Algérie / Dalila Lamarene Djerbal, Sociologue et membre du réseau Wassyla : «Des mesures pratiques peuvent être mises en place rapidement»

-Y a-t-il une augmentation des féminicides et une banalisation des vies des femmes et de la violence faite aux femmes ?

La violence contre les femmes a toujours été considérée comme un «droit» des membres masculins pour remettre la femme, la fille «sur le droit chemin», la «corriger, l’éduquer». L’éducation dès la prime enfance fixe à chacun sa position, pour l’un l’exercice de l’autorité, avec la violence comme moyen de s’imposer, pour l’autre la soumission, l’enfermement physique ou symbolique dans la sphère privée avec la dépendance économique, et la loi (la femme est une mineure dans le code de la famille) a institué ce statut.

Les assassinats de femmes ont toujours été considérés comme des «faits divers», des «drames familiaux», des «crimes passionnels», des «dérapages», alors que le criminel aurait dû user «d’une juste violence». Rappelez-vous, en 1984, les députés de l’APN pour le code de la famille avaient discuté du calibre du bâton avec lequel un homme pouvait battre sa femme, pour dire combien la violence est «légitime» pour ces «représentants» du peuple ! Les «circonstances atténuantes» et la «clause du pardon» (loi de 2015) attribuée à la violence des proches aggravent la banalisation de ces crimes, la femme est «corps exploitable et destructible».

Cette violence a connu un paroxysme durant la période terroriste islamiste, avec l’enlèvement des femmes, des viols collectifs dans les maquis et surtout avec le long silence de la société. Les femmes violées n’ont pas été considérées comme des victimes du terrorisme et on a parlé d’indemnisation que 20 ans après les faits ! Là on a vu que la vie des femmes, l’exploitation de leur corps était un fait mineur, accepté et justifié. Le long retour à une «vie normale» dans l’après-terrorisme nous a montré que les séquelles sont encore importantes, puisqu’on a vu la multiplication des enlèvements des jeunes filles et des enfants violés et assassinés.

-Comment expliquer que les personnes qui sont censées être vos «tuteurs», ceux qui vous prennent en charge se transforment en bourreaux ?

D’abord, parler de «tuteur» est un scandale quand on se revendique «République démocratique et populaire», une société qui a lutté des décennies contre la sujétion, après le fort prix payé par femmes et hommes pour se libérer, et qui accepte que la moitié de sa population vive l’oppression. En dehors des textes officiels, Constitution etc, qui parlent d’égalité des droits et de garantie de l’Etat contre les discriminations, droits tout à fait formels, en fait la société donne le droit comme dans le système de l’esclavage, au «maître» d’avoir des droits sur le corps, sur le temps de l’esclave et droit de vie et de mort. Dans notre système, l’homme peut user de violence mais doit se contrôler un peu quand même, car tuer fait «désordre» dans une société qui se veut «moderne» et «respectueuse» des diverses conventions internationales des droits humains signées.

En fait, la pratique de la justice ne garantit pas son intégrité physique et morale, car la femme n’est pas considérée comme une citoyenne, mais comme un sujet sous autorité dans une famille. Vous pouvez écrire les plus beaux textes que vous voulez, tant que la femme est mineure dans le code de la famille, tant qu’il n’y a pas de lutte contre l’idéologie qui en fait des citoyennes de seconde zone, tant que des médias et le discours religieux en font une population sous autorité, nous compterons les coups et les femmes assassinées. Aussi longtemps que la société ne voudra pas reconnaître l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, elle continuera à être torturée par ses démons et ce sont les catégories les plus vulnérables qui en paieront toujours le prix fort.

-Quelle prise en charge des post-drames familiaux,; particulièrement pour les enfants ?

Parler de «drames familiaux», c’est mettre sur le même plan victime et assassin, où personne n’est responsable du «drame» en fait du crime. Il ne faut pas noyer la victime dans le terme de «famille», terme qui fait penser à l’affection, la solidarité… dues entre ses membres, alors que c’est le contraire ici, un homme a tué une femme, une fille. C’est effacer le fait que l’assassin a usé du pouvoir que lui donne la société pour asservir l’autre, mais c’est effacer aussi la responsabilité de la société dans ce crime. Un crime ne vient pas tout à coup comme un orage dans un ciel serein. C’est une longue destruction, psychologique, physique, qui trouve son terme dans un coup plus fort que les autres.

Tout le monde était au courant, souvent même les autorités judiciaires, le secteur de la santé. Tout le monde se tait pour avoir la paix, mais c’est la «paix des cimetières» à laquelle on arrive. Les conséquences sur les autres membres de la famille sont terribles, mais sont-ils suivis par les services de médecine, par les services sociaux ? C’est rare et la délinquance des jeunes est souvent la transmission de ces violences qui n’ont jamais été réparées, parce que les agresseurs sont restés impunis. Dans la région de Blida, il y a quelques années, un enfant qui avait assisté au meurtre de sa mère par son père a attendu d’être adulte pour la venger. Voilà le résultat de ces violences et de l’impunité, des vies perdues, gâchées.

-Comment la société doit-elle traiter les «problèmes domestiques» ?

On parle ici de violences : physiques, psychologiques, humiliations, menaces, violences sexuelles, violences économiques, etc., violences d’un agresseur, qui par sa position sociale impose sa vérité, sa loi à une autre personne.

C’est un problème politique et public et non un problème privé entre deux personnes. Ce qui caractérise jusqu’à présent cette violence, c’est qu’elle est très souvent impunie et légitimée dans le discours social de la grande majorité. Voilà la source des meurtres de femmes. Il faut d’abord sanctionner cette violence quotidienne, qui ne laisse pas toujours de traces physiques mais qui est destructrice. Il peut y avoir des conflits au sein d’une famille, dans le couple, entre parents et enfants, mais quand l’un des membres a le droit d’user de violences psychologiques, physiques, un pas est franchi qui détruit chaque membre de cette famille et c’est une atteinte à la citoyenneté.

-N’y a-t-il pas un travail à faire sur le plan social sur la notion d’honneur et sur l’appartenance des femmes et de leur corps à la famille, au groupe ?

Bien sûr, car le principe important à relever dans la définition de la place de chacun, homme, femme, dans une société patriarcale comme la nôtre, est que la femme ne s’appartient pas. Elle appartient aux autres, à la famille, à son père, son frère, son mari, pour qui elle doit des tâches domestiques, son fiancé, son copain, au mec dans la rue ou au travail qui peut la harceler, parce qu’il lui conteste le droit d’être dans l’espace public, etc. Elle sera toujours sous autorité d’un autre, même d’un étranger.

Il n’y a qu’à voir l’aberration de l’imposition d’un tuteur matrimonial «qu’elle choisit» en l’absence du père ou du frère. Elle doit se mettre «volontairement» sous l’autorité d’un homme, n’importe lequel, parce qu’elle n’est pas un «sujet de droit» pour passer un contrat de mariage par elle-même. Elle ne peut donc décider de sa propre vie, de ses déplacements, s’il elle veut travailler, sortir se promener, ni comment s’habiller, sans composer, donner des gages. Des milliers de femmes se battent tous les jours, individuellement ou collectivement, pour imposer leur revendication de citoyenneté, leur volonté d’autonomie par le travail, les études, mais c’est un effort répété et continuellement négocié avec leurs proches, avec la société.

Cette histoire «d’honneur» de la famille, du groupe, du quartier ne se pose pas aux hommes, car quand on parle «d’honneur», il s’agit bien sûr de sexualité féminine. Or elle n’a pas de droit sur son corps ni sur son ventre et donc de décider de sa sexualité, car l’enfantement doit être contrôlé dans la société patriarcale. L’enfant appartient à un homme pas à la mère qui l’a porté, élevé, éduqué, sauf si elle est mère célibataire, là le géniteur est totalement effacé par la loi, encore qu’elle devra passer par un juge, pour obtenir certaines autorisations pour des actes de la vie quotidienne de son enfant.

La violence contre les femmes est structurelle, parce qu’elle est liée au statut de chacun. Les discriminations entre femmes et hommes sont posées comme des «caractéristiques naturelles» éternelles, une «garantie de protection de la famille» mais en fait une garantie pour un statu quo politico-social d’une société archaïque, pas d’une société de citoyens et de citoyennes.

On fantasme sur une famille «mythique», d’une «grande famille» qui protège tous les membres et prend en charge tout le monde, alors que c’est faux, la structure de la famille a profondément changé comme ont changé les positions et les fonctions de ses membres du fait de la précarisation et des différenciations sociales. Nous parviendrons à une société pacifiée, à des relations sociales et humaines équilibrées entre femmes et hommes, lorsque les changements profonds qui ont bouleversé la société seront pris en considération, quand chaque membre sera l’égal de tous les autres, et qu’il se sentira protégé par un Etat de droit garantissant son intégrité physique et moral, à travers des mesures concrètes. Je ne dis pas que cela suffira à faire disparaître les violences.

Le chemin est très long, le combat est sur tous les plans : lois égalitaires, application de la loi, sanction de la violence directe, de la violence symbolique, changement dans l’éducation dans la famille, à l’école, à la mosquée, etc. Mais des mesures pratiques peuvent être mises en place rapidement : protection des victimes pour éviter de plus grandes violences, encadrement des hommes violents par la justice etc.

Nassima Oulebsir



Le nombre des femmes assassinées en augmentation : L’inquiétude des uns et le laxisme des autres

Depuis une semaine, sa photo envahit les réseaux sociaux, suscitant émotion et compassion. Elle s’appelait Ikram Aïssat, 19 ans, enceinte et mère d’un garçon et habitait dans la wilaya de Blida. Sa mère est persuadée qu’elle détenait des preuves que sa fille a été tuée par son mari en présence même de quelques membres de sa belle-famille.

Une large et inédite campagne vient alors d’être lancée pour sensibiliser l’opinion publique contre la culture du féminicide en prenant le cas d’Ikram comme exemple. Pourtant, son «assassinat présumé» date de juin 2019. Mais, c’est surtout cette déclaration par vidéo de sa mère et particulièrement l’insistance de sa famille «de demander justice» qui remet l’affaire au-devant de la scène judiciaire.

Car, jusque-là, l’affaire était «close par la justice pour absence de procès- verbal de la police». Un PV que la famille a également diffusé sur les réseaux sociaux. Sa mère insiste, dans sa déclaration largement diffusée sur les réseaux sociaux, que le premier PV de la police scientifique, prouvant que sa fille a été assassinée a été «volontairement faussé». Elle évoque même des faits de «corruption» ! La maman n’abandonne pas et décide d’aller plus loin. «Que justice soit rendue», dit-elle. Inédit. Une campagne sans précédent est menée ces jours-ci. Le ministre de la Justice est aussi saisi pour la réouverture du dossier. Les cas dits «féminicides» se multiplient et les associations dénoncent le silence des uns et l’indifférence des autres face à l’augmentation des cas constatés depuis janvier.

Le dernier en date est celui d’Asma, 30 ans, enceinte, elle aussi, qui avait subi l’horreur, retrouvée égorgée par son mari à Beni Messous, à Alger, le 8 août dernier. Le 1er août à Guelma, un militaire retraité a tué sa femme avec un fusil de chasse. Avant ces deux cas, le 24 juillet, un policier relevant de la sûreté de wilaya de Annaba tue sa femme avec son arme de fonction. La victime qui se trouvait chez ses parents, dans la wilaya de M’sila, s’y était déplacée après un «conflit conjugal». L’auteur du crime a également tiré sur son beau-frère et ses beaux-parents. Les blessures sont, selon le communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), mortelles. Des drames qui s’ajoutent aux autres cas de féminicide. 36 cas depuis le début de l’année, que les médias rapportent très peu.

Le 20 juillet dernier, une autre femme âgée de 28 ans, enceinte et mère de deux petites filles, a été tabassée par son conjoint jusqu’à la mort à Boukricha dans la wilaya de Guelma.

36 femmes tuées

Le terme féminicide est de plus en plus utilisé. En francophonie, il fera son entrée officielle dans le Larousse l’année prochaine. Il est adopté par des instances internationales, comme l’ONU et l’OMS, et renvoie au «meurtre ou à l’assassinat de femmes parce qu’elles sont femmes». Il s’agit de crimes commis contre des femmes pour leur condition de femme. Les féminicides font suite à toutes les autres formes de violence sociale, conjugale et domestique à l’encontre des femmes et des filles.

Le nombre de ce type de crime inquiète les associations de défense des droits des femmes, même si les statistiques ne sont pas régulièrement rendues publiques, du moins, pas par les médias et les pouvoirs publics. Pourtant, le nombre de victimes ayant été tuées a atteint, au 24 juillet dernier, celui de 36 femmes depuis le début de l’année. Il s’agit là essentiellement des cas rapportés par les médias ou par les féministes. La DGSN, quant à elle, évoque quatre affaires seulement de janvier à juin concernant des cas de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort. Au deuxième trimestre, c’est-à-dire depuis le confinement à ce jour, les mêmes services ne mentionnent aucune affaire du genre. Pour les homicides volontaires, il y a eu par contre 11 affaires traitées en 2020, dont 6 depuis avril, durant la période de confinement, où l’on a assisté à une augmentation des cas de violences domestiques. La période de confinement, stressante et angoissante a également coïncidé avec le Ramadhan.

Initiative

C’est en raison de cette actualité macabre que de jeunes militantes féministes ont lancé une campagne sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser contre les crimes contre les femmes, mais surtout afin de les rendre visibles ! «C’est pour que ces femmes ne tombent pas dans l’anonymat et l’oubli.» Le recensement des «cas» de féminicide est un travail colossal et pointilleux entrepris par deux citoyennes algériennes féministes. Il a été entamé bénévolement il y a deux ans par Narimène Mouaci, rejointe plus tard par Wiame Awres.

Il consiste en une veille permanente de l’actualité nationale relative aux féminicides, qu’ils soient relatés par les médias ou par des pages influentes.

Les militantes entreprennent ensuite un travail de vérification et de recoupement de l’information. Elles mobilisent pour cela leurs contacts pour une collecte de témoignages et d’informations détaillées, de sources fiables, proches des victimes de ces meurtres et assassinats. Mais les militantes craignent que le nombre réel de féminicides soit beaucoup plus élevé dans la réalité. Elles n’en reprennent que les cas médiatisés ou dûment documentés, car avec les maigres moyens dont elles disposent, il est difficile d’avoir des informations sur les différentes régions du pays.

Le but est d’attirer l’attention des médias, des pouvoirs publics et de l’opinion publique sur l’étendue du fléau. L’idée de lancer cette campagne leur est venue après avoir remarqué la courbe ascendante des actes de violences contre les femmes.

«Cela fait des années que les féministes algériennes alertent contre le harcèlement sexuel, contre les violences conjugales et toute forme de violence à l’encontre des femmes. Ces violences sont devenues dans notre société non pas banalisées, mais plus grave, légitimées, défendues alors qu’elles mènent au meurtre», témoignent l’une des deux jeunes femmes. Ces dernières ont été terriblement marquées par les homicides, dans la rue dont ont été victimes Razika Cherif en 2015, Amira Merabet en 2016, ou Asma, en 2013. L’auteur de ce dernier crime allait même bénéficier en 2019 d’une libération après avoir été considéré comme souffrant de troubles mentaux. «Si ce n’était pas la famille et l’entourage d’Asma, nous n’en aurions pas entendu parler.»

L’autre élément effrayant aux yeux des initiatrices du recensement est que «la majorité des féminicides ont lieu à l’intérieur des foyers, dans la maison à huis clos».

Les enfants, les autres victimes

Narimene et Wiame se posent aujourd’hui des questions cruciales, parmi lesquelles celle du devenir des enfants de ces femmes tuées : «Qu’advient-il des enfants dont la mère a été assassinée par le père ?» Et d’ajouter : «Quelle peine ces assassins encourent-ils réellement ? La libération du tueur d’Asma nous prouve qu’il est plus que nécessaire de suivre ces affaires et de ne pas entretenir ce flou médiatique, surtout que dans plusieurs cas de féminicide, il est mentionné que l’assassin souffre de troubles mentaux.»

Y aurait-il un laxisme de la justice ? Pourquoi la loi contre les violences faites aux femmes, adoptée en 2016 ne donne pas de résultats ? L’une des initiatrices de cette loi, la militante et syndicaliste Soumia Salhi, apporte une explication : «La loi réprime les crimes et les délits (violences, vols, meurtres,…) mais ne les abolit pas. En les réprimant, la loi exprime le consensus nouveau de la société contre les violences contre les femmes. C’est un outil pour les victimes et un progrès dans la lutte de l’humanité pour abolir ces pratiques sociales et imposer l’égalité. Le droit pénal a prévu des sanctions sévères pour les infractions contre la vie et l’intégrité physique. Mais dans certains cas, le législateur algérien prétextant la provocation comme excuse légale a réduit la peine pour meurtre en cas de flagrant délit d’adultère par exemple (article 279 du code pénal algérien).»

«Nous avons perdu l’une des nôtres»

La campagne des initiatrices du recensement en Algérie s’inscrit dans le sillage de celle lancée à l’échelle mondiale comme en «Amérique latine, ces pays font d’ailleurs un grand travail». Ce qui explique que la publication des «cas» soit accompagnée d’un «hashtag» sur les réseaux sociaux. L’objectif : d’un côté, permettre que les gens puissent repérer facilement les autres cas de féminicide, d’un autre côté, ce «hashtag» véhicule une idée de solidarité «Khsarna wahda menna» (Nous avons perdu l’une des nôtres).

«Ces femmes assassinées sont des citoyennes algériennes, ce ne sont pas juste des chiffres, ce sont des femmes qui avaient une vie, des rêves, une famille, des amis et des enfants parfois. Donc, ce hashtag est aussi un moyen de sensibiliser contre les féminicides qui ont longtemps été étouffés ou ignorés», disent les deux initiatrices. Et d’ajouter que les réseaux sociaux ont été choisis pour tenir informée notre société, au fur et à mesure de l’avancée de leur travail qui ne servirait à rien s’il reste au niveau des militantes seulement. Ce travail et tous ces efforts ont besoin de suivi et de médiatisation pour que les gens sachent à quoi mènent toutes ces violences. Et selon elles, l’effet a été immédiat, car beaucoup de citoyens sont choqués de voir les chiffres augmenter à chaque fois.
Priorité

Si les militantes ont réussi à attirer un peu plus l’attention et mettre la lumière sur ce phénomène, la bataille est loin d’être gagnée. Outre les traditionnelles justifications des violences faîtes aux femmes, les rendant responsables de leur sort, comme les accusations d’infidélité et de désobéissance, ou les excuses en faveur du mari, stress et dépassement par les souci quotidien, des justifications dont les internautes ne se privent pas, plus grave, des programmes TV de certains canaux privés sont venus endosser ce discours.

Nous avons tous suivi la «polémique scandaleuse» suite à la diffusion d’une émission qui a franchi un pas dans la justification des violences faîtes aux femmes, dans un numéro, où une femme, anéantie par 19 années de violences physiques, verbales et sexuelles, dont une tentative de meurtre, est sommée par l’animatrice du programme, le religieux et l’avocat d’accepter les excuses de son mari pour qu’elle puisse voir ses enfants dont elle est privée, sans quoi elle serait fautive.

Une autre émission dans laquelle on détaille même les violences subies par des femmes sans la moindre remise en question des différents responsables a fait sensation quand elle a montré une femme embrassant les pieds de son mari en signe de reconnaissance. Un geste pour le moins dégradant. Ces programmes ont poussé la fébrile Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) à adresser des avertissements aux chaînes en question, sans plus…

Dossier réalisé par  Nassima Oulebsir


 

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