Coup d’envoi à Mexico des travaux de la Décennie d’action pour les langues autochtones

Les travaux préparatoires pour la Décennie des langues autochtones ont commencé à Mexico, au Mexique, cette semaine lors d’une réunion de haut niveau pendant laquelle la communauté internationale a défini les objectifs et les actions à développer pendant cette période.

mexicaine
ONU Mexico/Luis Arroyo
L’actrice mexicaine Yalitza Aparicio, Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour les droits des peuples autochtones du monde entier, participe à une réunion de haut niveau sur la décennie d’action pour les langues autochtones.

« La perte des langues autochtones serait un drame universel, une réduction anthropologique, puisque l’intelligence qui les accompagne est un véhicule de valeurs, de connaissances et de la multitude d’interprétations dans le monde », a déclaré la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Audrey Azoulay, lors de son intervention.

Quelques 7.000 langues sont actuellement parlées dans le monde, dont 6.700 sont autochtones et près de 3.000 risquent de disparaître, emportant avec elles la cosmologie unique d’autant de peuples.

La perte de ces langues serait une tragédie universelle, une réduction anthropologique – Audrey Azoulay, cheffe de l’UNESCO

Selon Mme Azoulay, il est nécessaire d’assurer la transmission des langues et de valoriser le patrimoine immatériel.

Aussi la Directrice générale de l’UNESCO estime prioritaire de mettre un terme aux menaces qui pèsent sur les peuples autochtones, à l’exclusion et à la surexploitation des ressources naturelles sur leurs territoires.

« Pour sensibiliser les gens, nous avons besoin de voix fortes, comme celle de Yalitza », a conclu Mme Azoulay, se référant à l’actrice mexicaine Yalitza Aparicio, qui est Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour les droits des peuples autochtones du monde entier.

Photo ONU Mexico/Luis Arroyo Cahier d’un étudiant nahuatl à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM).

Nous avons beaucoup à apporter

Dans un discours émouvant, Mme Aparicio a déclaré que la préservation des langues autochtones « va au-delà de la richesse linguistique » car « elle apporte des solutions aux problèmes sociaux et environnementaux ».

« Nous avons beaucoup à apporter… des valeurs, des moyens de prendre soin de l’environnement, des plantes et des animaux », a affirmé l’Ambassadrice de bonne volonté.

Nous sommes fiers de la couleur de notre peau, de nos valeurs, de notre histoire. Nous sommes fiers de nous – Yalitza Aparicio

« Beaucoup de nos parents choisissent de ne pas transmettre leur langue, car c’est un motif d’exclusion », mais « pour être là où nous sommes aujourd’hui, nous n’avons dû ne pas baisser les yeux face aux offenses. Au contraire, il a été nécessaire de partager la fierté que nous avons de notre identité », a expliqué l’actrice engagée.

« Nous sommes fiers de la couleur de notre peau, de nos valeurs, de notre histoire », a-t-elle dit. « Nous sommes fiers de nous ».

La poétesse Irma Piñeda Santiago, qui représente les peuples autochtones auprès des Nations Unies, et la Sous-secrétaire aux affaires multilatérales et aux droits de l’homme du ministère des affaires étrangères du Mexique, Martha Delgado Peralta, ont également assisté à la cérémonie d’ouverture de cet événement de haut niveau.

Un plan d’action

La planification de la Décennie des langues autochtones devrait prendre deux ans, et comprendre notamment l’élaboration d’une  feuille de route pour atteindre les objectifs stratégiques et les impacts attendus.

Les travaux entamés cette semaine ont découlé de ceux mener à bien au cours de l’Année internationale des langues autochtones(2019), qui a servi de plate-forme pour promouvoir les langues autochtones et sensibiliser à leur richesse et à leur importance.

Les efforts déployés par de nombreux gouvernements, peuples autochtones et organisations civiles au cours de cette Année pour protéger ces langues et la richesse des connaissances qu’elles contiennent, bien que considérables, ont été insuffisants face au rythme auquel deux d’entre elles disparaissent chaque mois.

Conscient du danger imminent de la disparition des langues, le Groupe des amis des peuples autochtones avait revendiqué la nécessité de prolonger l’Année internationale des langues autochtones par une décennie qui s’appuierait sur les bases établies en 2019 pour promouvoir la récupération, la préservation, la revitalisation, la promotion et le développement de ces langues.

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 18 décembre une résolution proclamant la période 2022-2032 la « Décennie des langues autochtones ».


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