Conflit ukrainien – Interpol va-t-il décider de protéger le bataillon punitif Aïdar ?

par Karine Bechet-Golovko.

 Serguey Melnychuk

Sur demande de la Russie à Interpol, l’ancien commandant du bataillon punitif Aïdar, financé par l’oligarque Kolomoïsky, a été interpellé à la frontière gréco-bulgare. Tout commençait très bien … trop bien. Une véritable coopération, contre les criminels de guerre ukrainiens, avec le soutien de l’organe incarnant la réussite de la coopération policière du monde global, donc d’un monde où les criminels ne peuvent plus se cacher. Amen! Eh bien non. Finalement, Interpol réfléchit … faut-il réellement envoyer Serguey Melnychuk en Russie, qui y a été condamné ?

Le bataillon Aïdar est l’un des bataillons punitifs formés sur les débris du Maïdan, ayant activement participé à la terreur dans le pays pour asseoir le coup d’État et ayant mené la guerre dans l’Est du pays contre la population, qui avait osé relever la tête. Serguey Melnychuk en fut le commandant et accusé par le tribunal de la région de Rostov d’avoir, avec Savchenko, délibérément fait tirer sur des civils avec l’intention de les tuer. Par ailleurs, il a été accusé d’avoir organisé le meurtre des journalistes russes du groupe public VGTRK Igor Korneliuk et Anton Volochine dans le Donbass alors qu’ils étaient en reportage.

La Russie s’était adressée à Interpole, afin qu’il soit entré dans la base de données des personnes à interpelé. Tel fut le cas, lorsqu’il a passé avec sa famille, la frontière grecque, où il fut interpellé. A ce stade, l’on ne peut que s’émerveiller de l’efficacité de la coopération internationale policière, manifestement au-dessus des contingences politiques – et géopolitiques.

L’illusion n’aura pas duré longtemps. Melnychuk a demandé l’intervention de son ambassade, Interpol a contacté les officiels ukrainiens … et finalement va vérifier qu’il n’y a pas eu abus de la part de la Russie dans le recours qu’elle a fait à Interpol contre le commandant du bataillon punitif Aïdar. Toutefois, il faut en attendre la confirmation, car l’information vient de … Avakov, le ministre ukrainien de l’Intérieur :

« The General Secretariat of Interpol International Criminal Police Organization has taken a decision to review Russia’s request to put on wanted list and detain in Greece ex-commander of Aidar battalion and Verkhovna Rada MP of the eighth convocation Serhiy Melnychuk, reads a statement from Interior Minister of Ukraine Arsen Avakov« .

Selon les déclarations toutes en nuances de l’intéressé, ils ont fait la guerre « pour protéger l’Europe de la peste russe« , rien moins que ça. L’essentiel est qu’Interpol ne l’oublie pas … au moment de prendre la « bonne » décision et de participer au grand mouvement de protection du monde contre la fameuse « agression russe ».

Pour l’instant, Interpol se refuse à tout commentaire. La suite va être intéressante : Interpol va-t-il décider de protéger des criminels de guerre, parce qu’ils sont ukrainiens et que la Russie veut les juger ? Ou bien l’organisation va-t-elle réussir à résister à l’instrumentalisation géopolitique qu’il est tenté d’en faire ? L’enjeu est simple : la reconnaissance de l’existence de crimes de guerre commis dans le Donbass par les Ukrainiens eux-mêmes contre leur propre population et ceux qui voulaient en parler.

Karine Bechet-Golovko

source : http://russiepolitics.blogspot.com/2020/03/conflit-ukrainien-interpol-va-t-il.html


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