Interdit d’interdire : Diana Filippova – Gilles Babinet : le technopouvoir va-t-il nous asservir ?

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Frédéric Taddeï reçoit Gilles Babinet, entrepreneur, vice-président du Conseil National du Numérique
et Diana Filippova, chef d’entreprise, auteure et activiste.

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NEW YORK (Nations Unies) – Au Forum sur la gouvernance d’Internet à Berlin, en Allemagne, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a averti que l’universalité d’Internet était menacée par une triple fracture numérique, sociale et politique.

L’invention de l’imprimerie vers 1450 par l’Allemand Johannes Gutenberg a mis cinq siècles pour toucher la moitié de l’humanité. « Il a fallu seulement 25 ans à Internet pour atteindre la moitié du monde », a rappelé mardi le chef de l’ONU, lors de ce forum organisé à Berlin.

« La technologie numérique façonne l’histoire. Mais il y a également le sentiment qu’elle nous échappe », a-t-il ajouté. « Il est clair pour moi que nous vivons dans un seul monde. Mais il n’est pas tout à fait clair que nous ne vivrons qu’avec un seul réseau ».

Trente ans après la chute du mur de Berlin – symbole de la Guerre froide et de la division du monde en deux blocs – le chef de l’ONU a exprimé son « énorme frustration » face à la construction de « murs physiques » mais aussi devant la « tendance de créer des murs virtuels sur Internet ». Des murs de différentes natures mais qui ont le même but : « séparer les peuples ».

« Aujourd’hui, un Internet accessible, gratuit, sécurisé et ouvert risque de se fracturer le long de trois lignes qui se croisent. Il existe une profonde fracture numérique, une fracture sociale et une fracture politique », a énoncé M. Guterres.

Aujourd’hui, 3,6 milliards de personnes sur la planète n’ont toujours pas accès à Internet à un prix abordable. Dans les 47 pays les moins avancés du monde, où Internet pourrait réellement avoir un impact transformateur, plus de 80% de la population n’est toujours pas connectée. Cette fracture numérique est également exacerbée par la répartition inégale des savoir-faire et expertises.

L’écart entre les sexes en matière de connectivité continue également de se creuser. Dans le monde entier, environ 327 millions de femmes de moins que les hommes ont un smartphone et peuvent accéder à Internet mobile. Les femmes sont également nettement sous-représentées dans les emplois liés aux technologies de l’information et de la communication, aux postes de direction et dans les carrières universitaires dans le secteur des technologies.

« Connecter tous les peuples du monde d’ici 2030 doit être notre priorité commune, non seulement pour le développement durable, mais également pour l’égalité des sexes », a dit M. Guterres.

« Nous devons également comprendre la relation entre les avancées numériques et les inégalités », a souligné M. Guterres. Les nouvelles technologies ont contribué à une forte augmentation du nombre de milliardaires au cours des 20 dernières années mais également mis en lumière le fossé qui sépare les riches et les pauvres. « Nous savons que les inégalités et l’exclusion sont à l’origine des troubles sociaux et des conflits. Nous savons également que les technologies numériques, en fonction de leur utilisation, peuvent être un facteur d’élargissement ou de réduction des écarts sociaux », a dit le chef de l’ONU.

Pour lui, une troisième fracture, de nature politique, est la plus dangereuse. « Il existe aujourd’hui un risque réel de rupture géopolitique – une grande fracture des systèmes de commerce, de sécurité et d’Internet ».

A Berlin, le chef de l’ONU a émis trois pistes pour garantir un Internet pour tous. Tout d’abord, faire du Forum sur la gouvernance d’Internet une plate-forme où gouvernements, entreprises et société civile se retrouvent pour partager leurs expériences et se mettre d’accord sur des principes communs. M. Guterres a également suggéré d’explorer l’idée d’un engagement mondial sur la confiance et la sécurité numérique. Enfin, il a annoncé qu’il nommerait prochainement un envoyé pour les technologies qui collaborera avec tous les acteurs afin de promouvoir un « avenir numérique commun ».


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