Algérie / Selon l’étude d’un institut américain : «Gaïd-Salah doit quitter la vie politique»

Follow by Email
Facebook
Twitter
18.07.2019
Les citoyens réclament un Etat civil. PPAgency

Par Houari A. – Selon un sondage mené en Algérie par le très sérieux institut américain Brooking, l’écrasante majorité des Algériens interrogés se disent favorables au hirak et souhaitent l’avènement d’un pouvoir civil.

Selon les résultats de ce sondage mené du 1er avril au 1er juillet 2019, qui a touché 9 000 Algériens vivant en Algérie, publié par le site Middle East Eye, les personnes questionnées se disent pour la plupart optimistes quant à «l’aboutissement du soulèvement populaire à une solution pacifique et démocratique pour le pays». Une majorité de personnes interrogées souhaite, par ailleurs, voir le chef d’état-major de l’ANP quitter la vie politique.

Concernant les objectifs du soulèvement, 82% des personnes sondées qui manifestent et 68% de celles qui ne manifestent pas estiment qu’il faut un «changement total» du système. Le taux de la majorité des personnes interrogées qui se disent optimistes quant à l’aboutissement du soulèvement populaire à un changement démocratique et pacifique est très élevé parmi toutes les personnes questionnées : 89% de manifestants pensent que cela se terminera en démocratie, ainsi que 79% de non-manifestants. Mais 20% de manifestants pensent que le soulèvement populaire finira en coup d’Etat militaire.

Sur un autre plan, le sondage montre que les partis islamistes sont en déclin en Algérie, mais cela ne profite pas automatiquement aux partis progressistes. Les résultats obtenus auprès des échantillons ciblés indiquent que, dans des élections législatives, le FIS n’obtiendrait pas plus de 3% des voix des personnes interrogées, le FLN 3%, le FFS 2%, le RCD 1%.

Autre donnée mise en relief par le sondage : la quasi-totalité des personnes questionnées estiment que le futur Président doit être un civil.

H. A.


Lire aussi :

Djaballah explique pourquoi il s’oppose au slogan « pour un Etat civil« 

Abdallah Djaballah, chef du parti islamiste El-Adala. PPAgency

Par Saïd N. – Le chef du parti islamiste El-Adala, Abdallah Djaballah, se dit dérangé par le slogan porté avec de plus en plus d’insistance par les manifestants «Dawla madaniya machi âaskariya !» (Pour un Etat civil et non militaire). Il en donne une explication très originale. Selon lui, les promoteurs ou les partisans de l’Etat civil s’inspirent du modèle français, fondé essentiellement sur le principe de la laïcité.

Invité, mardi, au Forum du quotidien arabophone El-Wassat, Abdallah Djaballah trouve qu’il y a beaucoup d’amalgame dans ce concept tel qu’il est posé aujourd’hui par les manifestants. S’il reconnaît que l’Etat civil est celui où le chef de l’Etat est élu par le peuple, il n’en rejette pas moins toute référence à la laïcité qui exclut la religion de la sphère politique. Cela dit, opposer le «militaire» au «civil» dans le contexte algérien actuel crée, d’après Djaballah, une autre confusion sur le rôle qu’accomplit l’institution militaire contre la corruption et les corrompus.

Affichant clairement son rapprochement avec la démarche politique de l’état-major de l’armée, le chef de file d’El-Adala, parti qui se considère comme un ersatz de l’AKP d’Erdogan, salue ce qu’il qualifie de «campagne contre la corruption» et l’incarcération de nombreux symboles de ce fléau, tout en appelant à la poursuite du mouvement de protestation populaire, dès lors que toutes ses revendications ne sont pas, selon lui, satisfaites.

Interrogé sur la question des détenus d’opinion, l’invité du Forum d’El-Wassat indique avoir appelé à des mesures en leur faveur, tout en estimant que «la liberté d’opinion a ses règles et ne doit pas être absolue». En moralisateur, il considère que cette liberté «ne doit pas nuire à la société et à soi-même». A propos du port du drapeau amazigh, Djaballah n’y voit pas d’inconvénient, à condition que cela «n’attente pas à l’unité nationale».

Concernant le processus de dialogue engagé par les partis et personnalités réunis le 6 juillet dernier, Djaballah annonce que des consultations sont en cours mais reconnaît que ses partenaires n’ont pas réussi à réaliser le consensus autour d’une «vision commune».

S. N.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *