«Si nous ne nous unissons pas, Morales revient»: Jeanine Anez renonce à être candidate aux élections

 

La présidente de facto de la Bolivie, Jeanine Anez, le 13 janvier 2020 (image d’illustration).© David Mercado Source: Reuters

 

La présidente de facto de Bolivie a annoncé son retrait de la course à la présidentielle un mois avant le scrutin dans le but d’empêcher une victoire du candidat de la gauche, Luis Arce, dauphin du président Evo Morales, contraint à l’exil. «Aujourd’hui, je mets de côté ma candidature à la présidence de la Bolivie pour veiller à la démocratie», a déclaré dans un message télévisé diffusé le 17 septembre la présidente de facto de la Bolivie, Jeanine Anez, arrivée au pouvoir après que son prédécesseur a été poussé à la démission et contraint de quitter le pays en novembre 2019. Ce départ était survenu suite à de graves troubles apparus sur fond d’allégations de fraude électorale.

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L’annonce intervient au lendemain de la publication d’un sondage par la Jubilee Catholic Foundation, qui attribue à l’autoproclamée présidente par intérim la quatrième place avec seulement 7% des intentions de vote. En tête de ce sondage arrive le candidat du MAS (Mouvement pour le socialisme, dirigé par Evo Morales), Luis Arce (29,2%) suivi par l’ancien président Carlos Mesa (19%) et un responsable régional, Luis Fernando Camacho (10,4%). Jeanine Anez a expliqué avoir pris cette décision «en raison du risque de voir le vote démocratique divisé entre plusieurs candidats, et qu’à la suite de cette division, le MAS finisse par remporter les élections» prévues le 18 octobre prochain. Si nous ne nous unissons pas, Morales revient Accompagnée par son candidat à la vice-présidence, l’homme d’affaires Samuel Doria Medina, et d’autres alliés politiques, l’actuelle présidente par intérim a appelé à l’unité contre le MAS : «Si nous ne nous unissons pas, Morales revient ; si nous ne nous unissons pas, la démocratie perd ; si nous ne nous unissons pas, la dictature l’emporte», a-t-elle affirmé. Outre les allégations de fraude brandies par l’opposition fin 2019, l’ex-président avait subi un premier revers en 2016, perdant un référendum constitutionnel qui devait l’autoriser à briguer un quatrième mandat. Une option contre laquelle 51,3% des votants s’étaient exprimés, mais qu’une décision du Tribunal constitutionnel avait rendue possible. Sous la pression de l’armée et de la police qui se sont retournées contre lui dans un contexte de violences dans les rues du pays, Evo Morales avait démissionné le 10 novembre 2019. L’ancien président bolivien, qui ne cesse de dénoncer un «coup d’Etat», s’était dans un premier temps réfugié au Mexique pour échapper aux poursuites lancées par les nouvelles autorités de son pays. Il vit désormais en exil en Argentine.


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