniknews.com/international/201911111042409523-le-mexique-accorde-lasile-a-evo-morales/


«On est face à un coup d’Etat à caractère fasciste» en Bolivie, selon Maurice Lemoine

Sous pression en raison d’une vague de violences et du retournement de l’armée et de la police, le président Evo Morales a démissionné. Pour Maurice Lemoine, il s’agit d’un «coup d’Etat» dans le cadre d’une «vaste confrontation» sur le continent.

Ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique, Maurice Lemoine s’est exprimé sur RT France ce 11 novembre au sujet de la démission d’Evo Morales en Bolivie. Pour ce spécialiste de l’Amérique latine, cela ne fait aucun doute : «On est face à un coup d’Etat […] à caractère fasciste.» Précisant qu’il n’utilise pas souvent ce terme, à «manier avec précaution», le journaliste explique que, parmi les «protagonistes du coup d’Etat […] Luis Fernando Camacho [l’un des principaux leaders de l’opposition] appartient à l’extrême droite raciste».

Pour Maurice Lemoine, «on est dans un vaste rapport de force en Amérique latine entre les secteurs néolibéraux qui viennent de perdre des batailles importantes» en Argentine, où le péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez a remporté la présidentielle dès le premier tour, avec l’élection du président mexicain Andrés Manuel Lopez Obrador, ou encore avec les crises en cours au Chili et en Equateur.

«Evo Morales est une pièce importante et si on le fait tomber, on fait tomber l’un des alliés de ce que [l’ancien Conseiller à la sécurité nationale américain] John Bolton appelait la « troïka de la tyrannie », c’est-à-dire le Venezuela, Cuba et le Nicaragua», poursuit Maurice Lemoine, qui estime qu’on face à «une vaste confrontation à l’échelle du continent».

Evoquant l’avenir de la Bolivie, confrontée à une vacance du pouvoir après les démissions en cascade à la tête du pays, sous pression de l’armée et des violences qui ont éclaté depuis l’élection présidentielle du 20 octobre, qui donnait Evo Morales gagnant mais dont les résultats sont contestés par l’opposition.

«Je crains des violences. Il y a quand même 47% de Boliviens qui ont voté pour Evo Morales. Je ne pense pas que le renversement de leur président va passer comme une lettre à la poste», conclut Maurice Lemoine.

https://francais.rt.com/international/67795-on-est-face-coup-d-etat-a-caractere-fasciste-bolivie-selon-maurice-lemoine


>> Un «signal» au Venezuela : Trump «applaudit» l’armée bolivienne après le départ de

Morales


Les Etats-Unis ont commenté la démission d’Evo Morales, forcée par une spirale de violences et par le retournement de l’armée en Bolivie. Donald Trump voit dans ces événements «un signal fort» aux pays ennemis de Washington dans la région.

«La démission hier [le 10 novembre] du président bolivien Evo Morales est un moment important dans l’Hémisphère ouest […] Ces événements envoient un signal fort aux régimes illégitimes du Venezuela et du Nicaragua [tous deux dirigés par des gouvernements socialistes] que la démocratie et la volonté du peuple triompheront toujours», a commenté Donald Trump dans un communiqué de presse publié le 11 novembre.

«Les Etats-Unis applaudissent le peuple bolivien pour avoir réclamé la liberté, et l’armée bolivienne pour avoir respecté son serment de protéger, pas simplement une seule personne, mais la constitution de la Bolivie», poursuit le texte de la Maison Blanche. Et Washington de conclure : «Nous sommes désormais un peu plus proches d’un Hémisphère ouest complètement démocratique, prospère, et libre.»

Le président bolivien Evo Morales avait été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle du 20 octobre, mais l’opposition, qui conteste les résultats, a lancé une vague de manifestations, qui a rapidement tourné aux violences. Des incendies de bâtiments publics et de logements appartenant à des responsables du gouvernement ont été enregistrés. Le proche d’un ministre (qui a par la suite démissionné) a même été pris en otage.

Expliquant vouloir pacifier le pays, Evo Morales a tout d’abord proposé de nouvelles élections afin de lever les doutes, en vain. Lâché par l’armée puis par la police, le président socialiste a finalement consenti à renoncer à son quatrième mandat pour faire cesser les violences. Il a dénoncé un «coup d’Etat civil-politique-militaire». La situation ne s’est pas calmée pour autant, puisque des affrontements, des incendies ou encore des pillages sont survenus. Le domicile d’Evo Morales a d’ailleurs été attaqué. L’ancien président a en outre fait savoir qu’il serait sous le coup d’un mandat d’arrêt de la police, alors que l’incertitude demeure à la tête de l’Etat.

Dans la capitale La Paz, le siège de l’ambassade du Venezuela a été occupé par des manifestants. L’ambassadrice du Venezuela Crisbeylee Gonzalez a déclaré à l’agence de presse bolivienne ABI : «Equipés de dynamite, des manifestants cagoulés avec des boucliers ont pris l’ambassade du Venezuela en Bolivie. Nous allons bien et sommes à l’abri, mais ils veulent faire un massacre. Aidez-nous à dénoncer cette barbarie».

Le 11 novembre, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait condamné «catégoriquement le coup d’Etat survenu contre le frère président Evo Morales», de même que le chef d’Etat cubain, Miguel Diaz-Canel, qui a évoqué un «coup d’Etat violent et lâche de la droite contre la démocratie en Bolivie».

Dirigés par des gouvernements de gauche se revendiquant de l’anti-impérialisme dans une région où les Etats-Unis ont multiplié les ingérences et les coups d’Etat depuis plusieurs décennies, le Venezuela et le Nicaragua font partie, avec Cuba, de ce que l’ancien conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis John Bolton, qualifiait de «troïka de la tyrannie». Encore récemment, Washington a tenté de saper la légitimité du président vénézuélien Nicolas Maduro en reconnaissant comme «président par intérim» de ce pays l’opposant Juan Guaido, qui s’était autoproclamé comme tel. De nombreux pays, dont la France, avaient suivi la décision américaine.

Dirigeant indigène qui avait fait de la lutte contre la pauvreté et l’analphabétisme ses principaux combats, Evo Morales se revendiquait lui aussi de ce courant, particulièrement critique vis-à-vis de la politique étrangère américaine.


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