Dans le « Washington Post » le néo-harkisme algérien

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09.02.Z020

Débats

par Kaddour NAÏMI

caric propagande w p

Du journal

Je finissais de rédiger une contribution générale sur le thème du servilisme idéologique dans le monde, quand je suis tombé sur un article du 1er décembre du Washington Post (1). Devinez sur qui ?… Sur l’ « écrivain » Kamel Daoud. Les guillemets se justifient non pas par la négation de cette qualification à l’auteur, mais par le fait que cet aspect est avancé non pas pour parler de sa littérature, mais de ses « opinions » extra-littéraires, sur la société musulmane en général, et algérienne en particulier.
Or, qui est le propriétaire du Washington Post ?… Des membres de l’oligarchie impérialiste états-unienne. Et ce journal accueillait quelles autres « opinions » d’un homme présenté comme « dissident » et comme « journaliste » ?… Jamal Kashoggi, celui qui déclarait dans ses articles que les crimes des organisations « islamistes » en Syrie étaient du « bon travail », et qu’ils « savaient ce qu’ils faisaient »… Des lecteurs (ou trolls) pourraient objecter en croyant triompher : « Mais, alors, c’est la preuve que ce journal est impartial : il publie aussi bien les « opinions » d’un homme qui soutient les terroristes (Khashoggi) que celle d’un autre qui critique les intégristes islamistes (Daoud) ! »
Concernant ce dernier, dans ma contribution précédente (2), j’ai déjà fourni les arguments montrant que la critique faite par K. Daoud aux islamistes extrémistes, en occultant le fait qu’ils sont la création des oligarchies impérialistes (U.S. et anglaise), reproduit exactement la propagande de ces oligarchies : focaliser l’attention sur les « islamistes » intégristes pour la détourner des crimes et projets impérialistes, nettement plus graves que ceux des organisations terroristes islamistes : ces derniers coupent des têtes, les premiers déchiquettent et carbonisent les corps de civils par les missiles de leurs avions.
Quant à J. Kashoggi, ses critiques à l’oligarchie saoudienne ne visent pas la démocratisation du régime en faveur du peuple d’Arabie, mais l’instauration d’une oligarchie différente, dirigée par les « Frères Musulmans », parrainés par le régime turc actuel.
Un lecteur (ou troll) pourrait contester : « Quel serait l’intérêt des lecteurs d’un journal algérien, en l’occurrence A.P., à savoir ce qu’un journal étranger, pas même français, mais américain, écrit sur l’Algérie ? »… Et bien, le plus grand intérêt ! Car la lecture des journaux de l’oligarchie, à prétention de domination mondiale, indique leurs projets et le type de conditionnement pour les légitimer auprès de leur peuple. Et l’Algérie fait partie des projets stratégiques de l’oligarchie impériale, pour des motifs évidents : pétrole et gaz, situation territoriale d’importance stratégique en Méditerranée et dans la « sphère arabo-musulmane ». L’expérience l’a désormais montré, notamment avec l’Afghanistan et l’Irak : chaque fois qu’un journal de l’oligarchie états-unienne s’intéresse à un pays de la planète, et commence, notamment par la voix d’indigènes du pays en question, à répandre sur ce pays des considérations sur son manque de « libertés individuelles », de « démocratie », sur l’oppression des femmes causée par la religion, sur son régime dictatorial, l’étape suivante fut l’agression militaire pour « libérer » le peuple des tares signalées, avec le résultat qu’on a constaté. Si ces tares existent dans un pays, mais les journaux de l’oligarchie impériale n’en parlent pas, c’est que le régime de ce pays sert les intérêts de l’oligarchie impériale : c’est le cas des monarchies du Moyen-Orient.

Destinataires


Dans l’examen d’un article, l’un des aspects qu’il est indispensable de connaître est celui-ci : à qui s’adresse l’auteur ?… Quand le texte est publié dans le Washington Post, il est destiné aux lecteurs d’abord des États-Unis, et, accessoirement, à ceux du monde anglo-saxon… Or, dans ma contribution précédente, j’ai déjà dit que le Washington Post, comme le New York Times, sont des organes de l’oligarchie impériale états-unienne, que la faction soit « républicaine » ou « démocrate » ne change rien, comme l’histoire le montre amplement. Si ces deux factions s’affrontent parfois pour la détention du pouvoir, c’est uniquement parce qu’elles diffèrent sur la méthode de gestion de l’emprise impérialiste mondiale, rien d’autre ; c’est le cas, actuellement, en ce qui concerne les conflits entre « démocrates » à la Hillary Clinton, et « républicains » à la Donald Trump.
Ceci étant précisé, venons au contenu de l’article sur le W.P. Il est écrit par James MacAuley, à partir de Paris .

« France », « Algérie


D’abord, le titre : « Why France loves this Algerian writer more than Algeria does ? » (Pourquoi la France aime cet écrivain algérien plus que l’Algérie ?)… Comme à l’habitude, on a affaire à ce voilà 5.000 ans, Confucius dénonçait : la confusion des mots. En effet, que signifie « France » et « Algérie » ?… Voici la vérité : la « France » qui aime cet écrivain algérien est celle de l’oligarchie dominante en France. Le Président E. Macron (ce « représentant » magnifique des Français exploités et dominés, tel les « Gilets jaunes ») l’a invité à déjeuner, lors de sa visite en Algérie ; Bernard Henri-Levi (ce « défenseur » acharné des peuples d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, de Syrie et de Palestine) le défend. L’article du W.P. fait précéder son texte d’une photo de K. Daoud avec cette légende : « Algerian writer and journalist Kamel Daoud poses in Paris on April 14, 2016 after receiving the Jean-Luc Lagardere prize for journalist of the year ». Rien de moins ! K. Daoud est célébré comme le « journaliste de l’année », par un « prix » intitulé au nom de Jean-Luc Lagardère. Qui fut donc cet homme ?… Un défenseur des opprimés de France, d’Algérie et de la planète ? Voici la vérité : un membre éminent de l’oligarchie industrielle et médiatique de France ; et qu’on lise les journaux, revues et livres que ses médias publient : on découvrira quel journalisme est pratiqué, et le « prix » à accorder à ses journalistes.
En outre, le lecteur du W.P. est invité à regarder le genre de photo à laquelle s’est apprêté K. Daoud. L’image est d’une importance fondamentale, dans toute communication, qu’elle soit commerciale (gagner plus d’argent) ou idéologique (détenir plus de pouvoir politique). Examinons d’abord ce qu’a fait le photographe : intense lumière blanche derrière et au-dessus de la tête du « primé », complétée par une sorte de nuage blanchâtre vaporeux ; le reste de l’image est plongé dans le noir, pour faire ressortir le personnage photographié. À présent, examinons ce personnage lui-même. Son regard n’est pas de face, mais oblique. Pourquoi donc ?… Et surtout, surtout, que remarque-t-on ?… Une chemise blanche sinon très claire, et ouverte sur la poitrine. Qui donc est connu pour se présenter toujours dans cet accoutrement ?… BHL. Coïncidence ?… Seules une personne ignorant les lois connues de la production de l’image de propagande (commerciale ou politique) pourrait s’y laisser prendre. Par conséquent, dans la conception de cette photo, serait-il erroné d’en conclure à une complicité totale entre le photographe et le photographié ?… N’est-ce pas dans la tentative, par l’image, de faire ce qu’on fait par la médiatisation de K. Daoud ?… Un prophète ? Une icône ? Un porte-voix ? Un leader ?… De quoi ? Mais de la « dissidence » anti-islamique intégriste et anti-« régime incapable de transition », au nom des sacro-saintes « libertés individuelles ».
Le journaliste de W.P. cite, les admirateurs de K. Daoud : « Il est un homme extrêmement courageux », dit Alain Finkielkraut, un intellectuel public de droite » (…) « Pour Caroline Fourest, Daoud est l’image de l’homme musulman éclairé. « Kamel Daoud est une remarquable voix, qui correspond clairement à la tradition française de Voltaire, » dit-elle. « Il est un dissident qui n’a pas peur de dire la vérité, spécialement en face de la tyrannie religieuse. » Notons ceci : le journaliste du W.P. dit à ses lecteurs que cette femme est « une féministe et critique française du port du voile par certaines femmes musulmanes ». Mais est-ce que le lecteur ordinaire anglo-saxon prendra la peine de savoir qui est, plus précisément, cette femme ?… Voici la vérité : elle est, entre autre, éditorialiste à Marianne. Et si le même lecteur veut savoir qui est le propriétaire de ce journal, il saurait ceci : « En avril 2018, 91 % du capital du journal sont cédés au milliardaire tchèque Daniel Křetínský », un oligarque tchèque. À propos : Voltaire écrivait-il dans des journaux possédés par des milliardaires de son époque, comme le font Kamel Daoud et Caroline Fourest ?
Il est vrai que le journaliste du W.P. précise plus loin : « Daoud n’est pas universellement bien-aimé en France, où il est régulièrement critiqué comme étant complice en recyclant l’islamophobie, spécialement par des Musulmans français et par des académiques de gauche. »… En réalité, il s’agit de Français qui se distinguent par leur réelle position en faveur des exploités-dominés de France, d’Algérie et du monde, et ceci quelque soit leur religion ou leur athéisme.
Venons à ce que le titre de l’article du W.P. nomme « Algérie ».
L’ « Algérie » qui défend K. Daoud est celle qui ne fait pas partie des exploités-opprimés du peuple algérien, quoi qu’elle dise ; il serait facile de déconstruire les « arguments » de ces défenseurs, comme il facile d’opérer la même déconstruction des « arguments » de leur « héros ».
Quant à l’ « Algérie » qui n’apprécie pas K. Daoud, le journaliste du W.P. cite des auteurs. Akram Belkaïd : « Il y a un trauma qui n’a jamais été pris en compte » ; « Il est dangereux de mettre un couvercle sur la question de la mémoire historique. Tous les pays qui ont fait cela ne sont pas particulièrement bien lotis. » ; « d’autres écrivains algériens de la génération de Daoud sont en désaccord avec le fait que le passé colonial n’est désormais plus une préoccupation urgente ». Cependant, le journaliste du W.P. ne précise pas que ce désaccord ne concerne pas uniquement le passé colonial, mais le présent néo-colonial, qu’une certaine vision du passé, présentée par K. Daoud, légitime. Enfin, il est dit qu’il est également reproché à K. Daoud de publier des livres que « les colonisateurs du pays [l’Algérie] veulent lire ». Sofiane Hadjaj déclare : « Le même texte écrit et édité en Algérie n’est pas lu de la même façon qu’il l’est en France ou aux États-Unis ».
Le journaliste du W.P. cite également l’imam qui alla jusqu’à appeler à l’assassinat de K. Daoud. Cependant, le même journaliste ne précise pas que cet appel d’un imam fut dénoncé comme inacceptable par une partie non négligeable d’Algériens.
Notons, enfin, que le journaliste du W.P. n’a pas informé ses lecteurs concernant les deux auteurs algériens qui ont le plus et mieux analysé les écrits de K. Daoud : Rachid Boudjedra et Ahmed Bensaada. On devine qu’exposer les critiques de ces deux intellectuels algériens aurait donné de K. Daoud une image par trop négative, notamment en dénonçant les accointances entre les écrits de K. Daoud et la propagande impérialiste. Le W.P. pouvait-il se le permettre ?… On voit ainsi comment ce journal pratique l’information de ses lecteurs : il leur donne l’impression de l’objectivité, de l’impartialité, en fournissant des points de vue opposés sur les écrits de K. Daoud, mais en évitant les opinions remettant en question l’idéologie même du journal.

Des excuses


Le journaliste du W. P. écrit, concernant K. Daoud (3) : « Mais au-delà de ses talents littéraires, il fait appel aux sympathies françaises [lesquelles précisément, celles des opprimés ou des oppresseurs ?] en déclarant qu’il n’est pas particulièrement intéressé par des excuses (4) en ce qui concerne la violence employée pour essayer de supprimer l’indépendance algérienne. Il dit que le colonialisme est devenu un peu plus qu’une excuse pour l’Algérie [laquelle ? Celle des opprimés ou des oppresseurs?] pour ignorer sa dégradation interne. »
Que le colonialisme soit, en effet, une excuse pour une minorité d’oppresseurs algériens, peut-on, à partir de ce fait, évacuer le problème du colonialisme et ses effets jusqu’à aujourd’hui sur le peuple ?
Pour un lecteur états-unien, hostile à la reconnaissance des crimes de l’oligarchie états-unienne, et cela depuis le génocide des Amérindiens jusqu’à ses agressions actuelles dans le monde, lire qu’un auteur algérien n’est pas particulièrement intéressé par des excuses concernant le colonialisme, qu’est-ce sinon rassurer ce lecteur états-unien dans son confortable désintéressement concernant les crimes commis par l’oligarchie qui domine sa nation, et dont il profite matériellement dans son « american way of life » ?
Et comment, selon le journaliste du W.P., K. Daoud justifie son désintérêt ?… Par la « dégradation interne » de l’Algérie… Mais qui donc a produit celle-ci ?… Ne faut-il pas le préciser, indiquer les agents sociaux de cette dégradation, tous sans exception, en précisant ceux principaux et ceux secondaires ? Et, encore une fois, cette réelle dégradation interne, autorise-t-elle à ignorer celle produite par le passé colonial, et par le présent néo-colonial ?

Colonialisme


Le journaliste du W.S., continue en citant K. Daoud : « Aussitôt que vous dites quoique ce soit, ils vous disent que c’est la faute du colonialisme », « Si vous dites que ce n’est pas vrai, ils vous disent : « Alors, vous êtes en faveur de la colonisation » Non. Je suis pour le présent. Maintenant. »
Examinons ces arguments. Concernant les « ils » employé par K. Daoud, le lecteur états-unien du W.P., qui ignore tout de l’Algérie, en vient à penser que ce « ils » indique la majorité des intellectuels et du peuple algériens… Car cet emploi du « ils » ne peut signifier autre chose. Cela correspond-il à la vérité ?… Les intellectuels et le peuple algériens, depuis déjà bien longtemps, ne déclarent-ils pas que leurs maux principaux viennent d’une dictature interne ? Quand au colonialisme, ne déclarent-ils pas qu’il n’est qu’un aspect des maux du peuple algérien, mais, cependant, qu’il n’est pas correct de négliger les trauma psychologiques multiples qu’il a laissés dans le peuple, et le fait que ce colonialisme vaincu persiste à renaître de sa défaite sous forme néo-coloniale ? Les interventions à peine récentes et actuelles de l’armée française ne sont-elles pas une preuve « bombardante » de ce néo-colonialisme ?… Dès lors, parler de « ils » de manière générale, est-ce rendre compte correctement de la réalité ? Et cette généralisation, sert-elle le peuple algérien ou ceux qui ont intérêt à l’opprimer de nouveau ?
Quand K. Daoud affirme : « Je suis pour le présent. Maintenant. » Ce présent n’est-il pas rempli d’agressions néo-coloniales (française et anglaise), impérialistes états-uniennes, sionistes israéliennes, et de projets du même genre, sous les noms de « Nouveau siècle américain », « Nouveau Grand Moyen-Orient », « Nouvel Ordre mondial », « lutte contre le terrorisme », combat pour les « libertés individuelles » (tout en les rétrécissant de plus en plus dans les nations impérialistes, néo-coloniales et sioniste) ? Peut-on oublier le cas le plus significatif de ce bâillonnement des libertés individuelles qu’est le « Patriot Act » états-unien, et le sort dont est victime Julian Assange (5), tandis que les colonnes du NYT et de Le Monde publient les « opinions » d’un K. Daoud, et le W.P., celles d’un Jamal Kashoggi, ainsi que cet article sur K. Daoud ?

Musulmans et Arabes…


Le journaliste du W.P., continue : « Daoud réserve la masse de sa critique aux fellow Muslims (6). Quand la tombe de son père dans la ville algérienne de Mesra fut vandalisée, Daoud blâma la propagation de l’extrémisme islamiste. »
Là, encore, si le blâme se limite aux vandales extrémistes islamiques, ne fait-il pas le jeu précisément de la propagande oligarchique impérialiste, laquelle fait croire que ce phénomène d’extrémisme islamiste est le produit uniquement de la « mentalité » ou de la religion musulmanes, en occultant qu’il est d’abord et principalement le produit des oligarchies pétrolières du Moyen-Orient, lesquels, n’oublions jamais de le préciser, ne sont que les marionnettes des oligarchies impérialistes ?

… et émigrés arabes


Le journaliste du W.P. continue : « Après qu’un groupe d’hommes arabes orchestra des assauts sexuels à Cologne, en Allemagne, durant le Nouvel An en 2015, il [K. Daoud] se moqua du « vœu pieux » (7) de la gauche européenne, laquelle, dans sa conception, a aveuglement accueilli les réfugiés arabes sans savoir que ces mêmes hommes, voient les femmes comme « coupables d’un crime horrible – la vie. »
Notons le terme « assauts », ce qui suggère une « horde », laquelle implique « animalité », donc « barbarie ». Comme on le constate, le journaliste du W.P. ne fait que reproduire les déclarations de K. Daoud. Et, encore une fois, le procédé de ce dernier est triple : généralisation, amalgame, stigmatisation. Ce que le journaliste occulte, c’est le fait que le tribunal allemand reconnut non coupables les jeunes accusés par K. Daoud et l’ensemble de la presse raciste et oligarchique impérialiste. Donc, pour le lecteur du W.P., cette fausse information concernant les viols est présentée comme vraie information.
À ce propos, à ma connaissance, je n’ai pas lu une déclaration de K. Daoud reconnaissant qu’il eut tort de lancer son accusation contre les jeunes émigrés. S’il la fait, j’en prendrais connaissance volontiers. Et s’il ne l’a pas encore fait, ne devrait-il pas faire cette auto-critique, comme tout journaliste honnête digne de ce nom ?

Sexualité


Le journaliste du W.P. continue : « Deux semaines après, il [K. Daoud] souligna « la misère sexuelle du monde arabe » dans le New York Times (8). Son dernier livre développe ce thème. »
Que le monde arabe soit en proie à une misère sexuelle, c’est une vérité. Mais celle-ci n’est-elle pas le résultat d’une conception voulue et programmée par les oligarchies internes à ce monde arabe, pour maintenir leurs peuples dans toutes les formes de misères possibles, dont celle sexuelle n’est pas la seule, car ce « monde arabe » (plus exactement ses peuples) souffrent également de misère matérielle : l’exploitation économique et la domination politique ?… Et les peuples non arabes, précisément occidentaux et « judéo-chrétiens » (pour reprendre leur formule), n’ont-ils pas souffert de cette misère sexuelle, jusqu’aux années 1968 ? (9)… Rappelons un autre fait. Dans le monde non arabe, (comme, probablement dans ce dernier, de manière égale), le marché de la vidéo qui rapporte le maximum de profit à ses vendeurs est la pornographie. Ce fait ne prouve-t-il pas que le monde non arabe, à sa façon, souffre, lui aussi, de misère sexuelle ?
Encore un fait. On lit ceci : « Lundi 23 avril à Toronto (Canada), un jeune homme a foncé en voiture sur des passants. Il appartenait à la mouvance des Incel, ces « célibataires involontaires » mâles, victimes autoproclamées de la cruauté des femmes. Le crime de ces dernières ? Ne pas être sexuellement intéressées. Le châtiment ? Dix innocents fauchés, dont huit étaient des femmes.» (10) Il ne s’est trouvé aucun journaliste, ni aucun écrivain du Canada pour tirer, de ce fait, la conclusion que tous les hommes du « monde canadien » sont des obsédés sexuels et des oppresseurs de femmes. Imaginons ce que K. Daoud (et tous les « opinionistes » des oligarchies dominantes occidentales) auraient écrit si cet homme aurait été un Algérien, un Arabe ou un Musulman.
Par conséquent, se focaliser uniquement sur la misère sexuelle du « monde arabe », sans en fournir les causes originelles, et sans établir de relations avec les autres « mondes » de la planète, est-ce raisonner correctement ? Et à qui sert ce genre de raisonnement incorrect ?… Encore une fois, le lecteur ordinaire du W.P. que verra-t-il dans cette focalisation exclusive sur la « misère sexuelle du monde arabe » ?… Eh bien, que ces pauvres Arabes doivent en être libérés ! Et par qui ?… Pardi, par l’armée états-unienne ! Comme elle l’a déjà fait en Afghanistan, en Irak et ailleurs.
Le journaliste du W.P. précise que le dernier livre de K. Daoud « se développe sur ce thème ». N’est-ce pas là de l’acharnement, de l’obsession ?… Ou, plus trivialement, avoir constaté que le thème se vend, et qu’il faut donc augmenter la recette financière. Et qui finance la publication de ce livre ?… Bien entendu, des maisons d’éditions liées au oligarchies impérialistes. Et qui lit ce genre de livre ? Bien entendu, ceux qui cherchent à légitimer leurs préjugés méprisants ou haineux contre le « monde arabe ». Et qui voit augmenter son compte bancaire avec la publication de ce libre ? Bien entendu, les éditeurs et l’auteur. Et qui insérera les « arguments » contenus dans ce livre dans les médias qu’il contrôle, en les présentant comme reflétant la réalité du « monde arabe » ?… Bien entendu, les membres de ces oligarchies impérialistes.
Le journaliste du W.P. continue : « En France, toujours aux prises avec les conséquences d’une série d’attentats meurtriers, ses vues [de K. Daoud] lui ont gagné l’estime comme brave étranger dissident qui dit la vérité. Il est un commentateur régulier d’une radio française et un pilier dans les journaux français »… Lesquels ?… Le journaliste se contente d’ajouter : « souvent par ceux qui ne sont pas spécialement connu pour leur charité envers les Musulmans ». Le journaliste ne précise pas se ces « ceux » sont, toutefois, connus pour leur charité envers les exploités-dominés de la planète.
Comme on le constate, les attaques terroristes sont confondues avec les « Musulmans ». Autrement dit, une minorité se proclamant de l’Islam est confondue avec la majorité des croyants à cette religion. Encore une fois, qui diffuse cette propagande sinon les oligarchies impérialistes, selon la fameuse « théorie » du « choc des civilisations », dont l’auteur est un éminent membre de l’oligarchie idéologique états-unienne, Samuel Huntington ?

Islam

Le journaliste du W.P. ajoute, citant K. Daoud : « Le problème avec l’Islam, il n’est pas colonisation ou oppression par l’Ouest. C’est l’oppression faite par la religion elle-même, d’abord sur les femmes, qui rend alors les hommes fous. » Cette ligne se trouve également être la thèse du nouveau livre de Daoud. »

Que la religion islamique soit employée comme instrument idéologique pour opprimer les femmes, c’est vrai. Reste à préciser qui sont exactement les agents qui utilisent de cette manière la religion. Reste également à se demander pourquoi les oligarchies impérialistes soutiennent les monarchies où cette oppression des femmes par la religion est la plus rétrograde, la plus obscurantiste, la plus cruelle, la plus totalitaire. Était-ce dans la dictature de Saddam Hussein ? Est-ce en Algérie ? Ou, plutôt, dans les pays satellites de l’oligarchie impérialiste états-unienne, en premier lieu la monarchie saoudienne ?… Dès lors, dénoncer l’oppression des femmes par la religion ne doit-il pas porter à compléter par les informations ci-dessus évoquées ?… Et ne faut-il pas, également, rappeler que le thème de l’oppression des femmes par la religion fut évoqué précisément juste avant l’agression de l’armée U.S. contre l’Afghanistan des Talibans ? Et que l’occupation du pays n’a fondamentalement rien changé à la situation des femmes, du moins celles du peuple.

Enfin, après cette considération sur le rôle oppressive des femmes par la religion, quelle conclusion est tirée ?… Que l’ « Ouest » et la « colonisation ou oppression » par lui n’a rien à voir … Mais, alors, pourquoi les femmes musulmanes des monarchies pétrolières sont infiniment plus opprimées que les femmes en Afrique du Nord, au Pakistan ou dans la province du nord-est de la Chine, à majorité musulmane ?… Pourquoi ne pas rappeler que l’oligarchie saoudienne, en ce domaine, est la plus criminelle, et qu’elle fut mise au pouvoir par l’oligarchie anglaise, puis soutenue, en échange de pétrole à prix convenable, par l’oligarchie états-unienne ?… Dès lors, partir d’un fait réel (oppression des femmes par l’Islam) pour en tirer la conclusion que l’ « Ouest » (vaguement indiqué, sans préciser qu’il s’agit de ses oligarchies dominantes) et ses « colonisation ou oppression » n’ont rien à voir dans cette situation, est-ce correct, est-ce que cela correspond à la réalité historique et sociale ?… N’est-ce pas le langage précisément de la propagande impérialiste ?

Effet des écrits

Le journaliste du W.P. écrit : « Daoud dit être tranquille par sa popularité parmi un certain type de lecteur européen. « Devrais-je interrompre mes critiques de la société musulmane parce que mes écrits serviraient l’extrême droite ? Ou dois-je dois-je continuer, même si les écrits servent l’extrême droite » dit-il. « J’ai beaucoup réfléchi à cela, et je suis parvenu à une conclusion, à savoir que j’ai une responsabilité envers ma fille, mon épouse, le peuple autour de moi. Je dois dénoncer la violence qui leur est faite, même si mes mots sont appropriés [par d’autres, à savoir l’extrême droite]. »

Ne doit-on pas se demander : mais pourquoi les écrits de K. Daoud sont appropriés par l’extrême droite, et la servent ?… Et pourquoi pas les écrits d’Algériens qui mettent clairement à nu le système social capitaliste-impérialiste, en le montrant comme basé sur l’exploitation-domination des peuples, avec la complicité de ses satellites, notamment « musulmans » des monarchies pétrolières du Moyen-Orient ?

Autre demande : un intellectuel algérien doit-il se soucier uniquement de sa fille, de son épouse et du « peuple autour de lui » ?… Les filles et les épouses des autres ne méritent-elles pas également de la préoccupation ? Et qui est donc ce « peuple autour » de K. Daoud ?… Les exploités-dominés dans leur ensemble, non seulement par l’obscurantisme islamiste, mais également par le « libéralisme » économique laïc ?… N’est-il pas nécessaire de le préciser ?… Dans le NYT (11), Daoud présenta la guerre de libération nationale algérienne en se basant sur ses « parents », « proches » et « amis ». À présent, il déclare qu’il écrit pour défendre sa fille, son épouse et le « peuple autour de lui ». Est-ce suffisant ?… Se cantonner à défendre uniquement ces trois types, est-ce que les oligarques impérialistes n’agissent pas de la même manière ?

Enfin, K. Daoud pose la question : « Ma voix est-elle parfois appropriée ? Oui, elle l’est de temps en temps. Mais est-ce une raison pour se taire ? Non. »

N’est-il pas correct de poser, plutôt, d’autres questions : si ma voix est appropriée par l’extrême droite, c’est là une raison pour mieux réfléchir à ce que j’écris, à découvrir en quoi et pourquoi mes écrits servent cette extrême droite, puis faire en sorte que cela cesse. Sinon, quelle valeur peuvent avoir mes écrits s’ils ne servent pas uniquement les exploités-dominés, et non leurs bourreaux ? Si tel n’est pas le cas, alors, il y a quelque chose d’ambigu, de pas clair dans mes écrits. Il me faut donc le découvrir pour devenir clair, sans possibilité de récupération. N’est-ce pas ainsi que, partout et toujours, agissent les intellectuels dignes de ce nom ?

Voici un autre effet des écrits de K. Daoud, signalé par le journaliste du W.P. : « Pour la romancière Amina Mekahli (…) « Kamel Daoud représente l’espoir des Algériens qui vivent toujours en Algérie » (…) « Il donne cet espoir – je le vois aujourd’hui – spécialement aux jeunes écrivains algériens qui peuvent maintenant dire « Oui, c’est possible ». Et cela parce que Kamel Daoud vient d’un petit village de l’ouest. »

Qu’est-ce qui est donc « possible » ? Cela n’est précisé : défendre les opprimés au point de risquer l’emprisonnement et la mort, ou se vendre au plus offrant, en bénéficiant d’une médiatisation qui satisfait un ego ?… On le saura en posant la question : qui donc est cette Amina Mekahli ?… Pour le savoir, il suffit de lire ses écrits. Citons quelques extraits de l’un de ses articles (12). « L’Algérie se déconstruit, se reconstruit en oubliant de se construire. La traîtrise ! Quel vilain mot je trouve. Qui trahit qui et quoi ? Qui a juré fidélité ? À une idée, un mot, une ville, une meute ? Taillés comme des crayons les opinions pointent le pouce vers le bas. Aucune réussite n’est exonérée de trahison, aucune… »

On remarque déjà le style : il se veut flamboyant, autrement des mots qui voudraient sonner ; en réalité, ils sonnent creux et ne veulent rien dire. Passons, également sur « Quel vilain mot » : ne semble-t-il pas sortir de la bouche d’une Précieuse ridicule de Molière ?

Venons aux « arguments ». Pour cette auteure, la « traîtrise » n’est qu’ « un vilain mot ». Traître à son peuple, en faisant partie de ses exploiteurs-dominateurs, cela n’existe-t-il donc pas ? Traître à son peuple qui a combattu pour se libérer d’une domination coloniale ou impérialiste, cela n’existe donc pas ?… Quant à la « fidélité », se réduit-elle à l’être pour « un mot, une ville, une meute » ? Alors, la fidélité envers les peuples exploités et dominés, cela n’existe pas ? Enfin, pourquoi parler de « meute », ce terme qui rappelle les chiens, la « canaille populaire » et la « racaille » (dixit Sarkozy), qui rappelle, aussi, les « émeutiers », pour désigner de manière méprisante les révoltés du peuple contre l’injustice ?… Ah ! Les mots ! On croit les employer pour se masquer (en présentant une figure respectable), alors qu’on se démasque comme un vile petit-bourgeois arrogant envers la « meute » (peuple), et aspirant… à quoi ?… On le découvrira dans la suite du texte.

L’auteure ajoute (les gras sont les siens) :

« Les guerres des genres et des limites des frontières aiguisent les contradictions, et nous restons tous tièdes et gris, la peau noire et la feuille blanche, rasant les murs de la médiocrité, par peur de sombrer dans la haute trahison de la réussite et de l’universalité de l’esprit. »

De quelle « réussite » s’agit-il, et pourquoi ne pas lui accorder l’honneur de l’écriture en gras ?… Cela n’est pas précisé. Mais puisque cette auteure défend K. Daoud, ne faut-il pas en déduire qu’il s’agit de la « réussite » de ce dernier ?… Et de quelle « universalité » (mise en gras) est-il question, sinon de celle de se faire publier par les maisons d’éditions et dans les journaux des oligarchies mondiales, comme K. Daoud ?… Dès lors, cette universalité n’est-elle pas celle de l’exploitation-domination mondiale des peuples ?… Ah ! Encore les mots qui veulent masquer la servilité, mais la trahissent !

Et encore, l’auteure : « Un film qui ose toucher à la sacro-sainte révolution est une trahison, un artiste qui ose s’exporter est une trahison, un écrivain, un musicien, un individu lambda aussi. »

Décidément, la « révolution » (en gras), que l’auteure n’ose pas (par dégoût ? Mépris ?… comme K. Daoud ?) appeler guerre de libération nationale algérienne, cette « révolution » obsède certains et certaines ; ils s’acharnent absolument à la rabaisser, dénigrer, ne tenir compte que de ses aspects négatifs, comme le fait K. Daoud dans le NYT, et à l’égout le bébé avec l’eau sale !… Car le « bébé » dérange trop : il rappelle que le peuple algérien a eu des citoyens et citoyennes tellement valeureux qu’ils ont réussi à chasser de leur pays une des plus puissantes oligarchies coloniales, et ont libéré ceux qui sont nés après eux de l’infâme colonialisme. Mais ces valeureux ignoraient qu’une petite partie de ces bénéficiaires cracherait sur eux et leur combat. Pourquoi ? Pour de l’argent et de la « gloire » « universelle » ! Fournis par qui ? Par les descendants des colonisateurs. Dans quel but ? Pour prendre leur revanche par un néo-colonialisme où les harkis anciens seront remplacés par des harkis de nouvelle génération ; les premiers étaient en majorité des supplétifs militaires culturellement ignorants ; les nouveaux harkis sont des supplétifs « culturels » car dotés de « culture ».

Venons à ce que l’auteure appelle « s’exporter ». Question : mais s’exporter chez qui, en offrant quoi ?… Chez les éditeurs et journaux qui défendent les opprimés de la planète ou chez ceux qui tirent profit de cette oppression ?… L’auteure ne précise pas, mais on comprend aisément auxquels elle se réfère.

Elle écrit encore : « Où s’arrête la légitimité historique, politique, artistique, identitaire ? Et où commence la trahison ? Comment lever ses bras par-dessus les étoiles sans tomber dans l’oubli des siens ? Se greffer un drapeau sur les paupières ou se tatouer le nom de sa tribu sur la langue ? S’habiller de valeurs ou dévaloriser ses guenilles ? »

Glissons sur le style, encore à prétention flamboyante. Mais notons le mot « tribu », à défaut de peuple, car, pour l’auteur, elle a uniquement les « siens » (comme K. Daoud a sa « fille », son « épouse », le « peuple autour » de lui, ainsi que ses « parents », « proches » et « amis).

Intéressons-nous à l’ « argument » : la légitimité. L’auteure ignore donc que légitimité et trahison se révèlent selon la présentation faite d’un combat d’opprimés pour se libérer de leur oppression (étrangère ou interne) ? Que la légitimité consiste à revendiquer ce combat comme épopée libératrice, malgré ses aspects négatifs, et que la trahison consiste à partir de ces aspects négatifs pour condamner ce combat libérateur en le réduisant à une entreprise risible d’imposteurs, de profiteurs et de vantards ?

Remarquons que cet article de l’auteure est publié comme « chronique », lequel procédé fut un tremplin pour K. Daoud pour se faire publier.

Avec cette jeune femme auteure, ne constate-t-on pas que K. Daoud produit des émules qui aspirent à la même « exportation » et « universalité », par l’emploi du même langage et des mêmes procédés pour se faire connaître et vendre ?

Enfin, le journaliste du W.P., qui la cite, termine ainsi son article : « Il y a des gens qui le [K. Daoud] critique très violemment, mais il a aussi beaucoup de supporters » dit Hadjadj, son éditeur. « Tout simplement, c’est quelqu’un qui est lu. C’est le véritable accomplissement. »

Or, que signifie, dans la langue d’un éditeur, être « lu » ?… C’est vendre les livres qu’il fabrique, par conséquent engranger de l’argent. N’est-ce pas la loi « sacro-sainte » du capitalisme ? Là est le « véritable accomplissement ». Le contenu vendu, l’éditeur n’en parle pas : que lui importe-t-il, pourvu qu’il rapporte de l’argent ?

Questions finales

Je termine cette contribution comme la précédente. Une seconde fois, je m’adresse à Kamel Daoud. Si vos intentions sont de défendre, outre votre fille, votre épouse et le « peuple autour de vous » : 1) Entendez-vous par cette vague expression le peuple algérien dans son ensemble, celui opprimé non seulement par l’islamisme, mais, également, par les oligarchies impérialistes qui le soutiennent ? 2) Si votre souci est ce peuple algérien, notamment ses femmes (sans oublier ses jeunes, ses vieillards, et d’une manière générale, ses hommes opprimés), pourquoi ne vous contentez-vous pas d’écrire uniquement dans des journaux algériens, pour vous adresser aux Algériens ? 3) Concernant votre souci de vous adresser également à des lecteurs occidentaux, pourquoi publier vos « opinions » dans des journaux tels que Le Monde et le NYT ? Comme journaliste, pouvez-vous ignorer que ces deux journaux sont possédés par des milliardaires qui font partie de l’oligarchie exploiteuse-dominante, et donc servent ses intérêts exclusifs ? Dès lors, pourquoi ne pas publier dans des journaux occidentaux qui dénoncent la domination oligarchique impérialiste, et défendent les opprimés de la planète ? 4) Pourquoi vos « opinions » coïncident avec les contenus de la propagande impérialiste et néo-colonialiste ? 5) Pourquoi vos écrits sont-ils appropriables par l’extrême droite, sans que cela vous pose problème ? 6) Pourquoi vous faites-vous photographier dans des poses qui ressemblent à celle d’un vulgaire acteur hollywoodien de série B, y compris son regard, sans parler de cette chemise blanche ouverte sur la poitrine ? 7) Pourquoi vous focalisez les problèmes de l’Algérie et du « monde arabe » uniquement sur l’extrémisme islamiste, la sexualité et les libertés individuelles, sans jamais évoquer le cadre dans lequel ces problèmes sont insérés : un système capitaliste basé sur l’exploitation-domination d’une majorité du peuple par une minorité d’enrichis, et que ce système capitaliste, par sa nature, par son essence provoque les guerres d’agression du plus fort et rapace contre le plus faible ? 8) Pourquoi votre défense des « libertés individuelles » ne vous fait-elle pas écrire, sur Le Monde et sur le NYT, votre « opinion » sur le cas de Julian Assange et sur les limitations des libertés individuelles sous prétexte de « guerre au terrorisme » ?… Enfin, démontrez donc, dans le journal où vous le jugez utile, que mes arguments sont faux, servent l’ « islamisme » intégriste, le « régime incapable de transition », sont contraires aux « libertés individuelles », entendues, par moi, comme solidaires avec les libertés collectives, précisément celles du peuple algérien (et de tout peuple) à n’être exploité-dominé en aucune manière, ni religieuse, ni laïque, ni interne ni externe. 9) Pourquoi ne pas écrire, enfin, sur cette autre misère : celle de ces jeunes (d’Algérie et de la planète) qui emploient leurs connaissances intellectuelles non pas pour combattre le système exploiteur-dominateur, sous toutes ses formes, cléricales et laïques, mais pour se mettre à son service pour un misérable gain financier et un encore plus misérable besoin de célébrité ?

Gare aux « cadeaux » !

Est-il nécessaire de conclure par cette affirmation ? La nécessité de combattre toute forme d’exploitation-domination, tant interne qu’externe, exige le combat contre les « faux » amis des peuples : ils prétendent le servir, alors que leurs écrits et leurs actes montrent qu’ils sont au service de leurs oppresseurs. Croire que s’intéresser à ces faux amis des peuples est secondaire est une grave erreur : les meilleures preuves en sont les agressions et les projets d’agression des diverses oligarchies néo-colonialistes, impérialistes et sionistes, directement ou par l’intermédiaire de leurs supplétifs « intellectuels », lesquels, précisément, se présentent comme amis des peuples, tout en s’exprimant dans les médias des exploiteurs des peuples. N’est-ce pas là une contradiction très révélatrice ?… Dans ces agressions, la propagande, notamment formulée par des indigènes de ces peuples, vise à démoraliser ces peuples, en leur donnant une image d’eux-mêmes dévalorisante, de « barbares » à « civiliser », et par qui ?… Par les plus barbares de la planète : ceux qui recourent aux missiles contre les populations civiles, pour les dominer puis exploiter leurs ressources naturelles. Enfin, gare aux naïfs et aux trolls qui font croire que les faux amis des peuples sont à négliger : après dix années de résistance, Troie, en acceptant dans l’enceinte de la ville un « cadeau », représenté par un cheval, sans tenir compte qu’il était offert par des Grecs impérialistes, est tombée ! Donc, gare aux « cadeaux » des faux amis, formulés en écrits ou en « coopération économique » !

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(1) In https://www.washingtonpost.com/world/europe/why-france-loves-this-algerian-writer-more-than-algeria-does/2018/12/01/d79f2807-8165-41c1-9b44-9c61ef6c974d_story.html?noredirect=on&utm_term=.1a5e8c2fa567

(2) Intitulée « Peau basanée, masque néo-colonial ».

(3) La traduction en français est la mienne.

(4) Notons que le journaliste du W.P., en parlant de Maurice Audin dit « militant algérien anti-colonial » (sans, toutefois, préciser sa qualité de communiste – cela ne se dit pas dans le W.P.), alors que Daoud le nomme « Français ». Voir ma contribution précédente: « Peau basanée, masque néo-colonial ».

(5) Voir « La crucifixion de Julian Assange » in https://www.investigaction.net/fr/la-crucifixion-de-julian-assange/

(6) Je ne sais pas comment traduire fidèlement cette expression : partisans des Musulmans ?

(7) In https://www.lemonde.fr/idees/article/2016/01/31/cologne-lieu-de-fantasmes_4856694_3232.htmlIdées

(8) Version française ici : https://www.nytimes.com/2016/02/14/opinion/sunday/la-misere-sexuelle-du-monde-arabe.html

 (9) Voir la brochure « De la misère en milieu étudiant … » (1966).

(10) In https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2018/04/29/frustration-et-terrorisme-nos-croyances-sexuelles-nous-massacrent_5292137_4497916.html

(11) Voir ma contribution précédente « Peau basanée… »

(12) In https://www.oranais.com/all/amina-mekahli


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